Quand le patrimoine est source de controverses
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Article CultureBox : »Saccages archéologiques : Bagdad et Berlin veulent une résolution de l’ONU ».

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox / Mis à jour à 09H24, publié le 22/04/2015 à 09H14
Un jihadiste détruit à coups de masse les bas-reliefs d'un monument de la ville antique d'Hatra en Irak, le 3 avril 2015. © Uncredited/AP/SIPA

Un jihadiste détruit à coups de masse les bas-reliefs d’un monument de la ville antique d’Hatra en Irak, le 3 avril 2015. © Uncredited/AP/SIPA

L’Allemagne et l’Irak ont annoncé être prêts à déposer une résolution sur les pillages archéologiques et les destructions de sites historiques par le groupe Etat islamique (EI), à l’Assemblée générale de l’ONU .

Ce projet va être déposé « dans les prochains jours » et pourrait être adopté en mai, indiquent dans un communiqué commun les missions allemande et irakienne auprès de l’ONU.

La résolution « demandera à tous les Etats membres de sanctionner les responsables de ce vandalisme culturel et d’améliorer leur cadre légal et administratif afin de prévenir le trafic d’œuvres d’art volés ». Ce trafic d’ampleur permet le financement des organisations jihadistes et, notamment, l’achat d’armes.

« La destruction et le pillage de l’héritage culturel irakien s’apparente à un crime de guerre » et mine les efforts de réconciliation de Bagdad, a affirmé devant l’Assemblée l’ambassadeur irakien Mohammed Ali Alhakim.

Pour le chargé d’affaires allemand Heiko Thoms, la préservation de l’héritage culturel irakien est « un test pour nous tous car il fait partie de notre héritage commun ». « Là où on brûle des livres et des « La destruction et le pillage de l’héritage culturel irakien s’apparente à un crime de guerre » et mine les efforts de réconciliation de Bagdad, a affirmé devant l’Assemblée l’ambassadeur irakien Mohammed Ali Alhakim.

« Objets d’idolâtrie »

Pour le chargé d’affaires allemand Heiko Thoms, la préservation de l’héritage culturel irakien est « un test pour nous tous car il fait partie de notre héritage commun ». « Là où on brûle des livres et des oeuvres d’art, des êtres humains peuvent être les prochaines victimes, c’est une douloureuse leçon de l’Histoire que l’Allemagne a retenue », a-t-il ajouté. Une allusion à la montée du nazisme en Allemagne dans les années 30, avec, entre autres, la destruction de milliers de livres considérés comme impies par les partisans d’Hitler.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà adopté en février une résolution contraignante visant à couper toutes les sources de financement des jihadistes, dont le trafic de biens culturels volés en Syrie et en Irak.

Les jihadistes de l’EI ont saccagé des oeuvres pré-islamiques au musée de Mossoul (nord de l’Irak). Le groupe s’en est également pris à la cité pluri-millénaire de Nimroud ou encore, selon l’ONU, à celle fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2.000 ans.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais, selon plusieurs experts, l’organisation vend des oeuvres au marché noir pour se financer.d’art, des êtres humains peuvent être les prochaines victimes, c’est une douloureuse leçon de l’Histoire que l’Allemagne a retenue », a-t-il ajouté. Une allusion à la montée du nazisme en Allemagne dans les années 30, avec, entre autres, la destruction de milliers de livres considérés comme impies par les partisans d’Hitler.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà adopté en février une résolution contraignante visant à couper toutes les sources de financement des jihadistes, dont le trafic de biens culturels volés en Syrie et en Irak.

Les jihadistes de l’EI ont saccagé des oeuvres pré-islamiques au musée de Mossoul (nord de l’Irak). Le groupe s’en est également pris à la cité pluri-millénaire de Nimroud ou encore, selon l’ONU, à celle fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2.000 ans.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais, selon plusieurs experts, l’organisation vend des oeuvres au marché noir pour se financer.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Saccages archéologiques : Bagdad et Berlin veulent une résolution de l’ONU » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/saccages-archeologiques-bagdad-et-berlin-veulent-une-reolution-de-lonu-217407
 (page consultée le 22/04/2015)

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avril 22, 2015   No Comments

Article CultureBox : »L’ONU veut améliorer la protection du patrimoine irakien. »

 

Irina Bokova lors d'une conférence de presse au musée national de Baghdad, le 28 mars 2015 © SABAH ARAR / AFP

Irina Bokova lors d’une conférence de presse au musée national de Baghdad, le 28 mars 2015 © SABAH ARAR / AFP

La directrice de l’Unesco Irina Bokova s’est engagée samedi lors d’une visite à Bagdad à renforcer les mesures visant à protéger le patrimoine irakien, pris pour cible par les jihadistes.

La directrice de l’agence de l’ONU pour le patrimoine inaugurait un projet financé par le Japon pour protéger les collections des musées irakiens et le patrimoine en danger, ainsi qu’une campagne sur les réseaux sociaux baptisée îUnite4Heritage.

« Notre engagement aujourd’hui est de ne jamais baisser la garde dans la protection de la diversité et du patrimoine culturel irakien », a-t-elle déclaré dans le musée national de Bagdad qui a rouvert ses portes récemment.

Dès le 2 novembre 2014, la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, visitait le Musée qui avait ajourné plusieurs fois sa réouverture. © AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Dès le 2 novembre 2014, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, visitait le Musée qui avait ajourné plusieurs fois sa réouverture. © AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Des spécialistes du patrimoine ont reconnu qu’on ne pouvait pas faire grand chose pour les sites archéologiques situés dans des zones contrôlées par l’organisation jihadiste Etat islamique. En février, des membres de l’EI ont réduit en miettes de nombreuses pièces, dont des objets inestimables exposés au musée de Mossoul, seconde ville du pays, devenue le principal fief de l’EI en Irak. L’EI est aussi accusé d’avoir pillé et vandalisé de nombreux sites archéologiques, notamment la cité antique d’Hatra, classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mme Bokova a indiqué que son agence renforcerait « les outils de protection, dont les inventaires et le recours à la télédétection et à l’imagerie satellitaire » afin de s’informer du sort du patrimoine irakien.

Les jihadistes s’en prennent notamment aux sculptures de civilisations préislamiques en les qualifiant d’idolâtres mais des spécialistes soulignent  que l’EI a principalement détruit des pièces trop imposantes pour être revendues en contrebande.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « L’ONU veut améliorer la protection du patrimoine irakien » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/
lonu-veut-ameliorer-la-protection-du-patrimoine-irakien-215431
 (page consultée le 30/03/2015)

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mars 30, 2015   No Comments

ARticle CultureBox: »Saccages archéologiques : Hollande annonce une « grande exposition » sur la Mésopotamie au Louvre-Lens en 2016. »

En réaction au saccage de sites archéologiques et de musées par le groupe État islamique et le régime syrien, François Hollande a annoncé mercredi que le Louvre organiserait l’an prochain à Lens une « grande exposition » sur la Mésopotamie, en collaboration avec l’Irak.

Temple hellénistique de Mrn dans la cité d'Hatra, en Irak (octobre 2010) © Hubert Debbasch / AFP

Temple hellénistique de Mrn dans la cité d’Hatra, en Irak (octobre 2010) © Hubert Debbasch / AFP

« Le Louvre organisera à Lens à l’automne 2016 une grande exposition consacrée à la Mésopotamie, en étroite collaboration avec le Musée national d’Irak », a déclaré ainsi le chef de l’État, lors d’une visite au Louvre destinée à attirer l’attention sur ces destructions qui ont suscité une indignation internationale.

Une mission d’expertise à Bagdad

Le président a également annoncé qu’il avait demandé au Louvre « d’envoyer prochainement à Bagdad une mission d’expertise pour évaluer les moyens nécessaires à la préservation des trésors qui y sont conservés ».

« Les conclusions de cette mission serviront à identifier de nouveaux axes de coopération entre la France et l’Irak », a-t-il précisé. »Les archives des fouilles archéologiques françaises seront numérisées et mises à disposition de l’Irak parce que la numérisation est un moyen de diffuser des oeuvres et de permettre la diffusion du savoir à destination des scientifiques comme du grand public », a-t-il poursuivi.

Le président Hollande a également annoncé une « étroite coopération » entre les universités françaises, l’Institut français du Proche-Orient et l’université d’Erbil et de Soulaimaniah pour accueillir des doctorants irakiens. « Je veux souligner que dans les conditions que chacun connaît, il y a six missions archéologiques que la France continue de financer » dans le Kurdistan irakien, a-t-il ajouté.

Une « liste rouge » des antiquités irakiennes sera mise à jour

Par ailleurs, selon l’Élysée, « la France, en lien étroit avec l’UNESCO, travaille aussi à recenser les objets archéologiques présents en Irak ». Une « +liste rouge+ d’urgence des antiquités irakiennes parue en 2003 sera mise à jour et publiée au printemps afin que les services des douanes puissent renforcer leurs moyens de contrôle », a-t-on précisé de même source.

« Elle permettra de lutter plus encore contre le trafic de trésors archéologiques, qui finance le terrorisme et détruit la mémoire commune », assure encore l’Elysée.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Saccages archéologiques : Hollande annonce une « grande exposition » sur la Mésopotamie au Louvre-Lens en 2016″ [En Ligne]
http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/saccages-archeologiques-exposition-sur-la-mesopotamie-au-louvre-lens-en-2016-214505 (page consultée le 19/03/2015)

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mars 19, 2015   No Comments

Article CultureBox : »Les Etats-Unis restituent à l’Irak des antiquités pillées pendant l’occupation. »

© MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

© MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les Etats-Unis ont rendu le 16 mars à l’Irak une soixantaine d’objets antiques, pour la plupart pillés lors de l’occupation américaine du pays entre 2003 et 2011, qui seront exposés au musée national de Bagdad.

De la vaisselle en verre, des bas-reliefs en argile, des pointes de lance en bronze et des haches ont été saisis lors de cinq enquêtes menées à travers les Etats-Unis par plusieurs administrations. Ils étaient exposés le 16 mars au consulat d’Irak à Washington avant d’être expédiés à Bagdad, au musée national rouvert il y a un mois après douze années de fermeture.

© NICHOLAS KAMM / AFP

© NICHOLAS KAMM / AFP

Processus de restitution accéléré

Le groupe EI, qui contrôle de larges pans de territoire dans le nord de l’Irak et en Syrie, s’est livré à « un nettoyage culturel » en rasant une partie des vestiges de la Mésopotamie antique, selon les Nations unies, ou en revendant des pièces au marché noir. L' »urgence » de la situation a accéléré le processus de restitution, selon  l’ambassadeur irakien Lukman Faily. « Le monde entier est uni pour protéger cette culture ».

Le musée national irakien a rouvert ses portes fin février après douze  années d’efforts acharnés grâce auxquels près d’un tiers des 15.000 pièces volées ont été récupérées. Cette réouverture avait été elle aussi accélérée après les pillages de l’EI  à Mossoul, dans le nord du pays.

Plus de 1.200 objets restitués

Ces destructions sont les pires subies par le patrimoine irakien depuis le pillage du musée archéologique national à Bagdad en avril 2003, quelques jours après la chute de Saddam Hussein. Des réseaux criminels organisés avaient profité de l’intervention  américaine et du chaos pour piller les musées irakiens.

Sculpture de la tête de roi assyrien Sargon II. © NICHOLAS KAMM / AFP

Sculpture de la tête de roi assyrien Sargon II. © NICHOLAS KAMM / AFP

Les contrebandiers mettent souvent des années avant d’écouler leur butin sur le marché noir, estiment les spécialistes. Toutes les pièces retournées lundi à Bagdad dataient d’avant les pillages de l’organisation EI et beaucoup d’entre elles avaient été dérobées après l’invasion américaine. Les autorités américaines avaient été très critiquées  pour avoir manqué de protéger les sites archéologiques irakiens des voleurs.

Tête de lamassu assyrien

Parmi les antiquités exposées le 16 mars figure une extraordinaire tête de lamassu assyrien, taureau ailé à tête humaine datant de 700 avant J.C. et estimée à 2 millions de dollars. La tête avait été volée dans un palais du roi Sargon II à Ninive, dans le nord de l’Irak, où des jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont détruit récemment de nombreuses pièces parmi lesquelles une tête tout à fait semblable à celle retrouvée aux Etats-Unis. Elle avait été saisie à New York en 2008 où elle avait été expédiée par un marchand d’art de Dubaï qui écoulait des oeuvres d’art irakiennes pillées dans le monde entier.

Parmi les oeuvres expoées se trouvaient aussi des objets datant de l’époque de Saddam Hussein, comme des assiettes en or provenant d’un des ses palais, ou encore un heurtoir ou une fontaine. Les objets pillés peuvent réapparaître dix années plus tard, lors  d’enchères dans un hôtel des ventes new-yorkais, ou encore sur le site de  petites annonces Craigslist. L’un des trésors retrouvés par des enquêteurs du  Maryland (est des Etats-Unis) avait été dérobé par un fonctionnaire qui  travaillait en Irak en 2004.

Long travail d’identification

Des professeurs d’université et des spécialistes de l’Antiquité travaillent à l’identification des objets pillés ou vandalisés par le groupe EI. Leurs recherches permettront notamment aux fonctionnaires du département de la Sécurité intérieure d’identifier les objets de contrebande qui ne manqueront  pas de circuler sur le marché noir américain.

« Beaucoup de choses n’ont pas été répertoriées et il est donc très  difficile de prouver un vol sauf sur la bonne foi du pays en question »,  explique Erin Keegan, l’une des responsables des enquêtes au département de la  Sécurité intérieure.

Selon Brenton Easter, membre du FBI, les Etats-Unis travaillent à  l’élaboration d’une base de données qui répertorie les pièces provenant du nord de l’Irak afin de prendre une longueur d’avance sur les contrebandiers. « Nous avons beaucoup d’informateurs là-bas avec qui nous gardons contact,  par conséquent nous avons une bonne connaissance des pièces avant qu’elles ne soient pillées et qu’elles arrivent sur le marché noir dans cinq ou dix ans »,  explique-t-il. Depuis 2008, les Américains ont restitué à l’Irak plus de 1.200 objets au  cours de quatre rapatriements.

Publié le 17/03/2015 à 09H20, mis à jour à 17H19

Par Lorenzo Ciavarini Azzi
Journaliste, responsable de la rubrique Classique de Culturebox
source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Les Etats-Unis restituent à l’Irak des antiquités pillées pendant l’occupation » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/
expositions/patrimoine/les-etats-unis-restituent-a-lirak-des-antiquites-pillees-pendant-loccupation-214357 (page consultée le 17/03/2015)

 

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mars 17, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS: »L’UNESCO mobilise la communauté internationale pour mettre fin au nettoyage culturel en Iraq. »

Depuis le début du conflit en Iraq, outre la perte tragique de vies humaines et la crise humanitaire liées à la persécution des minorités culturelles et religieuses, le patrimoine culturel est la cible de destructions intentionnelles, dont le but est clairement d’effacer l’histoire du pays ainsi que les identités et la diversité de ses habitants.

© Creative CommonsNimrud Lamassu's at the North West Palace of Ashurnasirpal, Iraq

© Creative CommonsNimrud Lamassu’s at the North West Palace of Ashurnasirpal, Iraq

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé à maintes reprises le choc et l’indignation provoqués par ces attaques, qu’elle a qualifiées de crimes de guerre. Elle a contacté le Conseil de sécurité des Nations Unies, a alerté la Cour pénale internationale et a informé le Secrétaire général de l’ONU de la mise en place, par l’UNESCO, d’une vaste coalition de partenaires afin d’élaborer une réponse vigoureuse à l’échelle du système en vue d’une mise en œuvre effective de la résolution 2199 des Nations Unies. Adoptée le 12 février 2015, cette dernière condamne la destruction du patrimoine culturel et adopte des mesures juridiquement contraignantes pour lutter contre le trafic illicite des antiquités et des objets culturels d’Iraq et de Syrie.

Musée de Mossoul

Après la diffusion le 26 février 2015 d’une vidéo montrant la destruction choquante de collections du musée de Mossoul par des groupes extrémistes, la Directrice générale a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. « La destruction systématique de ces éléments emblématiques du patrimoine iraquien, dont nous sommes les témoins depuis plusieurs mois, est intolérable et doit cesser immédiatement, » a-t-elle déclaré.

En tant que deuxième plus grand musée d’Iraq, le musée de Mossoul abrite des centaines d’objets d’origine assyrienne, certains datant de plus de 3 000 ans. En 2003, quelques 1 500 objets avaient été déplacés en lieu sûr au musée de Bagdad, mais d’autres statues – trop grandes ou trop fragiles – étaient restées à Mossoul. Parmi celles-ci se trouve le Lamassu, un dieu assyrien représenté avec une tête humaine, le corps d’un taureau et des ailes. Il était le gardien de la porte de Nergal de l’ancienne ville mésopotamienne de Ninive, jadis la plus grande capitale du monde.

Nimrud

Le 5 mars, en réponse à des informations confirmées relatant la destruction au bulldozer de la ville de Nimrud, la Directrice générale a « saisi le président du Conseil de sécurité des Nations Unies, et le procureur de la Cour pénale internationale. » Elle a exhorté la communauté internationale à « unir ses efforts, en solidarité avec le gouvernement et le peuple iraquien, pour stopper cette catastrophe ». La destruction délibérée du patrimoine culturel est un crime de guerre, comme il est clairement indiqué dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Fondée au 13ème siècle avant JC, Nimrud était considérée comme la seconde capitale de l’empire assyrien. La ville, qui a été construite bien au-dessus du niveau de la rivière, a acquis une renommée et a prospéré sous le règne du roi Assurnazirpal, qui a construit un grand palais et des temples et dont le fils a construit le monument connu comme la Grande Ziggourat. Des fouilles dans les années 1980 ont révélé trois tombes royales remplies de trésors merveilleux, avec des fresques et des œuvres célèbres dans le monde et vénérées dans la littérature et les textes sacrés.

Hatra

Deux jours plus tard, le 7 mars, des groupes extrémistes ont frappé Hatra, ville inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Conjointement avec Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, Directeur général de l’ISESCO (Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture), la Directrice générale a considéré la destruction comme « un tournant dans la stratégie effroyable de nettoyage culturel actuellement en cours en Iraq. »

Grande cité fortifiée datant du 3e siècle avant JC, Hatra était à l’origine une petite colonie assyrienne qui est ensuite devenue une forteresse et un centre de commerce. Ses vestiges, au milieu du désert à 110 km au sud-ouest de Mossoul, témoignent de son rôle d’étape majeure sur la célèbre Route de la soie orientale. Dans le centre de cette ville de deux kilomètres se trouve un complexe de temples dédiés à plusieurs divinités locales, dont le principal était le dieu solaire Shamash. Des sculptures représentant Apollon (appelé Balmarin dans le panthéon de Hatra), Poséidon, Éros, Hermès, Tyché (la déesse tutélaire de Hatra) et Fortuna ont été découvertes. Les Romains ont essayé à plusieurs reprises d’envahir « la ville du Dieu Soleil », mais ont échoué dans leurs entreprises. Tout comme Palmyre en Syrie, Petra en Jordanie, et Baalbek au Liban, Hatra est une autre des grandes villes arabes et a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1985.

La communauté internationale s’est mobilisée avec l’UNESCO pour dénoncer le phénomène dangereux de nettoyage culturel actuellement en cours. Le 6 mars, l’Institut islamique égyptien Al-Azhar a émis une fatwa interdisant la destruction d’objets anciens. « Ces objets ont une importante signification culturelle et historique, » a déclaré Al-Azhar dans un communiqué. « Ils constituent un élément important de notre patrimoine collectif qui ne doit pas être lésé. » De même, le grand Ayatollah Sistani iraquien a dénoncé la destruction des sites antiques : « Avec Daesh qui détruit les trésors de Mossoul et l’héritage de la civilisation, cela devrait tous nous unir contre lui et contre sa barbarie. »

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » L’UNESCO mobilise la communauté internationale pour mettre fin au nettoyage culturel en Iraq » [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/unesco_mobilizes_
the_international_community_to_end_cultural_cleansing_in_iraq/#.VQFV246G9NM(page consultée le 12/03/2015)

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mars 12, 2015   No Comments

Article CultureBox : »Bagdad demande de l’aide pour défendre le patrimoine irakien face à l’EI. »

Détail d'une colonnade du temple hellenistique de Mrn à Hatra, en Irak, prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

Détail d’une colonnade du temple hellenistique de Mrn à Hatra, en Irak, prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

L’Irak demande l’aide de la communauté internationale pour protéger son précieux patrimoine archélogique menacé. Pour le ministre irakien du Tourisme et des Antiquités, la coalition internationale qui mène des frappes contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak doit protéger les sites archéologiques que les jihadistes veulent détruire.

Après Mossoul et Nimroud, la ville fortifiée de Hatra visée

Ces dernières semaines, l’EI a brisé d’inestimables objets conservés au musée de Mossoul, la deuxième ville d’Irak, avant de viser la cité de Nimroud fondée au 13e siècle avant l’ère chrétienne et lieu important de la civilisation mésopotamienne.

Selon l’ONU, l’EI a aussi attaqué ces jours-ci la ville fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2.000 ans et classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans les temples des vestiges de la ville l’architecture grecque et romaine se combine à ses éléments de décor d’origine orientale.

Les destructions du patrimoine irakien ont lieu dans les zones contrôlée par l’EI dans la province de Ninive (nord), où le gouvernement irakien est incapable d’intervenir, faute de troupes suffisantes. D’autant que des dizaines de milliers d’hommes sont mobilisés autour de la ville de Tikrit, plus au sud, pour tenter de la reprendre aux jihadistes.

Le temple de Mrn à Hatra, en Irak, édifié à la période romaine. © Hubert Debbasch / AFP

Le temple de Mrn à Hatra, en Irak, édifié à la période romaine. © Hubert Debbasch / AFP

L’appel du gouvernement irakien à la coalition anti-EI

« Ce que je demande à la communauté internationale et à la coalition internationale c’est de frapper le terrorisme où qu’il soit », a déclaré le ministre irakien du Tourisme et des Antiquités Adel Fahd al-Cherchab à des journalistes à Bagdad.

« Nous demandons un soutien aérien », a-t-il ajouté. Car « le ciel n’est pas contrôlé par les Irakiens, le ciel n’est pas dans nos mains. Donc la communauté internationale doit se servir des moyens qu’elle a », a-t-il ajouté. « Hatra est un site au milieu du désert où l’on peut voir (depuis les airs) n’importe quelle infiltration », a avancé le ministre irakien.

La coalition a annoncé avoir mené 12 raids en Irak entre samedi et dimanche matin, dont deux à proximité de Mossoul. Ils ont détruit, selon la coalition, une unité de l’EI ainsi que deux « pelleteuses », sans qu’il ne soit précisé s’il s’agissait d’engins utilisés pour s’en prendre aux sites archéologiques.

Cibler les jihadistes marquerait un changement pour la coalition, qui mène jusqu’à présent des frappes visant à affaiblir les capacités militaires de l’EI en Irak et en Syrie voisine.

Architecture de l'époque romaine de la ville de Hatra. Photo prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

Architecture de l’époque romaine de la ville de Hatra. Photo prise en octobre 2013. © Hubert Debbasch / AFP

L’EI dit combattre l’idôlatrie mais vendrait les antiquités au marché noir

L’Unesco a condamné dimanche la destruction de Hatra, une ville fortifiée particulièrement bien conservée où architectures orientale et occidentale se mêlent. Mais M. Cherchab a précisé que son ministère n’avait pu confirmer ces informations. « On s’attendait à ce qu’ils cherchent à la détruire », a-t-il indiqué.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais selon plusieurs experts, les « idoles » si vivement dénoncées dérangent moins les jihadistes lorsqu’il s’agit de les vendre au marché noir. « Ils disent ‘c’est haram’ (« interdit » par l’islam) et en même temps ils en vendent et en profitent financièrement », a dénoncé le ministre.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Bagdad demande de l’aide pour défendre le patrimoine irakien face à l’EI » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/bagdad-demande-de-laide-pour-defendre-le-patrimoine-irakien-face-a-lei-213633(page consultée le 27/02/2015)

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mars 9, 2015   No Comments

Article TV5 Monde: »L’ONU condamne la « destruction » par l’EI de la cité antique de Hatra. »

Vue de la cité antique de Hatra, en Irak, le 21 avril 2003 afp.com - Philippe Desmazes

Vue de la cité antique de Hatra, en Irak, le 21 avril 2003
afp.com – Philippe Desmazes

L’ONU a dénoncé samedi la « destruction » de la cité antique de Hatra dans le nord de l’Irak par le groupe jihadiste de l’Etat islamique (EI) qui depuis plusieurs semaines s’emploie à démolir les trésors du patrimoine irakien.

Dans le même temps, les combattants de ce groupe ultraradical résistent à l’offensive, entrée dans son sixième jour, des forces irakiennes pour reprendre la ville de Tikrit, située entre Bagdad et Mossoul dans le nord de l’Irak.

Soumis à la pression conjuguée des forces irakiennes au sol et de la coalition internationale dans les airs, l’EI multiplie exactions, destructions et pillages dans les zones sous son contrôle notamment dans la région de Mossoul et ses environs.

Après avoir réduit en miette d’inestimables collections du musée de Mossoul, puis les joyaux architecturaux de Nimroud, ville phare de l’empire assyrien, l’EI s’en est pris à Hatra, une cité vieille de 2000 ans inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco située à 100 km au sud de Mossoul, selon l’UNESCO.

« La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak », a dit dans un communiqué la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.

Ce sont « des sources officielles » qui ont rapporté « la destruction du site du patrimoine mondial de Hatra », a ajouté le communiqué.

Le ministère irakien du Tourisme et des Antiquités a lui aussi condamné la « destruction » de Hatra, sans néanmoins être en mesure de confirmer cette information colportée par des médias kurdes irakiens.

– Bataille de Tikrit –

Selon un parlementaire de la province de Ninive (nord), Mohammed Nouri, « jusqu’à présent on ne peut pas affirmer de source sûre que Hatra a été détruite. Hatra est quelque peu isolée, et il n’y a pas d’habitants dans les environs. Je n’ai entendu parler d’une personne qui aurait été témoin des destructions ».

L’ONU avait qualifié ces destructions de « crimes de guerre » et d’une « attaque contre l’Humanité ».

Hatra, comme Nimroud, se situe entre Mossoul et Tikrit, ville autour de laquelle des dizaines de milliers de membres des forces irakiennes sont déployés depuis lundi dans la plus grande contre-offensive jamais lancée depuis l’assaut de l’EI en Irak en juin 2014.

Pour le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, il ne s’agit que d’une question de temps pour reprendre Tikrit notamment grâce à la mobilisation de quelque « 23.000 » soldats et miliciens déployés face à des « centaines » de combattants de l’EI.

S’adressant à des journalistes dans l’avion qui l’a mené à Bahreïn, avant un passage prévu en Irak, il a aussi mis en avant la campagne aérienne de la coalition internationale dirigée par Washington contre des positions de l’EI ailleurs en Irak.

M. Dempsey est en outre attendu sur le porte-avion français Charles de Gaulle, qui croise dans le Golfe dans le cadre de cette coalition.

En six jours de combats pour la bataille de Tikrit, le gouvernement irakien n’a fourni aucun bilan, mais des habitants de localités proches ont fait état de passages réguliers de convois transportant des victimes.

Dans une vidéo diffusée sur des comptes Twitter pro-EI, on peut voir les corps de sept hommes, décrits comme des « pro-gouvernementaux », pendus à un pont à Hawija, à 75 km au nord-est de Tikrit.

– Soldat canadien tué –

Les forces armées se rapprochaient de Tikrit en certains endroits. Il y a des « combats acharnés » dans la cité d’Al-Dour, à 20 km au sud de Tikrit, « avec le soutien aérien de l’armée », selon l’armée.

Sur le front ouest, dans la province d’Al-Anbar contrôlée en partie par l’EI, la coalition a mené 26 frappes ces deux dernières semaines, contribuant à bouter les jihadistes hors d’Al-Baghdadi, localité proche de la base aérienne d’Al-Assad où 300 militaires américains entraînent les forces irakiennes, selon l’armée américaine.

Plusieurs pays ont envoyé des soldats au sol en Irak, afin de former les forces locales. Un soldat canadien a été tué et trois blessés vendredi, après avoir été « pris par erreur pour cible par les forces kurdes », selon le ministère canadien de la Défense.

Toujours à Al-Anbar, une offensive a été lancée cette semaine pour reprendre Karma, à une dizaine de km au nord-est de Fallouja, un bastion de l’EI.

Par Mahmud Saleh
© 2015 AFP
Mise à jour 07.03.2015 à 22:30

source:TV5 Monde, information,en continu, culture/ art de vivre, « L’ONU condamne la « destruction » par l’EI de la cité antique de Hatra » [En Ligne] http://information.tv5monde.com/en-continu/irak-l-unesco-denonce-la-destruction-par-l-ei-de-la-cite-antique-de-hatra-20738 (page consultée le 08/3/2015)

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mars 8, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS : »L’UNESCO appelle à la mobilisation pour arrêter le « nettoyage culturel » en Iraq. »

« Les images de l’attaque du musée de Mossoul ainsi que des sites archéologiques dans la région de Ninive nous ont saisi d’effroi. Un grand nombre de statues et de bas-reliefs ont été défigurés ou détruits, dans une furie destructrice, à coup de hache, de masse et de marteau piqueur », a déclaré ce matin la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse organisée au lendemain de la diffusion d’une vidéo montrant le saccage du musée de Mossoul, en Iraq.

© UNESCO/N. HouguenadeConférence de presse sur les destructions de biens culturels en Iraq

© UNESCO/N. HouguenadeConférence de presse sur les destructions de biens culturels en Iraq

« Cette tragédie est loin d’être seulement un enjeu culturel : c’est un enjeu de sécurité majeur, et l’on voit bien comment les terroristes utilisent la destruction du patrimoine dans une stratégie de terreur, pour déstabiliser et manipuler les populations, et assurer leur domination », a insisté la Directrice générale, qui s’est félicité de la « mobilisation internationale » qui s’est manifestée contre le nettoyage culturel en Iraq.

La Directrice générale s’est entretenue avec le Président du Conseil de sécurité des Nations Unies, Wang Yi, et avec le Secrétaire général, Ban Ki-Moon, pour leur demander de convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la protection du patrimoine culturel de l’Iraq en tant qu’élément constitutif de la sécurité du pays. Irina Bokova a ajouté que le Secrétaire général soutenait sa proposition.

En vertu des statuts de Rome de la Cour Pénale Internationale, la destruction délibérée du patrimoine culturel est un crime de guerre. Aussi, l’UNESCO a-t-elle alerté la Cour pénale internationale par le biais de son procureur, Fatou Bensouda, pour l’encourager à ouvrir une enquête.

Enfin, pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels, qui participe directement au financement du terrorisme en Iraq et en Syrie, comme le souligne la résolution 2199  adoptée le 12 février par le Conseil de Sécurité,  l’UNESCO est en contact avec tous ses partenaires  (l’Organisation mondiale des douanes, Interpol, le Conseil international des musées ou encore le Conseil international des monuments et des sites). L’Organisation est aussi en lien étroit avec tous les pays voisins et les principales maisons de vente aux enchères. L’UNESCO tiendra prochainement une réunion avec eux pour mettre en œuvre cette résolution.

source:UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » L’UNESCO appelle à la mobilisation pour arrêter le « nettoyage culturel » en Iraq » [En Ligne]  http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/unesco_calls_
for_mobilization_to_stop_cultural_cleansing_in_iraq/#.VPR1HvmG9NM
(page consultée le 02/03/2015)

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mars 2, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS: « La Directrice générale demande une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU après la destruction du patrimoine de Mossoul. »

« Je suis profondément choquée par les images diffusées aujourd’hui montrant la destruction de statues et de plusieurs autres objets du musée de Mossoul. Je condamne cet acte qui est une attaque délibérée contre l’histoire et la culture millénaires de l’Iraq et une nouvelle incitation à la violence et la haine », a déclaré la Directrice générale.

unesco

« Cette attaque est bien plus qu’une tragédie culturelle – elle relève d’une question de sécurité dans la mesure où elle alimente le sectarisme, l’extrémisme violent et le conflit en Iraq. Il s’agit en outre d’une violation directe de la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies (2199) qui condamne la destruction du patrimoine culturel et adopte des mesures juridiquement contraignantes pour lutter contre le trafic illicite des antiquités et des objets culturels de l’Iraq et la Syrie. C’est pourquoi j’ai immédiatement appelé le Président du Conseil de sécurité afin de lui demander de convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la protection du patrimoine culturel de l’Iraq en tant qu’élément constitutif de la sécurité du pays ».

Plusieurs grandes statues provenant du site de Hatra, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, et conservées au musée de Mossoul, ainsi que d’autres objets uniques en provenance d’autres sites archéologiques de la province de Ninive ont été détruits, parmi beaucoup d’autres pièces.

« La destruction systématique de ces éléments emblématiques du patrimoine iraquien, dont nous sommes les témoins depuis plusieurs mois, est intolérable et doit cesser immédiatement », a déclaré la Directrice générale, réitérant ses nombreuses déclarations faites depuis l’origine de la crise, sur cette question.

source:UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » La Directrice générale demande une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU après la destruction du patrimoine de Mossoul » [En Ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/
unesco_director_general_expresses_outrage_following_terrorist_attacks_against_the_mosul
_museum/
(page consultée le 27/02/2015)

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février 27, 2015   No Comments

Article CultureBox: « Destruction des sculptures pré-islamiques en Irak: l’UNESCO réagit. »

Des djihadistes ont détruit des statues, frises et objets pré-islamiques du musée de Mossoul, au nord de l’Irak, selon une vidéo mise en ligne jeudi par le groupe Etat islamique. La directrice générale de l’UNESCO a immédiatement demandé la convocation d’une réunion de crise du Conseil de sécurité des Nations unies tandis que François Hollande dénonçait « la barbarie » des destructions d’oeuvres.

Image extraite d'une vidéo montrant des jihadistes détruisant dans le nord de l'Irak des trésors pré-islamiques, le 26 février 2015 © WELAYAT NINEVEH MEDIA OFFICE / AFP

Image extraite d’une vidéo montrant des jihadistes détruisant dans le nord de l’Irak des trésors pré-islamiques, le 26 février 2015 © WELAYAT NINEVEH MEDIA OFFICE / AFP

Le président français François Hollande a dénoncé vendredi la « barbarie » des destructions d’oeuvres pré-islamiques par les jihadistes du groupe Etat islamique, en marge d’un déplacement aux Philippines. « La barbarie touche les personnes, l’Histoire, les mémoires, la culture », a déclaré le chef de l’Etat français devant des journalistes, estimant que « ce que veulent faire les terroristes, c’est détruire tout ce qui est humanité ».

Un peu plus tard Jack Lang, le président de l’Institut du monde arabe à Paris réagissait à son tour : « J’apprends avec effroi l’acte monstrueux commis par l’Etat islamique de destruction de biens culturels et religieux à Mossoul. Il faut appeler les choses par leur nom. Ces fanatiques sont des hitlériens. Leur modèle c’est le fascisme hitlérien qui s’est employé à brûler les livres et à organiser des cérémonies d’autodafés », a-t-il souligné dans un communiqué.

D’autres sites archéologiques en danger

Des experts ont déploré ces destructions, qu’ils ont comparées à la démolition des Bouddhas de Bamiyan par les talibans en Afghanistan en 2001. Des archéologues ont fait part vendredi de leur crainte de voir les jihadistes du groupe EI s’en prendre à d’autres sites historiques dans les régions sous leur contrôle en Irak. Les villes de Hatra, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, et de Nimroud, toutes deux au sud de Mossoul, dans le nord de l’Irak, sont particulièrement en danger, selon eux.

« Ils ont prévenu les gardiens qu’ils allaient détruire Nimroud », affirme M. Hamdani, qui a travaillé au département des antiquités irakien. « C’est l’une des plus importantes capitales assyriennes, on y trouve des bas-reliefs et des taureaux ailés… « , dit l’archéologue, joint au téléphone par l’AFP. « Ils vont peut-être aussi attaquer et détruire Hatra ». « Je crains qu’ils ne prévoient plus de destructions », déclare Ihsan Fethi, un spécialiste de l’architecture et du patrimoine irakiens, basé en Jordanie. « Ils sont capables de tout, ils sont capables de dire que les temples de Hatra sont païens et de les faire sauter. Qui les arrêtera? »

L’UNESCO pour une réunion de crise du Conseil de sécurité

Selon la directrice générale de l’UNESCO, certaines des statues détruites dans la vidéo venaient de l’ancienne cité de Hatra classée au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Mossoul, deuxième ville d’Irak. Elle a également indiqué que ces destructions étaient une violation de la résolution 2199 adoptée par le Conseil de Sécurité de l’Onu début février pour tenter d’empêcher le trafic des antiquités volées en Irak et en Syrie, et qui sont considérées comme une source-clé de financement pour le groupe EI.

« Cette attaque est bien plus qu’une tragédie culturelle, c’est également une question de sécurité parce qu’elle alimente le sectarisme, l’extrémisme violent et le conflit en Irak « , a dénoncé Irina Bokova. Le Metropolitan Museum de New York, l’un des plus grands musées du monde, a qualifié de « catastrophique » ces destructions « visant l’un des musées les plus importants du Moyen-Orient ». « La collection du Musée de Mossoul couvre toute la gamme de la civilisation dans la région, avec des sculptures remarquables de villes royales comme Nimrud, Ninive, et Hatra », a souligné le directeur du Met Thomas Campbell.

Destruction des statues à coups de masse

Le petit film de cinq minutes montre des activistes de l’EI en train de faire tomber des statues de leur piédestal et de les détruire à coups de masse.  Dans une autre scène, ils ont également recours à un perforateur pour défigurer un imposant taureau ailé assyrien, sur un site archéologique de Mossoul, ville contrôlée par les djihadistes depuis l’été.

Le musée de Ninive à Mossoul, Irak

« Fidèles musulmans, ces artéfacts derrière moi sont des idoles pour les peuples d’autrefois qui les adoraient au lieu d’adorer Dieu », déclare un djihadiste en s’adressant à la caméra. « Le soi-disant Assyriens, Akkadiens et d’autres peuples avaient des dieux pour la pluie, pour les cultures, pour la guerre », poursuit-il, avant de rappeler que « le prophète (Mahomet NDLR) a ôté et enterré les idoles à la Mecque ».

Selon des experts, les pièces dont on voit la destruction sur la vidéo comprennent des originaux, des reconstitutions autour de fragments et des copies. Beaucoup proviennent des ères assyriennes et parthiennes, datant de plusieurs siècles avant l’ère chrétienne.

Les Assyriens d’Irak sont désormais une minorité ayant embrassé la foi chrétienne et se considérant comme les habitants autochtones de la région. Plusieurs villages assyriens ont été conquis par l’EI en Syrie voisine ces derniers jours, et au moins 220 Assyriens capturés lors de cette offensive.

Les djihadistes contrôlent Mossoul, la deuxième ville d’Irak, depuis une offensive lancée début juin au cours de laquelle ils ont conquis de large pans du territoire irakien. Ils ont systématiquement pris pour cibles les minorités dans la ville et ses alentours, et détruit le patrimoine archéologique, déclenchant une vague d’indignation internationale.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Destruction des sculptures pré-islamiques en Irak: l’UNESCO réagit » [En Ligne]
http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/irak-des-jihadistes-de-lei-pulverisent-des-sculptures-pre-islamiques-212829 (page consultée le 27/02/2015)

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février 27, 2015   No Comments