Quand le patrimoine est source de controverses
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Article CultureBox : »Berlin : mobilisation pour sauver un pan du Mur menacé par les promoteurs. »

Entouré d’herbes folles, un pan du Mur de Berlin flanqué d’un bunker surplombe encore la Spree. Mais près de 25 ans après sa chute, ce témoignage du passé, situé dans un quartier en pleine rénovation, est menacé de disparaître.

Un pan du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Un pan du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Dans la frénésie qui a suivi le 9 novembre 1989, date de l’ouverture des frontières entre l’ex-Allemagne de l’Est et sa voisine de l’Ouest, les Berlinois se sont empressés de détruire le « Mur de la honte » qui les avait séparés pendant 28 ans.

Un quart de siècle plus tard, alors que les touristes se pressent sur les traces du Mur, grandit en Allemagne le sentiment qu’il faut préserver les derniers vestiges de l’édifice, ancien épicentre de la Guerre froide.

Accolé au Mur de Berlin, ce bunker servait de garage aux vedettes des garde-côtes est-allemands. © Tobias Schwarz / AFP

Accolé au Mur de Berlin, ce bunker servait de garage aux vedettes des garde-côtes est-allemands. © Tobias Schwarz / AFP

Le garage des vedettes des garde-côtes est-allemands, un vestige précieux.

Sur la rive sud de la Spree, la rivière qui serpente dans Berlin, un pan de Mur de 18 mètres de long, couvert de graffitis, surgit au bout d’un chemin, flanqué de lampes imposantes et de barrières hérissées de barbelés. Quelques pas plus loin, en contrebas, émerge le vestige le plus précieux pour les historiens : un bunker accolé au Mur, qui abritait 3 des 26 vedettes à bord desquelles les garde-côtes est-allemands patrouillaient à la recherche de fugitifs à la nage.

Semblant sortie d’un vieux James Bond, cette cave sombre et humide renferme encore un téléphone d’urgence remontant aux années 1960 et des gilets de sauvetage moisis accrochés aux murs.

Cet ensemble unique témoigne d’une époque où l’Allemagne de l’Est était prête à tuer ses propres citoyens plutôt que les laisser passer à l’Ouest. Il permet de comprendre comment la RDA « sécurisait » ses frontières, soulignent les historiens

L'installation d'un sans-logis, le long du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

L’installation d’un sans-logis, le long du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Un quartier convoité par les promoteurs.

Il montre également qu’à Berlin, « la frontière n’était pas seulement faite de béton et de murs, mais aussi d’eau. Et pour préserver l’histoire, il faut des lieux comme celui-ci », explique Axel Klausmeier, directeur de la Fondation du Mur de Berlin.

Parmi les 138 Berlinois de l’Est qui sont morts en tentant de s’évader, selon des chiffres officiels débattus par les historiens, plusieurs s’étaient aventurés dans la Spree. Si l’on ajoute les fuyards de toute l’ex-RDA tués près du Rideau de fer, le nombre de victimes monte à 389 minimum.

Pourtant, après des décennies d’abandon, la Köpenicker Strasse voisine est devenue une rue très prisée des promoteurs, à la limite entre les quartiers de Mitte et Kreuzberg, et voit fleurir les projets d’immeubles de luxe avec vue sur l’eau.

La ville veut réaménager le quartier

La ville de Berlin voudrait nettoyer la zone, squattée par une communauté hétéroclite de campeurs sous tipis, pour y dessiner une piste cyclable et une route pour les livraisons et les services d’urgence.

Le projet a poussé l’historien de la culture Eberhard Elfert, 56 ans, à fonder un groupe de pression pour défendre les vestiges du Mur baptisé « Luise Nord » du nom du quartier d’avant-guerre Luisenstadt.

Depuis 2006, 37 millions d’euros d’argent public ont été dépensés pour mettre en valeur le tracé du Mur, qui court sur 160 kilomètres, rappelle Axel Klausmeier.

En même temps, « les responsables de la planification urbaine veulent effacer les traces du Mur. Cela n’a pas de sens », déplore Eberhard Elfert.

Aucune décision n’est encore prise, affirme la mairie

Selon Carsten Spallek, responsable de la construction à la mairie du quartier, aucune décision n’a encore été prise et un site internet a été créé pour recueillir les avis sur les projets d’aménagement. Il n’est pas certain que l’édifice soit légalement protégé, précise-t-il à l’AFP. Et même si c’est le cas, « cela ne garantit pas qu’il ne sera pas abattu », mais simplement qu’il faudra consulter l’office qui gère les monuments historiques.

Dans la capitale allemande, l’affaire rappelle la lutte autour de la célèbre East-Side Gallery, le plus long pan du Mur encore debout, recouvert d’oeuvres d’artistes. En 2013, un projet qui menaçait une partie de l’enceinte avait provoqué une vaste mobilisation, attirant même l’acteur et chanteur américain David Hasselhoff sur les lieux de son concert culte, donné en décembre 1989 près du Mur en train de s’effondrer.

 

source: Culturebox, Actu, Expositions, patrimoine, »Berlin : mobilisation pour sauver un pan du Mur menacé par les promoteurs. » [En Ligne]
http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/berlin-mobilisation-pour-sauver-un-pan-du-mur-menace-par-les-promoteurs-190903 (page consultée le 29/09/2014)

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septembre 29, 2014   No Comments

Article TV5 Monde: « Le quotidien Bild veut faire retirer deux chars soviétiques d’un mémorial berlinois »

Berlin (AFP) – 15.04.2014 17:33

Une jeune fille pose avec un ballon de l'Union européenne sur un des deux chars soviétiques exposés au mémorial de la bataille de Berlin, près de la porte de Brandebourg, en 2007 afp.com - John Macdougall

Une jeune fille pose avec un ballon de l’Union européenne sur un des deux chars soviétiques exposés au mémorial de la bataille de Berlin, près de la porte de Brandebourg, en 2007
afp.com – John Macdougall

Le quotidien allemand Bild a lancé mardi une pétition pour faire retirer les deux chars soviétiques commémorant la libération de Berlin par l’Armée rouge à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour protester contre le rôle de Moscou dans la crise ukrainienne.

« Au moment où les chars russes menacent l’Europe libre et démocratique, nous ne voulons pas de chars russes à la Porte de Brandebourg », selon le texte de la pétition qui doit être envoyée à la chambre des députés (Bundestag).

Qualifiant ces chars de « symboles martiaux de la guerre », le quotidien qui revendique plus de dix millions de lecteurs souligne: « Pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, la Russie a, par la force des armes, repoussé les frontières de la Révolution pacifique » de 1989 qui avaient vu les dictatures communistes de l’Europe de l’est s’effondrer les unes après les autres.

Bild, qui a lancé cette initiative avec le tabloïd local BZ, estime en outre que les troupes russes déployées à la frontière ukrainienne « menacent la liberté d’un Etat souverain ».

« Nous, signataires de cette pétition, ne voulons pas accepter qu’au 21e siècle, la force militaire soit de nouveau au service de la politique en Europe », poursuit le texte rédigé par un journal considéré comme le plus lu en Europe.

Tout en insistant sur le fait qu’il ne conteste pas « les souffrances immenses » du peuple russe durant la Seconde Guerre mondiale, il invite ensuite ses lecteurs à découper le texte dans le journal, à le signer et à l’envoyer au Bundestag.

Axel Springer, fondateur du journal Bild et du groupe de presse éponyme, était connu pour ses positions anti-communiste.

Le Mémorial soviétique, situé sur l’Avenue du 17 juin, non loin de la Porte de Brandebourg, est dédié aux plus de 80.000 soldats de l’Armée rouge tombés durant la bataille de Berlin, en avril-mai 1945.

Les deux chars sont les premiers à être entrés dans Berlin à l’issue de la bataille.

Des enfants jouent sur un tank T-34 exposé au Mémorial soviétique de Berlin, en 2007 - afp.com - John MacDougall

Des enfants jouent sur un tank T-34 exposé au Mémorial soviétique de Berlin, en 2007 – afp.com – John MacDougall

© 2014 AFP

source: TV5 Monde, information, accueil information, culture/art de vivre, « Le quotidien Bild veut faire retirer deux chars soviétiques d’un mémorial berlinois » [En Ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Le-quotidien-Bild-veut-faire-retirer-deux-chars-sovietiques-d-un-memorial-berlinois.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20140415.bc02cb10.e747.429f.b707.
464d4a805552.xml(page consultée le 16/04/2014)

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avril 16, 2014   No Comments

Article « Le Nouvel Observateur »: Un pan du Mur de Berlin retiré au profit d’un projet immobilier.

Créé le 27-03-2013 à 12h01 – Mis à jour le 02-04-2013 à 11h05    Par 

Un pan du Mur de Berlin, situé sur l’East Side Gallery, un tronçon de 1,3 kilomètre décoré par des artistes, a été retiré mercredi dernier au petit matin, dans le cadre d’un projet immobilier contesté.

IPON-BONESS/SIPA

Au total, ce sont quatre blocs, représentant une ouverture de cinq à six mètres de large, ont été enlevés et remplacés par une porte, a précisé la porte-parole de la police. Un pan du Mur de Berlin, situé sur l’East Side Gallery, un tronçon de 1,3 kilomètre décoré par des artistes, a été retiré mercredi dernier au petit matin, dans le cadre d’un projet immobilier contesté. Les travaux, effectués à la demande d’un promoteur immobilier qui veut construire une tour d’habitation de grand luxe de 63 mètres de haut sur les berges de la rivière Spree, avaient démarré à dans la nuit et sont désormais achevés, a-t-elle ajouté.

Seulement déplacés ?

Le promoteur a par ailleurs assuré avoir pris cette décision à titre « temporaire » pour offrir un accès aux véhicules de chantier, promettant que les blocs du mur retrouveront leur place initiale une fois les travaux terminés. « Le déplacement temporaire d’une partie du mur s’est avéré nécessaire », a expliqué le promoteur. Ce vestige de la Guerre Froide doit faire l’objet de deux percées sur une trentaine de mètres, car la municipalité veut également assurer l’accès à un pont pour piétons et cyclistes qui doit enjamber la rivière d’ici 2015.

Manifestations contre le projet immobilier

Selon la presse allemande, quelque 250 policiers étaient mobilisés pour ces travaux, afin d’éviter toute manifestation d’opposants. Une première tentative de percée du Mur le 1er mars avait dû être arrêtée face à la mobilisation spontanée de 200 manifestants
Quelques jours plus tard, l’acteur américain David Hasselhoff, héros notamment des séries K2000 et Alerte à Malibu, et qui jouit d’une immense popularité à Berlin pour avoir chanté au pied de l’édifice le 31 décembre 1989, était venu apporter son soutien devant plusieurs milliers d’opposants au projet.

L’East Side Gallery qui s’étire sur 1,3 kilomètre est constituée de pans de béton de 3,6 mètres de hauteur ornés de fresques. Elle est devenue l’une des attractions touristiques majeures de la capitale allemande. Parmi les fresques les plus connues : le « Baiser fraternel » entre les dirigeants soviétique Brejnev et est-allemand Honecker ou les têtes multicolores de l’artiste français Thierry Noir. Des 155 kilomètres du Mur, qui sépara Berlin du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, seuls trois kilomètres sont encore debout.

E.J-B et AFP

source: Le nouvel Observateurs, société, immobilier [En Ligne]
http://tempsreel.nouvelobs.com/immobilier/monde/20130327.OBS9178/un-pan-du-mur-de-berlin-retire-au-profit-d-un-projet-immobilier.html (page consultée le 02/04/2013)

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avril 2, 2013   No Comments

Article « TV5 Monde »: Mobilisation pour sauver les derniers pans du Mur de Berlin.

BERLIN (AFP) – 01.03.2013 16:34 – Par Yannick PASQUET

Des habitants se mobilisent pour sauver l’un des derniers vestiges du Mur de Berlin, symbole honni de la Guerre froide durant 28 ans, menacé d’être amputé pour permettre de nouveaux aménagements urbains.

Des policiers face aux manifestants devant l'East Side Gallery, à Berlin, le 28 février 2013 AFP - Odd Andersen

Des habitants se mobilisent pour sauver l’un des derniers vestiges du Mur de Berlin, symbole honni de la Guerre froide durant 28 ans, menacé d’être amputé pour permettre de nouveaux aménagements urbains.

Environ 200 manifestants ont interrompu vendredi les travaux de percement d’une brèche dans le plus long vestige du Mur, l’East Side Gallery, un tronçon de plus d’un kilomètre décoré de fresques, a constaté l’AFP.

Des dizaines de policiers faisaient face aux protestataires qui avaient commencé à se rassembler à l’aube avec des pancartes, certains poussant des huées après qu’une grue eut retiré un premier panneau de quelques mètres de large. Afin de calmer la situation, la police a annoncé la suspension des travaux « pour la journée et jusqu’à nouvel ordre ».

Manifestation contre la destruction d'une partie de la East Side Gallery de Berlin, le 28 février 2013 AFP - Odd Andersen

« C’est un mémorial de la Guerre froide qui rappelle le temps où l’Allemagne était divisée! », s’emporte Sascha Disselkamp, patron d’un club et d’un restaurant berlinois. « On ne doit pas permettre que soient construits un immeuble d’habitation et un hôtel » de luxe à un endroit où des gens sont morts.

Cette figure des nuits berlinoises est l’un de ceux qui se rebiffent contre le projet de la Ville de percer une partie de l’East Side Gallery, coincée entre une voix rapide et la Spree, la rivière qui traverse Berlin et marqua pendant 28 ans la frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Le long de cette avenue sans âme où vrombissent camions et berlines s’étire sur 1,3 kilomètre les pans de béton de 3,6 mètres de hauteur ornés de fresques, devenus l’une des attractions touristiques majeures de la capitale allemande.

Des restes du Mur, qui sépara Berlin du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, il ne reste plus grand chose dans cette ville devenue l’une des capitales les plus en vogue d’Europe. Sur les 155 km de béton qui encerclaient Berlin-Ouest, à peine trois kilomètres sont encore debout.

Le percement de l’East Side Gallery vise à construire un accès direct à une tour d’habitation de grand luxe de 63 m de haut qui doit prochainement sortir de terre sur les berges de la Spree, selon les opposants.

Le promoteur immobilier, la société Living Bauhaus, s’en défend. Percer le Mur s’impose pour des raisons de sécurité, selon son patron, Maik Uwe Hinkel. « Cela n’a rien à voir avec notre immeuble mais avec les directives de l’arrondissement », poursuit-il.

La Ville veut assurer l’accès à un pont pour piétons et cyclistes qui devrait enjamber la Spree d’ici 2015. Une deuxième percée est même envisagée, ce qui ferait disparaître au total environ 30 mètres de l’East Side Gallery.

« On procède à la destruction d’une oeuvre d’art », s’insurge Kani Alavi, un artiste allemand d’origine iranienne qui a peint l’une des fresques et dirige l’Association qui gère le lieu.

Ces restes de l’ancien Mur appartiennent « au patrimoine culturel mondial », renchérit Robert Muschinski qui gère un collectif contre un vaste projet immobilier berlinois.

Plus d’un million de touristes des quatre coins du monde viennent chaque année se faire photographier devant ces restes du Mur. Parmi les fresques les plus connues qui composent l’East Side Gallery: le « Baiser fraternel » entre les dirigeants soviétique Brejnev et est-allemand Honecker, ou les têtes multicolores de l’artiste français Thierry Noir.

Pour ce dernier, il est important de préserver cette galerie à ciel ouvert dans son intégralité car elle donne une idée du caractère spectaculaire de l’édifice. « C’est la dernière possibilité de montrer simplement à la jeune génération: +Ne commettez plus les erreurs de vos parents!+ », estime-t-il.

Pour certains Berlinois, la capitale, très endettée, brade ses derniers terrains à des sociétés immobilières avides de gains mais Berlin réplique que la parcelle où doit être construit le nouvel immeuble de grand luxe a été vendue dès le début des années 90.

Depuis plus de 20 ans, le long de la Spree s’est développée la culture alternative qui fait la réputation de Berlin la fêtarde dans le monde entier. Clubs installés dans des anciens entrepôts, bars sur barges en bois, plages de sable importé, on danse ici sans discontinuer du vendredi au dimanche.

Mais la foule festive pourrait bientôt disparaître, emportée avec ces clubs qui ferment les uns après les autres, comme le Kater Holzig, installé dans une ancienne fabrique de savon, qui doit éteindre ses amplis à la fin de l’été.

Des policiers allemands arrêtent un militant lors d'une manifestation devant la East Side Gallery de Berlin, le 28 février 2013 AFP - Odd Andersen

Quant au Mur, de petits morceaux d’origine douteuse se vendent toujours dans le bric à brac des marchands de souvenirs. Mais le plus souvent, le ciment récupéré a servi à couler des autoroutes et construire des immeubles.

© 2013 AFP

source: TV5 Monde, informations, culture/art de vivre [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Mobilisation-pour-sauver-les-derniers-pans-du-Mur-de-Berlin.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.3c248495701c21bfdcef3cdadcef1dbc.261.xml# (page consultée le 03/03/2013)

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mars 3, 2013   No Comments

Article « TV5 Monde » : Berlin va célébrer le centenaire de la découverte du buste de Néfertiti.

BERLIN (AFP) – 27.08.2012 16:29

Le musée égyptien de Berlin a annoncé lundi qu’il allait célébrer avec une exposition le centenaire de la découverte du buste de Néfertiti, vieux d’environ 3.400 ans et dont l’Egypte réclame depuis des années la restitution

Le buste de Néfertiti, au musée égyptien de Berlin - AFP/Archives - John Macdougall

Le musée égyptien de Berlin a annoncé lundi qu’il allait célébrer avec une exposition le centenaire de la découverte du buste de Néfertiti, vieux d’environ 3.400 ans et dont l’Egypte réclame depuis des années la restitution.

Le musée a indiqué qu’il allait ouvrir l’exposition le 6 décembre pour honorer la célèbre sculpture ainsi que d’autres joyaux de la période amarnienne, sous le règne du pharaon Akhenaton, l’époux de Néfertiti.

A la même date en 1912, le buste de la reine avait été exhumé par l’archéologue allemand Ludwig Borchardt.

« L’exposition va montrer des objets jamais présentés auparavant des collections du musée de Berlin, complétés par des prêts d’autres musées étrangers, notamment le Metropolitan Museum of Art de New York, le Louvre à Paris et le British Museum de Londres », selon un communiqué du musée berlinois.

Le buste de Nefertiti, reine d’une beauté légendaire, fait partie de cinq objets de l’Egypte ancienne détenus à l’étranger et réclamés par Le Caire qui considère qu’il s’agit de son patrimoine culturel.

L’Allemagne estime de son côté que cette oeuvre d’art a été achetée légalement par l’Etat prussien, fondant ses dires sur des documents d’époque.

L’exposition intitulée « Dans les lumières d’Amarna », qui doit durer jusqu’au 13 avril, présentera près de 600 objets, dont les trônes restaurés d’Akhenaton et de Nefertiti.

Amarna est le site archéologique de la capitale que le pharaon Akhenaton qui ne voulait pas vivre à Thèbes (Louxor), avait fait construire plus au nord sur les bords du Nil aux alentours de -1360 avant Jésus-Christ. La période amarnienne désigne le règne de ce pharaon.

source:  TV5 Monde, informations, culture et art de vivre [en Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Berlin-va-celebrer-le-centenaire-de-la-decouverte-du-buste-de-Nefertiti.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.4cbce6a0d6dfaebf0a377527cfb4ecde.231.xml
(page consultée le 28/08/2012)

 

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août 28, 2012   No Comments

Article « Le monde magazine »: Néfertiti, la reine disputée

LE MONDE MAGAZINE | 27.08.11 | 17h37

Correspondant à Berlin – Comme toute reine qui se respecte, Néfertiti reste impassible en toutes circonstances. Ni les centaines d’admirateurs qu’elle reçoit chaque jour dans la salle octogonale du Neues Museum de Berlin qui lui est réservée ni les polémiques récurrentes qui l’entourent ne paraissent l’émouvoir. Elle est protégée des hommes par une cage de verre et deux gardiens, et seul un dieu semble pouvoir l’impressionner : placé à l’autre extrémité du musée mais dans le même axe, Hélios, le dieu du Soleil, a le privilège de la contempler.

Néfertiti est née il y a plus de 3 300 ans, et cela fait quasiment un siècle qu’elle a quitté la vallée du Nil pour les bords de la Spree. Retournera-t-elle un jour sur sa terre d’origine ? Le royaume d’Egypte, restauré depuis 1922, la réclame depuis le premier jour ou presque. L’Allemagne ne veut pas en entendre parler. Sur le plan juridique, cette demande de l’Egypte est-elle justifiée ? Pour le savoir, ce n’est ni au Caire ni à Berlin qu’il faut enquêter mais à Paris, dans les archives de l’Ecole pratique des hautes études.

Lorsque l’archéologue allemand Ludwig Borchardt découvre le buste de Néfertiti en décembre 1912, l’Egypte a beau être un protectorat britannique, les fouilles archéologiques restent de la responsabilité des Français, notamment de Gaston Maspero, directeur de l’Institut français d’archéologie orientale jusqu’en 1914. Ce sont donc les Français qui ont donné aux Allemands la permission d’exporter Néfertiti même si, après guerre, le successeur de Gaston Maspero, Pierre Lacau, tentera de revenir sur cette décision.

Dans quelles circonstances les Français ont-ils laissé partir le buste de l’épouse d’Aménophis IV-Akhénaton ? Pour la première fois, une historienne, professeure d’histoire de l’art à l’université technique de Berlin, Bénédicte Savoy, apporte les réponses. Son livre, Nofretete. Eine deutsch-französische Affäre 1912-1931 (« Nerfertiti. Une affaire franco-allemande »), Edition Böhlau, 225 p., 25 €, est paru, en allemand, le 18 août. Le Monde Magazine en publie les bonnes feuilles.

Frédéric Lemaître

 


 

Le buste en calcaire de Néfertiti, pièce maîtresse du Neues Museum, à Berlin.Thomas Meyer / Ostkreuz / Cosmos

« Monsieur Lefebvre est venu aujourd’hui procéder au partage des objets trouvés cette année. Le partage à moitié exacte lui a été visiblement pénible. Il s’est cependant efforcé avec une extrême amabilité de ne pas trop nuire aux intérêts scientifiques. Des ensembles d’objets ont dû, malgré tout, être séparés. Il n’en est pas responsable. Cela tient à cette nouveauté que nous déplorons tous les deux, je le sais bien. »

C’est par cette note en allemand du 20 janvier 1913 que l’archéologue Ludwig Borchardt avisa le vieux Gaston Maspero, directeur du service français des antiquités au Caire, de l’exécution le jour même du partage des fouilles à Tell el-Amarna. Par ce partage, Borchardt, son commanditaire, son mécène et les musées berlinois devinrent les détenteurs du buste de Néfertiti.

Gustave Lefebvre, inspecteur du service français des antiquités à Assiout, alors âgé de 33 ans, s’était rendu ce jour-là sur le site archéologique et avait procédé sans enthousiasme à un acte qui n’avait été instauré que depuis quelques semaines, contre la volonté du service français des antiquités au Caire : le partage à moitié exacte. […]

Cette pratique n’émanait pas du Service français des antiquités en Egypte mais de l’administration britannique. Le Français Gaston Maspero y était même opposé. Depuis 1899, date à laquelle il s’était vu confier pour la seconde fois le poste de directeur du service des antiquités au Caire, Maspero s’était en effet employé, avec succès, à accroître le nombre des campagnes de fouilles en Egypte en faisant preuve d’une extrême libéralité à l’égard des étrangers lors des opérations de partage.

EXPLORATION URGENTE DU MONDE ANTIQUE

Il justifiait ainsi scientifiquement sa pratique : « La réforme introduite depuis vingt ans dans le système de l’irrigation a rendu à la culture de vastes étendues de terrain qui étaient arides depuis des siècles : l’eau y a été versée en abondance, imprégnant les objets qui y étaient enfermés, et les [emplacements de sites archéologiques] ont été exploités avec tant d’ardeur qu’ils sont à la veille de disparaître. Si, dans le quart de siècle qui a commencé vers 1900, les sites antiques attaqués par l’industrie moderne n’ont pas été explorés à fond, je n’hésite pas à déclarer que leur contenu entier de papyrus, bronzes, statues en pierre ou en métal, terres cuites, étoffes, ustensiles, armes, outils, amulettes, sera perdu pour la science. Comme ils se comptent par centaines, ce ne serait pas trop d’une levée en masse des érudits pour venir à bout d’eux dans un espace de temps aussi restreint : nous avons donc sollicité la recherche, et je suis heureux de constater que notre intention a été comprise. »

Entre 1900 et 1912, le nombre des campagnes de fouilles menées par des étrangers en Egypte fut de fait multiplié par quatre. En 1900, on en avait seulement enregistré six, conduites par trois pays (Allemagne, Grande-Bretagne, France). Six ans plus tard, on en comptait déjà 24 menées par cinq pays (Allemagne, Grande-Bretagne, France, Etats-Unis et Italie).

Dans un volumineux rapport d’activité rétrospectif de 1910 (paru en 1912), Maspero se félicitait que son initiative eût permis à des nations jusque-là en retrait – telles que l’Italie, l’Autriche-Hongrie, les Etats-Unis et la Belgique – d’effectuer des fouilles en Egypte. En revanche, il ne reconnaissait aux Egyptiens aucune compétence dans ce domaine. Bien que maîtrisant la langue du pays et entretenant de bonnes relations avec les « indigènes », il qualifiait l’intérêt des Egyptiens modernes pour l’Egypte antique de purement mercantile et empreint de superstition et se déclarait explicitement contre leur participation à l’exploration du monde antique. […]

 

En 1912, sur le chantier de fouilles de Tell el-Amarna, en Égypte.Universität Freiburg / IAW / Abteilung für Frühchristliche Archäologie

 

UNE BEAUTÉ ÉTRANGE

Au-delà du contexte administratif et idéologique de l’affaire Néfertiti, qu’en est-il de son arrière-plan esthétique ? Comment expliquer – sans s’arrêter à la libéralité du service des antiquités sous Maspero – qu’en 1913, un savant aussi reconnu que Gustave Lefebvre ait pu laisser partir à Berlin ce buste sensationnel sans opposer la moindre résistance ni faire le moindre commentaire ? Et comment comprendre que son supérieur hiérarchique, Gaston Maspero, n’ait même pas souhaité jeter un œil au trésor tout juste découvert, accédant sans ciller à la requête de Borchardt qui voulait envoyer à Berlin la totalité des objets exhumés pour les y exposer ? […]

Entre le partage des fouilles de 1913 et la première réclamation, au printemps de l’année 1925, le buste avait acquis statut d’icône, et l’art amarnien avait cristallisé l’expérience esthétique d’une génération entière, du moins dans l’Allemagne de Weimar. Dans l’histoire de cette métamorphose, c’est toute une anthropologie du regard (scientifique et populaire) qui se révèle, avec ses modes de perception spécifiques, ses mécanismes d’appropriation intellectuels et ses angles morts.

Comment et quand la consécration esthétique d’une culture étrangère, degré ultime de sa reconnaissance, se produit-elle et quels sont les acteurs de cette consécration ? Comment les mécanismes d’appropriation matérielle et intellectuelle s’articulent-ils ? Qu’est-ce qui fait qu’une œuvre d’art devient une surface de projection pour divers processus identitaires ? A ces questions également, les débuts de l’affaire Néfertiti apportent des réponses exemplaires. Deux événements, surtout, jouèrent ici un rôle fondamental : l’exposition Amarna pendant l’hiver 1913-1914, au Musée égyptien de Berlin ; puis la découverte de la tombe quasi intacte de Toutankhamon, dans la Vallée des Rois, à l’automne 1922.

C’est à partir de 1911 que l’archéologue Ludwig Borchardt entreprit, au nom de la Deutsche Orient-Gesellschaft, de fouiller systématiquement le site de Tell el-Amarna, en moyenne-Egypte. Depuis longtemps, la ville et ses fondateurs – Akhénaton et sa femme Néfertiti – avaient cessé d’être pour le monde savant une terra incognita. Du simple point de vue topographique, la ville d’Akhetaton (nom originel d’Amarna) avait été localisée et révélée dès la première moitié du XIXe siècle ; à partir de 1891-1892, l’égyptologue anglais Flinders Petrie en avait dégagé de nombreuses rues ainsi que toute la zone entourant le palais, publiant les résultats de ses recherches.

A la même époque, on avait découvert dans les archives royales les célèbres « tablettes d’Amarna » – quelque 400 lettres diplomatiques en écriture cunéiforme représentant un témoignage direct, pris sur le vif, de la situation géopolitique de l’Egypte vers 1350 av. J.-C., et constituant une source majeure pour les historiens.

 

L'archéologue allemand Ludwig Borchardt dirigeait les fouilles.Universität Freiburg / IAW / Abteilung für Frühchristliche Archäologie

 

Sur le plan littéraire et religieux aussi, la fascination qu’exerçaient Amarna et Akhénaton sur les milieux érudits internationaux était déjà solidement établie : les hymnes copiés dans les tombes de la ville à partir des années 1880, notamment par le Français Urbain Bouriant, « donnaient à voir Akhénaton en révolutionnaire religieux qui, transcendant son époque, renversait avec un modernisme héroïque les cultes traditionnels pour leur substituer le culte exclusif du soleil » (Jan Assmann).

Deux ouvrages, l’History of Egypt de James Henry Breasted, parue en 1905, qui connut une diffusion très large, et la monographie romancée d’Arthur Weigall, Echnaton, de 1910, vinrent parachever la redécouverte scientifique de l’époque amarnienne dans sa dimension archéologique, philologique et historique tout en la faisant connaître à un vaste public. Ainsi, vers 1900, le monothéisme radical d’Akhénaton, la proximité de son langage religieux avec celui de l’Ancien Testament et, plus généralement, la stupéfiante parenté de l’Egypte antique avec le monde biblique étaient déjà un véritable objet de fascination, et pas seulement pour les spécialistes.

LA DIMENSION ESTHÉTIQUE PASSÉE SOUS SILENCE

Un aspect fondamental de l’époque amarnienne n’avait toutefois pas encore été étudié : son art. Les travaux de Petrie avaient certes mis au jour des ornements et des fragments d’objets usuels, et les fouilles dans la nécropole et le tombeau royal avaient fait connaître des fresques et reliefs d’une grande expressivité, mais il s’agissait pour l’essentiel de bas-reliefs et d’éléments de décoration fixes ; leurs reproductions circulèrent sans doute dans des publications scientifiques, mais sans jamais, à quelques exceptions près, qu’ils soient matériellement présents dans les musées du monde occidental.

Ces quelques objets n’avaient pas suffi à motiver des recherches scientifiques approfondies. « Les bas-reliefs qui couvraient les murs et les inscriptions d’Amarna furent décalqués ou reproduits, au plus grand bénéfice de nos connaissances sur la langue, la religion et la vie quotidienne de cette époque », notait par exemple l’historien Adolf Michaelis dans l’étude qu’il consacrait en 1906 aux grandes découvertes archéologiques du XIXe siècle – de manière caractéristique, la dimension esthétique, l’art même d’Amarna étaient passés sous silence.

Lorsqu’il en était question, c’était pour signaler avant tout (avec un net embarras) l’altérité, le côté bizarre du style amarnien : « [avec Akhénaton] un certain parti étranger triompha, et c’est peut-être par là que peuvent être expliqués les bas-reliefs de Tell el-Amarna qui nous montrent ce prince sous des traits qui n’ont rien d’égyptien, entouré de fonctionnaires auxquels les artistes ont donné une physionomie tout aussi singulière que la sienne », peut-on lire par exemple en 1867 dans la célèbre introduction à l’histoire égyptienne d’Auguste Mariette, éminent égyptologue français et fondateur du service des antiquités du Caire.

 

Les ouvriers mettent au jour l'atelier d'un sculpteur, sur le chantier de Tell el-Armarna.Universität Freiburg / IAW / Abteilung für Frühchristliche Archäologie

 

« CARICATURAL »

Au cours des décennies suivantes, on ne cessa de souligner dans l’art amarnien son caractère « grotesque », « caricatural », voire « ridicule ». En 1900 encore, Georg Steindorff, grand égyptologue allemand, affirmait à propos de l’art d’Amarna dans un ouvrage destiné au grand public : « on vit apparaître de véritables caricatures. Et l’admission à la cour d’el-Amarna, toujours portée sur l’extraordinaire, de cet art à la fraîcheur toute naturaliste, n’eut rien d’une bénédiction [pour Akhénaton] ».

Quant à Gaston Maspero, qui mettait en octobre 1912 – quelques semaines seulement avant la grande découverte de Borchardt – la dernière main à un recueil d’essais sur l’art égyptien, il évoquait encore la « silhouette grotesque que les sculpteurs d’El-Amarna ont prêtée [à Akhénaton] », n’hésitant pas à enfoncer le clou : « A les en croire, il aurait été physiquement une sorte de dégénéré, long, débile, aux hanches et à la poitrine de femme, au cou sans consistance, au chef ridicule : un front aplati et presque nul, un nez énorme, une bouche disgracieuse, un menton massif. II semble s’être complu à ces images en charge. »

Ces citations le font sentir clairement : au moment où le buste de Néfertiti et les sculptures d’Amarna furent découverts par Ludwig Borchardt, la communauté internationale des égyptologues n’avait pas encore élaboré de sensibilité particulière et de langage scientifique adaptés à l’esthétique si peu « égyptienne » de l’art amarnien. Heinrich Schäfer, directeur du Musée égyptien de Berlin de 1914 à 1935, revint quelques années plus tard sur ce phénomène : « Il est étonnant de constater que, ni en Egypte ni en Europe, personne n’eut un mot pour la beauté singulière qui se dévoilait ici. Certes, on sut percevoir la teneur objective de ces images et leur importance du point de vue de l’histoire de la religion, mais de leur forme, on ne retint que l’aspect grotesque, qui en est, il est vrai, un trait incontestable. Je me souviens avoir eu en 1890, face à des moulages, un début d’intuition de ce qu’était el-Amarna ; mais c’était encore très flou. »

Ce flou, ce regard gêné des savants et les automatismes dans l’interprétation de  » l’étrange «  furent précisément la grande chance de Borchardt, puisqu’ils expliquent que Gustave Lefebvre et Gaston Maspero, début 1913, n’aient pas sauté au plafond à l’annonce de la découverte qui venait d’être faite. Quant à Borchardt, il sut jouer avec habileté de ce décalage dans les perceptions esthétiques. Quelques mois après sa découverte, il se montrait encore fin stratège en écrivant :  » aujourd’hui encore, il est impossible d’avoir une idée claire de l’importance et de la valeur des différentes pièces ; de longues années d’étude seront encore nécessaires pour en juger correctement. « 

« IL FAUT LA VOIR ! »

 

Le 6 décembre 1912, le buste de Néfertiti est exhumé. Le chef égyptien du chantier, Ahmed es-Senussi, le présente ici à l'archéologue Hermann Ranke.Universität Freiburg / IAW / Abteilung für Frühchristliche Archäologie

 

Pourtant, ses notes personnelles et les lettres qu’il rédigea juste après la découverte indiquent qu’il avait parfaitement et immédiatement saisi l’immense importance esthétique des sculptures trouvées, et pas seulement du buste de Néfertiti. La phrase souvent citée, tirée de son journal de fouilles – « Inutile de la décrire, il faut la voir ! » – est en cela symptomatique. En effet, par-delà tous les aspects administratifs et idéologiques, elle touche très exactement ce que l’affaire Néfertiti a de si particulier du point de vue de l’histoire de nos émotions esthétiques et des mécanismes d’appropriation qu’elles suscitent.

Car si, jusqu’en 1912, la redécouverte de la culture amarnienne s’était appuyée sur des témoignages textuels et architecturaux, l’heure était désormais venue d’une prise en compte esthétique et visuelle de l’ère d’Akhénaton. Or cette prise en compte ne pouvait intervenir que dans un face-à-face direct avec les œuvres, et non plus par le truchement de rapports archéologiques ou d’illustrations scientifiques.

C’est sans doute l’une des raisons qui incitèrent Borchardt, conscient de l’importance de sa découverte mais soucieux, dans un contexte international tendu, de continuer d’être autorisé à fouiller en Egypte, à faire tout ce qui était en son pouvoir pour garder le plus longtemps possible l’ensemble des sculptures découvertes à Amarna (et pas seulement le buste de Néfertiti) à l’abri des regards d’une communauté scientifique internationale qui aurait tôt fait de comprendre ce qu’elle avait laissé filer entre ses doigts.

Bénédicte Savoy. Traduit de l’allemand par Valérie Bonfils et Aurélie Duthoo

Repères

1798 Premières fouilles françaises , au cours de la campagne d’Egypte.
1899 La France encourage les campagnes de fouilles internationales.
1912 Des archéologues allemands trouvent le buste de Néfertiti.
1913 La France autorise l’Allemagne à importer le buste.
1922 Le protectorat britannique est supprimé, l’Egypte devient un royaume.
1924 L’Egypte adresse à l’Allemagne sa première demande de restitution du buste.

 

source: lemonde.fr, loisir, culture [en ligne] http://www.lemonde.fr/week-end/article/2011/08/27/nefertiti-la-reine-disputee_1563590_1477893.html (page consultée le 27/08/2011)
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août 27, 2011   1 Comment

Article « Art clair »: Le sphinx de Bogazköy de retour en Turquie

ISTANBUL (TURQUIE) [01.08.11] – L’Allemagne, qui refuse toute restitution lorsque l’objet concerné a été régulièrement acquis, vient de rendre à la Turquie son sphinx de Bogazköy. Cette décision intervient après que le ministre turc de la Culture a menacé d’interdire aux archéologues allemands de fouiller son pays.

 

Musée de Pergame - Berlin - © photo Raimond Spekking - 2004 - Licence CC BY-SA 3.0

 

Le 28 juillet 2011, une statue antique a été restituée par l’Allemagne à la Turquie. Il s’agit du sphinx de Bogazköy, « un objet vieux de plus de trois mille ans ». Découvert sur un site turc par des archéologues allemands il y a 95 ans, celui-ci était depuis exposé à Berlin. Mais, Ankara réclamait son retour.

Sa restitution a été annoncée par le ministre turc de la Culture, Ertugrul Günay, à Istanbul. Le sphinx sera désormais conservé à Bogazköy, dans l’ancienne cité hittite d’Hattusha. En mars 2011, le ministère allemand de la Culture avait annoncé qu’il serait restitué « au nom de l’amitié germano-turque », après que Ertugrul Günay a menacé d’interdire les fouilles d’archéologues allemands dans son pays.

 

Source:

source: Art clair, patrimoine, les brèves [en ligne] http://www.artclair.com/site/archives/docs_article/87460/le-sphinx-de-bogazkoey-de-retour-en-turquie.php (page consultée me 20/08/2011)

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août 20, 2011   No Comments

Article « TV5 Monde »: Des morceaux du Mur de Berlin restaurés pour les 50 ans de sa construction

BERLIN (AFP) – 02.08.2011 14:15

 

Des morceaux du Mur de Berlin qui menacent de tomber en ruine vont être restaurés dans le cadre des commémorations du 50e anniversaire de la construction de l’édifice, le 13 août.

 

Des touristes prennent des photos de restes du mur de Berlin, le 7 novembre 2009 Des morceaux du Mur de Berlin qui menacent de tomber en ruine vont être restaurés dans le cadre des commémorations du 50e anniversaire de la construction de l’édifice, le 13 août. AFP/Archives - Leon Neal

 

Des morceaux du Mur de Berlin qui menacent de tomber en ruine vont être restaurés dans le cadre des commémorations du 50e anniversaire de la construction de l’édifice, le 13 août.

Les restes du Mur situés dans la Bernauer Strasse, où la plupart des fuites se sont produites entre 1961 et 1989 et qui abrite aujourd’hui un centre de documentation, ont été « sécurisés », a expliqué le chef du chantier Günter Schlusche.

« Les plupart des dommages ont été causés par les piverts », a-t-il expliqué, rappelant que des touristes venaient emporter des morceaux du Mur en guise de souvenir après sa chute le 9 novembre 1989. « A cela s’ajoute la détérioration naturelle », a-t-il ajouté.

Cette mesure qui prévoit la fixation des panneaux au sol, concerne un mur de frontière de 175 mètres, un mur secondaire de 250 mètres et 140 mètres de grillage.

Les travaux, estimés à 105.000 euros, doivent être achevés pour les commémorations, le 13 août, et sont financés par les fonds de l’ancien parti majoritaire d’Allemagne de l’Est, la SED, saisis après la Réunification en 1990.

Le Mur de Berlin, érigé le 13 août 1961 par le régime de la RDA pour empêcher la fuite de ses ressortissants, a divisé Berlin en deux pendant plus de 28 ans, jusqu’à sa chute, le 9 novembre 1989.

Des 155 kilomètres d’origine, il ne subsiste que trois kilomètres dispersés dans la ville.

Après la chute, dans l’euphorie générale et de crainte de voir le Mur se refermer, la population avait réclamé son démantèlement total. Depuis 2006, la ville et l’Etat fédéral ont entrepris un travail de conservation des restes en souvenir des victimes.

Plus de 600 personnes sont mortes en tentant de fuir la RDA.

© 2011 AFP

 

source: TV5 Monde, information, culture et art de vivre [ en ligne]http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Des-morceaux-du-Mur-de-Berlin-restaures-pour-les-50-ans-de-sa-construction.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.d8ae9e615fcb794d883c33d5c5f362b6.371.xml (page consultée le 03/08/2011)

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août 3, 2011   No Comments

article de TV5 Monde: Berlin va restituer à Ankara d’ici au 28 novembre une statue de Sphinx

 

BERLIN (AFP) – 13.05.2011 17:49

Berlin va restituer à Ankara d’ici au 28 novembre une statue antique de Sphinx, réclamée depuis de nombreuses années par la Turquie, a indiqué vendredi le ministère allemand de la Culture.

 

 

La statue de Sphinx qui va être restituée à la Turquie, photographiée le 9 mars 2011au musée de Pergame de Berlin (AFP)

 

Berlin va restituer à Ankara d’ici au 28 novembre une statue antique de Sphinx, réclamée depuis de nombreuses années par la Turquie, a indiqué vendredi le ministère allemand de la Culture.

Le Sphinx, datant de l’âge de bronze et découvert par des archéologues allemands dans l’ancienne cité hittite d’Hattusha, à l’est d’Ankara, se trouve au musée de Pergame à Berlin depuis 1915.

« Lors de discussions d’experts germano-turques, il a été convenu vendredi à Berlin de rendre à la Turquie la statue, qui se trouve actuellement au musée de Pergame, un geste de bonne volonté au nom de l’amitié germano-turque », indique le ministère allemand de la Culture dans un communiqué.

« Le transfert doit avoir lieu d’ici au 28 novembre, date du 25ème anniversaire d’Hattusha dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco », ajoute le ministère.

Cette restitution devrait être le point de départ d’une série de mesures pour intensifier la collaboration germano-turque dans le domaine des musées et de l’archéologie, poursuit le ministère.

Les deux parties ont convenu que le cas du Sphinx était un cas à part, et qu’il ne pouvait être comparé à d’autres cas.

En mars dernier, le ministre allemand de la Culture, Bernd Neumann, avait laissé entendre que Berlin pourrait bientôt restituer cette statue, après des menaces proférées par son homologue turc, Ertugrul Günay, d’interdire les fouilles d’archéologues allemands dans son pays, en cas de non restitution.

L’Allemagne se refuse généralement à restituer les objets antiques, quand ceux-ci ont été acquis en bonne et due forme.

L’Allemagne a une longue tradition archéologique dans les pays méditerranéens. Dès 1910, le musée de Pergame a été construit à Berlin pour accueillir les fresques du grand autel de Pergame (aujourd’hui Bergama), en Turquie occidentale, découvert entre 1878 et 1886.

Berlin a en revanche opposé un refus total au Caire, qui réclame de longue date un buste de la reine Néfertiti.

 

source: TV5 monde, informations, culture/art de vivre,[en ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1910-Culture-art-de-vivre.htm?rub=10 (page consultée le 14/05/2011)

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mai 14, 2011   No Comments