Quand le patrimoine est source de controverses
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Article CultureBox : »Le patrimoine culturel de Gaza s’effondre sous les bombes »

Publié le 14/08/2014 à 15H49, mis à jour le 14/08/2014 à 16H18

Un missile israélien a fait exploser récemment la mosquée Omari de Jabaliya, dans la bande de Gaza, réduisant un peu plus en cendres le peu qu’il reste du patrimoine culturel de ce territoire palestinien supplicié, a relaté l’AFP jeudi.

Vue aérienne de ce qu'il reste de la mosquée Omari de Jabaliya, dans la bande de Gaza (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP

Vue aérienne de ce qu’il reste de la mosquée Omari de Jabaliya, dans la bande de Gaza (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP


Certaines parties des lieux passaient pour remonter au 14e siècle. Une mosquée se serait dressée sur le site depuis le 7e siècle, peu après l’apparition de l’islam.

La mosquée Omari était l’un des derniers bâtiments historiques encore debout dans Gaza, cette ville dense dans laquelle les blocs d’immeubles en parpaings  bruts s’alignent le long de rues poussiéreuses. La mosquée est en ruines à présent. Il n’en reste que le minaret. Selon les riverains, le muezzin a été fauché par le missile alors qu’il appelait à la prière. La bande de Gaza a abrité des communautés humaines sédentaires depuis 3.300 ans av. J.-C.

Un Palestinien inspecte les ruines de la mosquée Omari de Jabaliya (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP

Un Palestinien inspecte les ruines de la mosquée Omari de Jabaliya (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP

Mais des siècles de guerres et la surpopulation galopante de l’enclave depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948 en ont effacé les traces sur cette langue de territoire méditerranéen coincé entre l’Egypte et Israël aux richesses historiques considérables.

Le ministre palestinien du Tourisme et des Antiquités, Rula Ma’ayah, a appelé jeudi l’Unesco à dénoncer la destruction « intentionnelle », selon lui, du patrimoine palestinien par l’armée israélienne, et à l’assimiler à un « crime de guerre ».

Le patrimoine « n’est une priorité pour personne », même à Gaza
Mais à Gaza même, « ce n’est une priorité pour personne », souligne auprès de l’AFP Yasmine al-Khoudari, qui prête la main à son père pour tenir le petit musée privé qu’il a monté. « Quand vous pensez à Gaza, ce n’est pas à son histoire que vous pensez, à Gaza l’antique ou à l’archéologie, vous pensez urgence alimentaire ou médicale, camps de réfugiés, Hamas », dit-elle.

Pour compenser le manque de musée public, son père, Jawdat al-Khoudary s’est mis un jour à collectionner les objets qu’il a découverts en creusant la terre au cours de ses chantiers et qui datent des Cananéens jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Un musée privée pour préserver quelques vestiges
Le musée privé qu’il a ouvert en 2008 sur le front de mer à Gaza expose des vestiges de poteries anciennes, des pièces de monnaie, des objets en bronze et des armes. Il a associé au musée un restaurant et un hôtel dans lesquels il a intégré certaines de ses trouvailles: les piliers de sa véranda faisaient partie de la voie de chemin de fer qui, autrefois, traversait Gaza.

Le musée archéologique de Gaza (28 juillet 2014) © Mohammed Abed / AFP

Le musée archéologique de Gaza (28 juillet 2014) © Mohammed Abed / AFP

La famille Khoudary projetait d’élargir sa collection et de rénover le musée. En avril, elle avait reçu la visite de deux archéologues français, dit Yasmine. L’une d’entre eux est revenue en juillet mais est repartie quand la guerre a éclaté.

La guerre a causé des dégâts directs mais aussi indirects au patrimoine gazaoui, relate à l’AFP Ahmed al-Barsh, du ministère du Tourisme. « Indirects parce qu’il est impossible d’entrer pour les visiteurs, les étrangers, les étudiants ou les chercheurs. »

Avant même la guerre en cours, le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza lui rendait le travail impossible, souligne-t-il. « Israël a interdit l’importation de matériaux de restauration, du coup les fondations et les organisations internationales travaillant dans ce secteur ont cessé de nous soutenir. »

La mosquée Al-Mahkamah, datant du 15e siècle, a elle aussi été anéantie à Chajaya, l’un des quartiers de Gaza les plus durement touchés par les bombardements. Dans un chaos de gravats, de câbles électriques et de métal ne se dresse plus que le minaret de l’ère mamelouk à la maçonnerie compliquée.

Un hammam historique… dernier recours pour se laver
Le hammam al-Samara, dernier bain turc de Gaza, a dû fermer avec la guerre. Les Gazaouis y ont pris les eaux depuis plus de 1.000 ans. Il est devenu l’une des ultimes attractions encore intactes pour les rares touristes. Mohamed al-Ouazir, dont la famille tient le hammam depuis presqu’un siècle, essaie de se projeter dans un avenir pourtant sombre et parle de rouvrir. Il réduira le prix d’entrée de moitié, à 10 shekels (environ 2 euros), « par solidarité avec les gens et à cause de ce qu’ils ont enduré ».

Toutefois, il pourrait ne pas attendre l’instauration d’un cessez-le-feu durable, simplement parce que les Gazaouis manquent d’eau et ne savent même plus où se laver.

 

source: Culturebox, exposition, patrimoine, »Le patrimoine culturel de Gaza s’effondre sous les bombes » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/le-patrimoine-culturel-de-gaza-seffondre-sous-les-bombes-161627
(page consultée le 15/08/2014)

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août 15, 2014   No Comments

Article TV5 MOnde : « Dans le nord de la Cisjordanie, l’archéologie est un combat quotidien. »

Sebastia (Territoires palestiniens) (AFP) – 30.06.2014 09:58 – Par Kassam MAADDI

Des visiteurs examinent une tombe dans le cadre d'une mission archéologique franco-palestinienne à Sebastia, près de Naplouse, le 24 juin 2014 afp.com - Jaafar Ashtiyeh

Des visiteurs examinent une tombe dans le cadre d’une mission archéologique franco-palestinienne à Sebastia, près de Naplouse, le 24 juin 2014
afp.com – Jaafar Ashtiyeh

Analyser les noyaux d’olives carbonisés ou reconstituer le contenu de tombes pillées il y a des siècles: l’archéologie palestinienne en Cisjordanie occupée est un travail de patience, auquel contribue la France, présente sur ces terrains de fouilles depuis plus de 150 ans.

Entre les oliviers, au milieu d’un terrain poussiéreux, Jean-Sylvain Caillou, directeur de l’antenne dans les Territoires palestiniens de l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) conduit ses visiteurs sur les chantiers de la première Mission archéologique franco-palestinienne, à Sébastia, la Samarie de la Bible, dans le nord de la Cisjordanie.

« Les tombeaux sont vides. A un moment donné, ils ont été pillés, mais nous avons assez d’éléments pour déterminer de quelle période ils datent et connaître plus de choses sur leur utilisation », explique M. Caillou, qui dirige une équipe d’archéologues et d’étudiants de l’université palestinienne Al-Quds, à Jérusalem-Est occupé et annexé, et de La Sorbonne, à Paris.

Creusées dans le rocher en forme de grandes chambres souterraines, certaines tombes datent de l’Age de fer (vers 800 avant JC), d’autres remontent à l’époque byzantine (IIIe-IVe siècle de l’ère chrétienne).

Creusées dans le rocher en forme de grandes chambres souterraines, certaines tombes datent de l'Age de fer (vers 800 avant JC), d'autres remontent à l'époque byzantine (IIIe-IVe siècle de l'ère chrétienne) afp.com - Jaafar Ashtiyeh

Creusées dans le rocher en forme de grandes chambres souterraines, certaines tombes datent de l’Age de fer (vers 800 avant JC), d’autres remontent à l’époque byzantine (IIIe-IVe siècle de l’ère chrétienne)
afp.com – Jaafar Ashtiyeh

L’une de ces sépultures, dans une zone rurale en voie d’urbanisation, a été découverte pendant la construction d’une maison, aussitôt interrompue avec l’appui de la mairie.

« Ici j’ai trouvé des noyaux d’olives fossilisés à l’intérieur du tombeau. Cela faisait partie du culte de certaines populations de l’Antiquité d’enterrer les morts avec des olives », indique Hussein Médina, étudiant palestinien en thèse d’archéobotanique à Paris, qui étudie les graines et les restes végétaux pour reconstituer l’histoire du site.

« Nous connaissons de plus en plus de choses sur l’histoire de cette région », note Jean-Sylvain Caillou, « mais il y a encore des réponses à trouver ».

C’est précisément la raison pour laquelle la Mission archéologique franco-palestinienne a inauguré son centre à Sébastia, fruit d’un partenariat entre l’antenne de l’IFPO à Jérusalem, le Consulat général de France à Jérusalem et l’Université Al-Quds.

« La coopération en matière d’histoire et d’archéologie est une tradition française. Notre but est d’aider les Palestiniens à préserver eux-mêmes leurs sites archéologiques », affirme le consul général de France à Jérusalem, Hervé Magro.

« Nous avons beaucoup de possibilités de travail ensemble », plaide M. Magro, malgré les difficultés politiques.

Le consul général de France Hervé Magro, sur le site de Sebastia, le 24 juin 2014 afp.com - Jaafar Ashtiyeh

Le consul général de France Hervé Magro, sur le site de Sebastia, le 24 juin 2014
afp.com – Jaafar Ashtiyeh

– Tensions avec les colons –

Le site a hérité d’un patrimoine archéologique exceptionnel. Selon la tradition, c’est là que se dressait le palais d’Hérode (73-4 avant JC) et qu’aurait eu lieu la décapitation de Jean-Baptiste.

Mais pour ce pittoresque village d’altitude, la redécouverte de son passé relève d’un combat quotidien. A proximité, la colonie israélienne de Shavei Shomron s’élève sur des terres agricoles confisquées aux villageois.

En outre, la région est en « zone C », c’est-à-dire sous contrôle total israélien. Les Palestiniens ne peuvent donc pas y effectuer des fouilles.

« Les sites les plus importants de Sébastia se trouvent en zone C: le Colisée romain, l’ancienne église, les fondations de l’ancienne cité. Les colons les pillent régulièrement. L’an dernier, ils ont volé une série de statues qui représentaient la décapitation de Jean-Baptiste », accuse Qadri Ghazal, l’adjoint au maire.

Sur les murs du village, des graffitis interpellent les visiteurs: « Sébastia est en danger », « Sauvez les vestiges ».

Qadri Ghazal se félicite de l’installation de la Mission archéologique franco-palestinienne –qui « va nous aider à découvrir et sauvegarder notre patrimoine » mais, poursuit-il, « notre problème principal est politique ».

La Palestine, admise comme Etat membre à part entière de l’Unesco en octobre 2011, revendique 3.300 sites archéologiques.

La recherche archéologique en Terre sainte, qui a débuté au milieu du XIXe siècle, est rapidement devenue une source de polémiques en raison des tentatives d’instrumentalisation à des fins religieuses ou idéologiques, sous le prétexte d' »archéologie biblique ».

Cette discipline se révèle particulièrement périlleuse dans le nord de la Cisjordanie, y compris au sens propre.

Un archéologue israélien est mort en tombant dans une crevasse alors qu’il travaillait sur un site archéologique près de Homesh et Shavei Shomron, a annoncé jeudi la police israélienne, précisant qu’il s’agissait d’un habitant du Goush Etzion, un bloc de colonies dans le sud du territoire.

 

© 2014 AFP

source: TV5 Monde, information, accueil information, culture/art de vivre, « Dans le nord de la Cisjordanie, l’archéologie est un combat quotidien » [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Dans-le-nord-de-la-Cisjordanie-l-archeologie-est-un-combat-quotidien.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20140630.5ef18257.67fa.43ce.950a.
231f9ea3a4db.xml#(page consultée le 01/07/2014)

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juillet 1, 2014   No Comments

38 ème session du Comité du patrimoine mondial: Mise à jour de la Liste de Patrimoine en Péril

Réuni pour sa38esession annuelle qui a commencé le 15 juin et se poursuivra jusqu’au 25 juin à Doha. le Comité du patrimoine mondial procède à l’étude et la mise à jour des biens inscrits et en situation de dangers, et ce de quelques natures qu’ils soient, en vue de leurs inscriptions, maintien ou retrait de la Liste du patrimoine en péril.

Parmi les modifications apportées à la liste cette année figure une bonne nouvelle. En effet, Le Comité du patrimoine mondial a estimé que la gestion et la sauvegarde des Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara ,en République-Unie de Tanzanie, se sont améliorées et le site vient d’être retiré de la liste du patrimoine en Péril.

Cependant la liste ne sera pas uniquement raccourcie puisque de nouvelles inscriptions ont eu lieu. Ainsi la Ville de Potosí (Etat plurinational de Bolivie) vient d’être ajoutée à la Liste du patrimoine en péril en raison des activités minières incessantes et incontrôlées dans la montagne du Cerro Rico qui risquent de dégrader le site.Le Comité a mis en avant dans sa désicion la dégradation potentielle du site historique provoquée par l’exploitation minière ; l’instabilité et le risque d’effondrement du Cerro Rico ; les carences en matière de conservation ; l’application inefficace en matière de protection et les impacts environnementaux sur le complexe hydraulique qui affecte à son tour le tissu historique et la population locale.

Pour de tout autres motifs La Réserve de gibier de Selous (République-Unie de Tanzanie) a été inscrite sur la Liste, puisque c’est en raison du braconnage qui décime la faune sauvage du site. En effet, Le nombre d’éléphants et de rhinocéros a baissé de près de 90% depuis 1982, lorsque le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

Double inscription pour  « Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir ».Premier bien examiné  et inscrit cette année sur la Liste du patrimoine mondial, le Comité a également décidé d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine en péril considérant que le paysage a été fragilisé par l’impact des transformations socioculturelles et géopolitiques susceptibles de causer des dommages irréversibles à son authenticité et à son intégrité, faisant référence au début des travaux de construction d’un mur de séparation qui pourrait isoler les fermiers des champs qu’ils ont cultivés pendant des siècles.

Enfin, la décision relative à l’inscription de la Grande Barrière de corail australienne sur la Liste du patrimoine en péril a été reportée à l’année prochaine par le Comité du patrimoine mondial. Mis en danger par le développement côtier et notamment le projet d’équipements portuaires et de traitement du gaz naturel liquéfié. Le Comité a demandé à l’Australie de lui soumettre un rapport actualisé sur le site d’ici le 1er février 2015.

Joëlle Depagne

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juin 21, 2014   No Comments

Article TV5 Monde : »Un village de Cisjordanie demande à être inscrit au patrimoine de l’Unesco. »

Jérusalem (AFP) – 16.02.2014 17:02

Des responsables palestiniens ont déposé une demande urgente pour qu’un village de Cisjordanie, dont les vestiges antiques sont menacés par le mur de séparation israélien, soit inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le village de Battir, au sud de Jérusalem, le 5 juillet 2012 afp.com - Musa al-Shaer

Le village de Battir, au sud de Jérusalem, le 5 juillet 2012
afp.com – Musa al-Shaer

Des responsables palestiniens ont déposé une demande urgente pour qu’un village de Cisjordanie, dont les vestiges antiques sont menacés par le mur de séparation israélien, soit inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

La demande concerne le village de Battir, au sud de Jérusalem, et a été déposée début février, a déclaré dimanche à l’AFP Mahmoud Abou Arab, un membre du conseil du village.

« Nous avons déposé la demande il y a 15 jours et avons appris aujourd’hui qu’ils avaient accepté de la prendre en compte », a-t-il expliqué. « Ils vont envoyer une délégation », a-t-il ajouté, sans préciser quand la visite aurait lieu.

Battir avait été ajouté en 2012 à la liste préliminaire de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), qui doit voter en juin sur la demande d’inscription du village au patrimoine mondial de l’Humanité.

Battir, à cheval sur la Ligne Verte, est célèbre pour ses terrasses agricoles et son système d’irrigation qui remontent à l’époque romaine, il y a plus de 2000 ans.

Mais la barrière de séparation israélienne doit passer par le village, menaçant, selon les experts, d’endommager ces vestiges antiques.

Des enfants se baignent dans l'ancienne source du village de Battir, au sud de Jérusalem, le 17 juin 2012  afp.com - Menahem Kahana

Des enfants se baignent dans l’ancienne source du village de Battir, au sud de Jérusalem, le 17 juin 2012
afp.com – Menahem Kahana

Les Palestiniens ont été acceptés à l’Unesco en octobre 2011 et ont rapidement demandé l’inscription de plusieurs sites au patrimoine mondial de l’Humanité, en particulier la basilique de la Nativité, à Bethléem, classée en juin 2012.

Israël avait affirmé n’avoir « aucune objection » à l’inscription du site au Patrimoine mondial, mais avait contesté le recours à la procédure d’urgence, estimant que c’était « une façon de laisser entendre qu’Israël ne protégeait pas le site ».

Les habitants de Battir ont aussi saisi la Haute Cour de Justice pour que le tracé du mur de séparation israélien soit modifié, une demande soutenue par l’Autorité israélienne des Parcs et de la Nature.

© 2014 AFP

 

source: TV5 Monde, information, Accueil, Culture /art de vivre, « Un village de Cisjordanie demande à être inscrit au patrimoine de l’Unesco » [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Un-village-de-Cisjordanie-demande-a-etre-inscrit-au-patrimoine-de-l-Unesco.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.
20140216.103a67b5.46f1.45be.8a08.d4ef06fb059f.xml (page consultée le 16/02/2014)

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février 16, 2014   No Comments

Article RFI : « L’encombrante statue de l’Apollon de Gaza. »

 

GAZA

Une statue de bronze représentant le dieu grec Apollon est aujourd'hui entre les mains du Hamas (photo datée du 19 septembre 2013) Gaza's Ministry of Tourism and Antiquities/Handout via Reuters

Une statue de bronze représentant le dieu grec Apollon est aujourd’hui entre les mains du Hamas (photo datée du 19 septembre 2013)
Gaza’s Ministry of Tourism and Antiquities/Handout via Reuters

Le gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, veut obtenir le concours de spécialistes internationaux de l’archéologie, notamment français, à la suite de la découverte d’une statue antique du dieu grec Apollon. Cette dernière aurait été trouvée en mer à Gaza par des pêcheurs en août dernier et serait d’une valeur inestimable. Mais de nombreuses zones d’ombres entourent cette affaire.

C’est une immense statue antique, en bronze vert, représentant le dieu grec Apollon. Pesant près de 500 kg, elle est dans un état remarquable alors qu’elle remonterait à au moins 2000 ans et qu’elle aurait été découverte en mer, selon la version officielle.

L’histoire remonte à août 2013. Un pêcheur de Gaza raconte avoir repêché cette statue à une centaine de mètres du bord, et l’avoir ramené chez lui, grâce à l’aide de plusieurs personnes. Il n’a pas conscience de la valeur de sa découverte mais tente d’en tirer de l’argent. A Gaza, où la population est très pauvre, tout est bon à prendre.

Mais sa découverte ne passe pas inaperçue et il est vite privé de son précieux trésor. La statue change de mains et se retrouve même brièvement sur un site internet de vente aux enchères. Le Hamas, au pouvoir à Gaza, récupère le bien et le met à l’abri.

Mystère sur la provenance de la statue

Selon un journaliste italien de La Repubblica, Fabio Scuto, qui a publié un article sur le sujet le 10 octobre dernier, le Hamas aurait été bien embarrassé par cette encombrante statue. Pas question de la montrer au public, la représentation dénudée du dieu grec ne serait pas compatible avec l’islam.

Certains auraient suggéré de vendre l’Apollon sur le marché noir, comme d’autres antiquités. Une solution idéale « pour renflouer les caisses du Hamas, qui n’est plus capable de payer le salaire de ses hommes après le blocus des tunnels de contrebande vers l’Egypte », explique le journaliste italien.

Aujourd’hui, une vidéo circule sur Internet montrant la fameuse statue. Des responsables du gouvernement du Hamas s’expriment. Ils disent vouloir faire toute la lumière sur cette affaire et réclament le concours d’experts internationaux.

L’affaire a en effet ses zones d’ombres : la provenance même de la statue est mystérieuse. Selon Jean-Michel Tarragon, de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, « cette statue n’a pas été trouvée en mer, elle est beaucoup trop propre. Elle a été découverte sur les terres et au sec », raconte-t-il à l’agence Reuters.

Une affaire politique

Mais où ? A Gaza ou en Egypte, juste à côté ? Mystère. Le Hamas dit mener des investigations et réclame le concours d’experts internationaux. « La statue sera peut-être prêtée à un célèbre musée français ou britannique, annonce le vice-ministre du Tourisme et des Antiquités, Mohammad Khalla, à l’AFP. Cela pourrait amener à des contacts entre le gouvernement du Hamas et les gouvernements étrangers. »

L’affaire est donc aussi politique. Les pays de l’Union européenne s’abstiennent de tout contact officiel avec le Hamas considéré par l’UE et les Etats-Unis comme une organisation terroriste. Si l’Apollon arrivait à attirer des experts internationaux, ce serait une aubaine pour le gouvernement de Gaza totalement isolé.

En attendant, les archéologues du monde entier voudraient bien voir le fameux Apollon autrement qu’en photo. Selon Jean-Michel Tarragon, « il est vraiment très rare de trouver une statue (…) en métal. Elle est unique, inestimable. C’est comme si les gens demandaient le prix de la Joconde au Louvre ! ».


■ TROIS QUESTIONS A…

Jean-Baptiste Humbert, archéologue français au Proche-Orient, travaillant depuis près de 20 ans sur l’archéologie à Gaza.

Avez-vous vu la fameuse statue d’Apollon découverte récemment à Gaza ? En quoi cette découverte est-elle exceptionnelle ?

A ma connaissance, aucune personne, sinon des Gaziotes, n’a eu accès à l’endroit où la statue est soigneusement stockée. La découverte est exceptionnelle pour deux raisons.
Premièrement, les statues de bronze ont été fondues dès l’Antiquité et celles qui nous sont parvenues sont très rares, surtout de taille grandeur nature. Deuxièmement, il est tout simplement extraordinaire qu’une telle statue, de belle qualité technique et esthétique, appartienne au patrimoine de la Palestine antique : cela démontre le haut degré de culture et d’épanouissement artistique de la Palestine arabe au tournant de l’ère. Gaza a vécu à cette époque à la grecque puis à la romaine, en ayant adopté les modèles culturels les plus élaborés.

Il y a plusieurs zones d’ombres sur cette affaire : la provenance de la statue notamment. Certains experts disent que c’est impossible qu’elle ait été trouvée en mer vu son état de conservation. Quel est votre avis ? D’où pourrait-elle venir ?

J’ai été le premier à exprimer des doutes sur une provenance maritime. La corrosion n’est pas celle de la mer. Et aucune coquille ne s’y attache. Qu’elle ait été apportée d’Egypte n’est pas inconcevable mais le transport d’une pièce aussi lourde pose des problèmes considérables à travers les tunnels (aujourd’hui condamnés). Et surtout, pourquoi transporter une pièce aussi précieuse dans la souricière qu’est Gaza ? Pour en faire quoi ? C’eût été le plus mauvais choix quand les autres frontières de l’Egypte sont perméables. Il y a de très fortes présomptions que la statue vienne de Gaza.

Pourquoi à votre avis le Hamas a-t-il gardé si longtemps la statue et pourquoi communique-t-il aujourd’hui ?

Le Service des Antiquités de Gaza n’a pas encore reçu le cadeau qui est entre les mains du ministère de l’Intérieur pour enquête et protection. Les responsables du service ont eu accès à la statue, et ont commencé une expertise rendue longue et difficile car Gaza est soumis à un embargo implacable de la part des voisins, de l’ONU, de la plupart des pays de l’Europe. Ces pays ou institutions interdisent de traiter avec l’administration gaziote, et le service de Gaza fait ce qu’il peut avec une marge de manoeuvre des plus étroites. Enfin, Gaza est l’objet d’attaques meurtrières presque quotidiennes, et l’urgence de l’administration locale va d’abord à la protection des personnes et à pallier le désordre économique grave qui découle de l’enfermement très strict.

 

source: RFI, Monde, Moyen-Orient, « L’encombrante statue de l’Apollon de Gaza »,
[En Ligne] http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140212-encombrante-statue-apollon-gaza-dieu-grec-antiquite/(page consultée le 16/02/2014)

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février 16, 2014   No Comments

Article « Le Monde »: Israël annule une mission de l’Unesco à Jérusalem-Est.

Le Monde.fr avec AFP | 

Israël a annoncé lundi l’annulation d’une mission de l’Unesco pour expertiser l’état du patrimoine dans la vieille ville de Jérusalem-Est occupée et annexée, accusant les Palestiniens d’avoir « politisé » cette mission. Selon Sue Williams, une porte-parole de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture(Unesco) à Paris, « la mission n’est pas annulée, elle a été reportée », la nouvelle date n’étant pas encore déterminée.

« Les Palestiniens n’ont pas respecté les accords. La visite était censée être professionnelle, ils ont pris des mesures montrant qu’ils politisaient l’événement sans laisser la délégation se concentrer sur les aspects professionnels », a déclaré une responsable du ministère des affaires étrangères israélien. Elle a reproché aux Palestiniens de « vouloir discuter des questions politiques avec la mission » et de « pousser pour que la délégation visite le mont du Temple », appellation juive de l’esplanade des Mosquées, dans la vieille ville.

La mission de l'Unesco devait notamment examiner la question des constructions israéliennes sous la mosquée Al-Aqsa, située sur l'esplanade des Mosquées. | AP/MAHFOUZ ABU TURK

La mission de l’Unesco devait notamment examiner la question des constructions israéliennes sous la mosquée Al-Aqsa, située sur l’esplanade des Mosquées. | AP/MAHFOUZ ABU TURK

« VIOLATIONS ISRAÉLIENNES »

Peu auparavant, le conseiller du président palestinien, Mahmoud Abbas, pour les questions de Jérusalem, Ahmad Rouweidi, avait affirmé à la radio officielle Voix de la Palestine que la mission devait arriver dans la journée et commencer ses travaux mardi. Elle devait rencontrer « une commission palestinienne formée de spécialistes » pour examiner « des violations israéliennes à Jérusalem », comme les constructions sous la mosquée Al-Aqsa, située sur l’esplanade, lieu sacré pour l’islam et le judaïsme. « D’après le programme dont nous avons connaissance, la mission visitera Al-Aqsa, mais nous savons qu’Israël fera tout ce qu’il peut pour l’en empêcher », avait ajouté M. Rouweidi.

L’Unesco avait annoncé que sa « mission d’experts » examinerait « l’état de conservation du site du patrimoine mondial de la vieille ville de Jérusalem et ses remparts », une première depuis 2004. Les conclusions et recommandations de la mission doivent être présentées au Comité du patrimoine mondial lors de sa prochaine session, à Phnom Penh (Cambodge), en juin 2013.

Source: Le Monde, International, Proche-Orient [En Ligne]
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/05/20/israel-annule-une-mission-de-l-unesco-a-jerusalem-est_3384593_3218.html
(page consultée le 27/05/2013)

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mai 27, 2013   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: L’Eglise de la Nativité et la route de pèlerinage de Bethléem, Palestine, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial ainsi que des sites en Israël, aux Palaos, en Indonésie et au Maroc.

Le Comité du patrimoine mondial a inscrit de nouveaux sites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : Le Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (Palestine), les Sites de l’évolution humaine du Mont Carmel : Grottes du Nahal Mearot / Wadi el-Mughara (Israël), Le Lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos), Le paysage culturel de Bali: le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana (Indonésie) et Rabat, capitale moderne et ville historique (Maroc). Les inscriptions se poursuivent aujourd’hui et demain.

© UNESCO/Federico Busonero - Nativity Church, Bethlehem

Le Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route de pèlerinage, Bethléem (Palestine) a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en raison des dégradations liées à des fuites d’eau. Le bien inscrit est situé à 10 kilomètres au sud de Jérusalem sur les sites que  les Chrétiens reconnaissent traditionnellement comme le lieu de naissance de Jésus depuis le 2e siècle. Une église y a été construite en 339 et l’édifice qui lui a été substitué après un incendie survenu au 6e siècle conserve des vestiges du sol en mosaïque du bâtiment original. Le site comprend également des églises et des couvents grecs, latins, orthodoxes, franciscains et arméniens ainsi que des clochers, des jardins en terrasses et une route de pèlerinage.

Les Sites de l’évolution humaine du Mont Carmel : Grottes du Nahal Mearot / Wadi el-Mughara (Israël), situés sur le versant occidental du mont Carmel, comprennent les grottes du Taboun, Jamal, Skhul et el-Wad. Ils sont répartis dans une zone de 54 hectares et abritent des gisements culturels représentant les derniers 500 000 ans de l’évolution humaine. Elles témoignent de la pratique d’enterrements, des premières manifestations de l’architecture en pierre et de la transition du mode de vie des chasseurs-cueilleurs vers l’agriculture. Le site est le seul complexe connu où l’on trouve à la fois des restes d’hommes de Néanderthal et des premiers humains anatomiquement modernes au sein d’un même ensemble culturel du Paléolithique moyen, le Moustérien. À ce titre, il est devenu un site essentiel du cadre chrono-stratigraphique de l’évolution humaine en général, et de la préhistoire du Levant en particulier. Quatre-vingt-dix ans de recherches archéologiques ont mis à jour une séquence culturelle d’une durée sans équivalent, ainsi que des archives cruciales sur les origines humaines en Asie du Sud-Ouest.

Le Lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos). Ce site de 100 200 hectares compte 445 îlots calcaires inhabités. D’origine volcanique, ils ont souvent la forme de champignons entourés de lagons couleur turquoise et de récifs coralliens. La beauté du site est renforcée par un système complexe de récifs comptant 385 espèces de coraux et différents types d’habitat. Ces derniers hébergent une grande variété de plantes, d’oiseaux et d’animaux, notamment des dugongs et au moins 13 espèces de requins. Le site représente la plus grande concentration de lacs marins du monde. Ces masses d’eau de mer, isolées de l’océan par une barrière terrestre, sont caractéristiques de ces îles et se traduisent par un endémisme élevé qui devrait déboucher sur la découverte de nouvelles espèces.

Le paysage culturel de Bali: le système des subak en tant que manifestation de la philosophie du Tri Hita Karana (Indonésie) : Etalé sur 19 500 hectares, le paysage culturel de Bali comprend cinq rizières en terrasses et des temples d’eau qui illustrent le système des subak, une institution coopérative de gestion de l’eau qui remonte au IXe siècle. On y trouve aussi le temple d’eau royal Pura Taman Ayun, datant du XVIIIe siècle, le plus grand de Bali mais aussi le plus original du point de vue architectural. Le subak reflète le concept philosophique de Tri Hita Karana (trois causes de bien-être) qui vise à une relation harmonieuse entre les domaines de l’esprit, du monde humain et de la nature. Cette philosophie, issue de l’échange culturel existant entre l’Inde et Bali depuis plus de deux mille ans, a façonné le paysage de Bali. Le système subak recouvre des pratiques agricoles démocratiques et égalitaires qui ont permis aux habitants de Bali de devenir les plus efficaces producteurs de riz de tout l’archipel, malgré la pression d’une grande densité de population.

Rabat, capitale moderne et ville historique (Maroc). Située sur la façade atlantique, au nord-ouest du pays, Rabat est le résultat d’un dialogue fructueux entre le passé arabo-musulman et le modernisme occidental. Le site comprend la « ville nouvelle », conçue et construite sous le Protectorat français de 1912 aux années 30, incluant la résidence royale, des administrations coloniales, des ensembles résidentiels et commerciaux, le jardin – botanique et d’agrément – d’Essais. On y trouve aussi des parties anciennes de la ville qui remontent parfois au XIIe siècle. La « ville nouvelle » représente un des plus grands et plus ambitieux projets urbains du XXe siècle en Afrique, probablement le plus complet et le plus achevé. Les parties anciennes abritent la mosquée Hassan (démarrée en 1184) ainsi que les remparts et portes almohades, seuls vestiges subsistant de Ribat-al-Fath, le grand projet de ville capitale du califat almohade. On y trouve aussi des vestiges de la principauté morisque, ou andalouse, du XVIIe siècle.

La session du Comité du patrimoine mondial se poursuit jusqu’au 6 juillet.

source : UNESCO, service de presse, actualités [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/church_of_the_nativity_and_the_pilgrimage_route_in_bethlehem_palestine
_inscribed_on_unesco_world_heritage_list_along_with_sites_from_israel_
palau_indonesia_and_morocco/
(page consultée le 30/06/2012)

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juin 30, 2012   No Comments

Article « TV5 Monde »: Unesco: La Nativité à Bethléem, premier site palestinien au Patrimoine mondial ?

PARIS (AFP) – 21.06.2012 10:06 – Par Fabrice RANDOUX

L’inscription de la basilique de la Nativité de Bethléem comme premier site palestinien à l’Unesco sera la principale controverse à l’ordre du jour de la session annuelle du Comité du Patrimoine mondial qui se réunit du 24 juin au 6 juillet à Saint-Pétersbourg (Russie)

Une parade orthodoxe devant la basilique de la Nativité de Bethléem, le 6 janvier 2012 AFP/Archives - Musa al-Shaer

L’inscription de la basilique de la Nativité de Bethléem comme premier site palestinien à l’Unesco sera la principale controverse à l’ordre du jour de la session annuelle du Comité du Patrimoine mondial qui se réunit du 24 juin au 6 juillet à Saint-Pétersbourg (Russie).

Trente-trois nouveaux sites sont en lice pour être distingués pour leur « valeur universelle exceptionnelle » et s’ajouter à une liste déjà longue de 936 noms dans 153 pays.

Les candidatures vont des « paysages cariocas de Rio » (Brésil) aux vignobles du Piémont (Italie) en passant par les Kremlins russes, la capitale marocaine Rabat ou le parc de la Sangha à cheval sur le Cameroun, le Congo et la République Centraficaine. La France présentera le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, la Belgique les sites miniers de Wallonie.

Cinq pays n’ayant pas encore été distingués présentent des sites: Congo, Palau, Qatar, Tchad et surtout Palestine.

Nouveaux venus à l’Unesco en octobre 2011 au terme d’un vote qui avait provoqué la colère des Israéliens et des Américains, les Palestiniens demandent l’inscription de « l’église de la Nativité et la route du pèlerinage, à Bethléem » en tant que « Lieu de naissance de Jésus ».

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). Datant de l’empereur romain Constantin, au IVe siècle, la basilique de la Nativité est l’une des églises les plus anciennes et sacrées de la chrétienté.

La messe de Noël célébrée le 25 décembre 2011 dans la basilique de la Nativité à Bethléem AFP/Archives - Musa al-Shaer

Les Palestiniens font cette demande en « urgence » du fait du « délabrement et de la dégradation de l’ensemble architectural » en raison de l’absence de travaux de restauration sérieux depuis 50 ans.

Mais les experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui évaluent les candidatures, ont rendu un avis défavorable, estimant que les Palestiniens n’ont pas procédé à une évaluation complète des menaces pesant sur le site.

Un patrimoine à dimension politique

Pour l’ambassadeur palestinien à l’Unesco Elias Sanbar, cet avis est « biaisé ». « Ceux qui ont perdu la bataille du vote de l’entrée de la Palestine à l’Unesco veulent nous empêcher d’exercer nos droits », a-t-il jugé.

Pour un diplomate à l’Unesco, « le dossier est devenu politique. Les Palestiniens en font un point d’exercice de leur souveraineté », juge-t-il.

Le dossier sera probablement tranché par un vote du Comité du Patrimoine, composé de représentants de 21 pays, qui est souverain et peut aller contre l’avis des experts.

Les décisions de l’agence de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture ont également un fort enjeu économique car le classement d’un site facilite le déblocage d’aides pour la préservation et entraîne une hausse de la fréquentation touristique.

Mais le principal défi aujourd’hui pour l’Unesco est la conservation des sites menacés par l’absence d’entretien, le tourisme incontrôlé ou le développement d’activités économiques à l’image de la Grande barrière de corail australienne menacée par le boom de l’exploitation minière et du gaz.

Le Comité formulera pendant sa session des recommandations sur la gestion de 105 sites qui, si elles ne sont pas suivies par les Etats, peuvent entraîner à terme un retrait de la liste du Patrimoine, sanction suprême qui n’a été appliquée qu’à deux reprises.

Il peut aussi allonger sa liste « du patrimoine en péril », qui comprend 35 sites particulièrement menacés, dont les îles Galapagos (Equateur) qui furent le premier site classé « Patrimoine mondial » en 1978.

© 2012 AFP

 

source: TV5 Monde, informations, Culture/art de vivre [En ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Unesco-la-Nativite-a-Bethleem-premier-site-palestinien-au-Patrimoine-mondial-.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.581d422c21092cd350ff39211cd99448.101.xml (page consultée le 21/06/2012)

 

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juin 21, 2012   No Comments

Article « TV5 Monde »: Les Palestiniens déterminés à inscrire Bethléem au Patrimoine mondial.

PARIS (AFP) – 14.06.2012 16:05 – Par Fabrice RANDOUX

Nouveaux venus à l’Unesco, les Palestiniens sont déterminés à demander fin juin l’inscription de l’Eglise de la Nativité à Bethléem comme premier site au Patrimoine mondial, malgré un avis défavorable des experts, qu’ils jugent « politisé » par les Etats-Unis et Israël.

 

Une parade devant l'église de la Nativité, à Bethléem, le 6 janvier 2012. AFP/Archives - Musa al-Shaer

 

Nouveaux venus à l’Unesco, les Palestiniens sont déterminés à demander fin juin l’inscription de l’Eglise de la Nativité à Bethléem comme premier site au Patrimoine mondial, malgré un avis défavorable des experts, qu’ils jugent « politisé » par les Etats-Unis et Israël.

« Nous maintenons notre dossier et nous irons jusqu’au vote » du Comité du Patrimoine mondial, composé de représentants de 21 pays, qui se réunira cette année à Saint-Pétersbourg (Russie) du 24 juin au 6 juillet, a déclaré à l’AFP Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco.

Les Palestiniens, qui ont adhéré à l’Unesco en octobre 2011 au terme d’un vote qui avait provoqué la colère des Israéliens et des Américains, ont choisi de présenter comme premier site « l’église de la Nativité et la route du pèlerinage, à Bethléem » en tant que « Lieu de naissance de Jésus ».

Une vieille femme prie dans l'église de la Nativité, à Bethléem, fin décembre 2011. AFP/Archives - Musa al-Shaer.

Ils demandent son inscription « en urgence » au Patrimoine mondial du fait du « délabrement et de la dégradation de l’ensemble architectural » en raison de l’absence de travaux de restauration sérieux depuis 50 ans

Mais les experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui évaluent les candidatures pour le Comité, ont rendu un avis défavorable, estimant que les Palestiniens n’ont pas procédé à une évaluation complète des menaces pesant sur le site.

Pour l’ambassadeur, cet avis est « biaisé » et « politisé ». « Ceux qui ont perdu la bataille du vote de l’entrée de la Palestine à l’Unesco veulent nous empêcher d’exercer nos droits », a-t-il jugé.

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). Datant de l’empereur romain Constantin, au IVe siècle, la basilique de la Nativité est l’une des églises les plus anciennes et sacrées de la chrétienté.

Si l’église de la Nativité présente bien la « valeur exceptionnelle universelle » requise pour figurer au Patrimoine mondial, « aucune étude n’a été faite sur la pertinence des délimitations ou les exigences de protection et de gestion » du site, déplorent les experts de l’Icomos.

Ils suggèrent aux Palestiniens de revenir avec un dossier qui délimiterait « un périmètre plus large », incluant une partie de la ville historique dont « la relation symbiotique » avec le site est « menacée par le développement inapproprié et l’absence de contrôle de la circulation et du tourisme ».

Les Palestiniens doivent aussi faire face aux réticences des Eglises (grecque orthodoxe, arménienne et romaine catholique) qui administrent conjointement les Lieux Saints selon des règles fixées au XIXème siècle sous l’Empire ottoman.

Dans une lettre au président Mahmoud Abbas du 26 avril obtenue par l’AFP, le patriarche orthodoxe de Jérusalem Théophile III, le franciscain Pierrabista Pizzaballa, Custode de la Terre Sainte et le patriarche arménien Torkom Manoogian, n’avaient pas jugé cette demande « opportune » du fait des règles de l’Unesco qui prévoient que ce sont les gouvernements qui sont responsables de la gestion des sites du Patrimoine mondial.

Ils ont depuis été rassurés par un courrier de Mahmoud Abbas qui leur garantit le respect du « statu quo » sur la garde des Lieux Saints, a précisé M. Sanbar.

Les Palestiniens ont fait de l’Unesco un dossier hautement symbolique sur la voie de la reconnaissance de leur Etat. Le 31 octobre, ils en étaient devenus le 195e membre à la suite d’un vote écrasant de la conférence générale, où seuls 14 Etats s’y étaient opposés.

Ce vote avait provoqué la colère des Américains pour qui l’adhésion pleine et entière des Palestiniens à des organisations internationales ne peut se faire qu’après un accord de paix avec Israël. Ils avaient aussitôt suspendu leur financement de l’Unesco, la privant du quart de son budget annuel.

© 2012 AFP

source: Tv5 monde, informations, culture et art de vivre [en ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Les-Palestiniens-determines-a-inscrire-Bethleem-au-Patrimoine-mondial.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.40a36db8bd550dd49bdac16e6de1fddb.1b1.xml (page consultée le 15/06/2012)

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juin 15, 2012   No Comments

Article « TV5 Monde »: Patrimoine mondial: les experts défavorables à l’inscription de Bethléem.

PARIS (AFP) – 07.06.2012 15:37

L’église de la Nativité à Bethléem ne devrait pas être mise dès cette année sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, selon les recommandations des experts qui estiment que les Palestiniens n’ont pas procédé à une évaluation complète des menaces pesant sur le site.

 

Un Palestinien passe devant l'église de la Nativité à Bethléem, le 7 février 2010 - AFP/Archives - Hazem Bader

L’église de la Nativité à Bethléem ne devrait pas être mise dès cette année sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, selon les recommandations des experts qui estiment que les Palestiniens n’ont pas procédé à une évaluation complète des menaces pesant sur le site.

Les Palestiniens, membres de l’Unesco depuis octobre 2011, ont choisi de présenter comme premier site pour le Patrimoine mondial « l’église de la Nativité et la route du pèlerinage, à Bethléem » en tant que « Lieu de naissance de Jésus ».

Ils demandent son inscription « en urgence » du fait du « délabrement et de la dégradation de l’ensemble architectural de l’Eglise de la nativité ».

Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens (deux millions de visiteurs en 2011). Datant de l’empereur romain Constantin, au IVe siècle, la basilique de la Nativité est l’une des églises les plus anciennes et sacrées de la chrétienté.

Ce dossier sera examiné par le Comité du patrimoine mondial, composé de représentants de 21 pays, qui se réunit à Saint-Pétersbourg du 24 juin au 6 juillet.

Dans son avis, disponible sur le site de l’Unesco, le Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui évalue les candidatures, critique le dossier présenté par les Palestiniens.

Si l’église de la Nativité présente bien la « valeur exceptionnelle universelle » requise pour figurer au Patrimoine mondial, « aucune étude n’a été faite sur la pertinence des délimitations ou les exigences de protection et de gestion » du site, déplore-t-il.

Les experts suggèrent aux Palestiniens de revenir avec une nouvelle proposition permettant « de procéder à une évaluation complète des besoins du bien en termes de protection, de conservation et de gestion des visiteurs ».

Ils suggèrent de délimiter « un périmètre plus large », incluant une partie de la ville historique, dont « la relation symbiotique » avec le site est « menacée par le développement inapproprié et l’absence de contrôle de la circulation et du tourisme ».

Quant à l’urgence d’une décision, l’Icomos reconnaît le mauvais état du lieu du fait du manque de collaboration « au cours des mille dernières années » entre l’Eglise grecque orthodoxe, l’Eglise arménienne et l’Eglise romaine catholique qui contrôlent conjointement le site.

Mais des mesures sont sur le point d’être prises pour réparer la toiture, note l’Icomos, ce qui fait que l’église n’est pas exposée « à une menace imminente ».

Le Comité du patrimoine ne suit pas systématiquement les recommandations techniques de l’Icomos, pouvant prendre en compte d’autres considérations plus politiques.

Les Palestiniens avaient été admis le 31 octobre comme membres à part entière de l’Unesco lors d’un vote qui avait provoqué la colère des Israéliens et des Américains. Ces derniers avaient immédiatement suspendu leur financement de l’Unesco, privant l’organisation de 22% de son budget.

© 2012 AFP

Source: TV5 Monde, Informations, Culture et Art de vivre [En Ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Patrimoine-mondial-les-experts-defavorables-a-l-inscription-de-Bethleem.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.16cfe3936ee68bf7436a0dda666d4669.291.xml (page consultée le 07/06/2012)

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juin 7, 2012   No Comments