Quand le patrimoine est source de controverses
Random header image... Refresh for more!

Article UNESCOPRESS : »La communauté internationale apporte son soutien à la campagne #Unite4Heritage de l’UNESCO à Tombouctou. ».

Les Ambassadeurs du Maroc, de l’Afrique du Sud, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et de la Suisse ainsi que les représentants de USAID, la MINUSMA et la Banque mondiale ont apporté leur soutien à la campagne de l’UNESCO #Unite4Heritage lors de la visite qu’ils ont effectuée sur le site du patrimoine mondial de Tombouctou. Cette campagne a été lancée à Bagdad le 28 mars pour contribuer à soutenir le patrimoine là où il est menacé par le sectarisme et la violence extrême.

© UNESCO/Emmanuelle HernandezInternational community supports UNESCO’s #Unite4Heritage campaign in Timbuktu, Mali

© UNESCO/Emmanuelle HernandezInternational community supports UNESCO’s #Unite4Heritage campaign in Timbuktu, Mali

Les visiteurs, épaulés par des maçons locaux, ont posé une brique symbolique pour la reconstruction des  mausolées de Tombouctou. La visite était organisée par l’UNESCO en coopération avec les autorités du Mali et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali(MINUSMA).

La reconstruction des monuments du patrimoine mondial de Tombouctou est entrée dans sa dernière phase. Lancée en mars de l’année dernière, la réhabilitation des 14 mausolées détruits par des groupes armés en 2012 devrait prendre fin en juillet 2015.

Cette dernière phase concerne trois mausolées situés dans le cimetière des trois saints (Cheick Sidi Ben Amar, Cheick Abdoul Kasim Al Taouati, et Cheick Sidi El Mikki), les mausolées Alpha Moya, Sidi Mahmoud, El Moctar Al Kounti, El Boukkou et d’autres répartis à travers la ville et ses alentours.

La mise en œuvre de cette dernière phase de reconstruction s’appuie sur des études techniques et architecturales ainsi que sur l’élaboration d’un dossier technique réalisé en amont par les architectes. Ce dossier permet aux maçons locaux de rester fidèles aux techniques traditionnelles de construction et de respecter l’intégrité de ces monuments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Le but de cette démarche était également de placer les communautés de Tombouctou au cœur du processus de réhabilitation et de conserver toute la valeur patrimoniale de ces mausolées pour les populations locales.

Les travaux constituent l’aboutissement du Plan d’Action mis en place par l’UNESCO et le Mali en février 2013, avec l’appui de la France. Cette stratégie a permis de mobiliser de nombreux partenaires financiers tels que la Suisse et l’Union européenne, dont les contributions garantissent la réalisation et la coordination des travaux. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) apporte en outre son soutien logistique dans le cadre de cette action.

Les mausolées qui composent le site du patrimoine mondial  témoignent de l’âge d’or de Tombouctou en tant que centre économique, intellectuel et spirituel au 15e et 16e siècle. Ces monuments sont aussi des témoignages exceptionnels de l’architecture de terre dont l’entretien, jusque-là assuré par les habitants, a été délibérément interrompu pendant l’occupation de la ville. Seize de ces monuments font partie du site malien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

***

Contact médias: Oumou Sanogo, Bureau de l’UNESCO à Bamako,o.sanogo(at)unesco.org, + 223 795688817 (portable)

Galerie photo : http://www.unesco.org/new/en/media-services/multimedia/photos/photo-gallery-reconstruction-of-mausoleums-starts-in-timbuktu-mali/

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, »  La communauté internationale apporte son soutien à la campagne #Unite4Heritage de l’UNESCO à Tombouctou »[En Ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/
news/international_community_supports_unescos_unite4heritage_campaign_in_timbuktu/
#.VS0eNPmsVNM
(page consultée le 14/04/2015)

 

 

Please follow and like us:

avril 14, 2015   No Comments

Article CultureBox : »Le patrimoine culturel de Gaza s’effondre sous les bombes »

Publié le 14/08/2014 à 15H49, mis à jour le 14/08/2014 à 16H18

Un missile israélien a fait exploser récemment la mosquée Omari de Jabaliya, dans la bande de Gaza, réduisant un peu plus en cendres le peu qu’il reste du patrimoine culturel de ce territoire palestinien supplicié, a relaté l’AFP jeudi.

Vue aérienne de ce qu'il reste de la mosquée Omari de Jabaliya, dans la bande de Gaza (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP

Vue aérienne de ce qu’il reste de la mosquée Omari de Jabaliya, dans la bande de Gaza (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP


Certaines parties des lieux passaient pour remonter au 14e siècle. Une mosquée se serait dressée sur le site depuis le 7e siècle, peu après l’apparition de l’islam.

La mosquée Omari était l’un des derniers bâtiments historiques encore debout dans Gaza, cette ville dense dans laquelle les blocs d’immeubles en parpaings  bruts s’alignent le long de rues poussiéreuses. La mosquée est en ruines à présent. Il n’en reste que le minaret. Selon les riverains, le muezzin a été fauché par le missile alors qu’il appelait à la prière. La bande de Gaza a abrité des communautés humaines sédentaires depuis 3.300 ans av. J.-C.

Un Palestinien inspecte les ruines de la mosquée Omari de Jabaliya (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP

Un Palestinien inspecte les ruines de la mosquée Omari de Jabaliya (2 août 2014) © Mohammed Abed / AFP

Mais des siècles de guerres et la surpopulation galopante de l’enclave depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948 en ont effacé les traces sur cette langue de territoire méditerranéen coincé entre l’Egypte et Israël aux richesses historiques considérables.

Le ministre palestinien du Tourisme et des Antiquités, Rula Ma’ayah, a appelé jeudi l’Unesco à dénoncer la destruction « intentionnelle », selon lui, du patrimoine palestinien par l’armée israélienne, et à l’assimiler à un « crime de guerre ».

Le patrimoine « n’est une priorité pour personne », même à Gaza
Mais à Gaza même, « ce n’est une priorité pour personne », souligne auprès de l’AFP Yasmine al-Khoudari, qui prête la main à son père pour tenir le petit musée privé qu’il a monté. « Quand vous pensez à Gaza, ce n’est pas à son histoire que vous pensez, à Gaza l’antique ou à l’archéologie, vous pensez urgence alimentaire ou médicale, camps de réfugiés, Hamas », dit-elle.

Pour compenser le manque de musée public, son père, Jawdat al-Khoudary s’est mis un jour à collectionner les objets qu’il a découverts en creusant la terre au cours de ses chantiers et qui datent des Cananéens jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Un musée privée pour préserver quelques vestiges
Le musée privé qu’il a ouvert en 2008 sur le front de mer à Gaza expose des vestiges de poteries anciennes, des pièces de monnaie, des objets en bronze et des armes. Il a associé au musée un restaurant et un hôtel dans lesquels il a intégré certaines de ses trouvailles: les piliers de sa véranda faisaient partie de la voie de chemin de fer qui, autrefois, traversait Gaza.

Le musée archéologique de Gaza (28 juillet 2014) © Mohammed Abed / AFP

Le musée archéologique de Gaza (28 juillet 2014) © Mohammed Abed / AFP

La famille Khoudary projetait d’élargir sa collection et de rénover le musée. En avril, elle avait reçu la visite de deux archéologues français, dit Yasmine. L’une d’entre eux est revenue en juillet mais est repartie quand la guerre a éclaté.

La guerre a causé des dégâts directs mais aussi indirects au patrimoine gazaoui, relate à l’AFP Ahmed al-Barsh, du ministère du Tourisme. « Indirects parce qu’il est impossible d’entrer pour les visiteurs, les étrangers, les étudiants ou les chercheurs. »

Avant même la guerre en cours, le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza lui rendait le travail impossible, souligne-t-il. « Israël a interdit l’importation de matériaux de restauration, du coup les fondations et les organisations internationales travaillant dans ce secteur ont cessé de nous soutenir. »

La mosquée Al-Mahkamah, datant du 15e siècle, a elle aussi été anéantie à Chajaya, l’un des quartiers de Gaza les plus durement touchés par les bombardements. Dans un chaos de gravats, de câbles électriques et de métal ne se dresse plus que le minaret de l’ère mamelouk à la maçonnerie compliquée.

Un hammam historique… dernier recours pour se laver
Le hammam al-Samara, dernier bain turc de Gaza, a dû fermer avec la guerre. Les Gazaouis y ont pris les eaux depuis plus de 1.000 ans. Il est devenu l’une des ultimes attractions encore intactes pour les rares touristes. Mohamed al-Ouazir, dont la famille tient le hammam depuis presqu’un siècle, essaie de se projeter dans un avenir pourtant sombre et parle de rouvrir. Il réduira le prix d’entrée de moitié, à 10 shekels (environ 2 euros), « par solidarité avec les gens et à cause de ce qu’ils ont enduré ».

Toutefois, il pourrait ne pas attendre l’instauration d’un cessez-le-feu durable, simplement parce que les Gazaouis manquent d’eau et ne savent même plus où se laver.

 

source: Culturebox, exposition, patrimoine, »Le patrimoine culturel de Gaza s’effondre sous les bombes » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/le-patrimoine-culturel-de-gaza-seffondre-sous-les-bombes-161627
(page consultée le 15/08/2014)

Please follow and like us:

août 15, 2014   No Comments

38 ème session du Comité du patrimoine mondial: Mise à jour de la Liste de Patrimoine en Péril

Réuni pour sa38esession annuelle qui a commencé le 15 juin et se poursuivra jusqu’au 25 juin à Doha. le Comité du patrimoine mondial procède à l’étude et la mise à jour des biens inscrits et en situation de dangers, et ce de quelques natures qu’ils soient, en vue de leurs inscriptions, maintien ou retrait de la Liste du patrimoine en péril.

Parmi les modifications apportées à la liste cette année figure une bonne nouvelle. En effet, Le Comité du patrimoine mondial a estimé que la gestion et la sauvegarde des Ruines de Kilwa Kisiwani et de Songo Mnara ,en République-Unie de Tanzanie, se sont améliorées et le site vient d’être retiré de la liste du patrimoine en Péril.

Cependant la liste ne sera pas uniquement raccourcie puisque de nouvelles inscriptions ont eu lieu. Ainsi la Ville de Potosí (Etat plurinational de Bolivie) vient d’être ajoutée à la Liste du patrimoine en péril en raison des activités minières incessantes et incontrôlées dans la montagne du Cerro Rico qui risquent de dégrader le site.Le Comité a mis en avant dans sa désicion la dégradation potentielle du site historique provoquée par l’exploitation minière ; l’instabilité et le risque d’effondrement du Cerro Rico ; les carences en matière de conservation ; l’application inefficace en matière de protection et les impacts environnementaux sur le complexe hydraulique qui affecte à son tour le tissu historique et la population locale.

Pour de tout autres motifs La Réserve de gibier de Selous (République-Unie de Tanzanie) a été inscrite sur la Liste, puisque c’est en raison du braconnage qui décime la faune sauvage du site. En effet, Le nombre d’éléphants et de rhinocéros a baissé de près de 90% depuis 1982, lorsque le bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

Double inscription pour  « Palestine : pays d’olives et de vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir ».Premier bien examiné  et inscrit cette année sur la Liste du patrimoine mondial, le Comité a également décidé d’inscrire le bien sur la Liste du patrimoine en péril considérant que le paysage a été fragilisé par l’impact des transformations socioculturelles et géopolitiques susceptibles de causer des dommages irréversibles à son authenticité et à son intégrité, faisant référence au début des travaux de construction d’un mur de séparation qui pourrait isoler les fermiers des champs qu’ils ont cultivés pendant des siècles.

Enfin, la décision relative à l’inscription de la Grande Barrière de corail australienne sur la Liste du patrimoine en péril a été reportée à l’année prochaine par le Comité du patrimoine mondial. Mis en danger par le développement côtier et notamment le projet d’équipements portuaires et de traitement du gaz naturel liquéfié. Le Comité a demandé à l’Australie de lui soumettre un rapport actualisé sur le site d’ici le 1er février 2015.

Joëlle Depagne

Please follow and like us:

juin 21, 2014   No Comments

Article TV5 Monde : »Syrie: les tombes de l’antique Palmyre, proie des pilleurs. »

Palmyre (Syrie) (AFP) – 17.03.2014 07:34 – Par Sammy Ketz

Une partie de l'ancienne oasis de Palmyre, à 215 km au nord-est de Damas, désertée par les touristes, le 14 mars 2014 afp.com - Joseph Eid

Une partie de l’ancienne oasis de Palmyre, désertée par les touristes, le 14 mars 2014
afp.com – Joseph Eid

Le plus beau site de Syrie, l’antique Palmyre, porte des stigmates de récents combats mais ce sont surtout ses magnifiques tombes qui ont été la proie des pilleurs.

Située à 210 km au nord-est de Damas, la « perle du désert », inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, conserve toute sa beauté bien que le temple de Baal ait subi quelques flétrissures en raison des échanges d’artillerie entre l’armée et les rebelles.

« Les groupes armés se sont installés en février 2013 dans l’immense palmeraie au sud de Palmyre et ont occupé le site jusqu’à ce l’armée les en chasse en septembre de la même année », explique à l’AFP Mohammad al-Assad, 44 ans, fonctionnaire au service des Antiquités.

« A partir des vergers où ils se trouvaient, ils tiraient sur la ville et certains obus ont endommagé par endroits le temple situé au milieu », ajoute-t-il.

Le mur oriental du temple hellénistique de Baal, l’édifice le plus imposant de la cité, est marqué par plusieurs tâches blanchâtres, là où la pierre a été griffée par des éclats d’obus. Un tir de mortier a endommagé l’une des ouvertures, ainsi que le linteau reposant sur huit colonnes à fûts cannelés.

Le mur d’enceinte a souffert en plusieurs endroits. Trois piliers de la colonnade au sud du temple ont été démembrés, leurs chapiteaux corinthiens gisant à terre. Mais les autres monuments n’ont pas été touchés par les combats.

Les combats ont causé des dégâts visibles le 14 mars 2014 sur les ruines de l'ancienne Palmyre, à 215 km au nord-est de Damas afp.com - Joseph Eid

Les combats ont causé des dégâts visibles le 14 mars 2014
afp.com – Joseph Eid

– ‘Découpées à la tronçonneuse’ –

D’après M. Assad, des rebelles ont mis à sac la maison des missions archéologiques jouxtant le temple, mais le plus grave a été le pillage des merveilleuses tombes.

A l’ouest de la cité, dans la Vallée des tombes, la nécropole s’étend sur un kilomètre. C’est là que les riches Palmyréniens avaient construit une série de monuments funéraires somptueusement décorés.

Au Musée de Palmyre, le directeur Khalil al-Hariri montre trois stèles calcaires et des parties de sarcophages sculptées en haut-relief de personnages et d’enfants. « Elles avaient été découpées à la tronçonneuse. Nous les avons récupérées il y a deux jours, dans le sous-sol d’une maison », explique-t-il.

Combien de tombes ont été pillées? Il n’en sait rien. « Il y a environ 500 tombes, dont seulement 200 ont été fouillées par les archéologues. C’est dans celles qui ne l’étaient pas que les pilleurs ont fait leur sale besogne », dit-il.

Son seul point de repère, c’est le butin retrouvé. « Depuis que l’armée a repris le contrôle de la région, j’ai récupéré 130 pièces, mais je suis incapable de dire à combien de tombes elles appartenaient car les voleurs ont pris soin de les refermer ».

Outre les sarcophages, il y a des bustes de défunts en costume gréco-romain et des décorations murales de style palmyrénien.

Dans le discours officiel, ce sont les « hommes armés » ou « les terroristes » qui ont voulu délester le pays « en vendant à vil prix notre culture et nos racines ».

En réalité, et M. Hariri le reconnaît à demi-mot, certains habitants ont profité du désordre pour mettre la main sur des pièces, d’autant qu’ils en connaissent la valeur.

– ‘Subitement plus rien’ –

« La police les a retrouvées ici, dans les maisons, les vergers ainsi que dans le reste du pays. Quinze ont même été découvertes à l’aéroport de Beyrouth, prêtes à s’envoler vers l’étranger », selon lui.

L’ONU a pressé les belligérants de protéger « le riche patrimoine culturel mis en lambeaux » par trois ans de guerre. Devant « le pillage systématique » des sites archéologiques, elle a recommandé aux professionnels du commerce de l’art et aux douanes « de se méfier des objets d’art syriens susceptibles d’avoir été volés ».

Fayçal al-Cherif, chef de la municipalité, n’a plus vu un touriste depuis septembre 2011, soit six mois après le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad.

« Il y en avait 250.000 par an, puis subitement plus rien. Sur les 85.000 habitants, 5.000 travaillaient dans l’hôtellerie, la restauration, possédaient des magasins, organisaient des balades dans le désert sous la tente, servaient de chauffeur ou de guide », déplore cet homme de 57 ans.

Les 16 établissements de la ville ont tous fermé. Quant au Zénobia, l’hôtel de légende construit dans les années 1920 par une aventurière française et situé dans le site archéologique, il a été pillé et à moitié brûlé.

« J’espère que la tourmente se terminera et que les touristes reviendront bientôt », soupire-t-il.

Des policiers syriens inspectent le rez-de-chaussée du Zénobia qui a été pillé et à moitié brûlé, le 14 mars 2014 afp.com - Joseph Eid

Des policiers syriens inspectent le rez-de-chaussée du Zénobia qui a été pillé et à moitié brûlé, le 14 mars 2014
afp.com – Joseph Eid

 

source: TV5 Monde, Information, accueil information, culture/art de vivre, « Syrie: les tombes de l’antique Palmyre, proie des pilleurs »[en Ligne] http://www.tv5.org/cms/
chaine-francophone/info/p-1911-Syrie-les-tombes-de-l-antique-Palmyre
-proie-des-pilleurs.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.
20140317.0f3ca8cc.928a.493d.b757.5049ed0fe95b.xml (page consultée le 17/03/2014)

Please follow and like us:

mars 17, 2014   No Comments

Article UNESCOPRESS : « Arrêtez les destructions ! », exhorte la Directrice générale de l’UNESCO.

Des experts se sont réunis pour coordonner l’action visant à sauvegarder le patrimoine culturel syrien.

© UNESCO / Professor Maamoun Abdul Karim, The Al-Omari Mosque

© UNESCO / Professor Maamoun Abdul Karim,
The Al-Omari Mosque

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a appelé aujourd’hui toutes les parties prenantes au conflit en Syrie à sauvegarder le patrimoine culturel du pays et à prendre les mesures qui s’imposent afin d’éviter d’autres destructions. L’appel de la Directrice générale fait suite à une réunion d’experts qui s’est tenue aujourd’hui au siège de l’Organisation dont l’objectif était d’explorer les différentes pistes afin d’éviter des pertes supplémentaires et réparer les dégâts quand ce sera possible et dans les zones où ce sera possible.

« L’UNESCO est prête à utiliser son expertise et ses réseaux pour aider le peuple syrien à préserver son patrimoine culturel exceptionnel », a déclaré la Directrice générale. « La protection du patrimoine est indissociable de la protection des populations, car le patrimoine véhicule les valeurs et les identités d’un peuple ».

« Il a été question aujourd’hui des dégâts importants déjà infligés au patrimoine en Syrie. La destruction de sites comme le souk historique d’Alep, qui a fait la « une »  des médias du monde entier, reflète l’inquiétude et la désolation des gens partout dans le monde. »

« J’exhorte toutes les parties en présence à prendre les mesures nécessaires pour éviter que des dommages supplémentaires soit infligés à ce patrimoine qui compte parmi les plus précieux du monde islamique ».

La réunion qui s’est tenue aujourd’hui, présidée par Irina Bokova, rassemblait notamment Lakhdar Brahimi, Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue arabe pour la Syrie ; Stefano de Caro, Directeur général du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM) ; Hannah Pennock, Directrice générale par intérim du Conseil international des musées (ICOM) ; Philippe Allard, Directeur général du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) ainsi que des représentants d’Interpol, la plus grande organisation internationale de police au monde, de l’Organisation mondiale des douanes, de l’Union européenne et des experts de l’UNESCO.

« Le passé de la Syrie est menacé, au même titre que son présent et son avenir », a déclaré Lakhdar Brahimi. « Je peux en témoigner et me faire l’écho de votre message auprès des dirigeants que je rencontre ».

Ils ont approuvé l’action continue de l’UNESCO pour attirer l’attention et partager l’information relative au statut du patrimoine syrien, notamment les six sites du pays inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, les sites archéologiques importants, le patrimoine mobilier, présents notamment dans les musées et dans d’autres collections.

L’UNESCO a organisé des formations à destination des professionnels du patrimoine syriens et de la région en vue de protéger les biens culturels et les collections de la destruction, du pillage et du trafic illégal. L’Organisation a également communiqué l’information dont elle disposait sur les dégâts causés à tous les types de patrimoine afin d’alerter les services des douanes et les marchands d’art sur le patrimoine volé et permettre le respect de l’interdiction internationale du commerce des biens pillés (Convention de 1970) concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels et laConvention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et son premier protocole).

Au cours de cette réunion, l’UNESCO a rappelé son expérience en matière de coordination des actions destinées à préserver le patrimoine en période de conflit, comme ce fut le cas récemment au Mali, en Libye et en Iraq.

« Il n’y a pas de culture sans peuple, ni de société sans culture », a déclaré la Directrice générale en clôture de la réunion.

Source : UNESCO, service de presse, actualité [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/in-focus-articles/
stop-the-destructio/n-urges-unesco-director-general/

(page consultée le 30/08/2013)

Please follow and like us:

août 30, 2013   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: La Directrice générale de l’UNESCO lance un appel pour la protection de la ville d’Alep, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial.

Compte tenu de l’escalade de violence à proximité de plusieurs zones urbaines historiques en Syrie, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a réitéré son appel du 30 mars 2012, invitant toutes les parties impliquées dans le conflit à protéger le patrimoine culturel syrien.

©Unesco Author/Ron Van Oers - La vieille ville d'Alep a été inscrite sur la liste patrimoine mondiale de l'UNESCO en 1986.

L’UNESCO est particulièrement préoccupée par les informations faisant état d’affrontements violents à Alep, dont la vieille ville est un site du patrimoine mondial. Occupant une position stratégique sur les routes commerciales  historiques reliant l’Est à l’Ouest,  la ville a conservé un patrimoine monumental exceptionnel qui reflète les différentes cultures des peuples qui s’y sont établis au fil des millénaires, notamment les Hittites, les Assyriens, les Grecs, les Romains, les Omeyyades, les Ayyoubides, les Mongols, les Mamelouks et les Ottomans. L’ancienne ville d’Alep a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en 1986.

Compte tenu de la situation précaire en matière de sécurité, il n’a pas été possible d’évaluer l’étendue des dégâts causés à la vieille ville d’Alep et de plusieurs autres sites du patrimoine mondial comme le Crac des Chevaliers, le site de Palmyre, les villages antiques du nord de la Syrie et Damas.

Dans le contexte actuel marqué par des troubles civils, l’UNESCO est également préoccupée par les risques de pillage et de dispersion des biens culturels. Dans le cadre de ses efforts pour mobiliser la communauté internationale en faveur de la protection du patrimoine culturel syrien, l’UNESCO a alerté l’Organisation mondiale des douanes, INTERPOL ainsi que les pays voisins de la Syrie sur les menaces de trafic illicite d’objets culturels syriens.

La Directrice générale a également contacté le Secrétaire général des Nations Unies et le Président du Conseil de sécurité afin qu’ils attirent l’attention de Kofi Annan, l’Envoyé spécial conjoint pour les Nations Unies et les Etats de la Ligue arabe,  sur l’importance du respect des conventions sur la protection des biens culturels, notamment la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. L’UNESCO est par ailleurs en étroit contact avec le Coordinateur résident des Nations Unies à Damas sur la situation.

La Directrice générale exhorte toutes les parties à respecter et protéger l’important héritage culturel syrien qui constitue une source d’identité et d’accomplissement pour son peuple et à respecter leurs obligations internationales en matière de culture.

source: UNESCO, service de presse, actualités [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/the_director_
general_of_unesco_appeals_for_the_protection_of_the_world_heritage_city_of_alepo/

(page consultée le 01/08/2012)

Please follow and like us:

août 1, 2012   No Comments

Article « TV5 Monde »: Birmanie: les trésors de l’architecture coloniale de Rangoun en danger.

RANGOUN (AFP) – 12.07.2012 11:30 – Par Daniel ROOK

Plus d’un demi-siècle après l’indépendance de la Birmanie, de nombreux édifices de Rangoun témoignent encore de la grandeur de l’empire britannique. Mais beaucoup de ces trésors architecturaux sont près de s’effondrer et la course a commencé pour tenter de les sauver.

Un Birman passe à vélo devant le palais de justice Rangoun, construit en 1927 AFP - Ye Aung Thu

Plus d’un demi-siècle après l’indépendance de la Birmanie, de nombreux édifices de Rangoun témoignent encore de la grandeur de l’empire britannique. Mais beaucoup de ces trésors architecturaux sont près de s’effondrer et la course a commencé pour tenter de les sauver.

D’un club en tek où les officiers de sa majesté sirotaient un verre de gin, à l’ancien grand magasin surnommé le « Harrods de l’est » — en hommage à la célèbre enseigne londonienne –, les immeubles plus que centenaires qui parsèment les rues de l’ancienne capitale sont en danger.

Des centaines de bâtiments coloniaux ont déjà été détruits ces dernières années, victimes notamment de la spéculation immobilière.

« Malheureusement, je dirais que la moitié des bâtiments résidentiels de 50 ans ou plus du centre de Rangoun ont été démolis ces dix dernières années », regrette Thant Myint Oo, historien et écrivain, fondateur de l’association Yangon Heritage Trust, fer de lance de la campagne de conservation.

« Il en reste suffisamment pour que Rangoun puisse rester une ville spéciale et unique », mais « dans cinq ans, elle pourrait ressembler à n’importe quelle ville asiatique, avec ses gratte-ciels et ses embouteillages ».

Le but de son organisation est notamment d’obtenir une liste de bâtiments protégés. Quelque 180 édifices sont déjà classés mais sans bénéficier d’aucune protection.

Parmi eux, la « Reserve Bank of India », banque centrale de l’ancien empire britannique. Ou encore le siège du gouvernement colonial où le général Aung San, héros de l’indépendance et père de l’opposante Aung San Suu Kyi, a été assassiné.

Le bâtiment des autorités portuaires birmanes à Rangoun, datant de 1905, le 7 juin 2012 AFP - Ye Aung Thu

Des centaines d’autres ne sont pas sur la liste, et certaines propriétés remarquables sont vides, abandonnées par les ministères depuis le transfert de la capitale à Naypyidaw en 2005. D’autres ont été accaparées par des proches de l’ancienne junte, dissoute en mars 2011.

Avec Orwell et Kipling comme clients

Zaw Zaw, magnat de la construction et des mines de jade, prévoit de transformer l’ancien grand magasin Rowe & Co, délabré, en hôtel de luxe pour concurrencer le Strand, l’un des plus beaux édifices coloniaux restaurés de la ville.

A son apogée, le centre commercial attirait de riches Européens et Asiatiques, dont une princesse shan qui l’avait décrit comme un « véritable Harrods de l’est », selon un livre de l’Association des architectes birmans.

Quant à l’hôtel Strand et ses colonnes, ils ont vu passer depuis 1901 une pléiade de célébrités, comme George Orwell et Somerset Maugham, tandis que Rudyard Kipling avait ses habitudes au Pegu Club, qui menace aujourd’hui de s’effondrer.

Les défis qui attendent désormais les défenseurs de ces joyaux architecturaux sont légion.

Le projet semble avoir le soutien du gouvernement, qui a multiplié les réformes depuis un an et compte sur les investissements étrangers et le tourisme pour développer un des pays les plus pauvres de la planète.

« Nous devons tous protéger le patrimoine de la nation », plaidait ainsi le ministre de l’Industrie, Soe Thein, lors de la même conférence organisée par le Yangon Heritage Trust.

Un ouvrier repeint la façade de la Banque de Birmanie, à Rangoun le 7 juin 2012 AFP - Ye Aung Thu

La gageure est désormais de protéger cet héritage, tout en répondant à l’explosion de la demande pour les espaces de bureaux et habitations modernes, mais sans mettre à la rue les habitants des bâtisses vieillissantes.

Et certains craignent que le charme désuet de la ville ne faiblisse de toutes façons, lorsque ces vieux bâtiments décatis auront repris de leur superbe d’antan.

« Ce que j’aime vraiment à Rangoun, c’est comment elle a été préservée de manière non artificielle », explique l’architecte Amelie Chai, dont le cabinet a participé à la rénovation d’édifices coloniaux.

« Toutes ces communautés vivent, travaillent dans ces bâtiments sans ingérence du gouvernement et personne ne leur dit quelle couleur conserver ou quoi que ce soit d’autre ».

« Certains pensent que c’est terrible parce que plusieurs bâtiments tombent en ruines, mais d’un autre côté, pour moi, c’est ce qui est le plus spécial ».

© 2012 AFP

source: TV 5 Monde, informations, culture/ art de vivre [En Ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Birmanie-les-tresors-de-l-architecture-coloniale-de-Rangoun-en-danger.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.533525eb2b68d9e7ee34514fcb7aef52.651.xml (page consultée le 12/07/2012)

Please follow and like us:

juillet 12, 2012   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: Le Comité du patrimoine mondial appelle à cesser les destructions du patrimoine malien et adopte une décision afin de protéger ce patrimoine.

03.07.2012 – UNESCOPRESS

Le Comité du patrimoine mondial a condamné le 2 juillet la destruction des sites du patrimoine mondial au Mali et a adopté des mesures visant à aider le pays à protéger son patrimoine.

 

Mosquée de Sankore, Tombouctou, Mali - © UNESCO/Lazare Eloundu Assomo

Dans sa décision, le Comité, composé de 21 membres et en charge de la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial, a appelé la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, à créer un fonds spécial pour aider le Mali à la conservation de son patrimoine culturel.

Le Comité a également appelé tous les Etats membres de l’UNESCO, l’Organisation islamique internationale pour l’éducation, la culture et la science (ISESCO) et l’Organisation de la coopération islamique (OIC) à alimenter ce fonds.

La décision condamne vigoureusement les actes de destruction des mausolées à Tombouctou, qui est un site du patrimoine mondial, et appelle à mettre fin à ces « actes répugnants ».

Le texte de la décision demande aussi à la Directrice générale de l’UNESCO d’envoyer une mission au Mali dès que possible afin d’évaluer, en concertation avec les autorités nationales et locales, l’étendue des dommages et de définir les besoins urgents en termes de conservation.

Le Comité du patrimoine mondial a également reconnu les efforts déjà entrepris pour aider le Mali à préserver son patrimoine, notamment l’envoi par la Directrice générale d’une mission au mois de mai, les efforts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS) et des pays de la région pour aider la population du Mali à sortir de cette crise.

Le Mali a récemment pris des mesures pour accéder au Second protocole relatif à  la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1999 qui, entre autres textes, sanctionne la destruction intentionnelle du patrimoine culturel.

Sources: UNESCO, service de presse, actualités [En Ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/world_heritage_committee_calls_for_end_to_destruction_of_malis
_heritage_and_adopts_decision_for_its_support/ (page consultée  le 05/07/2012)

 

Please follow and like us:

juillet 5, 2012   No Comments

Article « Le Monde »: « Mali : la menace plane sur les manuscrits de Tombouctou. »

Le Monde.fr avec AFP | 03.07.2012 à 07h46 • Mis à jour le 03.07.2012 à 07h46

Par Pauline Pellissier

 

Des manuscrits dans une bibliothèque de Tombouctou, le 1er juillet 2012. | AFP/EVAN SCHNEIDER.

Alors que les islamistes d’Ançar Eddine ont détruit sept des seize mausolées de la ville, la communauté internationale s’inquiète pour les manuscrits anciens que recèle Tombouctou . Dès l’arrivée des islamistes, en avril, l’Unesco a tiré la sonnette d’alarme et appelé à une action des pays frontaliers pour empêcher un trafic. Le point sur les enjeux et les risques autour de ces trésors documentaires :

  • Pourquoi Tombouctou regorge-t-elle de manuscrits ?

Fondée entre le XIe et le XIIe siècle par des tribus touarègues, Tombouctou devient rapidement un  grand centre intellectuel et une cité marchande prospère pour les caravanes. Au XVe siècle, une université et plus de 180 écoles coraniques se construisent, accueillant jusqu’à 25 000 étudiants. Les savants affluent, des copistes sont engagés à plein temps pour prendre en note leurs enseignements.

Des centaines de scribes, payés par le roi ou les aristocrates, copient des milliers d’ouvrages de théologie, de littérature, de science, de géographie, d’histoire ou de droit apportés par les commerçants nomades. Sur place sont également élaborés des recueils de poésie et de musique, parfois illustrés de délicates enluminures d’or.

Comme l’explique un article du Monde Magazine en juillet 2010, les textes rédigés en arabe ou en peul étaient recopiés sur des omoplates de chameaux, des peaux de moutons, de l’écorce et parfois du papier ramené d’Italie. Aujourd’hui, on appelle « manuscrits de Tombouctou » l’ensemble des documents datant des XIIe et XIIIe siècles, mais également les copies plus récentes des XVIIIe ou XIXe siècles.

  • A combien évalue-t-on leur nombre ?

En 2004, Le Monde diplomatique évaluait à de plus de 15 000 le nombre de documents déjà exhumés et répertoriés sous l’égide de l’Unesco, et à 80 000 le nombre de manuscrits qui dormiraient encore dans des malles ou au fond des greniers de la ville. Dans un article du Figaro Magazine d’août 2008, le journaliste Jean-Marie Hosatte estimait lui que de 180 000 à 200 000 livres seraient cachés à Tombouctou et dans les villages alentour.

  • Où sont-ils stockés ?

Possession des grandes familles de la ville, la grande majorité des manuscrits sont conservés comme des trésors dans le secret des maisons et des bibliothèques privées, sous la surveillance des anciens. Avant la chute de Tombouctou aux mains des groupes armés, environ 30 000 de ces manuscrits étaient conservés à l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba (Ihediab), fondé en 1973 par le gouvernement malien.

  • Pourquoi sont-ils menacés de destruction ?

Certes, ces textes parlent d’islam, mais aussi d’astronomie, de musique, de botanique, de généalogie, d’anatomie… autant de domaines généralement méprisés, voire considérés comme « impies » par Al-Qaida et ses affidés djihadistes. Ensuite, les rebelles pourraient s’intéresser à la valeur marchande des manuscrits, qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros. « Il se pourrait bien que, dans quelques semaines, on retrouve des manuscrits de Tombouctou dans les salles de vente du monde entier », prévient Marc Geoffroy, ingénieur de recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (ITEM) dans les colonnes de l’hebdomadaire La Vie.

  • Quelle est la situation sur place ?

En avril, les bureaux de l’Ihediab ont été saccagés plusieurs fois par des hommes en armes, mais les manuscrits n’ont pas été affectés. Par mesure de sécurité, ils ont été transférés vers un lieu « plus sécurisé ». Dans une déclaration commune diffusée le 18 juin, les bibliothèques de Tombouctou ont affirmé qu’aucun détenteur de manuscrit n’a été menacé, mais soulignent que la présence les groupes armés les « met en danger ».

  • Qu’est-ce qui peut sauver ces documents ?

D’après Jeune Afrique, des conservateurs et des collectionneurs privés se sont organisés pour dissimuler les documents les plus importants. « Aujourd’hui, ce sont quelque 8 000 manuscrits qui auraient été transférés en lieux sûrs », précise l’hebdomadaire. Les familles non plus n’ont pas attendu l’appel de l’agence onusienne pour prendre des dispositions. Et pour cause. « On dit que ces bibliothèques portent la baraka et que leur déballage attirerait les malheurs »,expliquait dans un article du Monde des Religions de 2007 El-Boukhari BenEssayouti, un spécialiste de la conservation des manuscrits.

L’autre explication avancée pour expliquer la bonne protection des documents, c’est la crainte de voir des secrets de famille éventés. Outre les ouvrages savants, toutes ces caisses contiennent des correspondances, des listes comptables, des relevés administratifs, parfois des journaux intimes, car durant l’âge d’or de Tombouctou, presque tous ses habitants étaient alphabétisés. « J’ai eu accès à des manuscrits prouvant que de grandes familles de Tombouctou sont d’origine juive ; et elles ne veulent pas que cela se sache. J’ai également eu entre les mains le journal intime d’une femme qui, au XVIIIe siècle, avait été mariée à 15 ans à un vieillard de 75 ans, impuissant. Vous comprenez que, dans une société traditionnelle comme la nôtre, ses descendants, des bâtards, refusent catégoriquement que quiconque accède à leurs caisses », expliquait Ben Essayouti

Enfin, deux facteurs encourageants sont à prendre en compte. D’abord, les islamistes répugnent habituellement à pénétrer dans l’intimité des maisons, ce qui faciliterait la conservation au sein des familles. Ensuite, ces manuscrits sont considérés comme un trésor par les Touaregs. S’y attaquer, même au nom de la charia, reviendrait à s’aliéner une grande partie de la population locale, majoritairement touarègue, ce que les nouveaux maîtres islamistes de Tombouctou ne souhaitent sans doute pas.

Pauline Pellissier

Source: Le monde, Internationale, Afrique [En Ligne]
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/07/02/les-manuscrits-de-tombouctou
-sont-en-danger_1728057_3212.html
(page consultée le 03/07/2012)

 

Please follow and like us:

juillet 3, 2012   No Comments

Article « L’Express »: Mali: un mausolée profané par Aqmi à Tombouctou.

Par LEXPRESS.fr, publié le 06/05/2012 à 10:40

Les islamistes d’Ansar Dine qui ont pris le contrôle de la ville du nord du Mali après le coup d’état du 22 mars ont une vision rigoriste de l’islam et considèrent comme impies les pratiques musulmanes traditionnelles en vigueur dans la région.

Des habitants de Tombouctou restaurent la grande mosquée construite en 1327 par l’empereur Kancan Moussa, le 10 avril 2006 (AFP/Archives, Issouf Sanogo)

Tombouctou est sous le choc après la profanation par des membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), du mausolée d’un saint musulman de la cité inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Vendredi, des gens d’Aqmi, appuyés par le groupe armé islamiste Ansar Dine, ont détruit le mausolée du saint Sidi Mahmoud Ben Amar. « Ils ont brûlé le mausolée », a déclaré samedi sous couvert d’anonymat l’un des adjoints au maire de Tombouctou.

La ville de 30.000 habitants est contrôlée, comme tout le nord Mali, par Aqmi et Ansar Dine depuis le coup d’Etat du 22 mars à Bamako mené par des putschistes qui ont remis depuis le pouvoir aux civils.

« Ils ont promis de détruire d’autres mausolées. Tombouctou est sous le choc. Maintenant ils veulent prendre et détruire d’autres mausolées et des manuscrits », a ajouté la même source.

« La cité des 333 saints »

Située à la lisière du Sahara à un millier de km au nord de Bamako, Tombouctou, surnommée « la cité des 333 saints » ou plus banalement « la perle du désert », est inscrite au patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1988. Fondée entre le XIe et le XIIe siècle, selon les documents, par des tribus touareg, la ville a été un grand centre intellectuel de l’islam et une ancienne cité marchande prospère des caravanes.

Ses trois grandes mosquées, mais surtout des dizaines de milliers de manuscrits -dont certains datent de l’ère pré-islamique- témoignent de cette splendeur passée et de son âge d’or au XVIe siècle. Outre les mosquées, le site classé compte « 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers », indique l’Unesco sur son site internet.

L’Unesco a récemment exprimé sa préoccupation et appelé « les factions belligérantes à respecter le patrimoine » du pays. Le directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) à Dakar, Hamady Bocoum, s’était lui aussi alarmé des « risques sérieux » concernant les manuscrits, objets de « tous les trafics », et il redoutait « que des destructions » soient commises « par les nouveaux arrivants ».

Des oeuvres « impies » pour Al-Qaïda

Les manuscrits sont pour la plupart écrits en arabe ou en peul, par des savants originaires de l’ancien empire du Mali. Ces textes parlent d’islam, mais aussi d’histoire, d’astronomie, de musique, de botanique, de généalogie, d’anatomie… Autant de domaines généralement méprisés, voire considérés comme « impies » par Al-Qaïda et ses affidés jihadistes.

La profanation du mausolée de Tombouctou par les nouveaux maîtres de la ville rappelle le sort fragile d’oeuvres appartenant au patrimoine mondial, comme celui des Bouddhas de Bamyan, dans le centre de l’Afghanistan, détruits en mars 2001 par les talibans. En Afrique de l’est, les islamistes somaliens shebab ont détruit de nombreux mausolées de mystiques soufis dont la mémoire était vénérée par les populations locales.

Selon une source hospitalière à Tombouctou, quatre islamistes auteurs présumés de la profanation sont « mystérieusement morts » à l’hôpital où ils avaient été admis après être tombés malades.

Avec

source: l’ Express, Actualités, Monde [En Ligne] http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-un-mausolee-profane-par-aqmi-a-tombouctou_1111708.html (page consultée le 06/05/2012)

Please follow and like us:

mai 6, 2012   No Comments