Quand le patrimoine est source de controverses
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Article Cultrebox : « Trois statues khmères retrouvent le Cambodge après leur vol il y a 40 ans. »

Trois statues exceptionnelles de l’art khmer du Xe siècle ont été accueillies mardi au Cambodge, après leur vol dans un temple près d’Angkor suivi d' »un long voyage de 40 ans » passant par les Etats-Unis.

Le premier ministre cambodgien Sok An accueille le retour de la statue "Duryodhana bondissant" à Phnom Penh le 3 juin 2014, après 40 ans d'absence, suite à un vol au début des années 1970 © CHARLY TWO / AFP

Le premier ministre cambodgien Sok An accueille le retour de la statue « Duryodhana bondissant » à Phnom Penh le 3 juin 2014, après 40 ans d’absence, suite à un vol au début des années 1970 © CHARLY TWO / AFP

« Dans un long voyage de 40 ans, après avoir survécu aux guerres civiles, aux pillages, aux trafics et aux voyages à travers le monde, ces trois statues ont maintenant retrouvé leur liberté et sont rentrées à la maison », s’est félicité le vice-Premier ministre cambodgien, Sok An, lors d’une cérémonie à Phnom Penh.

« Les faits sont désormais établis, leur odyssée s’achève ici. Ces précieux symboles de notre héritage sont revenus à leur propriétaire légitime », a-t-il ajouté devant des responsables américains venus saluer ce retour.

Les trois statues de grès de Duryodhana, Bhima et Balarama avaient, selon le Cambodge, été volées dans le temple de Koh Ker, à 80 kilomètres au nord-est des fameux temples d’Angkor.

La statue du guerrier « Duryodhana bondissant », haute de 1,58 mètre, avait été dérobée en 1972 et vendue aux enchères une première fois à Londres en 1975. Sa vente aux enchères en 2011 par Sotheby’s à New York avait été empêchée par le Cambodge, appuyé par l’Unesco. La maison d’enchères avait estimé la statue entre 2 et 3 millions de dollars.La statue avait été remise aux autorités cambodgiennes début mai à New York, au terme d’une longue bataille judiciaire.
"Duryodhana bondissant", art khmère, Xe siècle © HO / Manhattan US Attorney's Office / AFP

« Duryodhana bondissant », art khmère, Xe siècle © HO / Manhattan US Attorney’s Office / AFP

La statue du guerrier Bhima avait été achetée en 1976 par le musée Norton Simon de Pasadena, en Califormie. Après des mois de discussions, celui-ci avait accepté de rendre la statue.

Représentation du guerrier Bhima, art khmère, Xe siècle © Eurasia Press / Photononstop

Représentation du guerrier Bhima, art khmère, Xe siècle © Eurasia Press / Photononstop

La troisième sculpture a été rendue dans le cadre d’un accord entre Christie’s et le gouvernement cambodgien, selon ce dernier.

Reproduction de "Krishna and Balarama" peinture de l'artiste indien Jamini Roy (1887-1972) © A. Sverdlov / RIA NOVOSTI

Reproduction de « Krishna and Balarama » peinture de l’artiste indien Jamini Roy (1887-1972) © A. Sverdlov / RIA NOVOSTI

« Ce sont de belles oeuvres d’art. Il ne s’agit pas seulement de leur valeur, elles ont quelque chose à dire. Elle racontent une histoire », a commenté Martin Wilson, représentant de Christie’s, lors de cette cérémonie où les statues ont été bénies avec des fleurs.

Les trois statues seront exposées dans quelques jours au Musée national de Phnom Penh. Le Cambodge entend par ailleurs poursuivre le rapatriement d’oeuvres volées sur le site de Koh Ker.
En mai 2013, le Metropolitan museum de New York avait annoncé la restitution au Cambodge de deux statues de pierre, provenant également du temple de Koh Ker, qui étaient exposées depuis 20 ans dans son aile asiatique. Leur retour le 11 juin au Cambodge avait été salué comme « un événement historique » par le royaume.

Les deux sculptures avaient également été volées au début des années 1970 dans un pays alors plongé dans la guerre civile.

Source: CultureBox, actu, exposition, patrimoine, « Trois statues khmères retrouvent le Cambodge après leur vol il y a 40 ans. » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr
/expositions/patrimoine/trois-statues-khmeres-retrouvent-le-cambodge-apres-leur-vol-il-y-a-40-ans-157277 (page consultée le 03/06/2014)

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juin 3, 2014   No Comments

Article Le Monde : »Patrimoine : deux statues khmères restituées. »

LE MONDE |  |Par Florence Evin

Reconstitution du groupe sculpté de neuf statues monumentales avec le "Duryodhana bondissant" et le "Bhima", les deux lutteurs du "Mahabharata". | © ECOLE FRANÇAISE D'EXTRÊME-ORIENT (EFEO/GREZPRODUCTION)

Reconstitution du groupe sculpté de neuf statues monumentales avec le « Duryodhana bondissant » et le « Bhima », les deux lutteurs du « Mahabharata ». | © ECOLE FRANÇAISE D’EXTRÊME-ORIENT (EFEO/GREZPRODUCTION)

C’est une affaire de pillage de statues millénaires, chefs-d’œuvre de l’art khmer, dérobées au Cambodge dans les années 1970, vendues sur le marché de l’art, et l’histoire de leur restitution en chaîne par les Etats-Unis. Cela, grâce à l’action conjointe de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), de l’Unesco et du pouvoir judiciaire de Manhattan, à New York.

Précisément donc, mercredi 7 mai, à New York, en présence du vice-premier ministre cambodgien, Sok An, a été officiellement rendu au Cambodge leDuryodhana bondissant, statue datant du Xe siècle, provenant de Koh Ker, l’ancienne capitale de l’Empire khmer située à quatre-vingts kilomètres au nord d’Angkor.

DEUX ANS DE PROCÉDURE JUDICIAIRE

Il aura fallu deux ans de procédure judiciaire pour que cette figure centrale de grès, illustrant le combat final du Mahabharata, la grande épopée indienne qui nourrit la mythologie khmère, puisse enfin rentrer au Cambodge.

L’affaire débuta le 24 mars 2011, juste avant la mise aux enchères de la statue, estimée entre 2 millions et 3 millions de dollars (de 1,43 à 2,15 millions d’euros), chez Sotheby’s, à New York. Alerté par l’EFEO, laquelle alerta l’Unesco, le procureur de Manhattan, Preet Bharara, bloqua la vente, et la statue fut mise sous scellés. Mais, pour obtenir sa restitution, le procureur déposa, en avril 2012, une plainte au civil, contre la maison d’enchères, au nom du Cambodge.

Deuxième restitution, ce mercredi 7 mai, cette fois par le Norton Simon Museum, de Pasadena, en Californie. C’est la statue de Bhima, l’adversaire de Duryodhana, qui a été rendue par le musée américain. Lequel avait acheté la statue en 1976. Ces deux figures phares de l’art khmer appartiennent à un groupe de neuf statues monumentales en ronde-bosse, unique en son genre par sa dynamique.

La statue de "Bhima", l'un des deux lutteurs du "Mahabharata". | © NORTON SIMON MUSEUM

La statue de « Bhima », l’un des deux lutteurs du « Mahabharata ». | © NORTON SIMON MUSEUM

LA RECONSTITUTION DE L’ACTE FINAL DU « MAHABHARATA »

Déjà, deux premiers figurants de cette scène de grès, deux Pandawa, avaient été identifiés dans les collections du Metropolitan Museum (Met), à New York. Et restitués officiellement, en juin 2013, à Phnom Penh lors du Comité du Patrimoine mondial de l’Unesco dans la capitale cambodgienne.

Depuis 2009, la traque, en effet, se poursuit pour la reconstitution de l’acte final duMahabharata, qu’avaient imaginé les artistes khmers. La statue de Balarama, un des neuf figurants avait été identifiée et « bloquée », en 2009, lors d’une vente aux enchères opérée par Christie’s, à New York. Elle devrait être, aussi, rapatriée au Cambodge. Comme les deux lions atalantes des collections du musée de Dallas, qui proviennent aussi de Koh Ker.

Tout cela n’aurait pas lieu, sans la détermination d’Eric Bourdonneau, maître de conférences à l’EFEO, chargé de la sauvegarde et de la restauration du site de Koh Ker, au Cambodge. Depuis 2009, l’archéologue piste les statues manquantes sur Internet, en épluchant les catalogues de ventes aux enchères, les collections des musées, les stocks des marchands spécialisés.

L’ancienne capitale qui éclipsa Angkor, pendant les vingt ans du règne de Jayavarman IV (921 à 941), est riche d’une quarantaine de constructions dont deux temples majeurs. Mais Koh Ker est un site tombé dans l’oubli pendant de nombreuses années. La principale documentation réalisée par l’EFEO, présente au Cambodge depuis un siècle, date d’Henri Parmentier et des années 1930.

Un extrait vidéo de la reconstitution en images de synthèse du groupe de neuf statues (fourni par l’Ecole française d’Extrême-Orient) :


Le groupe de neuf statues monumentales, symbole… par lemondefr

L’intégralité de cette vidéo est disponible sur le site de l’EFEO

QUE NEUF SOCLES ALIGNÉS ET DES PIEDS

C’est en dégageant les ruines de briques du Prasat Chen, grand temple dédié au dieu hindou Vishnu – dont seules les ouvertures et la statuaire sont en grès, qu’Eric Bourdonneau fit l’étonnante découverte. De ce groupe sculpté, trésor méconnu des scientifiques, mais non des pillards qui avaient repéré le filon, il ne restait que neuf socles alignés et des pieds.

Avec les premières pièces identifiées sur le marché de l’art, il reconstitue virtuellement la scène mythique, semblable à celle reproduite sur un fronton du ravissant petit temple de Banteay Srei, près d’Angkor. Et il s’émerveille de sa découverte. « Cette statuaire monolithe de thème narratif, demeure sans équivalent dans toute la période angkorienne, souligne Eric Bourdonneau.L’iconographie n’est pas sculptée en bas-reliefs, mais réalisée en ronde-bosse, à échelle humaine. » L’effet dynamique se veut « héroïque, comme dans une scène où chaque acteur tient un rôle. Un art directement inspiré de la gestuelle narrative de l’esthétique du théâtre ». C’est, au Xe siècle, « l’ancêtre du théâtre cambodgien », assure-t-il.

Une majorité de ces chefs-d’œuvre avait transité, de Bangkok, chez le marchand Douglas Latchford, à Londres, chez Spink & Son, précise le scientifique qui a consulté les historiques des catalogues et les pedigrees des œuvres. Manquent encore plusieurs figures qui appartiennent aujourd’hui à des musées (à Cleveland, Denver) et à des collections privées. Vendredi 9 mai, à Paris, à l’Académie des inscriptions et belles-lettres et en présence du roi Norodom Sihamoni, les scientifiques de l’EFEO feront le point sur ces découvertes et sur les pièces manquantes.

source: Le Monde, Culture, Arts, « Patrimoine : deux statues khmères restituées », [En Ligne]  http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/05/09/patrimoine-deux-statues-khmeres-restituees_4413959_3246.html (page consultée le 11/05/2014)

Les autres articles en lien avec cette restitution:

18/11/2012: « Le journal des arts »: Sotheby’s New York accusée de tromperie dans l’affaire de la statue khmère.

06/04/2012:  « Le journal des arts » : Les autorités américaines portent plainte en vue d’obtenir la confiscation de la statue Khmer conservée par Sotheby’s.

02/03/2012 : « Le Journal des Arts »: Le Cambodge demande à Sotheby’s de lui restituer une sculpture khmère.

 

 

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mai 11, 2014   No Comments

Article Le Monde: « Mort de Pascal Royère, responsable d’un grand chantier de restauration d’Angkor. »

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |Par Florence Evin

Pascal Royère, directeur des études de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), architecte DPLG, docteur en histoire de l’art, est mort le mercredi 5 février à Toulouse, à quarante huit ans. Taillé comme un colosse, le directeur des études de l’EFEO, responsable des plus grands chantiers de restauration au Cambodge, pays auquel il a consacré ses vingt dernières années, a été terrassé par une maladie qui a eu raison, en cinq mois, de sa flamme à relever les temples de grès d’Angkor, l’ancienne capitale de l’empire Khmer aux prises avec la jungle.

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Pascal Royère sur le chantier du Baphuon (dans les années 2000). | DIDIER FASSIO, « ANGKOR, L’AVENTURE DU BAPHUON », CERIMES/EFEO

Jusqu’au dernier moment, « Pascal Thom », le « Grand Pascal », comme l’appelaient familièrement les Cambodgiens, avait continué à suivre à distance la restauration de l’un des plus énigmatiques sanctuaires du site archéologique d’Angkor : celui du Mébon occidental, l’île-temple, érigée au milieu du barayoccidental (réservoir) et dont il fallait redresser les parois écroulées.

UN MONUMENT UNIQUE

Occupé à 80% par un bassin carré dans lequel reposait le monumental et lumineux Vishnu endormi –aujourd’hui exposé au musée national de Phnom Penh –, ce « monument unique par sa forme, son culte, symbolise le moment de la création du monde, le sommeil de Vishnu entre deux périodes cosmiques », nous précisait-il, le 24 octobre 2013 par téléphone. C’est à partir de l’été 2011 qu’il s’était voué à la restauration du Mébon, après avoir consacré près de vingt ans à redresser un autre joyau d’Angkor, le « temple montagne » du Baphuon.

Ce chantier titanesque du Baphuon lui avait été confié en 1995, alors qu’il était âgé de trente ans. Il s’agissait alors pour le jeune architecte qu’il était, de remonter, avec une équipe de trois cents Cambodgiens, un Lego de 300 000 blocs de grès, sculptés, de 500 kilos chacun, tous différents, qui gisaient dans la forêt, sans classement aucun. Le temple, menaçant de s’écrouler, avait été démonté au début des années 1970 par son prédécesseur l’architecte Jacques Dumarçay qui voulait en consolider la base par un procédé d’« anastylose ».

GIGANTESQUE PUZZLE EN 3 D

Ce chantier a été l’épilogue d’un siècle de travaux successifs, rythmés par les épisodes souvent dramatiques de l’histoire du Cambodge et relatés dans le documentaire Angkor, l’aventure du Baphuon (2010) de Didier Fassio, diffusé par le CERIMES (Centre de ressources et d’information sur les multimédias pour l’enseignement supérieur).

Ce film, dont Pascal Royère est un des principaux personnages, est entièrement accessible en ligne.( ICI )

A l’arrivée des Khmers rouges en avril 1975, le temple reposait en pièces détachées sous les arbres géants de la jungle et il le resta: la région ne fut sécurisée qu’en 1998. Il fallait repartir de rien, les plans avaient disparu, restaient les pierres d‘un gigantesque puzzle en 3D à recomposer.


BA « Angkor, l’aventure du Baphuon » par oissaf

La disparition de Pascal Royère laisse l’Ecole française d’Extrême-Orient dans le deuil. Bertrand Porte, l’un de ses proches co-équipiers de l’EFEO au Cambodge, parle de lui comme d’un « sacré bosseur, d’une grande rigueur, d’une grande loyauté, quelqu’un sur qui on pouvait compter à tout moment (…) Il prenait à bras le corps tous les problèmes des chercheurs, il structurait, organisait, conseillait…» Franciscus Verellen, directeur de l’EFEO, salue, pour sa part, la « chaleureuse personnalité » d’un « chef de projet et de chantier chevronné, meneur d’hommes,conseiller averti, collègue bienveillant et estimé, fidèle ami » qui « nous laisse une œuvre déjà emblématique, de pierre et d’érudition ».

DOCTORAT EN 2002

Né en juillet 1965, à Villeneuve-lès-Bouloc (Haute-Garonne), Pascal Royère passe son enfance dans une famille unie, avant de suivre une formation de technicien supérieur dans la construction qu’il complète par l’obtention du diplôme d’architecte DPLG, à Nantes. En 1993, il rejoint la mission d’archéologie de Doura-Europos, en Syrie, sous la direction de Pierre Leriche. La même année, il est recruté par l’EFEO et affecté à Siem Reap au Cambodge pour conduire, sous la direction de Jacques Dumarçay, un programme de maintenance des temples du petit circuit du parc archéologique d’Angkor.

En 1995, il entreprend la description architecturale d’Angkor Vat, puis la restauration du temple du Baphuon lui est confiée. Sous la direction de Bruno Dagens, il prépare un doctorat sur l’histoire de ce monument, thèse qu’il soutient en 2002. Il conduit des recherches sur la typologie du « temple-montagne » khmer. Ses travaux sont récompensés en 2007 par le grand prix de la Fondation Louis de Polignac. En 2011, il est co-lauréat du Prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca avec le centre EFEO de Siem Reap. En juillet 2011, la cérémonie d’inauguration du Baphuon restauré, qui met un terme à ce chantier pharaonique, est présidée par le roi Norodom Sihamoni (qui a succédé à son père Sihanouk sur le trône du Cambodge en octobre 2004) et par François Fillon, alors premier ministre français.

HOMMAGES AU CAMBODGE

Lors des funérailles de Pascal Royère, à Villeneuve-lès-Bouloc (Haute-Garonne), vendredi 7 février, l’hommage que le roi cambodgien a envoyé a été lu devant sa famille nombreuse, sa femme Andrée, sa fille Lucie, et ses nombreux amis, français et cambodgiens. Le message royal souligne son talent d’architecte et ses qualités humaines, comme son soutien indéfectible et son affection pour le Cambodge et les Cambodgiens. Dans le même temps, à Siem Reap, au Cambodge, plusieurs cérémonies étaient improvisées au Baphuon par les ouvriers, qui ont travaillé avec lui à la restauration, ainsi qu’au Wat Svay Romiet, la pagode bouddhiste qui, sur les bords du baray occidental, fait face au Mébon.

 

source: Le monde, culture, architecture, « Mort de Pascal Royère, responsable d’un grand chantier de restauration d’Angkor » [En Ligne]  http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/02/09/mort-de-pascal-royere-responsable-d-un-grand-chantier-de-restauration-d-angkor_4363020_3382.html (page consultée le 27/02/2014)

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février 27, 2014   No Comments

Article Le Monde: « La zone autour du temple de Preah Vihear attribué au Cambodge. »

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |  • Mis à jour le 

Le Cambodge avait déposé en avril 2011 une plainte demandant à la CIJ d'interpréter un arrêt rendu en 1962 lui octroyant la souveraineté sur le temple de Preah Vihear construit au XIe siècle. | AFP/TANG CHHIN SOTHY

Le Cambodge avait déposé en avril 2011 une plainte demandant à la CIJ d’interpréter un arrêt rendu en 1962 lui octroyant la souveraineté sur le temple de Preah Vihear construit au XIe siècle. | AFP/TANG CHHIN SOTHY

La Cour internationale de justice (CIJ), plus haut organe judiciaire de l’Organisation des Nations unies, sise à La Haye, adjuge au Cambodge la zone autour du temple de Preah Vihear, qu’il se dispute avec la Thaïlande, et ordonne à celle-ci de mettrefin à toute présence militaire et policière autour du temple hindou, situé du côté cambodgien de la frontière entre les deux pays. « La cour déclare à l’unanimité que le Cambodge dispose de la souveraineté sur toute la superficie du promontoire de Preah Vihear », a déclaré Peter Tomka, président de la Cour internationale de justice.

Des affrontements autour du temple, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, avaient fait au moins vingt-huit morts et des dizaines de milliers de déplacés en 2011. Depuis plusieurs semaines, les autorités des deux pays ont tenté de calmerles esprits à l’approche de cette décision, qui sera retransmise en direct à la télévision de part et d’autre. Le premier ministre cambodgien, Hun Sen, et son homologue thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, assurent que leurs pays accepteront le verdict, quel qu’il soit.

Le Cambodge avait déposé en avril 2011 une plainte à la CIJ, lui demandant d’interpréter un arrêt rendu en 1962 lui octroyant la souveraineté sur le temple de Preah Vihear, construit au XIe siècle. Si la Thaïlande ne conteste pas cette souveraineté, les deux pays revendiquent une zone de 4,6 km2 en contrebas des ruines, dont Bangkok contrôle les principaux accès. Celui au temple, perché en haut d’une falaise, est beaucoup plus aisé par la Thaïlande que par le Cambodge, où il est tellement difficile que la place fut d’ailleurs la dernière à tomber aux mains des Khmers rouges dans les années 1970.

Partie du temple de Preah Vihear sous contrôle thaïlandais. | AP/Heng Sinith

Partie du temple de Preah Vihear sous contrôle thaïlandais. | AP/Heng Sinith

Le verdict défavorable à la Thaïlande pourrait fragiliser un peu plus encore le gouvernement, confronté à des manifestations massives contre une loi d’amnistie controversée. Yingluck Shinawatra s’adressera à la nation lundi soir.

 

source: Le monde, International, asie-Pacifique [En Ligne]
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/la-zone-autour-du-temple-de-preah-vihear-attribuee-au-cambodge_3511687_3216.html (page consultée le 11/11/2013)

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novembre 11, 2013   No Comments

Article « UNESCORESS »: Le retour d’importantes statues khmères au Cambodge marque l’ouverture du Comité du patrimoine mondial à Phnom Penh.

La 37e session du Comité du patrimoine mondial, qui s’est ouverte à Phnom Penh le 16 juin, a été marquée par des appels solennels en faveur de la préservation du patrimoine mondial de l’humanité et par différentes manifestations culturelles.

© UNESCO/Eric EsquivelImportant Khmer statues returned to Cambodia during opening of World Heritage meeting in Phnom Penh.

© UNESCO/Eric EsquivelImportant Khmer statues returned to Cambodia during opening of World Heritage meeting in Phnom Penh.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par le transfert au Cambodge de deux pièces majeures datant du 10e siècle, remises par Emily K.Rafferty, Présidente du Metropolitan Museum of Arts de New York (Etats-Unis). Les statues, ramenées au Cambodge le 11 juin, ont été remises au Premier ministre Samdech Techo Hun Sen, qui a insisté sur le rôle central qu’a joué la préservation du patrimoine pour la reconstruction nationale et le développement économique du pays.

« La restitution volontaire historique de deux importantes statues khmères Pandava à la population cambodgienne est un encouragement pour nous tous. Cette restitution témoigne d’un comportement éthique et moral fort qui est un exemple de bonne pratique pour d’autres musées et collectionneurs […] L’UNESCO se félicite d’avoir contribué à cette restitution qui est, je crois, une avancée vers un plus grand respect et une compréhension réciproque »,  a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

Cet événement a donné lieu à une célébration du patrimoine culturel, notamment du patrimoine cambodgien dont le site d’Angkor, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, est un emblème mondial. La Directrice générale a rappelé le succès de la coopération internationale qui a permis la sauvegarde de ce site.  « Angkor témoigne en effet du pouvoir de la solidarité et de la volonté politique. Nous avons besoin du même leadership aujourd’hui pour protéger le patrimoine culturel pris pour cible dans différentes régions du monde, au Mali, en Syrie, en République centrafricaine et ailleurs », a-t-elle déclaré.

Le Vice-Premier ministre, Sok An, Président du Comité du patrimoine mondial a également fait une intervention au cours de laquelle il a insisté sur la nécessité de préserver « la dimension universelle du travail du Comité ». Exprimant son inquiétude concernant la capacité du Comité à poursuivre son importante mission compte-tenu des restrictions budgétaires, il a lancé un appel aux Etats parties à la Convention du patrimoine mondial afin qu’ils allouent les ressources nécessaires.

Allissandra Cummins, Présidente du Conseil exécutif de l’UNESCO et Katalin Bogyay, présidente de la Conférence générale de l’UNESCO ont également pris part à la cérémonie d’ouverture de cette session du Comité qui rassemble quelque 1400 participants issus de 121 pays et plus de 550 journalistes venus de 17 pays.

La session de 12 jours qui s’ouvre ne sera pas seulement l’occasion d’inscrire de nouveaux sites sur la Liste du patrimoine mondial mais aussi de passer en revue l’état de conservation déjà inscrits. Les sites du patrimoine culturel du Mali, qui ont été gravement endommagés pendant l’occupation du nord du pays l’année dernière et au début de cette année, feront l’objet d’une attention particulière, de même les sites de la République arabe syrienne qui ont également souffert du conflit.

La préservation des sites du patrimoine mondial du Mali sera au cœur de la Table-ronde annuelle des ministres africains pour le patrimoine mondial organisée le 17 juin. Neuf ministres y prendront part, notamment le ministre de la Culture du Mali, Bruno Maiga.

***

Contacts médias à Phnom Penh pendant la session :
Agnès Bardon,a.bardon(at)unesco.org, +855 239 694 28
et Roni Amelan,r.amelan(at)unesco.org, +855 95 440 774.

Pour suivre la retransmission des débats en ligne et pour plus d’information :whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/

 

 

source: UNESCO, service de presse, actualités [En ligne] http://www.unesco.org/new/fr/
media-services/single-view/news/important_khmer_statues_returned_to_cambodia_
during_opening_of_world_heritage_meeting_in_phnom_penh/
(page consultée le 17/06/2013)

 

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juin 17, 2013   No Comments

Article « UNESCOPRESS » : Le Comité du patrimoine mondial va inscrire de nouveaux sites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et se pencher sur l’état de conservation de sites déjà inscrits.

Le Comité du patrimoine mondial se prononcera sur l’inscription de 32 sites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO lors de sa prochaine session qui se tiendra à Phnom Penh et Siem Reap (Cambodge) du 16 au 27 juin.

Les médias souhaitant assister à la réunion peuvent s’enregistrer en ligne. Les débats du Comité, présidé par le vice premier ministre cambodgien SokAn, seront vidéo diffusés*.

Une conférence de presse réunira le Président du Comité, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, et des représentants des organisations consultatives du Comité (Union internationale pour la conservation de la nature, UICN ; Conseil international des monuments et des sites, ICOMOS) le 17 juin (12h30).

Les candidatures à l’inscription, proposées par les Etats parties à la Convention du patrimoine mondial, concernent :

Biens naturels : Tianshan au Zinjiang (Chine) ; Parc national du Grand Himalaya (Inde) ; Mont Etna (Italie) ; Mont Kenya-Conservatoire de faune sauvage de Lewa (Kenya) qui est une extension du Parc national / Forêt naturelle du mont Kenya ; Réserve de biosphère El Pinacate et Grand désert d’Altar (Mexique) ; Erg du Namib (Namibie) ; Sanctuaire de faune et de flore sauvages de la chaîne du mont Hamiguitan (Philippines) ; Parc national tadjik (montagnes du Pamir) (Tadjikistan) ; Parc national de Cat Tien (Viet Nam)

Biens mixtes (naturels et culturels) : Pimachiowin Aki (Canada) ; Archipel des Bijagós – Motom Moranghajojo (Guinée-Bissau) ; Parc national de Sehlabathebe (Lesotho) qui est une extension d’Ukhahlamba / Parc du Drakensberg (Afrique du sud).

Biens culturels : Pièces d’eau et Hercule dans le Bergpark Wilhemshöhe (Allemagne) ; Station baleinière basque de Red Bay (Canada) ; Paysage culturel des rizières en terrasses des Hani de Honghe (Chine) ; Monuments et sites historiques de Kaesong (République populaire démocratique de Corée) ; Ensemble historique et architectural de Bolgar (Fédération de Russie) ; Ville portuaire historique de Levuka (Fidji) ; Forts de colline du Rajasthan (Inde) ; Palais du Golestan (République islamique d’Iran) ; Paysage culturel de Maymand (République islamique d’Iran) ; Villas et jardins des Médicis (Italie) ; Mont Fuji (Japon) ; Ville et château de Vianden (Luxembourg) ; Zoma de l’Isandra (Madagascar) ; Centre historique d’Agadez (Niger) ; Mines royales de sel de Wieliczka et Bochnia (Pologne) qui est une extension des Mines de sel de Wieliczka ; Tserkvas en bois de la région des Carpates (Pologne et Ukraine) ; Université de Coïmbra – Alta et Sofia (Portugal) ; Site archéologique d’Al Zubarah (Qatar) ; Cité historique d’Alanya (Turquie) ; Cité antique de Chersonèse Taurique et sa chôra (Ve siècle av. J.C. – XIVe siècle apr. J.C., Ukraine).

Cinq de ces sites avaient déjà été proposés pour inscription par le passé : Forts de colline du Rajasthan (Inde) ; Site archéologique d’Al Zubarah (Qatar) ; Monuments et sites historiques de Kaesong (République démocratique populaire de Corée) ; Ensemble historique et architectural de Bolgar (Fédération de Russie) ; Parc national tadjik (Tadjikistan).

Trois des inscriptions concernent en fait des extensions de sites déjà inscrits.

Les documents de travail du Comité sont disponibles sur http://whc.unesco.org/fr/sessions/37COM/documents/. Ils comprennent les recommandations des organisations consultatives du Comité du patrimoine mondial : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour les sites naturels (http://whc.unesco.org/archive/2013/whc13-37com-8B2inf-fr.pdf et 8B2add) et le Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) pour les sites culturels (http://whc.unesco.org/archive/2013/whc13-37com-8B1inf-fr.pdf et 8B1Add).

Durant cette session, le Comité du patrimoine mondial examinera aussi l’état de conservation de nombreux sites inscrits. Des informations sur les sites examinés cette année sont disponibles à http://whc.unesco.org/archive/2013/whc13-37com-7B-fr.pdf (et 7BAdd. et 7B.Corr), Des informations sur l’état de conservation des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril sont également disponibles : http://whc.unesco.org/archive/2013/whc13-37com-7A-fr.pdf. et add.

source: UNESCO, service de presse, actualités [En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/world
_heritage_committee_to_inscribe_new_sites_on_unesco_world_heritage_
list_and_examine_conservation_of_properties_on_the_list/

(page consultée le 12/06/2013)

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juin 12, 2013   No Comments

Article TV5 Monde : »Le Met de New York va rendre deux sculptures anciennes au Cambodge ».

NEW YORK (AFP) – 03.05.2013 21:55

Le Metropolitan Museum of Art (Met) de New York a annoncé vendredi qu’il allait rendre au Cambodge deux statues khmères datant du Xe siècle qui, selon Phnom Penh, avaient été pillées dans un temple de la jungle.

L’entrée du Metropolitan Museum of Art (Met) de New York  - Don Emmert

L’entrée du Metropolitan Museum of Art (Met) de New York – Don Emmert

Le musée américain a précisé que les deux statues de pierre « Koh Ker » allaient être rendues au Cambodge après avoir été exposées durant 20 ans dans l’aile asiatique du Met.

Les statues avaient été données au musée séparément à la fin des années 1980 et 1990 et étaient considérées comme acquises légalement. Cependant, « le Met est entré récemment en possession de nouveaux documents de recherche qui n’étaient pas disponibles quand les objets ont été acquis », a indiqué le musée dans un communiqué.

« Le musée tient à appliquer des règles strictes sur la provenance de ses nouvelles acquisitions, mais aussi à étudier les travaux concernant les pièces figurant depuis longtemps dans ses collections, dans un effort permanent d’en apprendre le plus possible sur l’histoire des propriétaires des oeuvres », a ajouté le directeur du musée, Thomas Campbell.

« Dans ce cas des informations nouvelles concernant ces statues ont conduit le musée à prendre en compte des faits qui n’étaient pas connus au moment de leur acquisition, et à prendre la décision que nous annonçons aujourd’hui », a-t-il ajouté.

© 2013 AFP

source: TV5 Monde, information, accueil information, culture et art de vivre [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Le-Met-de-New-York-va-rendre-deux-sculptures-anciennes-au-Cambodge.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.067176088c24bbabdda6c5859f6a1a33.21.xml# (page consultée le 04/05/2013)

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mai 4, 2013   No Comments

Article « Le journal des arts »: Sotheby’s New York accusée de tromperie dans l’affaire de la statue khmère.

NEW YORK [15.11.12] – La justice américaine accuse Sotheby’s New York de collusion avec le propriétaire de la statue khmère, dans le but de masquer des informations attestant de son vol en 1972 sur le site religieux de Koh Ker.

Temple Koh Ker datant de la Dynastie Khmer où la statue fut dérobée, Angkor, Cambodge - © Photo thomaswanhoff - Licence CC BY-SA 2.0

Si Sotheby’s New York – niant ne pas avoir été informée de la provenance illégale de la statue khmère – s’est dite prête à collaborer pour son retour au Cambodge, la justice américaine en revanche, ne cesse de multiplier les preuves en sa défaveur.

Dernière en date : le propriétaire de la statue – dont on ne connaît pas l’identité – aurait remis une attestation inexacte aux douaniers américains (au moment de son arrivée sur le sol américain en 2010), indiquant que celle-ci « n’était pas une propriété culturelle »,appartenant à un site religieux. Et ce, à la demande de Sotheby’s.

Les procureurs fédéraux ont par ailleurs ajouté vendredi, qu’au moment de l’accord passé entre la maison de ventes et le propriétaire de la statue – quant à son transfert de Belgique à New York – les deux parties avaient apparemment pleinement connaissance de la provenance illégale de la dénommée Duryodhanna, du temple cambodgien Prasat Chen. Des allégations que la maison de ventes s’est empressée de nier quatre jours plus tard.

Quant à sa date de sortie du Cambodge, le gouvernement américain accuse Sotheby’s d’avoir fourni des « informations inexactes aux acheteurs potentiels, soit au Cambodge et aux Etats-Unis ». Laquelle défend à l’inverse, que la date ne pouvait être connue avec certitude, compte tenu des siècles passés après la chute du royaume khmer au XVe siècle.

A cela, s’ajoutent nombre d’ambiguïtés relatives aux accords internationaux en vigueur à l’époque et à la spécificité du statut du Cambodge, sous protectorat français jusqu’en 1953. Ainsi, « il ne pourrait exister de loi claire » légitimant les revendications du Cambodge en leur qualité de détenteur de cette statue, compte tenu des « 50 générations » qui séparent l’actuel régime de la date de la réalisation de l’œuvre(Xe siècle), a indiqué Sotheby’s. Constat par la suite corroboré par un juge fédéral, affirmant que le Cambodge n’en avait en effet pas la « propriété claire et établie ».

La vente aux enchères de la sculpture en mars 2011, avait été interrompue à la suite de la demande de restitution des autorités cambodgiennes de la dite Duryodhanna. Lesquelles réclament également une autre pièce : une guerrière dénommée Bhima se trouvant au Norton Simon Museum de Californie. Pour justifier de leur provenance géographique, les autorités cambodgiennes ont fait état de deux massifs piédestaux ayant servi de support aux deux statues.

Les enquêteurs fédéraux ont en outre relevé que ces statues faisaient partie de milliers de pièces pillées durant la guerre civile au Cambodge (1967-1975) et que les témoins cambodgiens se rappelaient les avoir aperçues à cet endroit. Les mêmes pilleurs auraient alors remis la statue à un intermédiaire thaïlandais, pour se retrouver ensuite dans les mains d’un collectionneur dont on ne connaît pas l’identité. Lequel l’aurait ensuite vendu à un marchand d’art anglais dénommé Spink, un fournisseur majeur de pièces asiatiques. Enfin, en 1975, la statue aurait été achetée par le mari – aujourd’hui décédé – d’une belge nommée Decia Ruspoli di Poggio Suasa, qui l’aurait ensuite vendue en 2010 par l’intermédiaire de Sotheby’s.

Le gouvernement américain accuse Sotheby’s New York d’avoir volontairement mis de côté le nom du collectionneur anonyme. La maison de ventes s’en est défendue, arguant de son absence de rôle dans l’affaire.

Anonymat toutefois démenti par un appel téléphonique de Bangkok, de Douglas A.J. Latchford, collectionneur d’art asiatique, et conseiller du gouvernement cambodgien sur les antiquités khmères. Celui-ci a revendiqué l’identité du dit collectionneur, ajoutant que Spink avait acheté la statue en Thaïlande fin 1971 et rejetant au passage les accusations du gouvernement selon lesquelles lui et Spink savaient que la statue avait été pillée.

Eu égard à la Convention de 1970 des Nations Unies relative au trafic illicite des biens culturels – visant notamment à protéger le patrimoine culturel des pillages – la date revêt ainsi une importance majeure, au risque que les musées américains n’interrompent quelconque achat d’antiquités sans la preuve qu’elles aient quitté leur pays avant 1970.

Anouk Rijpma

 

source: le journal des arts, patrimoine, les brèves [En Ligne]
http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/105817/sotheby-s-new-york-accusee-de-tromperie-dans-l-affaire-de-la-statue-khmere.php (page consultée le 18/11/2012)

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novembre 18, 2012   No Comments

Article « Le journal des arts » : Les autorités américaines portent plainte en vue d’obtenir la confiscation de la statue Khmer conservée par Sotheby’s.

NEW YORK (ETATS-UNIS) [06.04.12]– PAR DORIANE LACROIX TSARANTANIS

Une statue Khmer du Xe siècle avait été retirée de la vente aux enchères prévue le 24 mars 2011 chez Sotheby’s New York, sur demande du gouvernement cambodgien. Le 4 avril 2012, les autorités américaines ont annoncé avoir déposé une plainte au civil, pour en obtenir la confiscation et assurer son retour au Cambodge.

Statue d'un guerrier khmer (Xe siècle), initialement mise en vente par Sotheby's en mars 2011 avant d'être retirée de la vente au dernier moment - © Photo : courtesy Sotheby's

La statue de grès du Duryodhana bondissant serait issue du pillage du site religieux de Koh Ker. Une lettre de Tan Theany, secrétaire générale de la délégation cambodgienne de l’Unesco, adressée un jour avant la vente aux enchères, avait expressément demandé sa restitution au Cambodge. La statue avait alors été retirée des lots et le Département de la sécurité intérieure des États-Unis s’était saisi de l’affaire pour s’assurer de son bon déroulement. Depuis, les discussions entamées entre Sotheby’s et les autorités n’ont pas pu aboutir. Le 4 avril dernier, Preet Bharara, procureur de Manhattan, a annoncé que ses services ainsi que les services des douanes au département américain de la Sécurité intérieure, avaient « déposé une plainte au civil ».

Jane Levine, directrice de la « conformité mondiale » à Sotheby’s, avait affirmé vouloir trouver une solution équitable, et avait ajouté qu’aucune preuve ne venait étayer l’accusation de vol. Mais le New York Times rapporte concernant la plainte déposée par les autorités américaines, qu’il est notamment reproché à Sotheby’s d’avoir inclus la statue khmer dans le catalogue de la vente en ayant eu connaissance de sa provenance illicite, celle-ci ayant été volée dans un temple. Des e-mails internes de la maison de ventes pourraient démontrer qu’en 2010 un expert en art Khmer aurait averti le personnel de Sotheby’s (au moins une personne), du fait que la statue était considérée par les autorités cambodgiennes comme un objet pillé. La maison de ventes affirme avoir « discuté activement depuis un an à la fois avec les gouvernements américain et cambodgien » et « souhaite rester en possession de la statue en attendant d’autres discussions ». Le New York Times précise aussi qu’elle avait contacté un ministre cambodgien le 8 novembre 2010. Mais restée sans réponse des autorités cambodgiennes, Sotheby’s aurait décidé d’inclure la statue dans sa vacation du printemps 2011. Des négociations entre le Cambodge et Sotheby’s auraient eu lieu ensuite, en vue de la conclusion d’un accord permettant à István Zelnik, collectionneur hongrois, d’acquérir la sculpture pour la somme d’un million de dollars (750 000 euros), pour en faire don ensuite au Cambodge.

La maison de ventes déclare à présent contester « vivement les affirmations contenues dans la plainte », la statue ayant été « importée légalement aux Etats-Unis », et « aucun élément n’ayant été présenté, spécifiant quand la sculpture avait quitté le Cambodge ». Dans le communiqué, Sotheby’s affirme avoir l’intention de se défendre « vigoureusement ».

Eric Bourdonneau, maître de conférences à l’Ecole française d’Extrême-Orient, mène une mission sur le site de Koh Ker depuis 2009 et explique que la statue avait pu être reliée directement au site, ses pieds et son socle se trouvant toujours sur place. Estimée entre deux et trois millions de dollars, montant particulièrement élevé pour une statue en grès et témoignant ainsi de sa qualité, elle est considérée comme une pièce d’une valeur extraordinaire pour le peuple cambodgien, faisant partie de son héritage culturel. Aucun objet khmer n’est autorisé à sortir du Cambodge et de Thaïlande depuis 1972, année de l’adoption de la Convention de l’Unesco sur la protection du patrimoine culturel et naturel mondial, ce qui rend les objets khmers sans provenance établie très difficiles à vendre.

Lacroix Tsarantanis Doriane

source: Le journal des arts, patrimoine, les breves [En ligne]http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/99326/les-autorites-americaines-portent-plainte-en-vue-d-obtenir-la-confiscation-de-la-statue-khmer-conservee-par-sotheby-s.php (page consultée le 06/04/2012)

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avril 6, 2012   No Comments

Article « Le Journal des Arts »: Le Cambodge demande à Sotheby’s de lui restituer une sculpture khmère

NEW YORK (ÉTATS-UNIS) [02.03.12] PAR CHLOÉ DA FONSECA – Le gouvernement cambodgien demande à Sotheby’s New York la restitution d’une sculpture khmère du Xe siècle qui serait issue du pillage du site religieux de Koh Ker, où il ne reste aujourd’hui que les pieds et le socle de la statue disparue. Sotheby’s, sans reconnaître la provenance illégale du bien, est prête à collaborer pour le retour de la statue guerrière au Cambodge.

 

Statue d’un guerrier khmer (Xe siècle), initialement mise en vente par Sotheby’s en mars 2011 avant d’être retirée de la vente au dernier moment – © Photo : courtesy Sotheby’s.

Considérée par Emma Bunker, expert contacté par Sotheby’s, comme un exemple incomparable de sculpture khmère, la statue avait été estimée entre 2 et 3 millions de dollars (1,5 à 2,25 millions d’euros). Elle a été retirée des lots le 23 mars 2011, un jour avant la vente aux enchères initialement prévue, après une lettre de Tan Theany, secrétaire générale de la délégation cambodgienne de l’Unesco, dans laquelle elle réclame son retrait de la vente et son retour au pays.

La statue, représentant un guerrier khmer d’1,5 mètre de haut et datant du Xe siècle, aurait été soustraite illégalement du site de Koh Ker, à une centaine de kilomètres des célèbres temples d’Angkor Vat, durant le chaos des années 1970 entre guerre civile cambodgienne, guerre du Viêt Nam et dictature des Khmers Rouges.

Dans le New York Times (NYT), Jane Levine, directrice de la « conformité mondiale » à Sotheby’s, dit être « consciente de l’existence de visions extrêmement divergentes à propos de la façon dont il faut résoudre les conflits impliquant des objets du patrimoine culturel ». La propriétaire actuelle a acquis la sculpture à Londres en 1975. Jane Levine affirme vouloir trouver une solution équitable ; même si elle suggère qu’en 1 000 ans d’existence, la statue aurait pu être volée à n’importe quel moment. De plus, selon elle, aucune preuve ne vient étayer l’accusation de vol.

Pourtant, les pieds et le piédestal de la sculpture sont restés sur place, au Cambodge. Ce sont des archéologues qui les ont découverts en 2007 et qui avaient d’abord trouvé une correspondance avec la statue « jumelle » qui se trouve au Norton Simon Museum de Pasadena, en Californie. Car la statue fait partie d’un ensemble de deux sculptures, représentant deux guerriers au combat.

Le Département de la sécurité intérieure des États-Unis s’est saisi de l’affaire pour assurer son bon déroulement. Les officiels cambodgiens, sûrement conscients des différences de législation entre les deux pays, n’ont pas, selon Jane Levine dans le NYT, contesté le titre de propriété ni soutenu que Sotheby’s serait dans l’illégalité en vendant la sculpture millénaire. Ils ont suspendu la demande de saisie et sont en pourparlers avec Sotheby’s afin de racheter l’œuvre de façon privée, sans passer par les enchères. Selon le NYT, un collectionneur hongrois, István Zelnik, serait prêt à acquérir la sculpture pour 1 million de dollars (750 000 euros) afin d’en faire don au Cambodge.

En 1993, une loi établissait l’interdiction du retrait des artefacts culturels sans permission du gouvernement ; mais il n’existe pas d’effet rétroactif à cette loi permettant le retour pur et simple de la sculpture au Cambodge. Cependant, les avocats représentant le Cambodge pourraient user d’une loi de 1925, datant de l’époque coloniale française et qui serait encore en application, selon laquelle toutes les antiquités des temples cambodgiens sont « la propriété exclusive de l’État » et ne peuvent sortir du pays. Bien que les avocats américains reconnaissent la validité de cette loi de 1925, le Cambodge devra encore prouver que la sculpture guerrière a bien été volée et ce, après 1925.

Da Fonseca Chloé

 

Source : Le journal des arts, patrimoine, les breves [en ligne] http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/98369/le-cambodge-demande-a-sotheby-s-de-lui-restituer-une-sculpture-khmere.php (page consultée le 04/03/2012)

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mars 4, 2012   No Comments