Quand le patrimoine est source de controverses
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Article TV5 Monde: « Cri d’alarme sur le patrimoine syrien en danger »

New York (AFP) – 26.09.2013 19:38 – Par Laureen ORTIZ

Au lourd bilan humain des combats en Syrie vient s’ajouter une liste de victimes collatérales: celle des oeuvres d’art et des sites historiques précieux qui tombent aux mains de pilleurs ou sous les bombes.

 

Une mosquée de Homs partiellement détruite par les combats entre rebelles et armée régulière, le 31 juillet 2013  afp.com - Joseph Eid

Une mosquée de Homs partiellement détruite par les combats entre rebelles et armée régulière, le 31 juillet 2013
afp.com – Joseph Eid

Au lourd bilan humain des combats en Syrie vient s’ajouter une liste de victimes collatérales: celle des oeuvres d’art et des sites historiques précieux qui tombent aux mains de pilleurs ou sous les bombes.

Une « liste rouge d’urgence » des objets d’art en danger a été lancée mercredi, au Metropolitan Museum of Art de New York, à l’initiative du Conseil international des musées (ICOM), avec la collaboration de l’Unesco et du département d’Etat américain.

« Des sites syriens majeurs ont été détruits ou endommagés durant ces deux années de guerre, tel le minaret de la Grande mosquée d’Alep ou encore le site gréco-romain d’Apamée », a déploré Bonnie Burnham, présidente du Fonds mondial pour les monuments.

Le minaret endommagé d'une mosquée sunnite de Qousseir le 1er août 2013 afp.com - Joseph Eid

Le minaret endommagé d’une mosquée sunnite de Qousseir le 1er août 2013
afp.com – Joseph Eid

Le premier, vieux de près d’un millénaire, s’est écroulé lors de combats entre l’armée syrienne et les rebelles en avril dernier, qui ont laissé la mosquée criblée de balles.

Le second, vestige archéologique de l’ère antique, a été victime d' »importants pillages », affirme encore Bonnie Burnham.

Ce n’est pas tout: à cause de la guerre qui déchire la Syrie, berceau des anciennes civilisations dont l’héritage vient des Grecs, de l’Empire byzantin ou encore de l’époque de l’Empire ottoman, de nombreux sites prestigieux et classés sont menacés.

Le site de Palmyre, oasis de ruines romaines faite de temples et de colonnes, est exposé au pillage et aux destructions, sans compter le château fort du Krak des Chevaliers, perché sur une colline à l’ouest de la Syrie, ou encore l’Ancienne ville de Damas, la capitale.

Des visiteurs assistent à une conférence à New York sur le patrimoine syrien en danger afp.com -

Des visiteurs assistent à une conférence à New York sur le patrimoine syrien en danger
afp.com –

Objets retrouvés au Liban, en Jordanie…

Le département d’Etat américain souligne qu’au total, l’ensemble des « six régions » du patrimoine syrien faisant partie du patrimoine mondial de l’Unesco, « soit 46 sites et des centaines de bâtiments historiques », sont « en danger ».

Cette liste rouge vise donc à « alerter les autorités, les forces de police, les collectionneurs et les marchands d’art » sur les objets susceptibles de circuler illégalement, aujourd’hui ou dans le futur, au sein du marché de l’art, a expliqué Anne Richard, une responsable du département d’Etat, lors de la diffusion de cette liste, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Selon la diplomatie américaine, « des objets anciens ont été retrouvés alors que des trafiquants tentent de quitter le pays ».

La liste rassemble un ensemble de pièces qui ne sont « pas des objets volés », précise Hans-Martin Hinz, président de l’ICOM, mais des objets « qui viennent de musées en Syrie et en dehors du pays », censés illustrer le type de pièces pouvant faire l’objet de trafic illégal.

Figurent ainsi des plaques en bronze incrustées d’écrits, des statuettes de pierres ou de métaux précieux, des vases en céramique, des éléments de mosaïque, etc.

« Protéger l’héritage culturel doit faire partie intégrante de l’effort humanitaire », estime Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco.

« On a retrouvé certains objets dans des marchés à Beyrouth, à Amman, mais on n’a pas pu faire grand chose », déplore-t-elle.

La situation en Syrie, « dramatique » à ses yeux, n’a rien d’unique. De telles listes avaient déjà été établies pour l’Irak, l’Egypte et l’Afghanistan. Dans ce pays, les bouddhas de Bâmiyân, détruits en 2001, sont devenus de célèbres victimes des talibans.

« Je ne connais pas l’ampleur de la situation dans chaque lieu, mais ce que j’ai vu à Apamée était choquant, terrible », raconte Sheila Canby, conservatrice du département des arts islamiques du Metropolitan Museum. « C’est aussi grave que ce qui s’est passé en Afghanistan ».

 

Source : TV5 Monde, informations, accueil informations, culture/art de vivre [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Cri-d-alarme-sur-le
-patrimoine-syrien-en-danger.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.
newsml.afp.com.20130926.ca3ddf68.2cdb.4df4.9abd.0e1fcd3f57a8.xml#

(page consultée le 28/09/2013)

 

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septembre 28, 2013   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: La Directrice générale de l’UNESCO déplore les menaces croissantes et les possibles dommages qui pourraient être causés à la mosquée des Omeyyades à Alep (Syrie).

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé son inquiétude suite à l’escalade de violence en Syrie qui se déroule à proximité de plusieurs sites du patrimoine mondial. Elle a réitéré son appel du 30 mars 2012 invitant les parties impliquées dans le conflit à protéger tout le patrimoine culturel syrien.

L’intervention de la Directrice générale fait suite aux informations relatives aux dégâts causés à la mosquée des Omeyyades d’Alep survenus  pendant les combats acharnés qui ont lieu depuis plusieurs semaines pour contrôler la ville.

« Je suis profondément préoccupée par les nouvelles quotidiennes qui font état d’une immense souffrance humaine et de dégâts causés au patrimoine culturel dans tout le pays. Nous avons eu connaissance des dégâts causés à la Citadelle en juillet et aux souks il y a une dizaine de jours. C’est au tour de la mosquée des Omeyyades, cœur de la vie religieuse de la ville, l’une des plus belles mosquées du monde musulman, d’être menacée dans des proportions qu’il est encore difficile d’évaluer. Au nord de la Syrie, la région des Villages antiques inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en 2011 a été lourdement touchée et il semble que l’inestimable complexe byzantin de Saint-Siméon pourrait avoir été endommagé. »

« J’appelle une nouvelle fois toutes les parties concernées à garder à l’esprit la valeur historique et hautement symbolique de ce patrimoine dont ils sont responsables aujourd’hui et pour l’avenir, devant l’humanité toute entière. Ils devront rendre des comptes non seulement pour les dramatiques pertes en vies humaines mais aussi pour l’altération de ces témoignages du passé », a-t-elle déclaré.

source: UNESCO, service de presse, dernières actualités [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/
unesco_director_general_deplores
_the_increasing_threats_and_possible_damage
_on_the_umayyad_mosque_in_aleppo_syria/ (page consultée le 15/10/2012)

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octobre 15, 2012   No Comments

Article « Journal des Arts » : Alep, un patrimoine mondial menacé.

ALEP (SYRIE) [29.08.12] –

Le patrimoine historique de la vieille ville d’Alep est en danger à cause de violents combats opposant l’armée syrienne et les insurgés. Un minaret de la mosquée Al-Mahmandar a été touché par un obus, lancé par les soldats du régime.

Alep - © Photo Preacher lad - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

La ville d’Alep est le témoin de violents conflits entre le régime syrien et l’Armée syrienne libre (ASL) depuis le 20 juillet dernier. Les combats ont lieu dans la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1956. Les rebelles ont encerclé la citadelle, forteresse médiévale du Xe siècle, détenue par les soldats loyalistes. Du site en pierre qui domine la ville, l’armée bombarde les vieux quartiers d’Alep où sont présents les insurgés. Vendredi 24 août, un obus des troupes du régime a endommagé la base d’un des minarets de la mosquée Al-Mahmandar, dans le quartier de Bab al-Nasser, édifice vieux de sept siècles.

Depuis le début de l’offensive, les dommages causés à la vieille ville d’Alep sont principalement perpétrées par les troupes de l’armée régulière. Militairement plus puissante, elle contrôle la zone depuis la grande citadelle, et bombarde des quartiers entiers pour repousser les rebelles. « Le régime est tout à fait capable de raser une partie de la ville » a déclaré l’anthropologue et chercheur Thierry Boissière, auteur de nombreux ouvrages et publications sur la Syrie. Même si les rebelles veulent protéger leur patrimoine et histoire, ce n’est pas une priorité « dans un contexte où prime avant tout la chute du régime » a-t-il précisé à l’AFP.

Le 10 août dernier, l’entrée fortifiée de la citadelle a été touchée par un obus de mortier, tiré par l’armée syrienne, détruisant une plaque en marbre. « Ville millénaire d’art et d’histoire, Alep est en péril, son patrimoine culturel de valeur universelle est menacé » a déclaré Sok An, Président du Comité du patrimoine mondial, le jour de l’événement.

Irina Bokova avait déjà lancé un appel à la protection du patrimoine le 26 juillet dans un communiqué, alertant « l’Organisation mondiale des douanes, INTERPOL ainsi que les pays voisins de la Syrie sur les menaces de trafic illicite d’objets culturels syriens ». Le lendemain, c’est l’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites) qui lançait une alerte pour sauver le patrimoine syrien, face à l’imminence d’un conflit majeur dans la ville. Rappelant la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, le Conseil appelait « les parties impliquées dans ce conflit à respecter et à protéger le patrimoine culturel d’Alep ».

source: le journal des arts, patrimoine, les brèves [En Ligne]
http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/103018/alep-un-patrimoine-mondial-menace.php (page consultée le 31/08/2012)

 

 

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août 30, 2012   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: La Directrice générale de l’UNESCO lance un appel pour la protection de la ville d’Alep, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial.

Compte tenu de l’escalade de violence à proximité de plusieurs zones urbaines historiques en Syrie, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a réitéré son appel du 30 mars 2012, invitant toutes les parties impliquées dans le conflit à protéger le patrimoine culturel syrien.

©Unesco Author/Ron Van Oers - La vieille ville d'Alep a été inscrite sur la liste patrimoine mondiale de l'UNESCO en 1986.

L’UNESCO est particulièrement préoccupée par les informations faisant état d’affrontements violents à Alep, dont la vieille ville est un site du patrimoine mondial. Occupant une position stratégique sur les routes commerciales  historiques reliant l’Est à l’Ouest,  la ville a conservé un patrimoine monumental exceptionnel qui reflète les différentes cultures des peuples qui s’y sont établis au fil des millénaires, notamment les Hittites, les Assyriens, les Grecs, les Romains, les Omeyyades, les Ayyoubides, les Mongols, les Mamelouks et les Ottomans. L’ancienne ville d’Alep a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1986.

Compte tenu de la situation précaire en matière de sécurité, il n’a pas été possible d’évaluer l’étendue des dégâts causés à la vieille ville d’Alep et de plusieurs autres sites du patrimoine mondial comme le Crac des Chevaliers, le site de Palmyre, les villages antiques du nord de la Syrie et Damas.

Dans le contexte actuel marqué par des troubles civils, l’UNESCO est également préoccupée par les risques de pillage et de dispersion des biens culturels. Dans le cadre de ses efforts pour mobiliser la communauté internationale en faveur de la protection du patrimoine culturel syrien, l’UNESCO a alerté l’Organisation mondiale des douanes, INTERPOL ainsi que les pays voisins de la Syrie sur les menaces de trafic illicite d’objets culturels syriens.

La Directrice générale a également contacté le Secrétaire général des Nations Unies et le Président du Conseil de sécurité afin qu’ils attirent l’attention de Kofi Annan, l’Envoyé spécial conjoint pour les Nations Unies et les Etats de la Ligue arabe,  sur l’importance du respect des conventions sur la protection des biens culturels, notamment la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. L’UNESCO est par ailleurs en étroit contact avec le Coordinateur résident des Nations Unies à Damas sur la situation.

La Directrice générale exhorte toutes les parties à respecter et protéger l’important héritage culturel syrien qui constitue une source d’identité et d’accomplissement pour son peuple et à respecter leurs obligations internationales en matière de culture.

source: UNESCO, service de presse, actualités [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/the_director_
general_of_unesco_appeals_for_the_protection_of_the_world_heritage_city_of_alepo/

(page consultée le 01/08/2012)

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août 1, 2012   No Comments

Article « Le Monde »: « Mali : la menace plane sur les manuscrits de Tombouctou. »

Le Monde.fr avec AFP | 03.07.2012 à 07h46 • Mis à jour le 03.07.2012 à 07h46

Par Pauline Pellissier

 

Des manuscrits dans une bibliothèque de Tombouctou, le 1er juillet 2012. | AFP/EVAN SCHNEIDER.

Alors que les islamistes d’Ançar Eddine ont détruit sept des seize mausolées de la ville, la communauté internationale s’inquiète pour les manuscrits anciens que recèle Tombouctou . Dès l’arrivée des islamistes, en avril, l’Unesco a tiré la sonnette d’alarme et appelé à une action des pays frontaliers pour empêcher un trafic. Le point sur les enjeux et les risques autour de ces trésors documentaires :

  • Pourquoi Tombouctou regorge-t-elle de manuscrits ?

Fondée entre le XIe et le XIIe siècle par des tribus touarègues, Tombouctou devient rapidement un  grand centre intellectuel et une cité marchande prospère pour les caravanes. Au XVe siècle, une université et plus de 180 écoles coraniques se construisent, accueillant jusqu’à 25 000 étudiants. Les savants affluent, des copistes sont engagés à plein temps pour prendre en note leurs enseignements.

Des centaines de scribes, payés par le roi ou les aristocrates, copient des milliers d’ouvrages de théologie, de littérature, de science, de géographie, d’histoire ou de droit apportés par les commerçants nomades. Sur place sont également élaborés des recueils de poésie et de musique, parfois illustrés de délicates enluminures d’or.

Comme l’explique un article du Monde Magazine en juillet 2010, les textes rédigés en arabe ou en peul étaient recopiés sur des omoplates de chameaux, des peaux de moutons, de l’écorce et parfois du papier ramené d’Italie. Aujourd’hui, on appelle « manuscrits de Tombouctou » l’ensemble des documents datant des XIIe et XIIIe siècles, mais également les copies plus récentes des XVIIIe ou XIXe siècles.

  • A combien évalue-t-on leur nombre ?

En 2004, Le Monde diplomatique évaluait à de plus de 15 000 le nombre de documents déjà exhumés et répertoriés sous l’égide de l’Unesco, et à 80 000 le nombre de manuscrits qui dormiraient encore dans des malles ou au fond des greniers de la ville. Dans un article du Figaro Magazine d’août 2008, le journaliste Jean-Marie Hosatte estimait lui que de 180 000 à 200 000 livres seraient cachés à Tombouctou et dans les villages alentour.

  • Où sont-ils stockés ?

Possession des grandes familles de la ville, la grande majorité des manuscrits sont conservés comme des trésors dans le secret des maisons et des bibliothèques privées, sous la surveillance des anciens. Avant la chute de Tombouctou aux mains des groupes armés, environ 30 000 de ces manuscrits étaient conservés à l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba (Ihediab), fondé en 1973 par le gouvernement malien.

  • Pourquoi sont-ils menacés de destruction ?

Certes, ces textes parlent d’islam, mais aussi d’astronomie, de musique, de botanique, de généalogie, d’anatomie… autant de domaines généralement méprisés, voire considérés comme « impies » par Al-Qaida et ses affidés djihadistes. Ensuite, les rebelles pourraient s’intéresser à la valeur marchande des manuscrits, qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros. « Il se pourrait bien que, dans quelques semaines, on retrouve des manuscrits de Tombouctou dans les salles de vente du monde entier », prévient Marc Geoffroy, ingénieur de recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (ITEM) dans les colonnes de l’hebdomadaire La Vie.

  • Quelle est la situation sur place ?

En avril, les bureaux de l’Ihediab ont été saccagés plusieurs fois par des hommes en armes, mais les manuscrits n’ont pas été affectés. Par mesure de sécurité, ils ont été transférés vers un lieu « plus sécurisé ». Dans une déclaration commune diffusée le 18 juin, les bibliothèques de Tombouctou ont affirmé qu’aucun détenteur de manuscrit n’a été menacé, mais soulignent que la présence les groupes armés les « met en danger ».

  • Qu’est-ce qui peut sauver ces documents ?

D’après Jeune Afrique, des conservateurs et des collectionneurs privés se sont organisés pour dissimuler les documents les plus importants. « Aujourd’hui, ce sont quelque 8 000 manuscrits qui auraient été transférés en lieux sûrs », précise l’hebdomadaire. Les familles non plus n’ont pas attendu l’appel de l’agence onusienne pour prendre des dispositions. Et pour cause. « On dit que ces bibliothèques portent la baraka et que leur déballage attirerait les malheurs »,expliquait dans un article du Monde des Religions de 2007 El-Boukhari BenEssayouti, un spécialiste de la conservation des manuscrits.

L’autre explication avancée pour expliquer la bonne protection des documents, c’est la crainte de voir des secrets de famille éventés. Outre les ouvrages savants, toutes ces caisses contiennent des correspondances, des listes comptables, des relevés administratifs, parfois des journaux intimes, car durant l’âge d’or de Tombouctou, presque tous ses habitants étaient alphabétisés. « J’ai eu accès à des manuscrits prouvant que de grandes familles de Tombouctou sont d’origine juive ; et elles ne veulent pas que cela se sache. J’ai également eu entre les mains le journal intime d’une femme qui, au XVIIIe siècle, avait été mariée à 15 ans à un vieillard de 75 ans, impuissant. Vous comprenez que, dans une société traditionnelle comme la nôtre, ses descendants, des bâtards, refusent catégoriquement que quiconque accède à leurs caisses », expliquait Ben Essayouti

Enfin, deux facteurs encourageants sont à prendre en compte. D’abord, les islamistes répugnent habituellement à pénétrer dans l’intimité des maisons, ce qui faciliterait la conservation au sein des familles. Ensuite, ces manuscrits sont considérés comme un trésor par les Touaregs. S’y attaquer, même au nom de la charia, reviendrait à s’aliéner une grande partie de la population locale, majoritairement touarègue, ce que les nouveaux maîtres islamistes de Tombouctou ne souhaitent sans doute pas.

Pauline Pellissier

Source: Le monde, Internationale, Afrique [En Ligne]
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/07/02/les-manuscrits-de-tombouctou
-sont-en-danger_1728057_3212.html
(page consultée le 03/07/2012)

 

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juillet 3, 2012   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: La Directrice générale préoccupée par les attaques portées au site du Patrimoine mondial de Ghadamès (Libye).

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a appelé à la protection du site libyen de l’Ancienne ville de Ghadamès, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1986.

« Je suis profondément préoccupée par les informations indiquant que la ville de Ghadamès en Libye a été la cible de tirs de roquette », a déclaré la Directrice générale. « J’appelle tous les acteurs concernés à ne pas commettre d’actes hostiles qui pourraient endommager davantage cette ville remarquable, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial ».

« Au cours de l’années écoulée, le Libyens ont fait preuve d’en engagement sans faille pour protéger leur patrimoine culturel, montrant qu’un tel patrimoine ne peut être l’otage d’un conflit qu’il soit local ou international. Le patrimoine est à la base de la cohésion sociale et, comme tel, devrait rester un vecteur de dialogue et de compréhension mutuelle ».

Pendant les troubles qui ont  fait de nombreuses victimes et beaucoup de dégâts l’année dernière,  l’UNESCO a régulièrement rappelé aux différentes parties en présence leur responsabilité quant à la protection du patrimoine culturel du pays.

L’UNESCO a désormais repris sa coopération avec la Libye et se tient prête à aider les autorités libyennes afin d’assurer une protection et une conservation efficaces du patrimoine de la Libye dans le cadre du redressement et du développement du pays.

L’Ancienne ville de Ghadamès, souvent présentée comme « la perle du désert », présente un remarquable style d’architecture domestique qui en fait un lieu unique dans le panorama des sites pré-sahariens qui jalonnent la partie nord du désert, de la Libye à la Mauritanie.

23.05.2012 – UNESCOPRESS

 

source: Unesco, service de presse, actualité [En ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/director_general_concerned_about_attacks_on_world_heritage_site_of_ghadames_libya/ (page consultée le 29/05/2012)

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mai 29, 2012   No Comments

Article « UNESCOPRESS » : Irina Bokova s’inquiète de l’aggravation des menaces sur le patrimoine culturel au Mali.

vendredi 4 mai 2012

La Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova a exprimé sa très grande préoccupation suite à la profanation du mausolée Sidi Mahmoud, au Mali, le 4 mai 2012, par le groupe Ansar Dine. D’après les informations reçues par l’UNESCO, la porte d’entrée du mausolée et son rideau de protection auraient été brûlés et les populations de Tombouctou qui s’y rendent tous les vendredis pour la procession ont été empêchées d’y accéder.

« Cette profanation marque une aggravation très préoccupante des attaques sur le patrimoine malien déjà fortement menacé au cours des dernières semaines. J’en appelle à toutes les parties impliquées pour qu’elles assurent sans délai la protection de ce bien du patrimoine mondial, essentiel à la préservation de la riche culture malienne, et relevant du patrimoine indivisible de l’humanité. Ce Patrimoine culturel est notre bien commun, et rien ne saurait justifier qu’on y porte atteinte, » a déclaré la Directrice générale.

Les mosquées de Tombouctou et leurs 16 mausolées témoignent de l’âge d’or de Tombouctou au 16e siècle, et des activités d’enseignement universitaire de l’islam qui s’y déroulaient. La Directrice générale a déjà lancé plusieurs appels à la protection du patrimoine culturel et à la vigilance contre le trafic illicite des biens culturels, depuis le déclenchement du conflit dans le nord Mali.

La Mosque de Sankoré, Tomboctou, Mali © UNESCO / L. Eloundou-Assomo

source : unesco, culture, centre du patrimoine mondial, actualités [En Ligne] http://whc.unesco.org/fr/actualites/872 (page  consultée le 08/05/2012)

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mai 8, 2012   No Comments

Article: « UNESCOPRESS »: La Directrice générale de l’UNESCO appelle à une action concertée pour éviter la perte des trésors documentaires de Tombouctou.

15.04.2012 – UNESCOPRESS

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, s’est alarmée aujourd’hui du sort du patrimoine culturel inestimable de Tombouctou, suite aux informations indiquant que les rebelles auraient saccagé et pillé des lieux abritant des milliers de livres et de documents anciens. Irina Bokova a appelé toutes les autorités compétentes à être vigilantes quant à toute tentative de trafic de ces trésors.

« Les informations selon lesquelles les rebelles auraient pris le contrôle de l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba (IHERI-AB) de Tombouctou ainsi que d’autres institutions culturelles sont très inquiétantes », a déclaré la Directrice générale. « Ces centres abritent des documents anciens, écrits ou recopiés localement, acquis sur des marchés d’Afrique du Nord, d’Al-Andalus ou du Machrek, ou envoyés par des pèlerins depuis des pays musulmans éloignés. Beaucoup d’entre eux datent de l’âge d’or de Tombouctou, qui se situe entre le 12e et le 15e siècle. Ils traitent de sujets variés allant des d’études religieuses aux mathématiques, en passant par la médecine, l’astronomie, la musique, la littérature, la poésie, l’architecture ou encore les pratiques ésotériques et portent le témoignage de la richesse historique de la ville, à la fois carrefour culturel et centre d’apprentissage. Ce patrimoine doit être protégé. Les citadins, dont je salue l’engagement, l’ont compris, eux qui se sont rassemblés pour organiser leur sauvetage. Mais ils ont besoin de notre aide. J’appelle solennellement toutes les parties concernées à la vigilance et à travailler en concertation afin d’éviter que ces trésors qui sont si important pour l’humanité toute entière ne se perdent pas ».

La Directrice générale a contacté les autorités nationales des pays partageant une frontière avec le Mali pour leur rappeler leurs obligations au titre des dispositions de la Convention de l’UNESCO de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Le Mali et les pays voisins sont liés par cette Convention, seul instrument normatif international portant exclusivement sur la lutte contre le trafic illicite de biens culturels.

Plus spécifiquement, la Directrice générale a exhorté les autorités nationales des pays concernés  à respecter l’article 9 de la Convention qui invite les Etats parties « à participer à toute opération internationale concertée dans ces circonstances, en vue de déterminer et d’appliquer les mesures concrètes nécessaires, y compris le contrôle de l’exportation, de l’importation et du commerce international des biens culturels ». Elle a également appelé les partenaires institutionnels de l’UNESCO dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels, notamment Interpol, les professionnels du marché de l’art et les collectionneurs, à faire preuve de vigilance.

Le Mali est aussi lié par la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

L’UNESCO assure le secrétariat de la Convention de La Haye et de ses deux protocoles ainsi que de la Convention de 1970. L’Organisation se tient prête à fournir une aide technique au Mali et aux pays voisins dans l’application de ces traités internationaux.

La déclaration de la Directrice générale fait suite à son appel du 5 avril 2012 pour la préservation du Tombouctou, qui est un site du Patrimoine mondial.

***

Contact : Sue Williams, Service de presse de l’UNESCO. Tel : +33 (0) 1 45 68 17 06, s.williams(at)unesco.org ou Roni Amelan, r.amelan(at)unesco.org, tel : +33(0) 1 45 68 16 50, r.amelan(at)unesco.org

 

Tombouctou, site du Patrimoine mondial

Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites de biens culturels

 

source: UNesco.org, service de presse, dernières actualités [En Ligne]http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/unesco_director_general_appeals_for_concerted_action
_to_prevent_loss_or_destruction_of_timbuktus_documentary_heritage/ (page consultée le 17/04/2012)

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avril 17, 2012   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: La Directrice générale de l’UNESCO exhorte au respect de la préservation du site du patrimoine mondial de Tombouctou (Mali)

03.04.2012 – UNESCOPRESS

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé aujourd’hui sa préoccupation concernant le risque que font peser les combats autour du site du patrimoine mondial de Tombouctou, au nord du Mali. Elle a rappelé l’obligation internationalement reconnue des pays à sauvegarder leur patrimoine en temps de guerre.

 

© UNESCO / Eloundou Assomo, Lazare - Sankore mosque, Timbuktu, Mali

 

« J’appelle les autorités maliennes et les factions belligérantes à respecter le patrimoine et les engagements du pays en tant que signataire de la convention de 1972 sur le patrimoine mondial ».

« Les merveilles architecturales en terre de Tombouctou que sont les grandes mosquées de Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia doivent être préservées. Avec les 16 cimetières et les mausolées, elles sont essentielles à la préservation de l’identité du peuple malien et de notre patrimoine universel », a ajouté la Directrice générale.

Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1988, le site porte témoignage de l’âge d’or de Tombouctou au 16e siècle et d’une histoire antérieure au 5e siècle de notre ère.

Selon la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et ses protocoles, les armées doivent éviter d’utiliser ou de causer des dommages aux biens du patrimoine culturel en temps de guerre.

« L’UNESCO se tient prête à partager son expertise et son expérience pour aider le Mali à assurer la sauvegarde de Tombouctou », a conclu la Directrice générale.

D’après des informations récentes publiées par la presse, les rebelles ont pénétré dans le site et des tirs y ont été entendus. Le Mali compte trois autres sites du patrimoine en plus de Tombouctou : les Villes anciennes de Djenné, les Falaises de Bandiagara (pays dogon) et le Tombeau des Askia.

***

source: Unesco, service de presse, dernières actualités [en ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/director_general_of_unesco_urges_respect_
for_the_preservation_of_world_heritage_site_of_timbuktu_mali/ (page consultée le 08/04/2012)

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avril 8, 2012   No Comments

Article: « TV5 Monde »: Trésors archéologiques en Syrie: les experts tirent la sonnette d’alarme

BEYROUTH (AFP) – 06.04.2012 08:57

Les violences qui secouent la Syrie depuis plus d’un an ont exposé les trésors archéologiques du pays aux pillages et aux destructions, notamment la cité antique de Palmyre et les ruines gréco-romaines d’Apamée, classées au patrimoine mondial de l’Unesco, selon les experts.

Capture d’écran d’une vidéo YouTube du 28 mars 2012 montrant le site archéologique syrien d’Apamée, entouré d’une fumée qui proviendrait d’un bombardement . YouTube/AFP/Archives

Les violences qui secouent la Syrie depuis plus d’un an ont exposé les trésors archéologiques du pays aux pillages et aux destructions, notamment la cité antique de Palmyre et les ruines gréco-romaines d’Apamée, classées au patrimoine mondial de l’Unesco, selon les experts.

Les zones les plus exposées sont celles échappant désormais au contrôle du régime, où les pilleurs visent musées, monuments et chantiers de fouilles, d’après la même source.

« Depuis trois ou quatre mois, les pillages se sont multipliés. Nous avons reçu une vidéo qui montre des gens arrachant des mosaïques au marteau-piqueur à Apamée. Et à Palmyre, il y a de nombreuses fouilles clandestines », affirme à l’AFP la directrice des musées en Syrie, Hiba al-Sakhel.

Un bédouin parmi les ruines de Palmyre en 2001. AFP/Archives - Louai Beshara

De leur côté, les militants affirment, vidéos à l’appui, que plusieurs sites, notamment Qalaat al-Madiq (nord) qui abrite une citadelle médiévale et le célèbre site d’Apamée, ont été bombardés par l’armée qui tente de reprendre des bastions rebelles.

Les pillages, qui existaient déjà dans le pays, ont crû avec les violences qui ravagent le pays depuis l’éclatement le 15 mars 2011 de révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

« Les archéologues n’ont pas encore exploré toute la Syrie, donc où que l’on fouille, on peut faire des découvertes », dit Mme Sakhel.

« Je pense que ces pilleurs sont des habitants attirés par le profit et qui ne comprennent pas l’importance de ce qu’ils trouvent », ajoute-t-elle, disant redouter qu' »une grande partie de l’Histoire se perde ».

Selon les experts, des pièces du musée de Hama (centre) ont déjà été volées, notamment des armes antiques et une statue datant de l’ère araméenne.

Plus au nord, la citadelle de Shaizar, qui surplombe le fleuve Oronte, a été endommagée, tandis que sur le site d’Apamée, une statue romaine en marbre a été dérobée, selon les experts.

Les pièces volées, qui transitent par le Liban et d’autres pays voisins, sont ensuite vendues au marché noir.

Egalement pillée, la cité antique d’Ebla, dans la province d’Idleb (nord-ouest), a été ravagée par les combats entre armée et rebelles.

Au château fort du Krak des Chevaliers, joyau de l’époque des Croisades et haut lieu touristique, les gardiens du site ont été empêchés d’entrer par des hommes armés qui occupent les lieux, affirme Mme Sakhel.

Pour Michel al-Maqdissi, directeur général des antiquités et des musées de Syrie, la zone la plus en danger est la région du massif calcaire, célèbre pour ses villes mortes proches de la Turquie.

Fin mars, l’Unesco avait demandé aux « parties impliquées dans le conflit » en Syrie d' »assurer la protection de son héritage culturel exceptionnel », tandis que l’opposition syrienne tirait également la sonnette d’alarme, affirmant que les attaques de l’armée mettaient en péril des sites historiques.

La Syrie possède un important patrimoine archéologique et historique et sa capitale Damas est une des plus anciennes villes du monde. Six sites -l’ancienne ville de Damas, celles de Bosra et d’Alep, Palmyre, le Krak des chevaliers et Qalaat Salah El-Din, les villages antiques du nord- sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les ruines de Bosra en 1999 - AFP/Archives - Louai Beshara

« La Syrie partage avec la Mésopotamie les grandes étapes qui ont marqué les principales avancées humaines, c’est-à-dire la naissance des première villes », explique Marc Griesheimer, directeur du département Archéologie et Histoire de l’antiquité à l’Institut français du Proche-Orient.

Les autorités syriennes ont déjà retiré plusieurs pièces des musées nationaux et compte les placer en sûreté à la Banque centrale, affirme Mme Sakhel.

« J’espère que la communauté internationale enverra un message au peuple syrien pour lui dire que c’est notre patrimoine qui est en danger », dit-elle.

« Ce patrimoine est celui de tous les Syriens, ce n’est pas celui du gouvernement ni du président mais celui de l’Humanité », conclut-elle.

© 2012 AFP

 

source: TV5 Monde.org, informations, culture /art de vivre [En ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1910-Culture-art-de-vivre.htm?rub=10 (page consultée le 06/04/2012)

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avril 6, 2012   No Comments