Quand le patrimoine est source de controverses
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Article CultureBox : »Saccages archéologiques : Bagdad et Berlin veulent une résolution de l’ONU ».

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox / Mis à jour à 09H24, publié le 22/04/2015 à 09H14
Un jihadiste détruit à coups de masse les bas-reliefs d'un monument de la ville antique d'Hatra en Irak, le 3 avril 2015. © Uncredited/AP/SIPA

Un jihadiste détruit à coups de masse les bas-reliefs d’un monument de la ville antique d’Hatra en Irak, le 3 avril 2015. © Uncredited/AP/SIPA

L’Allemagne et l’Irak ont annoncé être prêts à déposer une résolution sur les pillages archéologiques et les destructions de sites historiques par le groupe Etat islamique (EI), à l’Assemblée générale de l’ONU .

Ce projet va être déposé « dans les prochains jours » et pourrait être adopté en mai, indiquent dans un communiqué commun les missions allemande et irakienne auprès de l’ONU.

La résolution « demandera à tous les Etats membres de sanctionner les responsables de ce vandalisme culturel et d’améliorer leur cadre légal et administratif afin de prévenir le trafic d’œuvres d’art volés ». Ce trafic d’ampleur permet le financement des organisations jihadistes et, notamment, l’achat d’armes.

« La destruction et le pillage de l’héritage culturel irakien s’apparente à un crime de guerre » et mine les efforts de réconciliation de Bagdad, a affirmé devant l’Assemblée l’ambassadeur irakien Mohammed Ali Alhakim.

Pour le chargé d’affaires allemand Heiko Thoms, la préservation de l’héritage culturel irakien est « un test pour nous tous car il fait partie de notre héritage commun ». « Là où on brûle des livres et des « La destruction et le pillage de l’héritage culturel irakien s’apparente à un crime de guerre » et mine les efforts de réconciliation de Bagdad, a affirmé devant l’Assemblée l’ambassadeur irakien Mohammed Ali Alhakim.

« Objets d’idolâtrie »

Pour le chargé d’affaires allemand Heiko Thoms, la préservation de l’héritage culturel irakien est « un test pour nous tous car il fait partie de notre héritage commun ». « Là où on brûle des livres et des oeuvres d’art, des êtres humains peuvent être les prochaines victimes, c’est une douloureuse leçon de l’Histoire que l’Allemagne a retenue », a-t-il ajouté. Une allusion à la montée du nazisme en Allemagne dans les années 30, avec, entre autres, la destruction de milliers de livres considérés comme impies par les partisans d’Hitler.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà adopté en février une résolution contraignante visant à couper toutes les sources de financement des jihadistes, dont le trafic de biens culturels volés en Syrie et en Irak.

Les jihadistes de l’EI ont saccagé des oeuvres pré-islamiques au musée de Mossoul (nord de l’Irak). Le groupe s’en est également pris à la cité pluri-millénaire de Nimroud ou encore, selon l’ONU, à celle fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2.000 ans.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais, selon plusieurs experts, l’organisation vend des oeuvres au marché noir pour se financer.d’art, des êtres humains peuvent être les prochaines victimes, c’est une douloureuse leçon de l’Histoire que l’Allemagne a retenue », a-t-il ajouté. Une allusion à la montée du nazisme en Allemagne dans les années 30, avec, entre autres, la destruction de milliers de livres considérés comme impies par les partisans d’Hitler.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà adopté en février une résolution contraignante visant à couper toutes les sources de financement des jihadistes, dont le trafic de biens culturels volés en Syrie et en Irak.

Les jihadistes de l’EI ont saccagé des oeuvres pré-islamiques au musée de Mossoul (nord de l’Irak). Le groupe s’en est également pris à la cité pluri-millénaire de Nimroud ou encore, selon l’ONU, à celle fortifiée de Hatra, fondée il y a plus de 2.000 ans.

L’EI justifie ces destructions en arguant que les statues favorisent l’idolâtrie. Mais, selon plusieurs experts, l’organisation vend des oeuvres au marché noir pour se financer.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Saccages archéologiques : Bagdad et Berlin veulent une résolution de l’ONU » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/saccages-archeologiques-bagdad-et-berlin-veulent-une-reolution-de-lonu-217407
 (page consultée le 22/04/2015)

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avril 22, 2015   No Comments

Article CultureBox : »Berlin : mobilisation pour sauver un pan du Mur menacé par les promoteurs. »

Entouré d’herbes folles, un pan du Mur de Berlin flanqué d’un bunker surplombe encore la Spree. Mais près de 25 ans après sa chute, ce témoignage du passé, situé dans un quartier en pleine rénovation, est menacé de disparaître.

Un pan du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Un pan du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Dans la frénésie qui a suivi le 9 novembre 1989, date de l’ouverture des frontières entre l’ex-Allemagne de l’Est et sa voisine de l’Ouest, les Berlinois se sont empressés de détruire le « Mur de la honte » qui les avait séparés pendant 28 ans.

Un quart de siècle plus tard, alors que les touristes se pressent sur les traces du Mur, grandit en Allemagne le sentiment qu’il faut préserver les derniers vestiges de l’édifice, ancien épicentre de la Guerre froide.

Accolé au Mur de Berlin, ce bunker servait de garage aux vedettes des garde-côtes est-allemands. © Tobias Schwarz / AFP

Accolé au Mur de Berlin, ce bunker servait de garage aux vedettes des garde-côtes est-allemands. © Tobias Schwarz / AFP

Le garage des vedettes des garde-côtes est-allemands, un vestige précieux.

Sur la rive sud de la Spree, la rivière qui serpente dans Berlin, un pan de Mur de 18 mètres de long, couvert de graffitis, surgit au bout d’un chemin, flanqué de lampes imposantes et de barrières hérissées de barbelés. Quelques pas plus loin, en contrebas, émerge le vestige le plus précieux pour les historiens : un bunker accolé au Mur, qui abritait 3 des 26 vedettes à bord desquelles les garde-côtes est-allemands patrouillaient à la recherche de fugitifs à la nage.

Semblant sortie d’un vieux James Bond, cette cave sombre et humide renferme encore un téléphone d’urgence remontant aux années 1960 et des gilets de sauvetage moisis accrochés aux murs.

Cet ensemble unique témoigne d’une époque où l’Allemagne de l’Est était prête à tuer ses propres citoyens plutôt que les laisser passer à l’Ouest. Il permet de comprendre comment la RDA « sécurisait » ses frontières, soulignent les historiens

L'installation d'un sans-logis, le long du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

L’installation d’un sans-logis, le long du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Un quartier convoité par les promoteurs.

Il montre également qu’à Berlin, « la frontière n’était pas seulement faite de béton et de murs, mais aussi d’eau. Et pour préserver l’histoire, il faut des lieux comme celui-ci », explique Axel Klausmeier, directeur de la Fondation du Mur de Berlin.

Parmi les 138 Berlinois de l’Est qui sont morts en tentant de s’évader, selon des chiffres officiels débattus par les historiens, plusieurs s’étaient aventurés dans la Spree. Si l’on ajoute les fuyards de toute l’ex-RDA tués près du Rideau de fer, le nombre de victimes monte à 389 minimum.

Pourtant, après des décennies d’abandon, la Köpenicker Strasse voisine est devenue une rue très prisée des promoteurs, à la limite entre les quartiers de Mitte et Kreuzberg, et voit fleurir les projets d’immeubles de luxe avec vue sur l’eau.

La ville veut réaménager le quartier

La ville de Berlin voudrait nettoyer la zone, squattée par une communauté hétéroclite de campeurs sous tipis, pour y dessiner une piste cyclable et une route pour les livraisons et les services d’urgence.

Le projet a poussé l’historien de la culture Eberhard Elfert, 56 ans, à fonder un groupe de pression pour défendre les vestiges du Mur baptisé « Luise Nord » du nom du quartier d’avant-guerre Luisenstadt.

Depuis 2006, 37 millions d’euros d’argent public ont été dépensés pour mettre en valeur le tracé du Mur, qui court sur 160 kilomètres, rappelle Axel Klausmeier.

En même temps, « les responsables de la planification urbaine veulent effacer les traces du Mur. Cela n’a pas de sens », déplore Eberhard Elfert.

Aucune décision n’est encore prise, affirme la mairie

Selon Carsten Spallek, responsable de la construction à la mairie du quartier, aucune décision n’a encore été prise et un site internet a été créé pour recueillir les avis sur les projets d’aménagement. Il n’est pas certain que l’édifice soit légalement protégé, précise-t-il à l’AFP. Et même si c’est le cas, « cela ne garantit pas qu’il ne sera pas abattu », mais simplement qu’il faudra consulter l’office qui gère les monuments historiques.

Dans la capitale allemande, l’affaire rappelle la lutte autour de la célèbre East-Side Gallery, le plus long pan du Mur encore debout, recouvert d’oeuvres d’artistes. En 2013, un projet qui menaçait une partie de l’enceinte avait provoqué une vaste mobilisation, attirant même l’acteur et chanteur américain David Hasselhoff sur les lieux de son concert culte, donné en décembre 1989 près du Mur en train de s’effondrer.

 

source: Culturebox, Actu, Expositions, patrimoine, »Berlin : mobilisation pour sauver un pan du Mur menacé par les promoteurs. » [En Ligne]
http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/berlin-mobilisation-pour-sauver-un-pan-du-mur-menace-par-les-promoteurs-190903 (page consultée le 29/09/2014)

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septembre 29, 2014   No Comments

article TV5 Monde : « Pyramide de Khéops: l’Egypte récupère d’importants fragments volés par des Allemands. »

Le Caire (AFP) – 17.09.2014 16:57

Le Caire (AFP) - 17.09.2014 16:57 Vue de la pyramide de Khéops, sur le plateau de Gizeh près du Caire, réalisée le 13 juin 2002

Vue de la pyramide de Khéops, sur le plateau de Gizeh près du Caire, réalisée le 13 juin 2002 afp.com – Marwan Naamani

L’Egypte a récupéré d’Allemagne des fragments d’un cartouche pharaonique de la pyramide de Khéops qui avait permis d’identifier le propriétaire du célèbre monument, subtilisés par des chercheurs allemands, a annoncé mercredi l’agence de presse officielle Mena.

Haute de 146 mètres, la pyramide du roi Khéops se dresse à Guizeh, à l’ouest du Caire. Elle est considérée comme l’une des sept merveilles du monde de l’antiquité, construite il y a plus de 4.500 ans.

Le ministère des Affaires étrangères a remis au ministère des Antiquités « les échantillons volés dans la pyramide de Khéops », a ainsi annoncé mercredi la Mena.

En août, le ministère des Affaires étrangères égyptien avait indiqué que les autorités allemandes avaient remis les échantillons en question à l’ambassade d’Egypte à Berlin.

L’ex-ministre des Antiquités Mohamed Ibrahim avait déclaré en décembre que « des chercheurs allemands, aidés par un guide égyptien, avaient récupéré des échantillons de pierre ainsi que des fragments du cartouche qui porte le nom du pharaon Khéops » dans la pyramide.

Ce cartouche, le seul de la pyramide à révéler le nom du pharaon, avait permis aux archéologues d’identifier le propriétaire du célèbre monument.

Les deux chercheurs avaient subtilisé ces échantillons pour les analyser et conforter une thèse selon laquelle la pyramide aurait été construite il y a plus de 15.000 ans.

© 2014 AFP

source: TV5 Monde, information, accueil information, culture/ art de vivre, « Pyramide de Khéops: l’Egypte récupère d’importants fragments volés par des Allemands » [En Ligne]
http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Pyramide-de-Kheops-l-Egypte-recupere-d-importants-fragments-voles-par-des-Allemands.htm?&rub=10&xml
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(page consultée le 18/09/2014)

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septembre 18, 2014   No Comments

Article TV 5 Monde : « Chypre récupère des icônes volées après l’invasion turque. »

Nicosie (AFP) – 12.11.2013 15:40

Chypre a reçu d’Allemagne des dizaines de fresques, mosaïques et icônes qui avaient été volées dans les églises après l’invasion turque du nord de l’île méditerranéenne en 1974, a annoncé mardi le gouvernement.

Des icônes exposées au musée byzantin de Nicosie le 12 novembre 2013 afp.com - Stavros Ioannides

Des icônes exposées au musée byzantin de Nicosie le 12 novembre 2013
afp.com – Stavros Ioannides

Ces 173 pièces de l’époque byzantine et post-byzantine — le « plus grand nombre d’objets culturels jamais rapatriés » à Chypre selon un communiqué du gouvernement — étaient exposées mardi au musée byzantin de Nicosie.

Elles portaient encore les traces de dommages subis lorsqu’elles ont été arrachées à une cinquantaine d’églises grecques-orthodoxes et maronites.

Ces pièces « constituent des exemples uniques d’art ecclésiastique de Chypre et seront exposées de façon temporaire au musée byzantin, en attendant de retourner aux lieux auxquels ils appartiennent », a précisé le gouvernement.

Ces oeuvres avaient disparu lors du pillage qui a suivi l’invasion par la Turquie du nord de l’île à la suite d’un coup d’Etat fomenté par des nationalistes chypriotes-grecs visant à rattacher le pays à la Grèce.

Depuis cette date, l’île est divisée, avec le tiers nord dirigé par un gouvernement reconnu uniquement par Ankara.

Les autorités allemandes avaient saisi ces pièces en 1997, et à l’issue d’une longue procédure, le tribunal de Munich (sud) a statué en juin qu’elles pouvaient être restituées à Chypre.

« Ces trésors de l’art ecclésiastiques constituent une partie de l’héritage culturel chypriote », a indiqué l’ambassade allemande à Nicosie.

© 2013 AFP

 

source: TV5 Monde, Informations, actualités, culture et art de vivre: Chypre récupère des icônes volées après l’invasion turque [En Ligne] http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Chypre-recupere-des-icones-volees-apres-l-invasion-turque.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com
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 (page consultée le 12/11/2013)

 

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novembre 12, 2013   No Comments

Article « Le journal des arts »: Une broche en or du trésor de Karun rendue à la Turquie.

UŞAK (TURQUIE) [28.11.12] – Plus de 6 ans après sa disparition au musée archéologique d’Uşak, une broche en or issue du célèbre trésor de Karun et vieille de 2500 ans vient d’être retrouvée en Allemagne. Le bijou reviendra prochainement sur son sol d’origine ou il sera exposé dans un nouveau musée.

Cette broche en or qui représente une créature ailée à queue de poisson et à tête de cheval, souvent rapprochée de l’hippocampe, constitue une des plus belles pièces du trésor de Karun (Crésus en turc). Il s’agit du même ensemble archéologique qui avait été restitué à la Turquie en 1993, au terme de 6 ans de conflit juridique entre la Turquie et le Metropolitan Museum of Arts.

Découvert lors de fouilles illégales en 1966 de la sépulture d’une princesse lydienne, la majeure partie de cet ensemble quitta clandestinement la Turquie avant d’être acheté par le Metropolitan à la fin des années 1960. Le musée new yorkais avait fini par reconnaitre la provenance douteuse du trésor et avait consenti au retour des pièces sur leur sol d’origine, constituant ainsi un des premiers grands succès de la Turquie dans sa politique de réappropriation de son patrimoine. Le trésor avait ensuite été confié à la garde du musée archéologique d’Usak.

Mais le trésor n’avait pas fini de faire parler de lui. En 2006, une lettre anonyme dénonçait le fait que la broche en or ainsi qu’une monnaie ancienne, exposées au musée d’Usak avaient été remplacées par des contrefaçons. L’enquête menée par les autorités turques avait rapidement abouti à l’arrestation d’une dizaine de personnes, dont le conservateur de l’époque Kazim Akbiyikoglu. L’homme avait fini par admettre avoir négocié les deux pièces archéologiques pour rembourser ses dettes de jeu, un aveu qui lui avait valu une condamnation à 13 ans de prison.

Si les circonstances dans lesquelles le bijou a été retrouvé en Allemagne ne sont pas encore connues, les autorités allemandes ont donné leur accord pour que l’objet soit renvoyé à Usak. L’espace d’exposition de l’actuel musée archéologique ne lui permettant de présenter que 2 000 des 41 600 pièces que contiennent ses réserves, la construction d’un musée de plus grande envergure a été lancée. Le nouveau site devrait ouvrir ses portes en décembre 2013 et le trésor de Karun y sera exposé dans sa totalité.

Romain Bouvet

Source: Le journal des arts, patrimoine, les brèves [En Ligne]
http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/106689/une-broche-en-or-du-tresor-de-karun-rendue-a-la-turquie.php (page consultée le 28/11/2012)

 

 

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novembre 28, 2012   2 Comments

Article « TV5 Monde » : Berlin va célébrer le centenaire de la découverte du buste de Néfertiti.

BERLIN (AFP) – 27.08.2012 16:29

Le musée égyptien de Berlin a annoncé lundi qu’il allait célébrer avec une exposition le centenaire de la découverte du buste de Néfertiti, vieux d’environ 3.400 ans et dont l’Egypte réclame depuis des années la restitution

Le buste de Néfertiti, au musée égyptien de Berlin - AFP/Archives - John Macdougall

Le musée égyptien de Berlin a annoncé lundi qu’il allait célébrer avec une exposition le centenaire de la découverte du buste de Néfertiti, vieux d’environ 3.400 ans et dont l’Egypte réclame depuis des années la restitution.

Le musée a indiqué qu’il allait ouvrir l’exposition le 6 décembre pour honorer la célèbre sculpture ainsi que d’autres joyaux de la période amarnienne, sous le règne du pharaon Akhenaton, l’époux de Néfertiti.

A la même date en 1912, le buste de la reine avait été exhumé par l’archéologue allemand Ludwig Borchardt.

« L’exposition va montrer des objets jamais présentés auparavant des collections du musée de Berlin, complétés par des prêts d’autres musées étrangers, notamment le Metropolitan Museum of Art de New York, le Louvre à Paris et le British Museum de Londres », selon un communiqué du musée berlinois.

Le buste de Nefertiti, reine d’une beauté légendaire, fait partie de cinq objets de l’Egypte ancienne détenus à l’étranger et réclamés par Le Caire qui considère qu’il s’agit de son patrimoine culturel.

L’Allemagne estime de son côté que cette oeuvre d’art a été achetée légalement par l’Etat prussien, fondant ses dires sur des documents d’époque.

L’exposition intitulée « Dans les lumières d’Amarna », qui doit durer jusqu’au 13 avril, présentera près de 600 objets, dont les trônes restaurés d’Akhenaton et de Nefertiti.

Amarna est le site archéologique de la capitale que le pharaon Akhenaton qui ne voulait pas vivre à Thèbes (Louxor), avait fait construire plus au nord sur les bords du Nil aux alentours de -1360 avant Jésus-Christ. La période amarnienne désigne le règne de ce pharaon.

source:  TV5 Monde, informations, culture et art de vivre [en Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Berlin-va-celebrer-le-centenaire-de-la-decouverte-du-buste-de-Nefertiti.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.4cbce6a0d6dfaebf0a377527cfb4ecde.231.xml
(page consultée le 28/08/2012)

 

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août 28, 2012   No Comments

Article « UNESCOPRESS »: Des sites en Iran, en Malaisie, au Canada, en Slovénie, en Espagne, en Allemagne, au Portugal et en France inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

30.06.2012 – UNESCOPRESS

Le Comité du patrimoine mondial lors de sa session de samedi après-midi a ajouté les sites suivants sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : Gonbad-e Qābus (Iran), le Patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (Malaisie), le Patrimoine du mercure. Almadén et Idrija (Espagne/Slovénie), Le paysage de Grand Pré (Canada), l’Opéra margravial de Bayreuth (Allemagne), la ville de garnison frontalière d’Elvas et ses fortifications (Portugal) et le Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France).

 

© 2012, Hubert Bouvet, Région Nord-Pas de Calais, UNESCO - Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France).

Gonbad-e Qābus (Iran). Cette tour funéraire, haute de 53 mètres, a été érigée en 1006 après J.C. pour le souverain Qābus ibn Voshmgir près de Djordjan, l’ancienne capitale ziyaride, au nord-est de l’Iran ; elle témoigne des échanges culturels entre les nomades de l’Asie centrale et l’ancienne civilisation iranienne. Seule trace de la ville de Djordjan qui fut un pole artistique et scientifique avant d’être détruite par les invasions des Mongols au XIVe et XVe siècles, la tour est à la fois une prouesse technique et un exemple remarquable de l’architecture islamique en matière de tours funéraires ; son influence se fait sentir en Iran, Anatolie et Asie centrale. Construit en briques cuites non vernissées, ce mausolée est conçu selon un schéma géométrique complexe pour former une tour cylindrique – de 17 mètres de diamètre à la base et 15,5 mètres sous le toit – qui s’effile vers un toit conique en briques. Il témoigne du développement des mathématiques et des sciences dans le monde musulman au tournant du premier millénaire.

Le Patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong (Malaisie). Situé dans la luxuriante vallée de Lenggong, le bien comprend quatre sites archéologiques répartis en deux groupes qui couvrent une période de près de deux millions d’années, l’une des plus longues traces traces documentées au monde de la présence des premiers hommes sur un même lieu et le plus ancien hors d’Afrique. Il comprend des sites en plein air et des grottes avec des ateliers de fabrications d’outils datant du Paléolithique, témoignage d’une technologie précoce. Le nombre de sites découverts dans une zone relativement restreinte suggère la présence d’une population assez large, semi-sédentaire avec des vestiges culturels du Paléolithique, du Néolithique et de l’âge de fer.

Le paysage de Grand Pré (Canada). Le « marais » de Grand Pré et les sites archéologiques des anciens villages associés de Grand Pré et de Hortonville, situés dans la partie méridionale de la baie Minas en Nouvelle-Ecosse, constituent un paysage culturel qui témoigne du développement de la poldérisation agricole réalisée – à base de digues et d’aboiteaux (buses de bois enterrées sous les digues et disposant de clapets anti-retours) – par les Acadiens au 17ème siècle et poursuivie par les Planters et leurs actuels successeurs. L’endroit – marqué par un record mondial de l’amplitude des marées : 11,6 mètres en moyenne – est aussi un lieu mémoriel et symbolique majeur pour les Acadiens, déportés par les Anglais à partir de 1755. Sur 1 300 hectares, le paysage culturel comprend un polder et des éléments archéologiques des villes de Grand Pré, fondée par les Acadiens, et de Hortonville, bâtie par leurs successeurs anglais. Le paysage constitue un exemple exceptionnel de l’adaptation des premiers colons européens aux conditions particulières de la côte atlantique nord-américaine ; c’est aussi le lieu mémoriel par excellence de la déportation acadienne connue comme le Grand Dérangement.

Patrimoine du mercure. Almadén et Idrija (Espagne/Slovénie). Le bien inclut les sites miniers d’ Almadén où le mercure (vif argent) a été extrait depuis l’Antiquité et Idrija, où du mercure a été trouvé pour la première fois en 1490 après J.-C. La partie espagnole du bien comprend des bâtiments liés à l’histoire minière du site, notamment le château Retamar, des édifices religieux et des puits traditionnels. Le site d’Idrija présente de notamment des entrepôts de mercure et l’administration de la mine, ainsi que les cités de mineurs et un théâtre des mineurs. Le  site témoigne du commerce intercontinental du mercure qui a généré d’importants échanges entre l’Europe et l’Amérique pendant des siècles. Les deux sites présentent les deux plus grandes mines de mercure au monde et sont restés en fonctionnement jusqu’à une période récente.

Opéra margravial de Bayreuth (Allemagne). Ce chef-d’œuvre de l’architecture théâtrale baroque, construit entre 1745 et 1750, est le seul exemple entièrement conservé de l’architecture de l’opéra de cour. Cinq cent personnes peuvent y apprécier de façon authentique la culture et l’acoustique des opéras baroques, dans un décor où subsistent des éléments en bois et des toiles peintes d’origine. Commandé par la margrave Wilhelmine, épouse de Frédéric, Margrave de Brandebourg-Bayreuth, l’opéra a été conçu par Giuseppe Galli Bibiena, architecte réputé. En tant qu’opéra de cour érigé dans un espace public (et non dans un palais), il annonce les grands opéras publics du XIXe siècle. La loge de la Cour, avec ses deux niveaux, marie le bois et les toiles peintes ; cette structure à colombage très décorée est un exemple de l’architecture éphémère qui joua un rôle exceptionnel dans les cérémonies et les parades d’auto-représentation de la Cour.

La ville de garnison frontalière d’Elvas et ses fortifications (Portugal). Le site, fortifié de manière extensive entre le 17e et le 19e siècle, représente le plus grand système défensif de remparts à douve sèches du monde. A l’intérieur de ses murs, la ville comprend de grandes casernes et d’autres bâtiments militaires ainsi que des églises et des monastères. Alors qu’Elvas conserve des vestiges remontant au 10e siècle, ses fortifications remontent au moment de la restauration de l’indépendance du Portugal en 1640. Les fortifications, conçues par le père jésuite Joao représentent le meilleur exemple conservé au monde de fortifications de l’école hollandaise. Le site comprend aussi l’aqueduc d’Amoreira construit pour permettre de résister à un long siège.

Le Bassin minier du Nord-Pas de Calais (France). Le Nord-Pas de Calais offre un paysage remarquable façonné par trois siècles (XVIIe au XXe siècle) d’extraction du charbon. Les 120 000 hectares du site sont constitués de 109 biens individuels qui peuvent être des fosses (la plus vieille date de 1850), des chevalements (supportant les ascenseurs), des terrils (dont un qui couvre 90 hectares et dépasse les 140 mètres de haut), des infrastructures de transport de la houille, des gares ferroviaires, des corons et des villages de mineurs comprenant des écoles, des édifices religieux, des équipements collectifs et de santé, des bureaux de compagnies minières, des logements de cadres et châteaux de dirigeants, des hôtels de ville, etc. Le site témoigne de la recherche du modèle de la cité ouvrière, du milieu du XIXe siècle aux années 1960, et illustre une période significative de l’histoire de l’Europe industrielle. Il informe sur les conditions de vie des mineurs et sur la solidarité ouvrière.

Source: UNESCO, Service de Presse, Actualités [En ligne]http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/sites_in_iran_malaysia_canada_slovenia_spain_germany_portugal_and_
france
_on_unescos_world_heritage_list/ (page consultée le 03/07/2012)

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juillet 3, 2012   No Comments

Article « Artclair »: Après 10 ans de bataille juridique, un tableau de Jules Breton volé en 1918 revient en France

WASHINGTON (ETATS-UNIS) [13.10.11] – Le 13 octobre 2011, lors d’une cérémonie officielle à l’ambassade de France de Washington, un tableau de Jules Breton, volé durant la Première Guerre mondiale au musée de Douai, a été restitué à son propriétaire par les Etats-Unis. Cet évènement signe la fin d’une bataille juridique longue de 10 ans qui a opposé les conservateurs du musée avec les galeries européennes et américaines entre les mains desquelles le tableau est passé.

L’administration américaine des douanes et de l’immigration a remis à la France, le 13 octobre 2011, « Une fille de pêcheur », de Jules Breton, un tableau estimé à 140 000 euros, volé, il y a un siècle, au musée de la Chartreuse de Douai. La cérémonie a eu lieu à l’ambassade de Washington en présence d’Anne Labourdette, conservatrice du musée. Au terme d’une longue négociation, la galerie Daphne Alazraki Fine Art de New York, dernier propriétaire de l’œuvre, a décidé de rendre le tableau à son détenteur originel sans condition ni contrepartie financière. Le tableau réintégrera les cimaises du musée douaisien le 21 octobre 2011 et son histoire fera l’objet d’une exposition en 2014.

Commandé par la ville de Douai à Jules Breton, peintre naturaliste, en 1875, « Une fille de pêcheur » a été dérobé par un soldat allemand à la fin de la Première Guerre mondiale. L’huile sur toile n’est réapparue que le 6 mars 2000 lorsque la galerie Koller à Zürich a décidé de la mettre en vente. A cette époque, Sotheby’s avait immédiatement prévenu le musée de la Chartreuse et refusé d’organiser la mise aux enchères. Une longue bataille juridique a alors commencé. Malgré deux dépôts de plaintes, déposées par le musée pour recel d’œuvres d’art, le tableau a continué de circuler entre les mains de galeristes américains et européens pendant 10 ans. En 2010, Interpol Washington et Corinne Hershkovitch, avocate française spécialisée dans la restitution d’œuvre d’art, se sont saisis de l’affaire et ont réussi à débloquer la situation.

180 tableaux, volés par l’armée allemande au même moment que celui de Jules Breton, sont toujours introuvables. A la suite de cette première restitution, la ville de Douai a décidé de les inscrire sur les bases d’Interpol et de l’OBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels).

artclair.com

 

source: artclair, patrimoine, les brèves [en ligne] http://www.artclair.com/site/archives/docs_article/90543/apres-10-ans-de-bataille-juridique-un-tableau-de-jules-breton-vole-en-1918-revient-en-france.php (page consultée le 17/10/2011)

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octobre 18, 2011   No Comments

Article « Courrier International »: Un colosse impossible à abattre

04.07.2011 | Alan Cowell | The New York Times

Les Allemands se demandent que faire d’un gigantesque bloc de béton planté au bord d’une belle plage de la Baltique. Lancé par Hitler, terminé par le régime communiste de l’Allemagne, c’est un souvenir bien encombrant, note le New York Times.

 

Allemagne : Le colosse de Prora, un symbole du IIIe Reich © DR

 

Trois ans avant le début de la Seconde Guerre mondiale, les lieutenants d’Adolf Hitler avaient lancé la construction, à Prora, sur l’île de Rügen, dans la Baltique, d’un énorme complexe de vacances destiné à récompenser les masses laborieuses du IIIe Reich. L’ensemble se composait de huit bâtiments identiques de cinq étages en béton armé, dotés de 10 000 chambres avec vue sur la mer, au bord d’une magnifique plage de sable de cinq kilomètres de long. De cet ouvrage désigné comme le “colosse de Prora”, il ne reste plus aujourd’hui que cinq bâtiments. Et l’Allemagne s’interroge : que faire de cette relique nazie trop grande et trop chargée de symboles pour être détruite mais trop énorme pour être utilisable ? De fait, les symboles sont multiples : par les hasards de l’Histoire, le “colosse “fut d’abord nazi, puis communiste.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, l’île s’est retrouvée sur le territoire de la RDA communiste, et les nouveaux maîtres ont repris le complexe pour loger les troupes de l’Armée rouge puis celles de la RDA [République démocratique allemande].
Pour Horst Schaumann, le maire de Binz, une ville voisine qui est un lieu de villégiature depuis la fin du XIXe siècle, les restaurateurs et les hôteliers songent quant à eux moins au passé quand ils réfléchissent à leur colossal voisin. “Il faut que la vie revienne à Prora, précise-t-il. Il faut qu’il y ait des gens qui vivent ici.”

Une auberge de jeunesse de 400 lits, “la plus grande d’Europe”, d’après lui, va donc ouvrir ses portes en juillet dans une partie du bloc n° 5. Des investisseurs allemands ont en outre obtenu l’autorisation de construire 3 000 logements et appartements de vacances dans les blocs n°s 1 et 3, plus au sud, ajoute M. Schaumann.

Si de grandes rénovations commencent vraiment, Prora va peut-être être saisie par le tourisme de masse que Hitler cherchait à créer, en moins spectaculaire toutefois. Cette éventualité met mal à l’aise ceux qui souhaitent entretenir la flamme du souvenir – parfois avec des priorités différentes.

“Nous pensons que ce site est un monument très important de l’histoire du IIIe Reich”, déclare Jürgen Rostock, qui dirige une exposition dans le bloc n° 4. “Il explique pourquoi les Allemands ont été séduits par le IIIe Reich. C’était un cadeau [au peuple].” Et aussi quelque chose de plus sinistre, ajoute-t-il. “Ce projet visait à conditionner les gens à faire la guerre.” Hitler était obsédé par la guerre et la domination, “et voulait que son peuple soit fort.”

Par ses dimensions, Prora fait jeu égal, en matière de legs embarrassant, avec le stade de Nuremberg où le parti nazi tenait ses meetings.

 

Clemens Klotz, photo: Hugo Erfurth. (Galerie Berinson, Berlin / Ubu Gallery, New York)

Hitler lui-même a été pris en photo avec Clemens Klotz, l’architecte qui a dessiné le site. Toutefois, le projet n’a jamais été à la hauteur du grandiose rêve nazi. La guerre a éclaté en 1939 et les travaux se sont arrêtés. Le complexe se dressait le long de la côte telle une phalange grise, ses bâtiments couverts d’un toit mais dépourvus de fenêtres et d’autres finitions. Il est resté dans cet état jusqu’à la partition de l’Allemagne en 1949 [en deux blocs antagonistes]. Ce sont les nouveaux maîtres communistes qui l’ont achevé et utilisé. Cette chronologie sous-tend le conflit entre ceux qui, comme M. Rostock, considèrent que Prora parle essentiellement du IIIe Reich et ceux qui jugent que, puisque les nazis ne s’en sont jamais servi, “Prora parle avant tout de l’Allemagne de l’Est.”

Si l’époque nazie paraît bien lointaine aux Allemands nés après la guerre, les baby-boomers de l’ancienne Allemagne de l’Est, qui ont grandi sous le régime communiste, n’aiment pas les comparaisons avec l’Allemagne nazie.

Parmi les dizaines de milliers d’Allemands qui se rendent sur le site chaque année, certains posent une question fondamentale : pourquoi ne pas le démolir, tout simplement ? Ingrid et Klaus Berlin, qui font le tour à vélo du bloc n° 1 délabré, ne sont pas d’accord sur la réponse.

C’est en voyant le complexe, que M. Berlin, 56 ans, a pris conscience avec fascination qu’un “homme peut manipuler les gens à ce point”. Mme Berlin, 55 ans, voit les choses différemment. “Pourquoi un si beau paysage reste-t-il défiguré par cet affligeant spectacle ?”

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La construction du complexe en 1937

HISTOIRE Le colosse de Prora.

Le colosse de Prora encombre l’Allemagne depuis des années. Comme l’indique The New York Times, il évoque des souvenirs à la fois douloureux et ambigus liés à l’Histoire, alors même que d’anciens ouvriers qui ont travaillé sur les bâtiments ont, aujourd’hui encore, leur ouvrage sous les yeux. Après la partition de l’Allemagne, le régime communiste de la RDA a permis aux citoyens de se déclarer en tant qu’objecteurs de conscience. En contrepartie, ces pacifistes étaient envoyés en service civique sur le chantier de construction de Prora.

Malgré ou à cause des controverses à son sujet, le colosse attire chaque année quelque 500 000 visiteurs. Un grand centre de documentation y est installé, qui retrace l’histoire du bâtiment et présente des expositions.

 

source: Courrier International, culture [en ligne]http://www.courrierinternational.com/article/2011/07/04/un-colosse-impossible-a-abattre (page consultée le 12/09/2011)

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septembre 13, 2011   No Comments

Article « TV5 Monde »: Une montagne bavaroise à l’ombre d’Adolf Hitler

BERCHTESGADEN (Allemagne) (AFP) – 12.09.2011 09:06

Soixante-six ans après sa mort, Adolf Hitler hante toujours une montagne bavaroise où les Allemands ne savent que faire des vestiges de sa maison; et certains n’en veulent ni comme curiosité touristique, ni comme mémorial.

Le Kehlsteinhaus, Nid d’Aigle , chalet construit par les Nazis et offert à Hitler pour son 50e anniversaire. AFP/Dokumentation Obersalzberg -

Soixante-six ans après sa mort, Adolf Hitler hante toujours une montagne bavaroise où les Allemands ne savent que faire des vestiges de sa maison; et certains n’en veulent ni comme curiosité touristique, ni comme mémorial.

Bombardée, dynamitée, déblayée à la pelleteuse, il ne reste pourtant pas grand chose du « Berghof », résidence favorite du Führer dans les Alpes bavaroises, qu’il fréquenta assidûment pendant plus de dix ans avant sa mort dans un bunker berlinois en 1945.

Les autorités se gardent bien d’en indiquer le chemin, et ce n’est qu’une fois sur place qu’on découvre, au détour d’une piste rocailleuse au milieu des sapins, un restant de mur gris engoncé dans la montagne, accompagné d’un panneau explicatif.

C’est le seul vestige d’une maison qu’on connaît surtout au travers de films amateurs, tournés sur la terrasse et qui montraient un Hitler souriant, accompagné de son amie Eva Braun, sur fond de paysage idyllique.

Situé à mi-hauteur de l’Oberzalsberg, montagne qui domine la petite ville de Berchtesgaden, à la frontière germano-autrichienne, l’endroit fut un lieu de villégiature pour GI’s avant le départ des Américains en 1995.

« Quand les Américains étaient là, on n’avait pas de problèmes, » affirme Ingrid Scharfenberg, 80 ans, qui dirige depuis la fin de la guerre la petite pension « Zum Türken » tout à côté du Berghof, et qui, aujourd’hui, s’accommode mal de la notoriété du voisinage.

« Les gens disent qu’ici c’est la montagne brune (Nazie) et que tout le monde à Berchtesgaden est nazi. Mais vous ne pouvez pas en vouloir à dix générations simplement parce que (Hitler) a vécu ici », lance-t-elle .

Centre de Documentation d’Obersalzberg qui présente une exposition sur Hitler et la dictature nazie. AFP/Dokumentation Obersalzberg

« Il n’y a pas de pèlerinages néo-nazis ici », assure pour sa part le directeur de l’office de tourisme Michael Griesser. »Les néo-nazis sont rares », affirme Axel Drecoll, 36 ans, l’historien responsable du Centre de Documentation d’Obersalzberg qui présente une exposition sur Hitler et la dictature nazie.

Il arrive qu’au Berghof « un petit nombre de personnes déposent en cachette des bougies et des fleurs à l’occasion de l’anniversaire, ou des gerbes pour commémorer la mort » du dictateur, ajoute-t-il. Mais celles-ci sont immédiatement ramassées et jetées par le gardien du Centre tout proche.

Si le chemin vers le Berghof demeure quasi confidentiel, il n’en est pas de même pour la route qui mène au « Nid d’Aigle », chalet construit par les Nazis sur le pic d’une montagne voisine et offert à Hitler pour son 50e anniversaire.

Par dizaines de milliers les touristes empruntent une route vertigineuse pour aller y boire une bière et admirer un paysage spectaculaire.

Pour certains, l’aura du dictateur empoisonne moins le Nid d’Aigle que le Berghof car Hitler, qui avait le vertige, y venait peu.

Afin d’éviter toute curiosité malsaine, l’Etat de Bavière a retiré du Nid d’Aigle, par hélicoptère, les quelques meubles d’époque qui s’y trouvaient encore.

Nombre d’historiens, dont Egon Johannes Greipl, chef de l’Office bavarois des monuments historiques, voudraient voir classés tous les sites nazis de la région.

« Il ne viendrait à l’idée de personne de démolir les ruines d’Olympie (Grèce) sous prétexte que tout est mieux présenté dans un Centre de documentation », affirme M. Greipl. « Il s’agit de témoignages originaux de l’Histoire » qui concernent « une période cruciale du fait des crimes nazis ».

M. Greipl juge incohérent que la Bavière ait inclus, secrètement, pendant des décennies ces endroits sur une liste de sites protégés avant de décider « pour raisons politiques » de les rayer de la carte.

« Attribuer un statut culturel particulier au Berghof » et autres ruines nazies, dont 12 kilomètres de bunkers et de tunnels sous la montagne, « servirait uniquement à encourager la mise en place d’une sorte de sentier de randonnée du national-socialisme », rétorque Walter Schön, responsable local du patrimoine et numéro deux au ministère bavarois de la Justice.

Charlotte Knobloch, responsable de la communauté juive de Munich, rejette également toute idée de classement.

« De toute façon il ne reste rien » du Berghof et il faut éviter d’en faire un but de pèlerinage néo-nazi, selon elle.

M. Drecoll, pour sa part, craint moins d’attirer des groupes d’extrême droite que de voir les sites se dévoyer en « Disneyland du nazisme » hors du contexte historique.

« Bien sûr il faut satisfaire la curiosité des touristes, mais sans tomber dans le sensationnalisme », dit-il. La vraie difficulté est d’éviter que « la recherche historique ne cède le pas au kitsch commercial ».

© 2011 AFP

 

Source: Tv5 Monde, information, culture et art de vivre [en ligne]http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Une-montagne-bavaroise-a-l-ombre-d-Adolf-Hitler.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.e238bc48ae4be2f625425260a3b1f342.8f1.xml#(page consultée le 12/09/2011)

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septembre 12, 2011   No Comments