Quand le patrimoine est source de controverses
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Article UNESCOPRESS : »La communauté internationale apporte son soutien à la campagne #Unite4Heritage de l’UNESCO à Tombouctou. ».

Les Ambassadeurs du Maroc, de l’Afrique du Sud, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et de la Suisse ainsi que les représentants de USAID, la MINUSMA et la Banque mondiale ont apporté leur soutien à la campagne de l’UNESCO #Unite4Heritage lors de la visite qu’ils ont effectuée sur le site du patrimoine mondial de Tombouctou. Cette campagne a été lancée à Bagdad le 28 mars pour contribuer à soutenir le patrimoine là où il est menacé par le sectarisme et la violence extrême.

© UNESCO/Emmanuelle HernandezInternational community supports UNESCO’s #Unite4Heritage campaign in Timbuktu, Mali

© UNESCO/Emmanuelle HernandezInternational community supports UNESCO’s #Unite4Heritage campaign in Timbuktu, Mali

Les visiteurs, épaulés par des maçons locaux, ont posé une brique symbolique pour la reconstruction des  mausolées de Tombouctou. La visite était organisée par l’UNESCO en coopération avec les autorités du Mali et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali(MINUSMA).

La reconstruction des monuments du patrimoine mondial de Tombouctou est entrée dans sa dernière phase. Lancée en mars de l’année dernière, la réhabilitation des 14 mausolées détruits par des groupes armés en 2012 devrait prendre fin en juillet 2015.

Cette dernière phase concerne trois mausolées situés dans le cimetière des trois saints (Cheick Sidi Ben Amar, Cheick Abdoul Kasim Al Taouati, et Cheick Sidi El Mikki), les mausolées Alpha Moya, Sidi Mahmoud, El Moctar Al Kounti, El Boukkou et d’autres répartis à travers la ville et ses alentours.

La mise en œuvre de cette dernière phase de reconstruction s’appuie sur des études techniques et architecturales ainsi que sur l’élaboration d’un dossier technique réalisé en amont par les architectes. Ce dossier permet aux maçons locaux de rester fidèles aux techniques traditionnelles de construction et de respecter l’intégrité de ces monuments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Le but de cette démarche était également de placer les communautés de Tombouctou au cœur du processus de réhabilitation et de conserver toute la valeur patrimoniale de ces mausolées pour les populations locales.

Les travaux constituent l’aboutissement du Plan d’Action mis en place par l’UNESCO et le Mali en février 2013, avec l’appui de la France. Cette stratégie a permis de mobiliser de nombreux partenaires financiers tels que la Suisse et l’Union européenne, dont les contributions garantissent la réalisation et la coordination des travaux. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) apporte en outre son soutien logistique dans le cadre de cette action.

Les mausolées qui composent le site du patrimoine mondial  témoignent de l’âge d’or de Tombouctou en tant que centre économique, intellectuel et spirituel au 15e et 16e siècle. Ces monuments sont aussi des témoignages exceptionnels de l’architecture de terre dont l’entretien, jusque-là assuré par les habitants, a été délibérément interrompu pendant l’occupation de la ville. Seize de ces monuments font partie du site malien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

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Contact médias: Oumou Sanogo, Bureau de l’UNESCO à Bamako,o.sanogo(at)unesco.org, + 223 795688817 (portable)

Galerie photo : http://www.unesco.org/new/en/media-services/multimedia/photos/photo-gallery-reconstruction-of-mausoleums-starts-in-timbuktu-mali/

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, »  La communauté internationale apporte son soutien à la campagne #Unite4Heritage de l’UNESCO à Tombouctou »[En Ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/
news/international_community_supports_unescos_unite4heritage_campaign_in_timbuktu/
#.VS0eNPmsVNM
(page consultée le 14/04/2015)

 

 

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avril 14, 2015   No Comments

Article TV5 Monde: »Les Libyens craignent un « scénario irakien » pour leur patrimoine archéologique ».

Experts et archéologues lors d'un meeting organisé par le gouvernement libyen par intérim qui craint un "scénario irakien" pour son patrimoine archéologique, le 16 mars 2015 à Shahat, à l'Est du pays afp.com - Abdullah Doma

Experts et archéologues lors d’un meeting organisé par le gouvernement libyen par intérim qui craint un « scénario irakien » pour son patrimoine archéologique, le 16 mars 2015 à Shahat, à l’Est du pays
afp.com – Abdullah Doma

Les récentes images de la destruction de trésors antiques en Irak ont réveillé les craintes d’un scénario similaire en Libye, un pays au riche patrimoine archéologique où les groupes jihadistes gagnent du terrain.

Méconnue, la richesse patrimoniale de la Libye a peu à envier à celle de l’Italie, son ancienne puissance coloniale, ou de la Grèce. Cyrène est ainsi surnommée « l’Athènes d’Afrique » et son temple d’Apollon comparé à celui d’Olympie.

D’ailleurs, les sites de Cyrène comme ceux de Leptis, Sabratha (nord), Ghadamès (ouest) et Akakous (sud) sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

« Nous craignons que les extrémistes ne s’en prennent à notre patrimoine comme ils l’ont fait en Irak », s’inquiète le chef du service des Antiquités libyennes Ahmed Hassan, interviewé par l’AFP à Shahat, une ville de l’est proche de Cyrène. C’est pour cela que « nous travaillons avec des partenaires étrangers et d’autres acteurs », ajoute-t-il.

« Experts et archéologues craignent que le scénario irakien ne se reproduise en Libye », confie aussi Mohamed al-Chelmani, le responsable du département Archéologique de Benghazi, la grande ville de l’est.

La communauté internationale avait été très choquée en février par une vidéo diffusée par le groupe Etat islamique montrant des jihadistes réduisant en miettes de nombreuses pièces archéologiques, dont des objets inestimables exposés au musée de Mossoul, le fief de l’EI en Irak.

Le groupe jihadiste, qui contrôle depuis 2014 de nombreuses régions de ce pays, est aussi accusé d’avoir pillé et vandalisé de nombreux sites archéologiques.

– Mausolées détruits –

 

Comme en Irak où l’EI a profité de l’incapacité de forces de l’ordre à assurer la sécurité, les jihadistes poussent leurs pions en Libye, notamment dans l’est, en profitant du chaos qui y règne depuis la chute du colonel Kadhafi en octobre 2011.

Le pays est depuis sous le joug de milices rivales, avec aujourd’hui deux gouvernements et parlements rivaux, sans aucune perspective de règlement politique de la crise.

Fin 2104, une emblématique statue d’une femme nue caressant une gazelle a disparu en plein Tripoli, un acte attribué par les autorités à des « des terroristes ».

Plusieurs mausolées dans la capitale et ailleurs ont en outre été détruits par des islamistes radicaux parfois au bulldozer car, selon eux, la vénération de saints musulmans ou de leurs tombes contredit l’unicité de Dieu.

Dans ce contexte, les archéologues n’excluent plus de mettre à l’abri « hors du pays » les trésors menacés, et de les rapatrier une fois la sécurité rétablie, selon M. Chelmani.

Pour mener à bien ce projet, les responsables libyens entendent demander l’aide de l’Unesco et de l’ONU, explique-t-il.

L’urgence est aussi de lutter contre le trafic d’antiquités, l’absence de sécurité ayant favorisé les fouilles clandestines sur les sites.

Plusieurs cas de vols d’objets antiques ont ainsi été répertoriés à Syrte (nord), Cyrène et dans d’autres localités de l’Est, selon le porte-parole du département des Antiquités, Fathallah Kammech.

Fin 2011, « le trésor de Benghazi », une collection de quelque 8.000 pièces d’or, d’argent et de bronze, remontant à Alexandre le Grand, et qui était conservé dans une banque de cette ville, s’est volatilisé.

Les archéologues regrettent que les Libyens, d’une façon générale, n’aient pas conscience de l’importance du patrimoine pré-islamique.

L’expert libyen en archéologie Fadhl al-Hassi cite l’exemple de la destruction d’au moins 15 sites depuis 2011 par des habitants qui ont construit des maisons à leur place, dont certaines à Shahat.

A Tobrouk, à la frontière égyptienne, un ancien palais islamique remontant à plusieurs siècles a été endommagé et fait aujourd’hui office d’étable.

La plupart des sites archéologiques, en pleine nature, ne sont par ailleurs pas très bien protégés, surveillés seulement par des civils non armés dépendant du département des Antiquités.

31 MAR 2015/ Mise à jour 01.04.2015 à 11:00/ Par Ibrahim HADEIA/ AFP/ © 2015 AFP
source: TV5 Monde, information,en continu, culture/ art de vivre, « Les Libyens craignent un « scénario irakien » pour leur patrimoine archéologique » [En Ligne] http://information.tv5monde.com/en-continu/les-libyens-craignent-un-scenario-irakien-pour-leur-patrimoine-archeologique-25541 (page consultée le 01/04/2015)

 

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avril 1, 2015   2 Comments

Article UNESCOPRESS: »La Directrice générale appelle à protéger le patrimoine culturel du Yémen. »

Alors que le conflit s’intensifie au Yémen, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exhorté toutes les parties impliquées à protéger le patrimoine culturel du pays.

UNESCO/Maria Gropa

UNESCO/Maria Gropa

« Le patrimoine culturel d’une nation est essentiel ; il permet aux citoyens de préserver leur identité, de tirer profit de leur diversité et de leur histoire et de construire un avenir pacifique » , a déclaré la Directrice générale. « Le patrimoine du Yémen est unique. Il reflète des siècles de réflexion sur l’islam, d’échanges et de dialogue. J’appelle les habitants du Yémen, ainsi que des pays de la région impliqués dans les opérations militaires au Yémen, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger le patrimoine culturel inestimable de ce pays ».

« L’expérience montre que le patrimoine culturel n’est jamais aussi vulnérable qu’en période de conflit. Il est crucial que les parties au conflit évitent de prendre pour cible les sites et les monuments du patrimoine culturel, que ce soit par des tirs d’artillerie, des frappes aériennes ou en les utilisant à des fins militaires », a mis en garde Irina Bokova.

La Directrice générale a rappelé à cet égard les obligations relevant du droit international humanitaire visant à protéger le patrimoine culturel, notamment la Convention pour la protection des biens  culturels en cas de conflit armé, adoptée à La Haye en 1954.

source:UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » La Directrice générale appelle à protéger le patrimoine culturel du Yémen » [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/director_general_calls_
for_the_protection_of_yemens_cultural_heritage/#.VRpdLfmsVNM(page consultée le 31/03/2015)

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mars 31, 2015   No Comments

Article TV5 Monde: »En Syrie, des fonctionnaires dévoués sauvent des milliers d’antiquités. »

Dans une pièce du Musée de Damas, totalement vide, des employés emballent avec précaution les dernières statues avant de les placer dans des caisses qui partiront vers un lieu sécurisé.

Depuis sa nomination en 2012 à la tête des Antiquités et des musées syriens (DGAM), le professeur Maamoun Abdulkarim n’a qu’une obsession: éviter une réédition de la tragédie de 2003 en Irak après l’invasion américaine.

« J’ai en permanence devant les yeux les images du pillage du musée de Bagdad et des sites irakiens et je me suis dit qu’il fallait à tout prix empêcher que cela se reproduise chez nous », témoigne-t-il.

Ainsi 300.000 pièces et des milliers de manuscrits appartenant aux 34 musées de Syrie, dont 80.000 du musée de Damas, ont été mis à l’abri dans des endroits secrets protégés des incendies, des obus et les inondations.

Terre de multiples civilisations, des Cananéens aux Ottomans, la Syrie regorgeait de trésors datant des époques romaine, mamelouk et byzantine, avec des mosquées, des églises et des châteaux croisés.

Mais près de 300 sites d’une valeur inestimable pour l’humanité ont déjà été détruits, endommagés ou pillés en quatre ans de guerre en Syrie, s’est alarmée l’ONU en se basant sur des images satellitaires.

– 99% des collections sauvées –

Le sauvetage le plus dramatique s’est déroulé le 2 août 2014 à Deir Ezzor (est), tenue en grande partie par les jihadistes du groupe État islamique (EI). Pour éviter un saccage de l’EI comme à Mossoul en Irak deux mois auparavant, la décision fut prise d’évacuer les 13.000 objets de la ville.

« Pendant une semaine, avec deux collègues, nous avons tout enveloppé. Nous avons tout mis dans un camion avant d’essuyer des tirs de mitrailleuses lourdes sur la route », raconte avec émotion Yaarob al Abdallah, directeur des Antiquités de Deir Ezzor au moment des faits.

« Nous avons entreposé les caisses dans un avion militaire au milieu de soldats tués ou blessés. Ce fut terrible, mais nous avons réussi », ajoute cet homme de 46 ans, actuel directeur du Musée national de Damas.

M. Abdulkarim, qui a pris la décision, en a encore des sueurs froides. « Si l’avion était tombé, je perdais trois amis, la Syrie des pièces inestimables et moi j’aurais terminé en prison ».

Il estime que 99% des collections des musées ont été sauvées, grâce au dévouement des 2.500 fonctionnaires qui perçoivent leur salaires, y compris ceux vivant dans les régions rebelles.

« Ils considèrent que la défense du patrimoine est une question d’honneur, équivalent à celle de défendre l’honneur de leur mère », assure le co-directeur de la mission franco-syrienne qui travaillait avant le conflit sur les 700 Villes mortes de l’époque romano-byzantine dans le nord de la Syrie.

Une douzaine de fonctionnaires sont morts, dont cinq sur leur lieu de travail. L’un d’eux a été égorgé par l’EI à Deir Ezzor car il renseignait les services des antiquités sur les trafics mafieux.

– « Isolés du monde » –

M. Abdulkarim s’inquiète surtout des dommages occasionnés à 300 sites et 445 bâtiments historiques dans le pays. Certains l’ont été lors d’affrontements mais d’autres ont été victimes « des fouilles clandestines, parfois au bulldozer », comme à Mari, Doura Europos, Apamée, Ajaja (nord-est), la vallée de Yarmouk à Deraa (sud) et Hamam Turkoman près de Raqa (nord).

« La barbarie des jihadistes, qui détruisent toute représentation humaine et les mausolées musulmans, s’ajoute à l’avidité des groupes mafieux venus du Liban, d’Irak, de Turquie pour acheter les pièces trouvées par les habitants », se désole Ayham al-Fakhry, l’ancien directeur des antiquités de Raqa qu’il a dû fuir en 2012.

« Ils payent 20% de la valeur estimée à l’EI et peuvent empocher les objets pour les vendre en Europe ou dans le Golfe », précise-t-il.

Les défenseurs du patrimoine syrien se plaignent aussi d’avoir été considérés comme des pestiférés par la communauté internationale depuis le début de la révolte antirégime.

« Nous étions isolés car le monde avait coupé toutes les relations avec nous » à l’exception du Liban, de quelques organisations internationales et de l’Unesco, explique M. Abdulkarim.

Pour cet auteur d’une thèse en France sur « Homs à l’époque romaine », « il faut pourtant, après Charlie Hebdo, Mossoul et Raqa, une mobilisation internationale pour sauver la culture, la civilisation ».

Il remarque toutefois que les choses changent timidement depuis six mois. Les Antiquités syriennes ont ainsi été primées pour leur travail ou invitées lors de conférences sur les antiquités syriennes à Venise, en Allemagne et à la fin du mois en France. « C’est le début de la fin du tunnel », espère M. Abdulkarim.

26 MAR 2015/ Mise à jour 26.03.2015 à 15:00/ Par Sammy Ketz/ AFP/ © 2015 AFP
source: TV5 Monde, information,en continu, culture/ art de vivre, « En Syrie, des fonctionnaires dévoués sauvent des milliers d’antiquités » [En Ligne] http://information.tv5monde.com/en-continu/en-syrie-des-fonctionnaires-devoues-sauvent-des-milliers-d-antiquites-24528 (page consultée le 27/3/2015)
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mars 27, 2015   No Comments

Article CultureBox : »Les Etats-Unis restituent à l’Irak des antiquités pillées pendant l’occupation. »

© MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

© MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les Etats-Unis ont rendu le 16 mars à l’Irak une soixantaine d’objets antiques, pour la plupart pillés lors de l’occupation américaine du pays entre 2003 et 2011, qui seront exposés au musée national de Bagdad.

De la vaisselle en verre, des bas-reliefs en argile, des pointes de lance en bronze et des haches ont été saisis lors de cinq enquêtes menées à travers les Etats-Unis par plusieurs administrations. Ils étaient exposés le 16 mars au consulat d’Irak à Washington avant d’être expédiés à Bagdad, au musée national rouvert il y a un mois après douze années de fermeture.

© NICHOLAS KAMM / AFP

© NICHOLAS KAMM / AFP

Processus de restitution accéléré

Le groupe EI, qui contrôle de larges pans de territoire dans le nord de l’Irak et en Syrie, s’est livré à « un nettoyage culturel » en rasant une partie des vestiges de la Mésopotamie antique, selon les Nations unies, ou en revendant des pièces au marché noir. L' »urgence » de la situation a accéléré le processus de restitution, selon  l’ambassadeur irakien Lukman Faily. « Le monde entier est uni pour protéger cette culture ».

Le musée national irakien a rouvert ses portes fin février après douze  années d’efforts acharnés grâce auxquels près d’un tiers des 15.000 pièces volées ont été récupérées. Cette réouverture avait été elle aussi accélérée après les pillages de l’EI  à Mossoul, dans le nord du pays.

Plus de 1.200 objets restitués

Ces destructions sont les pires subies par le patrimoine irakien depuis le pillage du musée archéologique national à Bagdad en avril 2003, quelques jours après la chute de Saddam Hussein. Des réseaux criminels organisés avaient profité de l’intervention  américaine et du chaos pour piller les musées irakiens.

Sculpture de la tête de roi assyrien Sargon II. © NICHOLAS KAMM / AFP

Sculpture de la tête de roi assyrien Sargon II. © NICHOLAS KAMM / AFP

Les contrebandiers mettent souvent des années avant d’écouler leur butin sur le marché noir, estiment les spécialistes. Toutes les pièces retournées lundi à Bagdad dataient d’avant les pillages de l’organisation EI et beaucoup d’entre elles avaient été dérobées après l’invasion américaine. Les autorités américaines avaient été très critiquées  pour avoir manqué de protéger les sites archéologiques irakiens des voleurs.

Tête de lamassu assyrien

Parmi les antiquités exposées le 16 mars figure une extraordinaire tête de lamassu assyrien, taureau ailé à tête humaine datant de 700 avant J.C. et estimée à 2 millions de dollars. La tête avait été volée dans un palais du roi Sargon II à Ninive, dans le nord de l’Irak, où des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont détruit récemment de nombreuses pièces parmi lesquelles une tête tout à fait semblable à celle retrouvée aux Etats-Unis. Elle avait été saisie à New York en 2008 où elle avait été expédiée par un marchand d’art de Dubaï qui écoulait des oeuvres d’art irakiennes pillées dans le monde entier.

Parmi les oeuvres expoées se trouvaient aussi des objets datant de l’époque de Saddam Hussein, comme des assiettes en or provenant d’un des ses palais, ou encore un heurtoir ou une fontaine. Les objets pillés peuvent réapparaître dix années plus tard, lors  d’enchères dans un hôtel des ventes new-yorkais, ou encore sur le site de  petites annonces Craigslist. L’un des trésors retrouvés par des enquêteurs du  Maryland (est des Etats-Unis) avait été dérobé par un fonctionnaire qui  travaillait en Irak en 2004.

Long travail d’identification

Des professeurs d’université et des spécialistes de l’Antiquité travaillent à l’identification des objets pillés ou vandalisés par le groupe EI. Leurs recherches permettront notamment aux fonctionnaires du département de la Sécurité intérieure d’identifier les objets de contrebande qui ne manqueront  pas de circuler sur le marché noir américain.

« Beaucoup de choses n’ont pas été répertoriées et il est donc très  difficile de prouver un vol sauf sur la bonne foi du pays en question »,  explique Erin Keegan, l’une des responsables des enquêtes au département de la  Sécurité intérieure.

Selon Brenton Easter, membre du FBI, les Etats-Unis travaillent à  l’élaboration d’une base de données qui répertorie les pièces provenant du nord de l’Irak afin de prendre une longueur d’avance sur les contrebandiers. « Nous avons beaucoup d’informateurs là-bas avec qui nous gardons contact,  par conséquent nous avons une bonne connaissance des pièces avant qu’elles ne soient pillées et qu’elles arrivent sur le marché noir dans cinq ou dix ans »,  explique-t-il. Depuis 2008, les Américains ont restitué à l’Irak plus de 1.200 objets au  cours de quatre rapatriements.

Publié le 17/03/2015 à 09H20, mis à jour à 17H19

Par Lorenzo Ciavarini Azzi
Journaliste, responsable de la rubrique Classique de Culturebox
source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Les Etats-Unis restituent à l’Irak des antiquités pillées pendant l’occupation » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/
expositions/patrimoine/les-etats-unis-restituent-a-lirak-des-antiquites-pillees-pendant-loccupation-214357 (page consultée le 17/03/2015)

 

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mars 17, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS: »L’UNESCO mobilise la communauté internationale pour mettre fin au nettoyage culturel en Iraq. »

Depuis le début du conflit en Iraq, outre la perte tragique de vies humaines et la crise humanitaire liées à la persécution des minorités culturelles et religieuses, le patrimoine culturel est la cible de destructions intentionnelles, dont le but est clairement d’effacer l’histoire du pays ainsi que les identités et la diversité de ses habitants.

© Creative CommonsNimrud Lamassu's at the North West Palace of Ashurnasirpal, Iraq

© Creative CommonsNimrud Lamassu’s at the North West Palace of Ashurnasirpal, Iraq

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé à maintes reprises le choc et l’indignation provoqués par ces attaques, qu’elle a qualifiées de crimes de guerre. Elle a contacté le Conseil de sécurité des Nations Unies, a alerté la Cour pénale internationale et a informé le Secrétaire général de l’ONU de la mise en place, par l’UNESCO, d’une vaste coalition de partenaires afin d’élaborer une réponse vigoureuse à l’échelle du système en vue d’une mise en œuvre effective de la résolution 2199 des Nations Unies. Adoptée le 12 février 2015, cette dernière condamne la destruction du patrimoine culturel et adopte des mesures juridiquement contraignantes pour lutter contre le trafic illicite des antiquités et des objets culturels d’Iraq et de Syrie.

Musée de Mossoul

Après la diffusion le 26 février 2015 d’une vidéo montrant la destruction choquante de collections du musée de Mossoul par des groupes extrémistes, la Directrice générale a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. « La destruction systématique de ces éléments emblématiques du patrimoine iraquien, dont nous sommes les témoins depuis plusieurs mois, est intolérable et doit cesser immédiatement, » a-t-elle déclaré.

En tant que deuxième plus grand musée d’Iraq, le musée de Mossoul abrite des centaines d’objets d’origine assyrienne, certains datant de plus de 3 000 ans. En 2003, quelques 1 500 objets avaient été déplacés en lieu sûr au musée de Bagdad, mais d’autres statues – trop grandes ou trop fragiles – étaient restées à Mossoul. Parmi celles-ci se trouve le Lamassu, un dieu assyrien représenté avec une tête humaine, le corps d’un taureau et des ailes. Il était le gardien de la porte de Nergal de l’ancienne ville mésopotamienne de Ninive, jadis la plus grande capitale du monde.

Nimrud

Le 5 mars, en réponse à des informations confirmées relatant la destruction au bulldozer de la ville de Nimrud, la Directrice générale a « saisi le président du Conseil de sécurité des Nations Unies, et le procureur de la Cour pénale internationale. » Elle a exhorté la communauté internationale à « unir ses efforts, en solidarité avec le gouvernement et le peuple iraquien, pour stopper cette catastrophe ». La destruction délibérée du patrimoine culturel est un crime de guerre, comme il est clairement indiqué dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Fondée au 13ème siècle avant JC, Nimrud était considérée comme la seconde capitale de l’empire assyrien. La ville, qui a été construite bien au-dessus du niveau de la rivière, a acquis une renommée et a prospéré sous le règne du roi Assurnazirpal, qui a construit un grand palais et des temples et dont le fils a construit le monument connu comme la Grande Ziggourat. Des fouilles dans les années 1980 ont révélé trois tombes royales remplies de trésors merveilleux, avec des fresques et des œuvres célèbres dans le monde et vénérées dans la littérature et les textes sacrés.

Hatra

Deux jours plus tard, le 7 mars, des groupes extrémistes ont frappé Hatra, ville inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Conjointement avec Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, Directeur général de l’ISESCO (Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture), la Directrice générale a considéré la destruction comme « un tournant dans la stratégie effroyable de nettoyage culturel actuellement en cours en Iraq. »

Grande cité fortifiée datant du 3e siècle avant JC, Hatra était à l’origine une petite colonie assyrienne qui est ensuite devenue une forteresse et un centre de commerce. Ses vestiges, au milieu du désert à 110 km au sud-ouest de Mossoul, témoignent de son rôle d’étape majeure sur la célèbre Route de la soie orientale. Dans le centre de cette ville de deux kilomètres se trouve un complexe de temples dédiés à plusieurs divinités locales, dont le principal était le dieu solaire Shamash. Des sculptures représentant Apollon (appelé Balmarin dans le panthéon de Hatra), Poséidon, Éros, Hermès, Tyché (la déesse tutélaire de Hatra) et Fortuna ont été découvertes. Les Romains ont essayé à plusieurs reprises d’envahir « la ville du Dieu Soleil », mais ont échoué dans leurs entreprises. Tout comme Palmyre en Syrie, Petra en Jordanie, et Baalbek au Liban, Hatra est une autre des grandes villes arabes et a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1985.

La communauté internationale s’est mobilisée avec l’UNESCO pour dénoncer le phénomène dangereux de nettoyage culturel actuellement en cours. Le 6 mars, l’Institut islamique égyptien Al-Azhar a émis une fatwa interdisant la destruction d’objets anciens. « Ces objets ont une importante signification culturelle et historique, » a déclaré Al-Azhar dans un communiqué. « Ils constituent un élément important de notre patrimoine collectif qui ne doit pas être lésé. » De même, le grand Ayatollah Sistani iraquien a dénoncé la destruction des sites antiques : « Avec Daesh qui détruit les trésors de Mossoul et l’héritage de la civilisation, cela devrait tous nous unir contre lui et contre sa barbarie. »

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » L’UNESCO mobilise la communauté internationale pour mettre fin au nettoyage culturel en Iraq » [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/unesco_mobilizes_
the_international_community_to_end_cultural_cleansing_in_iraq/#.VQFV246G9NM(page consultée le 12/03/2015)

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mars 12, 2015   No Comments

Article CultureBox : »Bagdad demande de l’aide pour défendre le patrimoine irakien face à l’EI. »

Détail d'une colonnade du temple hellenistique de Mrn à Hatra, en Irak, prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

Détail d’une colonnade du temple hellenistique de Mrn à Hatra, en Irak, prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

L’Irak demande l’aide de la communauté internationale pour protéger son précieux patrimoine archélogique menacé. Pour le ministre irakien du Tourisme et des Antiquités, la coalition internationale qui mène des frappes contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak doit protéger les sites archéologiques que les jihadistes veulent détruire.

Après Mossoul et Nimroud, la ville fortifiée de Hatra visée

Ces dernières semaines, l’EI a brisé d’inestimables objets conservés au musée de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, avant de viser la cité de Nimroud fondée au 13e siècle avant l’ère chrétienne et lieu important de la civilisation mésopotamienne.

Selon l’ONU, l’EI a aussi attaqué ces jours-ci la ville fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2.000 ans et classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans les temples des vestiges de la ville l’architecture grecque et romaine se combine à ses éléments de décor d’origine orientale.

Les destructions du patrimoine irakien ont lieu dans les zones contrôlée par l’EI dans la province de Ninive (nord), où le gouvernement irakien est incapable d’intervenir, faute de troupes suffisantes. D’autant que des dizaines de milliers d’hommes sont mobilisés autour de la ville de Tikrit, plus au sud, pour tenter de la reprendre aux jihadistes.

Le temple de Mrn à Hatra, en Irak, édifié à la période romaine. © Hubert Debbasch / AFP

Le temple de Mrn à Hatra, en Irak, édifié à la période romaine. © Hubert Debbasch / AFP

L’appel du gouvernement irakien à la coalition anti-EI

« Ce que je demande à la communauté internationale et à la coalition internationale c’est de frapper le terrorisme où qu’il soit », a déclaré le ministre irakien du Tourisme et des Antiquités Adel Fahd al-Cherchab à des journalistes à Bagdad.

« Nous demandons un soutien aérien », a-t-il ajouté. Car « le ciel n’est pas contrôlé par les Irakiens, le ciel n’est pas dans nos mains. Donc la communauté internationale doit se servir des moyens qu’elle a », a-t-il ajouté. « Hatra est un site au milieu du désert où l’on peut voir (depuis les airs) n’importe quelle infiltration », a avancé le ministre irakien.

La coalition a annoncé avoir mené 12 raids en Irak entre samedi et dimanche matin, dont deux à proximité de Mossoul. Ils ont détruit, selon la coalition, une unité de l’EI ainsi que deux « pelleteuses », sans qu’il ne soit précisé s’il s’agissait d’engins utilisés pour s’en prendre aux sites archéologiques.

Cibler les jihadistes marquerait un changement pour la coalition, qui mène jusqu’à présent des frappes visant à affaiblir les capacités militaires de l’EI en Irak et en Syrie voisine.

Architecture de l'époque romaine de la ville de Hatra. Photo prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

Architecture de l’époque romaine de la ville de Hatra. Photo prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

L’EI dit combattre l’idôlatrie mais vendrait les antiquités au marché noir

L’Unesco a condamné dimanche la destruction de Hatra, une ville fortifiée particulièrement bien conservée où architectures orientale et occidentale se mêlent. Mais M. Cherchab a précisé que son ministère n’avait pu confirmer ces informations. « On s’attendait à ce qu’ils cherchent à la détruire », a-t-il indiqué.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais selon plusieurs experts, les « idoles » si vivement dénoncées dérangent moins les jihadistes lorsqu’il s’agit de les vendre au marché noir. « Ils disent ‘c’est haram’ (« interdit » par l’islam) et en même temps ils en vendent et en profitent financièrement », a dénoncé le ministre.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Bagdad demande de l’aide pour défendre le patrimoine irakien face à l’EI » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/bagdad-demande-de-laide-pour-defendre-le-patrimoine-irakien-face-a-lei-213633(page consultée le 27/02/2015)

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mars 9, 2015   No Comments

Article TV5 Monde: »L’ONU condamne la « destruction » par l’EI de la cité antique de Hatra. »

Vue de la cité antique de Hatra, en Irak, le 21 avril 2003 afp.com - Philippe Desmazes

Vue de la cité antique de Hatra, en Irak, le 21 avril 2003
afp.com – Philippe Desmazes

L’ONU a dénoncé samedi la « destruction » de la cité antique de Hatra dans le nord de l’Irak par le groupe jihadiste de l’Etat islamique (EI) qui depuis plusieurs semaines s’emploie à démolir les trésors du patrimoine irakien.

Dans le même temps, les combattants de ce groupe ultraradical résistent à l’offensive, entrée dans son sixième jour, des forces irakiennes pour reprendre la ville de Tikrit, située entre Bagdad et Mossoul dans le nord de l’Irak.

Soumis à la pression conjuguée des forces irakiennes au sol et de la coalition internationale dans les airs, l’EI multiplie exactions, destructions et pillages dans les zones sous son contrôle notamment dans la région de Mossoul et ses environs.

Après avoir réduit en miette d’inestimables collections du musée de Mossoul, puis les joyaux architecturaux de Nimroud, ville phare de l’empire assyrien, l’EI s’en est pris à Hatra, une cité vieille de 2000 ans inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco située à 100 km au sud de Mossoul, selon l’UNESCO.

« La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak », a dit dans un communiqué la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.

Ce sont « des sources officielles » qui ont rapporté « la destruction du site du patrimoine mondial de Hatra », a ajouté le communiqué.

Le ministère irakien du Tourisme et des Antiquités a lui aussi condamné la « destruction » de Hatra, sans néanmoins être en mesure de confirmer cette information colportée par des médias kurdes irakiens.

– Bataille de Tikrit –

Selon un parlementaire de la province de Ninive (nord), Mohammed Nouri, « jusqu’à présent on ne peut pas affirmer de source sûre que Hatra a été détruite. Hatra est quelque peu isolée, et il n’y a pas d’habitants dans les environs. Je n’ai entendu parler d’une personne qui aurait été témoin des destructions ».

L’ONU avait qualifié ces destructions de « crimes de guerre » et d’une « attaque contre l’Humanité ».

Hatra, comme Nimroud, se situe entre Mossoul et Tikrit, ville autour de laquelle des dizaines de milliers de membres des forces irakiennes sont déployés depuis lundi dans la plus grande contre-offensive jamais lancée depuis l’assaut de l’EI en Irak en juin 2014.

Pour le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, il ne s’agit que d’une question de temps pour reprendre Tikrit notamment grâce à la mobilisation de quelque « 23.000 » soldats et miliciens déployés face à des « centaines » de combattants de l’EI.

S’adressant à des journalistes dans l’avion qui l’a mené à Bahreïn, avant un passage prévu en Irak, il a aussi mis en avant la campagne aérienne de la coalition internationale dirigée par Washington contre des positions de l’EI ailleurs en Irak.

M. Dempsey est en outre attendu sur le porte-avion français Charles de Gaulle, qui croise dans le Golfe dans le cadre de cette coalition.

En six jours de combats pour la bataille de Tikrit, le gouvernement irakien n’a fourni aucun bilan, mais des habitants de localités proches ont fait état de passages réguliers de convois transportant des victimes.

Dans une vidéo diffusée sur des comptes Twitter pro-EI, on peut voir les corps de sept hommes, décrits comme des « pro-gouvernementaux », pendus à un pont à Hawija, à 75 km au nord-est de Tikrit.

– Soldat canadien tué –

Les forces armées se rapprochaient de Tikrit en certains endroits. Il y a des « combats acharnés » dans la cité d’Al-Dour, à 20 km au sud de Tikrit, « avec le soutien aérien de l’armée », selon l’armée.

Sur le front ouest, dans la province d’Al-Anbar contrôlée en partie par l’EI, la coalition a mené 26 frappes ces deux dernières semaines, contribuant à bouter les jihadistes hors d’Al-Baghdadi, localité proche de la base aérienne d’Al-Assad où 300 militaires américains entraînent les forces irakiennes, selon l’armée américaine.

Plusieurs pays ont envoyé des soldats au sol en Irak, afin de former les forces locales. Un soldat canadien a été tué et trois blessés vendredi, après avoir été « pris par erreur pour cible par les forces kurdes », selon le ministère canadien de la Défense.

Toujours à Al-Anbar, une offensive a été lancée cette semaine pour reprendre Karma, à une dizaine de km au nord-est de Fallouja, un bastion de l’EI.

Par Mahmud Saleh
© 2015 AFP
Mise à jour 07.03.2015 à 22:30

source:TV5 Monde, information,en continu, culture/ art de vivre, « L’ONU condamne la « destruction » par l’EI de la cité antique de Hatra » [En Ligne] http://information.tv5monde.com/en-continu/irak-l-unesco-denonce-la-destruction-par-l-ei-de-la-cite-antique-de-hatra-20738 (page consultée le 08/3/2015)

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mars 8, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS: »La Directrice générale de l’UNESCO condamne la destruction du site archéologique de Nimrud en Iraq ».

« Je condamne avec la plus grande fermeté la destruction du site de Nimrud. Cette nouvelle attaque contre le peuple iraquien rappelle que le nettoyage culturel qui sévit en Iraq n’épargne rien ni personne : il vise les vies humaines, les minorités et s’accompagne de la destruction systématique du patrimoine millénaire de l’humanité, » a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

© Creative CommonsNimrud Lamassu's at the North West Palace of Ashurnasirpal, Iraq

© Creative CommonsNimrud Lamassu’s at the North West Palace of Ashurnasirpal, Iraq

« Nous ne pouvons pas rester silencieux. La destruction délibérée du patrimoine culturel constitue un crime de guerre, et j’en appelle à tous les responsables politiques et religieux de la région à se lever contre cette nouvelle barbarie et rappeler qu’il n’y a aucune justification politique ou religieuse à la destruction du patrimoine culturel de l’humanité. »

« J’appelle aussi tous ceux qui le peuvent, et en priorité les jeunes, en Iraq et ailleurs, à tout mettre en œuvre pour protéger ce patrimoine et à le revendiquer comme le leur et comme le bien commun de l’humanité. »

« J’appelle toutes les institutions ‎culturelles, les musées, les journalistes, les professeurs et les scientifiques, à partager et expliquer encore davantage l’importance de ce patrimoine, de la civilisation mésopotamienne. Contre la folie criminelle de ceux qui détruisent la culture, nous devons aussi répondre par plus de culture et par une mobilisation sans précédent. »

« J’ai déjà saisi le président du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et la procureure de la Cour Pénale Internationale sur ce sujet. L’ensemble de la communauté internationale doit unir ses efforts, en solidarité avec le gouvernement et le peuple iraquien, pour stopper cette catastrophe. »

« De même, l’UNESCO est déterminée à tout mettre en œuvre pour documenter et protéger le patrimoine de l’Iraq et enrayer la lutte contre le trafic illicite des objets culturels, qui participe directement au financement du terrorisme. L’enjeu est la survie de la culture et de la société iraquienne », a-t-elle ajouté.

La ville de Nimrud (Kahlku), fondée il y a plus de 3300 ans, était jadis une capitale de l’empire assyrien, dont les fresques, les palais et les œuvres sont célèbres dans le monde entier, dans la littérature et les textes sacrés. Le gouvernement iraquien a confirmé que le site avait été attaqué au bulldozer par des groupes extrémistes armés dans la journée du 5 mars.

***

Contact médias :

Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, a.bardon(at)unesco.org, +33 (0) 1 45 68 17 64.

http://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/1463/

******

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » La Directrice générale de l’UNESCO condamne la destruction du site archéologique de Nimrud en Iraq » [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/unesco_director_general_
condemns_destruction_of_nimrud_in_iraq/#.VPq9j_mG9NM
(page consultée le 06/03/2015)

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mars 7, 2015   No Comments

Article Le Monde : »La cité antique détruite par l’EI en Irak, un « crime de guerre » selon l’Unesco »

Le Monde.fr | • Mis à jour le

Quelques jours après la diffusion de vidéos montrant des membres de l’organisation Etat islamique (EI) détruisant des œuvres dans le Musée de Mossoul, le groupe djihadiste s’en est à nouveau pris au patrimoine culturel en Irak.


Nimroud : à quoi ressemble la cité antique… par lemondefr

Selon le ministère du tourisme irakien, des membres de l’EI ont attaqué dans l’après-midi de jeudi 5 mars les ruines de la cité historique assyrienne de Nimroud fondée au XIIIe siècle avant Jésus-Christ, située à 30 kilomètres au sud de Mossoul.

L’EI a « pris d’assaut la cité historique de Nimroud et a commencé à la détruire avec des bulldozers », selon les officiels irakiens. Des camions, qui ont pu être utilisés pour dérober des pièces archéologiques, ont par ailleurs été aperçus sur le site, selon un responsable des antiquités. « Jusqu’à présent, nous ne pouvons pas mesurer l’ampleur des dégâts », a-t-il confié sous couvert d’anonymat.

Cet acte a été qualifié de « crime de guerre » par l’Unesco, organisme des Nations unies chargé de défendre la culture dans le monde :

« Nous ne pouvons pas rester silencieux. La destruction délibérée du patrimoine culturel constitue un crime de guerre, et j’en appelle à tous les responsables politiques et religieux de la région à se lever contre cette nouvelle barbarie. »

« DÉTRUIRE LE PATRIMOINE IRAKIEN, SITE APRÈS SITE »

Plusieurs archéologues avaient fait part de leur crainte de voir ce site attaqué à son tour par les djihadistes, après  les destructions du musée de Mossoul.  La cité de Hatra, inscrite au patrimoine de l’Unesco « évidemment sera la prochaine cible.(…) C ‘est seulement une question de temps », a estimé Abdelamir Hamdani, un archéologue irakien de l’Université Stony Brook à New York, « bouleversé » par l’annonce des destructions à Nimroud.

« Je suis désolé de le dire, mais tout le monde s’y attendait. Le dessein des djihadistes est de détruire le patrimoine irakien, site après site », rappelle-t-il, l’EI estimant que les statues ou les tombes favorisent l’idôlatrie, avis extrêmement marginal même chez les religieux les plus traditionnels.

Le Metropolitan Museum of Art de New York avait réalisé cette reconstitution virtuelle du palais de Nimroud.

 

source: Le monde, International, Proche-Orient, »L’EI détruit au bulldozer les ruines d’une cité antique en Irak »[En Ligne] http://www.lemonde.fr/international/article/2015/03/06/
l-etat-islamique-saccage-des-ruines-d-une-cite-historique-en-irak_4588449_3210.html#gUwcuRRMqbJBMfat.99 (page consultée 06/03/2015)

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mars 6, 2015   2 Comments