Quand le patrimoine est source de controverses
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Article Culturebox : »En Syrie, 300 sites inestimables détruits par la guerre. »

Près de 300 sites d’une valeur estimable pour l’Humanité ont été détruits, endommagés ou pillés en trois ans de guerre en Syrie, s’alarme l’ONU en se basant sur des images satellitaires.

Le site archéologique d'Apamée aurait été largement pillé © MANUEL COHEN

Le site archéologique d’Apamée aurait été largement pillé © MANUEL COHEN

 

Terre de multiples civilisations, des Cananéens aux Ottomans, la Syrie regorgeait de trésors datant des époques romaine, mamelouk et byzantine, avec des mosquées, des églises et des châteaux croisés. Mais depuis que le pays a sombré dans un brutal conflit armé, ce riche patrimoine a été mis à sac par tous les belligérants -régime, rebelles, jihadistes- et même par les habitants.

« Des régions comme Alep, où les traces de peuplement remontent à 7.000 ans, Damas, le Krak des Chevaliers, Raqa et Palmyre ont subi d’importants dégâts », affirme l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (Unitar), en jugeant « alarmant » son constat. Grâce à son Programme opérationnel pour les applications satellitaires (Unosat), cet institut a analysé 18 zones, où il a repéré 24 sites détruits, 104 ayant subi des dégâts importants et 84 des dommages partiels tandis que 77 autres sont probablement ravagés.

 Milliers d’années perdues

C’est « triste pour la Syrie et pour le monde. L’Humanité est en train de perdre des milliers d’années de patrimoine », a affirmé à l’AFP Einar Bjorgo, le directeur de l’Unosat. Pour l’Unitar, il faut sans tarder « redoubler d’efforts pour sauver le plus possible cet important patrimoine de l’Humanité ».

Parmi les 18 zones citées, six sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco : les vieilles villes d’Alep (nord), de Bosra (sud) et de Damas (centre), les Villes mortes du nord, le Krak des Chevaliers (centre) et Palmyre (est).

Les images satellitaires montrent de manière irréfutable les ravages sur quatre sites. A Alep, l’ex-capitale économique de la Syrie, le minaret seljoukide de la Mosquée des Omeyyades datant du XIe siècle s’est effondré et le célèbre hôtel Carlton a été pulvérisé, laissant la place à un énorme cratère.

L’ONU ne désigne pas les responsables, mais selon Cheikhmous Ali, directeur de l’Association pour la protection de l’archéologie syrienne (Apsa), « chaque fois que régime et rebelles s’emparaient de la Mosquée, ils postaient un tireur embusqué dans le minaret qui finalement a été touché par un raid ». Il rappelle que le souk d’Alep, le plus grand couvert au monde, est aussi sérieusement endommagé.

Sites endommagés répertoriés

Dans l’oasis de Palmyre (Tadmor en arabe), célèbre pour sa colonnade romaine, les images montrent qu’une route a été ouverte par l’armée dans la nécropole, endommageant plusieurs tombeaux. « Longue de près de deux kilomètres, elle vise à faciliter le passage de chars. En tirant, les tanks positionnés tout près de la vallée des Tombeaux fragilisent les tours funéraires », souligne M. Ali, dont l’association, fondée en 2012, répertorie quotidiennement les dégâts.

A Raqa, bastion du groupe extrémiste Etat islamique (EI), une grande partie du mausolée soufi d’Ouwaiss al-Qarani et Ammar Ben Yasser a été détruit. Des ONG ont pointé du doigt l’EI qui considère la pensée soufie comme renégate.

Dans la région de Hassaka (nord-est), l’EI a détruit des statues assyriennes du 1er millénaire, d’après M. Ali. Et à Doura Europos, la « Pompéi du désert », « le site est devenu méconnaissable en raison du pillage », indique l’institut, images à l’appui. Des statues, des poteries et des perles byzantines y ont été subtilisées, selon Apsa.

En outre, Apamée (centre), joyau archéologique romain célèbre pour son cardo maximus (l’axe principal de la ville), a été largement pillé. Apsa y a répertorié 14.000 trous de fouilles sauvages, précisant que 18 mosaïques volées avaient été saisies au Liban. Selon l’association, des fouilles sauvages ont été également ont été aussi repérées à Mari, cité mésopotamienne dans le sud-est de Syrie.

« Une catastrophe »

Transformé en une position rebelle bombardée par le régime, le Krak des Chevaliers, imposant château croisé perché sur une colline près de Homs, a perdu quelques façades et toitures. L’ONU cite également le site d’Ebla (nord-ouest), un des plus anciens royaumes de la Syrie antique, où des tunnels ont été creusés sur le site selon Apsa.

« Le danger en Syrie est pire que ce qu’a connu l’Irak. Ici, les sites sont transformés en casernes militaires ou en champs de bataille », se désole M. Ali. Tandis que dans les Villes mortes, ce sont des « déplacés qui ont cassé des pierres anciennes pour se construire des maisons ». « C’est une catastrophe, une perte inestimable pour l’Humanité », conclut l’expert.

 

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « En Syrie, 300 sites inestimables détruits par la guerre » [En Ligne]http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/en-syrie-300-sites-inestimables-detruits-par-la-guerre-208177 (page consultée le 23/12/2014)

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décembre 23, 2014   No Comments

Article RFI : « Allemagne: le colosse de Prora enfin ouvert aux touristes? »

 

Quatre-vingt ans après le début de sa construction, le gigantesque complexe de cinq kilomètres de long édifié par les Nazis au bord de la mer Baltique pour le tourisme de masse pourrait bientôt accueillir des vacanciers. Une évolution qui suscite des débats.

Le colosse de Prora, bâtiment datant du IIIe Reich, station balnéaire de l'île de Rungen, au nord-est de l'Allemagne, sur les rives de la mer Baltique.

Le colosse de Prora, bâtiment datant du IIIe Reich, station balnéaire de l’île de Rungen, au nord-est de l’Allemagne, sur les rives de la mer Baltique.

Vingt mille personnes devaient pouvoir y séjourner. Huit mille chambres, toutes avec vue sur la mer et la plage de sable fin de l’île de Rügen, devaient les accueillir. Cette immense barre typique de l’architecture monumentale et dépouillée du IIIe Reich n’avait rien de glamour. Les chambres étaient de taille modeste – 2,5 x 5 mètres – avec deux lits, un canapé et un lavabo, sans oublier un haut-parleur pour la diffusion de la propagande du régime à commencer par les discours du Führer.

Le reste des activités dans un régime totalitaire devait se dérouler en groupe qu’il s’agisse de la restauration, des cinémas et autres lieux culturels et de loisirs, sans compter les plaisirs balnéaires. Pour desservir ce complexe gigantesque, une gare devait être aménagée.

Un bâtiment sulfureux peu à peu abandonné

Les travaux à Prora commencent en 1936 et vont durer jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale avec l’achèvement du gros œuvre. Mais le régime nazi qui régentait tout en détail, y compris les loisirs et les vacances des Allemands, a alors d’autres priorités. La main d’œuvre est nécessaire sur le front. Et les moyens financiers et matériels sont mis au service de l’effort de guerre. « Le colosse de Prora » devra attendre des jours meilleurs, en clair la fin de la guerre pour être achevé. Seuls des soldats y seront soignés avant 1945 dans un tronçon aménagé à cette fin.

L’île de Rügen se trouve dans la partie de l’Allemagne occupée ensuite par les forces soviétiques puis en RDA. L’Allemagne de l’Est communiste achève d’aménager certaines parties du complexe interdit d’accès pour y abriter des casernes. Cette utilisation prend fin avec la chute du mur et le colosse se retrouve à l’abandon. Cet héritage sulfureux comme la taille énorme du bâtiment, dont la rénovation demanderait des investissements considérables, explique l’absence de toute décision depuis ces lustres. Les responsables locaux ne s’empressent pas pour s’emparer du dossier. En l’an 2000, un centre de documentation historique s’installe sur place pour informer sur ce complexe géant et son passé. En 2011, une auberge de jeunesse ouvre ses portes.

Du tourisme au détriment de la mémoire?

Finalement, les pouvoirs publics vendent peu à peu les différentes parties du colosse classé monument historique, abandonnant plus ou moins la main sur son avenir. Différents investisseurs qui ont repris les « blocs » du complexe de Prora veulent en faire des appartements qui seront mis en vente ou bien transformer les anciennes chambres du IIIe Reich en hôtels chics. Sur une île où le tourisme s’est beaucoup développé depuis la chute du mur de Berlin, un tel développement peut sans aucun doute répondre à une demande de villégiatures toujours plus élevée.

Reste les états d’âme de ceux qui ne souhaitent pas que l’histoire de Prora passe à l’arrière-plan. Une utilisation purement commerciale et le réaménagement intérieur des bâtiments comme celui des façades constituent à leurs yeux une évolution dangereuse trahissant le passé.

source: RFI, Monde, Europe, « Allemagne: le colosse de Prora enfin ouvert aux touristes? » [En Ligne] http://www.rfi.fr/europe/20141217-allemagne-colosse-prora-troisi%C3%A8me-reich-nazi-tourisme-histoire-seconde-guerre-mondiale/(page consultée le 18/12/2014)

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décembre 18, 2014   No Comments

Nouvelles Inscriptions sur la Liste représentation du patrimoine immatériel.

Au cours de cette session, qui s’est réunit jusqu’au 28 novembre, le Comité de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a inscrit au total 34 éléments sur la Liste représentative, ce qui porte à 314 le nombre d’éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel. La Liste représentative est composée des expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel et qui font prendre davantage conscience de son importance. A cette liste s’ajoute la Liste de sauvegarde urgente qui  recense les éléments de ce patrimoine vivant particulièrement fragiles ou en péril dont la sauvegarde est considérée une question d’urgence. Cette année trois pratiques ont été ajoutées à cette dernière. Il s’agit de :

La danse Isukuti des communautés Isukha et Idakho de l’ouest du Kenya – Kenya

La danse Isukuti est une danse de célébration traditionnelle pratiquée par les communautés Isukha et Idakho de l’ouest du Kenya. C’est une danse au rythme rapide, énergique et passionnée, accompagnée par des tambours et des chants. Vecteur essentiel de transmission culturelle et de coexistence harmonieuse entre familles et communautés, elle accompagne la plupart des occasions et des étapes de la vie. La transmission de la danse Isukuti et la fréquence des pratiques sont en net recul. De nombreux danseurs sont âgés et manquent de successeurs. Beaucoup préfèrent aujourd’hui des spectacles contemporains aux danses traditionnelles Isukuti.

La cérémonie de purification des garçons chez les Lango du centre-nord de l’Ouganda- Ouganda

La cérémonie de purification des garçons, pratiquée chez les Lango du centre-nord de l’Ouganda, est un rituel de guérison des garçons supposés avoir perdu leur masculinité. La mère et l’enfant restent à la maison pendant trois jours et sont soumis à une série de rituels associant la famille pour purifier l’enfant, favoriser la réconciliation et restaurer son statut social. De nombreux praticiens sont âgés et la pratique est de plus en plus tenue secrète par crainte d’une excommunication

La tradition orale Mapoyo et ses points de référence symboliques dans leur territoire ancestral- Venezuela (République bolivarienne du)

La tradition orale des Mapoyos et ses points de référence symboliques sur le territoire ancestral englobent un corpus narratif constituant la mémoire collective du peuple mapoyo. Elle est symboliquement et indissolublement liée à un certain nombre de sites le long de l’Orénoque en Guyane vénézuélienne. Les détenteurs de la tradition relatent les récits pendant leurs activités quotidiennes, renforçant l’identification de la communauté. La transmission est désormais menacée par l’émigration, l’expansion des industries minières et le déclin de la langue mapoyo.

Les inscriptions sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel sont les suivantes :

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l’oasis de Djanet, Algérie

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont pratiqués par deux communautés qui vivent à Djanet le premier mois du calendrier lunaire musulman. Des danseurs et des chanteuses s’affrontent pour représenter leur communauté lors d’une compétition qui se déroule sur neuf jours. Une fois sélectionnés, les danseurs forment un cercle rituel en faisant cliqueter leurs épées tandis que les femmes chantent des chants traditionnels au rythme des tambourins. Le rituel conjure symboliquement les éventuels actes de violence entre communautés en transposant cette violence dans le domaine de la compétition artistique.

Le lavash : préparation, signification et aspect du pain arménien traditionnel en tant qu’expression culturelle – Arménie

Le lavash est un pain fin traditionnel qui fait partie intégrante de la cuisine arménienne. Sa préparation exige beaucoup d’efforts, de la coordination et un savoir-faire spécial, et renforce les liens familiaux, communautaires et sociaux. Les femmes travaillent en groupes pour préparer le lavash, qui est fréquemment servi enroulé autour de fromages locaux, de légumes ou de viandes. Il exerce une fonction rituelle lors des mariages, où il est placé sur les épaules des jeunes mariés afin de leur souhaiter fertilité et prospérité. Les hommes interviennent également dans la fabrication des outils et la construction des fours.

L’art et le symbolisme traditionnels du kelaghayi, fabrication et port de foulards en soie pour les femmes – Azerbaïdjan

La fabrication du kelaghayi comprend le tissage de l’étoffe, sa teinture et sa décoration à l’aide de blocs de bois. Les tisserands choisissent de fins fils de soie pour produire des étoffes carrées. Les couleurs des foulards ont une signification symbolique souvent liée à des occasions sociales : mariages, cérémonies funéraires, célébrations et activités quotidiennes. La fabrication et le port du kelaghayi, expression de l’identité culturelle ainsi que des traditions religieuses et symbole de cohésion sociale, renforcent le rôle des femmes et l’unité culturelle de la société azerbaïdjanaise.

Pujillay et Ayarichi : musiques et danses de la culture yampara – Bolivie (État plurinational de)

Le Pujillay et l’Ayarichi sont des formes musico-chorégraphiques complémentaires de la culture yampara. Le Pujillay est exécuté au cours d’un rituel qui célèbre le renouveau de la vie et l’abondance amenée par la saison des pluies ; l’Ayarichi est exécuté pendant la saison sèche, lors de fêtes dédiées aux différents saints catholiques. Ces pratiques culturelles représentent un moyen privilégié de communiquer avec la nature. Elles mobilisent de vastes réseaux communautaires, notamment les enfants qui apprennent les connaissances et les savoir-faire associés par le biais des jeux collectifs et l’observation. 

La broderie de Zmijanje – Bosnie-Herzégovine

La broderie de Zmijanje fait appel à une technique spécifique pratiquée par les femmes des villages de Zmijanje, en Bosnie-Herzégovine. Traditionnellement, la broderie de Zmijanje sert à décorer les tenues portées par les femmes ainsi que les textiles de maison, comme les robes de mariée, les foulards, les robes et le linge de lit. On utilise un fil bleu foncé pour broder de riches motifs géométriques improvisés ; les variations de ces motifs déterminent le statut social des femmes du village. Cette broderie est généralement faite par des groupes de femmes qui se consacrent à leurs travaux d’aiguille tout en chantant et en discutant.

Le cercle de capoeira – Brésil

La capoeira est une pratique culturelle afro-brésilienne, à la fois un combat et une danse, qui promeut le respect mutuel et la cohésion sociale. Les participants forment un cercle au centre duquel deux d’entre eux s’affrontent. Les mouvements exécutés exigent une grande souplesse du corps. Les autres participants, situés autour du cercle, chantent, tapent des mains et jouent d’instruments à percussion. Les cercles de capoeira sont constitués d’un maître, d’un contremaître et de disciples. Le maître est le gardien des connaissances contenues dans le cercle et transmises aux autres participants par le biais de l’observation et de l’imitation.

Tchiprovski kilimi (tapis de Tchiprovtsi) – Bulgarie

Les kilimi sont des tapis tissés à la main par les femmes de Tchiprovtsi. Les tisseuses utilisent des métiers à tisser manuels verticaux pour produire des tapisseries traditionnellement utilisées comme revêtement de sol. Le processus de transmission se fait de mère et grand-mère en fille et petite-fille, souvent lors du travail collectif sur de grands tapis. Les hommes de la ville s’occupent généralement de la production, du traitement et de la teinture de la laine. Les tapis sont renommés pour leur composition, leurs motifs ornementaux et leurs couleurs.

La danse rituelle au tambour royal- Burundi

La danse rituelle au tambour royal associe le son du battement des tambours, puissant et synchronisé, à des danses, de la poésie héroïque et des chants traditionnels. Cette danse exige au moins une dizaine de tambours, toujours en nombre impair, disposés en demi-cercle autour d’un tambour central. Deux ou trois tambourinaires exécutent des danses au rythme des tambours. La danse rituelle est un cadre de transmission de messages culturels, politiques et sociaux, ainsi qu’un moyen privilégié de réunir des personnes de générations et d’origines diverses, encourageant ainsi l’unité et la cohésion sociale.

Baile Chino – Chili

Les bailes chinos sont des confréries de musiciens qui expriment leur foi à travers la musique, la danse et le chant. Exécutées principalement par des hommes, les danses se caractérisent par des sauts et des mouvements de flexion des jambes, au rythme des flûtes et des percussions. Les distiques chantés racontent des histoires sacrées et abordent des sujets religieux tandis qu’un percussionniste dirige la chorégraphie et contrôle le tempo de la musique. Les confréries constituent un modèle d’intégration sociale et de cohésion auquel adhère la quasi-totalité de la communauté locale.

La tradition du sauna à fumée dans le comté de Võru – Estonie

 La tradition du sauna à fumée occupe une place importante dans la vie quotidienne de la communauté võro, en Estonie. Elle comprend un ensemble de traditions dont les coutumes du bain proprement dit, la fabrication des fouets pour le bain, la construction et la réparation des saunas et le fumage de la viande dans le sauna. Généralement pratiquée le samedi, mais aussi avant des fêtes ou des événements familiaux importants, c’est avant tout une coutume familiale dont la principale fonction est de détendre le corps et l’esprit. Les familles s’accueillent les unes les autres, à tour de rôle.

La kopatchkata, danse communautaire du village de Dramtche, Pianets – ex-République yougoslave de Macédoine

La kopatchkata est une danse communautaire dynamique et énergique qu’exécutent les résidents du village de Dramtche, dans la région de Pianets. Elle se danse en demi-cercle lors des mariages, des rassemblements publics et des fêtes religieuses. La danse débute par un mouvement de marche lente avant d’enchaîner sur de petits pas rapides qui s’accélèrent, suivi d’un martèlement du sol. Pour le public local, la danse kopatchkata représente un symbole d’identité culturelle, non seulement pour la communauté du village de Dramtche, mais aussi pour toute la région de Pianets.

Le gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l’identité guadeloupéenne – France

 Le gwoka est l’un des éléments les plus emblématiques de la société guadeloupéenne. Il combine le chant responsorial en créole guadeloupéen, les rythmes joués aux tambours ka et la danse. Le gwoka associe ces trois domaines d’expression en valorisant les qualités individuelles d’improvisation. Les participants et le public forment un cercle dans lequel les danseurs et le soliste entrent à tour de rôle, en faisant face aux tambours. Le gwoka renforce l’identité et procure un sentiment de valorisation collective et de fierté individuelle, en portant des valeurs de convivialité, de résistance et de dignité.

Le savoir-faire de la culture du mastiha à l’île de Chios – Grèce

Le mastiha, résine aromatique extraite de l’arbuste pistacia lentiscus, est cultivé sur l’île de Chios. La culture traditionnelle du mastiha est une occupation familiale : les hommes s’occupent de la fertilisation naturelle et de l’élagage des branches en hiver, et les femmes préparent le sol autour du tronc en été, avant de recueillir les larmes de mastiha. La culture du mastiha représente un fait social global, autour duquel se sont tissés des réseaux d’entraide et d’alliance.

La fabrication artisanale traditionnelle d’ustensiles en laiton et en cuivre des Thatheras de Jandiala Guru, Penjab – Inde

L’artisanat des Thatheras de Jandiala Guru correspond à la technique traditionnelle de fabrication des ustensiles en laiton et en cuivre au Penjab. Le processus commence par l’approvisionnement en lingots de métal qui sont aplatis jusqu’à obtenir des plaques fines. Celles-ci sont ensuite martelées pour leur donner une forme incurvée. La fabrication des ustensiles s’achève avec le polissage, effectué à la main, à l’aide de sable et de jus de tamarin. Les ustensiles fabriqués remplissent des fonctions rituelles ou utilitaires et sont destinés à l’usage individuel ou communautaire lors d’occasions spéciales, telles que les mariages, ou dans les temples. Le processus de fabrication est transmis par voie orale de père en fils.

La pratique agricole traditionnelle de la culture de la « vite ad alberello » (taille de la vigne en gobelet) de la communauté de Pantelleria -Italie

La pratique traditionnelle de la culture de la vigne taillée en gobelet se transmet depuis des générations dans les familles de viticulteurs et de fermiers de l’île de Pantelleria. La technique comporte plusieurs phases, qui sont la préparation du sol, la plantation de la vigne, la taille du sarment et enfin la récolte des raisins. Les connaissances et les compétences des détenteurs et des praticiens sont transmises au sein des familles, oralement dans le dialecte local et par la pratique. Les rituels et les fêtes organisés entre juillet et septembre permettent à la communauté locale de partager cette pratique sociale.

Le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais – Japon

Le savoir-faire traditionnel de la fabrication du papier artisanal, ou washi, est pratiqué dans trois communautés du Japon. Ce papier est fabriqué à partir des fibres du mûrier à papier et utilisé pour la correspondance et la fabrication de livres, mais aussi pour la réalisation de panneaux shoji en papier, de cloisons de séparation et de portes coulissantes. Les familles et leurs employés travaillent sous la direction de maîtres, qui ont hérité les techniques de leurs parents. Les communautés jouent différents rôles dans le maintien de la viabilité de ce savoir-faire, allant de la culture du mûrier à l’enseignement des techniques, en passant par la création de nouveaux produits.

L’art traditionnel kazakh du dombra kuï – Kazakhstan

L’art du dombra kuï désigne une composition jouée en solo sur un instrument de musique traditionnel en forme de poire, à deux cordes pincées et à long manche. Cette musique entend relier les gens avec leurs racines et leurs traditions, grâce à des morceaux classiques et improvisés. Elle est jouée lors des réunions familiales et communautaires et s’accompagne généralement d’histoires et de légendes. Elle joue un rôle important dans le renforcement de la cohésion sociale chez les Kazakhs, tout en leur conférant un sentiment d’identité et d’appartenance.

Connaissances et savoir-faire traditionnels liés à la fabrication des yourtes kirghizes et kazakhes (habitat nomade des peuples turciques) – Kazakhstan – Kirghizistan

La yourte est un type d’habitat nomade des peuples kazakhs et kirghizes. Elle se compose d’une ossature en bois de forme circulaire recouverte de feutre et assemblée à l’aide de cordes ; elle est facile à monter et à démonter. Les ossatures en bois sont fabriquées par les hommes et leurs élèves, tandis que les femmes s’occupent de la décoration intérieure et de la couverture extérieure, ornées de motifs traditionnels zoomorphiques, végétaux ou géométriques. Toutes les festivités se déroulent dans une yourte, qui reste le symbole de la famille et de l’hospitalité traditionnelle, fondamentales pour l’identité des peuples kazakhs et kirghizes.

Al-Zajal, poésie déclamée ou chantée – Liban

Al-Zajal est une forme de poésie populaire libanaise déclamée ou chantée lors de célébrations sociales et familiales et au quotidien. Lors des joutes poétiques, les troupes de poètes récitent des couplets, souvent sous la forme de défis, face à un public diversifié, au rythme du tambourin et de la derbouka. Ces échanges verbaux évoquent la beauté du Liban et l’importance de la tolérance et du dialogue entre les communautés et les religions. Les joutes poétiques servent de soupape de sécurité et aident à résoudre les conflits et à renforcer la cohésion sociale.

La tchopa, danse sacrificielle des Lomwe du sud du Malawi – Malawi

La danse tchopa est pratiquée dans les communautés lomwe du sud-est du Malawi. Cette danse est généralement exécutée lors de fêtes après de bonnes récoltes et des expéditions de chasse réussies, ainsi qu’au cours d’offrandes aux esprits ancestraux après des catastrophes telles que des sécheresses et des épidémies. Les connaissances et les savoir-faire liés à cette danse sont transmis lors des séances de pratique et d’exécutions occasionnelles. La tchopa renforce la cohésion sociale des communautés lomwe puisque ses membres s’entraident en cas de besoin, par exemple en cas de maladie ou de deuil, et participent aux travaux communautaires dans les champs.

La sortie des masques et marionnettes de Markala – Mali

La sortie des masques et marionnettes est une fête rituelle pratiquée par les communautés de Markala. Pendant la saison sèche, les jeunes néophytes participent à des rites qui ont lieu dans un bois sacré au bord du fleuve Niger et qui se caractérisent par des danses avec des masques et des marionnettes. Chacun des masques et marionnettes symbolise le lien sacré entre l’homme et la nature, à travers la représentation d’un animal particulier incarnant des vertus spécifiques de la société. Ce rite illustre la cohésion, le dialogue, la tolérance et la continuité des identités culturelles plurielles des communautés de Markala et des villages voisins.

Maroc – Les pratiques et savoir-faire liés à l’arganier

Les femmes et, dans une moindre mesure, les hommes vivant dans les zones rurales de la Réserve de Biosphère de l’Arganeraie marocaine utilisent des méthodes traditionnelles pour extraire l’huile du fruit de l’arganier. Cette huile trouve de nombreux usages dans l’alimentation, la médecine et la cosmétique, et on l’offre comme cadeau de mariage. La culture de l’arganier, l’extraction de l’huile, la préparation des recettes et des produits dérivés, et la confection des outils artisanaux nécessaires à ces différentes tâches s’apprennent par voie d’imitation et par l’apprentissage non formel.

Le séga mauricien traditionnel – Maurice

Le séga mauricien traditionnel est un art du spectacle emblématique de la communauté créole. Chaque soliste improvise des paroles, tandis qu’un tambour, une boîte-hochet et un triangle donnent le tempo et produisent le rythme typique. Les danseurs bougent les hanches et les mains, en faisant des petits pas pour évoluer les uns autour des autres. Les praticiens transmettent leurs connaissances de façon aussi bien formelle qu’informelle par la participation et l’imitation. Le séga peut être dansé par tous les membres de la communauté et contribue à unifier différents groupes autour d’un patrimoine mauricien partagé.

Le tir aux osselets mongol – Mongolie

Le tir aux osselets est un jeu populaire mongol qui se joue en équipe. Les équipes sont composées de six à huit joueurs qui envoient trente petites tablettes de marbre ressemblant à des dominos sur une surface en bois plane, vers une cible composée d’osselets de mouton, en essayant de les faire tomber dans une zone donnée. Chaque joueur possède ses propres outils et instruments de tir, et porte un costume décoré d’ornements spécifiques en fonction de son rang et de son mérite. Cette tradition favorise l’interaction entre des équipiers venant de différents horizons ainsi que le respect des anciens et le respect mutuel tout en renforçant la cohésion sociale.

Pratiques et expressions de la parenté à plaisanterie au Niger – Niger

La parenté à plaisanterie est une pratique sociale qui s’exerce pour réguler les rapports sociaux et apaiser les tensions entre des personnes appartenant à différentes communautés ethnolinguistiques. Les membres ont le devoir de se dire la vérité, de plaisanter et de jouer ensemble, et de mutualiser leurs biens respectifs, en sachant que tout différend doit se régler de manière pacifique. Transmise de manière informelle de génération en génération, la parenté à plaisanterie est un outil de réconciliation et de pacification qui favorise la cohésion et la stabilité des familles, des groupes ethniques et des communautés.

Al-Ayyala, un art traditionnel du spectacle dans le Sultanat d’Oman et aux Émirats arabes unis – Oman – Émirats arabes unis

Al-Ayyala est une pratique culturelle populaire qui a lieu à Oman et aux Émirats arabes unis lors des mariages et des festivités religieuses et nationales. Elle mêle la poésie chantée, la musique des tambours et la danse, et simule une bataille. Deux rangées d’hommes tenant des cannes en bambou se font face. Ils entonnent des chants poétiques tout en agitant leur tête et leurs bâtons, pendant que d’autres se déplacent entre les rangées en tenant des épées ou des fusils qu’ils lancent en l’air et rattrapent. L’interprète principal a généralement hérité de son rôle et il est chargé de former les autres praticiens.

L’askiya, l’art de la plaisanterie – – Ouzbékistan

L’askiya est un genre de l’art oratoire populaire ouzbèke qui prend la forme d’un dialogue entre deux participants ou plus qui échangent des mots d’esprit sur un thème particulier. Les détenteurs et les praticiens, essentiellement des hommes, doivent maîtriser les particularités de la langue ouzbèke, et savoir improviser et raisonner habilement et rapidement, en utilisant l’humour et la plaisanterie. Les dialogues, bien que sous forme de plaisanterie, jouent un rôle inestimable pour sensibiliser aux tendances et aux événements sociaux et attirer l’attention sur des questions importantes, par l’observation attentive de la vie quotidienne.

La fête de la Virgen de la Candelaria de Puno – Pérou

La fête de la Virgen de la Candelaria, célébrée chaque année en février dans la ville de Puno, trouve son origine dans les traditions catholiques et les éléments symboliques de la vision andine du monde des groupes ethniques locaux, les Quechua et les Aymara. La célébration d’un acte liturgique précède la procession religieuse au cours de laquelle une image de la Vierge est transportée dans les rues de la ville. Les connaissances traditionnelles et les savoir-faire liés à la danse, à la musique et à la confection de masques sont transmis aux jeunes générations lors des répétitions ainsi que dans les ateliers par trois fédérations de praticiens.

Le cante alentejano, chant polyphonique de l’Alentejo (sud du Portugal)- Portugal

Le cante alentejano est un genre de chant traditionnel en deux parties pratiqué par des chorales amateurs dans le sud du Portugal. Il se distingue par ses mélodies, ses paroles et son style vocal, et se pratique sans accompagnement musical. Un vaste répertoire de poèmes traditionnels accompagne des mélodies existantes ou récemment composées, dont les paroles portent sur des thèmes traditionnels et contemporains. Il imprègne les rassemblements organisés dans des lieux publics aussi bien que privés, renforçant le dialogue entre les générations, les sexes et les individus de différents milieux, et contribuant ainsi à la cohésion sociale.

Le nongak, groupes de musique, danse et rituels communautaires de la République de Corée – République de Corée

Le nongak est un art du spectacle populaire très pratiqué dans la République de Corée ; il combine une troupe de percussionnistes, des défilés, des danses, du théâtre et des prouesses acrobatiques. Il est pratiqué pour apaiser les dieux, prier pour obtenir de bonnes récoltes au printemps, célébrer les récoltes lors des festivals d’automne, et obtenir des fonds pour des projets communautaires, contribuer à favoriser la solidarité et la coopération et à véhiculer un sentiment d’identité partagée. Le public se familiarise avec le nongak en l’observant et en y participant ; les groupes communautaires et les établissements d’enseignement jouent, quant à eux, un rôle important dans sa transmission.

Le chant traditionnel Arirang dans la République populaire démocratique de Corée – République populaire démocratique de Corée

L’Arirang est un style de chant lyrique populaire pratiqué à différentes occasions dans le cadre familial, amical et communautaire, ainsi que lors de manifestations publiques et de festivités. Transmis et recréé oralement, il existe sous différentes formes traditionnelles ainsi que sous la forme d’arrangements symphoniques et modernes. Le chant Arirang se compose traditionnellement d’une mélodie douce et lyrique et aborde les thèmes de la séparation et de la rencontre, du chagrin, de la joie et du bonheur. Il renforce les relations sociales et contribue par là au respect mutuel et au développement social pacifique.

La Slava, célébration de la fête du saint patron de la famille – Serbie

En Serbie, les familles chrétiennes orthodoxes et leurs voisins et amis célèbrent une fête en l’honneur du saint patron, la Slava. On allume un cierge spécial dans la maison et on verse du vin sur le gâteau de la Slava avant de l’inciser en croix, de le faire tourner en l’élevant et de le découper en quatre morceaux. Les femmes jouent un rôle important dans la transmission des connaissances dans la famille concernant l’exécution des rituels, leur signification et leur but. Le repas de la Slava renforce les relations sociales et encourage le dialogue dans les régions multiethniques et multiconfessionnelles.

Ebru, l’art turc du papier marbré – Turquie

L’Ebru est l’art traditionnel turc qui consiste à créer des motifs colorés en appliquant des pigments de couleur au goutte-à-goutte ou au pinceau sur de l’eau à laquelle on a ajouté des substances grasses dans un récipient, puis à transférer ce motif sur du papier. L’art du papier marbré est couramment utilisé pour la décoration dans l’art traditionnel de la reliure. Les connaissances et les savoir-faire des artistes, des apprentis et des praticiens de l’Ebru sont transmis oralement et par la pratique dans le cadre de relations maîtres-apprentis. L’Ebru encourage le dialogue, renforce les liens sociaux et consolide les relations entre les individus et les communautés.

Les chants populaires ví et giặm de Nghệ Tĩnh – Viet Nam

Le ví et le giặm sont chantés par différentes communautés du centre-nord du Viet Nam. Les gens les chantent lorsqu’ils cultivent le riz dans les champs, lorsqu’ils rament en barque, ou encore lorsqu’ils fabriquent des chapeaux coniques ou bercent les enfants pour les endormir. Les textes mettent l’accent sur les vertus et les valeurs fondamentales telles que le respect des parents, la loyauté, l’attention aux autres et le dévouement, ainsi que l’importance de l’honnêteté et d’une bonne conduite. Chanter permet aux gens de rendre leurs conditions de travail moins pénibles, d’atténuer les épreuves de leur existence et d’exprimer les sentiments entre les hommes et les femmes.

Par ailleurs, la sauvegarde de la culture du carillon (Belgique) a été ajoutée au  Registre des meilleures pratiques de sauvegarde. Ce Registre permet aux États Parties, aux communautés et aux autres acteurs de partager des expériences de sauvegarde exemplaires et la manière dont ils ont relevé les défis rencontrés au cours de la transmission de leur patrimoine vivant.

Pour plus de renseignement consultée le site de l’UNESCO sur ce thème.

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décembre 5, 2014   No Comments

article UNESCOPRESS: « Ouverture de la neuvième session du Comité du patrimoine immatériel »

La neuvième session du Comité pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, présidée par José Manuel Rodríguez Cuadros (Pérou) s’est ouverte aujourd’hui à Paris en présence de 950 participants. Elle se poursuivra jusqu’au 28 novembre au Siège de l’UNESCO (Salle I).

© 2009 by Sangeet Natak AkademiLe sankirtana, chants rituels, tambours et danses du Manipur (Inde)

© 2009 by Sangeet Natak AkademiLe sankirtana, chants rituels, tambours et danses du Manipur (Inde)

Composé de 24 membres, le Comité veille à l’application de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui à ce jour compte 161 États parties.

Le patrimoine culturel immatériel englobe des pratiques culturelles vivantes telles que les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou encore les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

 « La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est ambitieuse, généreuse, et à maints égards, d’avant-garde. Elle reconnaît les communautés comme les acteurs principaux de l’identification et de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, et appelle tous ses États parties à mettre en pratique une véritable démocratie culturelle très prometteuse pour le devenir des sociétés, leur cohésion et leur développement durable », a déclaré Alfredo Pérez de Armiñán, Sous-Directeur général pour la culture à l’UNESCO.

De son côté, le président Rodríguez Cuadros s’est félicité de la « participation jamais égalée depuis la naissance de cette Convention, qui  démontre l’importance accordée à notre Convention au niveau national et international ».

À partir de mardi le Comité étudiera les demandes d’inscription sur les deux Listes du patrimoine immatériel : la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, et la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

La Liste de sauvegarde urgente recense les éléments de ce patrimoine vivant particulièrement fragiles ou en péril dont la sauvegarde est considérée une question d’urgence. Elle compte à ce jour 35 éléments inscrits et permet aux États parties à la Convention de mobiliser la coopération et l’assistance internationales nécessaires pour assurer la transmission de ces pratiques culturelles avec la participation des communautés concernées.

Les candidatures à la Liste de sauvegarde urgente que le Comité examinera sont :

·         Cambodge – Le kun Lbokkator

·         Éthiopie – La fête du Wirshato

·         Kenya – La danse Isukuti des communautés Isukha et Idakho de l’ouest du Kenya

·         Ouganda – La cérémonie de purification des garçons chez les Lango du centre-nord de l’Ouganda

·         Venezuela (République bolivarienne du) – La tradition orale Mapoyo et ses points de référence symboliques dans leur territoire ancestral

La Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité compte à ce jour 281 éléments inscrits. Elle vise à assurer une plus grande visibilité aux traditions et aux savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité.

Les candidatures à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité qui seront examinées sont :

·         Algérie – Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l’oasis de Djanet, Algérie

·         Arabie saoudite – L’Alardhah Alnajdiyah, danse, tambourinage et poème d’Arabie saoudite

·         Arménie – Le lavash : préparation, signification et aspect du pain arménien traditionnel en tant qu’expression culturelle

·         Azerbaïdjan – L’art et le symbolisme traditionnels du kelaghayi, fabrication et port de foulards en soie pour les femmes

·         Bangladesh – L’art traditionnel de la broderie Nakshi Kantha

·         Bolivie (État plurinational de) – Pujillay et Ayarichi : musiques et danses de la culture yampara

·         Bosnie-Herzégovine – La broderie de Zmijanje

·         Brésil – Le cercle de capoeira

·         Bulgarie – Tchiprovski kilimi (tapis de Tchiprovtsi)

·         Burundi – La danse rituelle au tambour royal

·         Chili – Baile Chino

·         Chine – Le Festival des torches de l’ethnie yi

·         Croatie, ex-République yougoslave de Macédoine, Serbie, Roumanie, République de Moldova, Turquie –  La fête du printemps : les festivités d’Hıdrellez ou de la Saint-Georges

·         Espagne – Tamboradas, rituels de battements de tambour

·         Estonie – La tradition du sauna à fumée dans le comté de Võru

·         ex-République yougoslave de Macédoine – La kopatchkata, danse communautaire du village de Dramtche, Pianets

·         France – Le gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l’identité guadeloupéenne

·         Grèce – Le savoir-faire de la culture du mastiha à l’île de Chios

·         Inde – La fabrication artisanale traditionnelle d’ustensiles en laiton et en cuivre des Thatheras de Jandiala Guru, Penjab, Inde

·         Iran (République islamique d’) – Bārān Khāhi, rituels d’appel de la pluie du village de Kaburān à Tafresh

·         Italie – La pratique agricole traditionnelle de la culture de la « vite ad alberello » (taille de la vigne en gobelet) de la communauté de Pantelleria

·         Japon – Le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais

·         Kazakhstan – L’art traditionnel kazakh du dombra kuï

·         Kazakhstan – Kirghizistan – Connaissances et savoir-faire traditionnels liés à la fabrication des yourtes kirghizes et kazakhes (habitat nomade des peuples turciques)

·         Liban –  Al-Zajal, poésie déclamée ou chantée

·         Malawi – La tchopa, danse sacrificielle des Lomwe du sud du Malawi

·         Mali – La sortie des masques et marionnettes de Markala

·         Maroc – Les pratiques et savoir-faire liés à l’arganier

·         Maurice – Le séga mauricien traditionnel

·         Mongolie – Le tir aux osselets mongol

·         Niger – Pratiques et expressions de la parenté à plaisanterie au Niger

·         Oman – Émirats arabes unis – Al-Ayyala, un art traditionnel du spectacle dans le Sultanat d’Oman et aux Émirats arabes unis

·         Ouzbékistan – L’askiya, l’art de la plaisanterie

·         Pérou – La fête de la Virgen de la Candelaria de Puno

·         Portugal – Le cante alentejano, chant polyphonique de l’Alentejo (sud du Portugal)

·         République de Corée – Le nongak, groupes de musique, danse et rituels communautaires de la République de Corée

·         République populaire démocratique de Corée – Le chant traditionnel Arirang dans la République populaire démocratique de Corée

·         Roumanie – Les processions au monastère de Moisei à l’occasion de la fête de sainte Marie la Grande

·         Serbie – La Slava, célébration de la fête du saint patron de la famille

·         Turquie – Ebru, l’art turc du papier marbré

·         Viet Nam – Les chants populaires ví et giặm de Nghệ Tĩnh

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Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Clr5mzSeLwQ

Kit d’information pour les médias

Plus d’informations http://www.unesco.org/culture/ich/fr/9COM

Les débats du Comité sont retransmis par audiocast :

Twitter : @unesco_fr

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, « Ouverture de la neuvième session du Comité du patrimoine immatériel. » [En ligne] http://www.unesco.org/new/fr/
media-services/single-view/news/opening_of_the_9th_session_of_intangible_cultural_
heritage_committee/#.VHb58TGG9NM
(pge consultée le 27/11/2014)

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novembre 27, 2014   No Comments

Article UNECOPRESS: « Appel à la mobilisation en faveur du patrimoine iraquien. »

Le patrimoine iraquien est gravement menacé et il y a urgence à le protéger. C’est ce qui est ressorti du colloque organisé à l’UNESCO le 29 septembre à l’initiative des Délégations de la France et de l’Iraq auprès de l’Organisation.

Intitulé « Le patrimoine iraquien en danger : comment le protéger ? », le colloque – ouvert par la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, Philippe Lalliot, Ambassadeur, Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO, et Mahmoud Al-Mullakhalaf, Ambassadeur, Délégué permanent d’Iraq auprès de l’UNESCO – a d’abord dressé un état des lieux du patrimoine culturel en Iraq avant d’envisager les différents moyens de le protéger.

Car il y a urgence. Des sites culturels iraquiens, comme la tombe du prophète Jonas à Mossoul ou des palais assyriens ainsi que des églises et d’autres monuments, ont été détruits et pillés et il est à craindre que les biens culturels illégalement acquis viennent alimenter le trafic illicite. Protéger ce patrimoine, même en temps de guerre, est un impératif fondamental ont insisté les participants.

« Nous pouvons éprouver des scrupules à dénoncer les crimes perpétrés contre le patrimoine alors que les pires horreurs sont commises contre les hommes. Quand les morts se comptent par dizaines de milliers, faut-il se préoccuper du nettoyage culturel ? Oui, certainement oui », a assuré Philippe Lalliot. « Car l’anéantissement du patrimoine qui porte l’identité d’un peuple et l’histoire d’un pays n’est pas un dommage collatéral ou secondaire dont nous pourrions nous accommoder. Il relève en effet de la même logique que l’anéantissement des hommes ».

Le conflit actuel, ont martelé les participants, est aussi une guerre contre la culture, et partant, contre l’identité de tout un peuple.

« Les patrimoines culturels islamique, chrétien, kurde, juif – entre autres – sont intentionnellement détruits ou attaqués dans ce qui apparaît très clairement comme une forme de nettoyage culturel », a mis en garde Irina Bokova. « Nous craignons l’ampleur du trafic illicite des biens culturels, dont l’Iraq n’a déjà que trop souffert au cours de la dernière décennie ».

S’il n’existe pas de statistiques sur l’ampleur de ce trafic, il est à redouter que beaucoup de statues et autres vestiges ne se trouvent déjà entre les mains de marchands d’art peu scrupuleux.

« Daesh [un des acronymes des groupes islamistes extrémistes en Iraq] fait des fouilles pour vendre (des objets) sur les places européennes et asiatiques par l’intermédiaire des pays alentours. Ces ventes financent le terrorisme », a déploré Qais Hussein Rashied, Directeur du musée de Bagdad, qui a précisé que certaines pièces inestimables, vieilles parfois de 2000 ans, ont d’ores et déjà quitté le pays.

« Protéger le patrimoine culturel iraquien doit faire partie intégrante des efforts réaliser pour consolider la paix », a assuré pour sa part Mahmoud Al-Mullakhalaf, qui a appelé tous les Etats signataires des Conventions de l’UNESCO, notamment la Convention de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, celle de 1970 sur le trafic illicite des biens culturels et celle sur 1972 sur le patrimoine mondial, « à lutter contre le terrorisme, le vaincre et nous aider à restaurer notre patrimoine ».

Face à l’ampleur de cette menace, une réponse concertée de la communauté internationale est cruciale. A cet égard, les participants ont salué les initiatives prises ces derniers mois par l’Organisation pour alerter sur la menace qui pèse sur le patrimoine iraquien et pour mobiliser la communauté internationale.

En collaboration avec les autorités iraquiennes, l’UNESCO a en effet appelé à la plus grande vigilance les principaux musées du monde, le marché de l’art, Interpol et d’autres organisations partenaires envers les objets pouvant provenir du pillage. L’Organisation a également partagé les informations pertinentes à sa disposition avec les Etats major engagées dans les frappes aériennes.

L’UNESCO a également appelé le Conseil de sécurité à adopter une résolution en vue d’interdire tout commerce des objets culturels iraquiens et syriens.

Le 17 juillet dernier, l’UNESCO a rassemblé au siège les principaux experts et partenaires pour le lancement d’un Plan d’action d’urgence pour la sauvegarde du patrimoine iraquien.

Enfin, plus récemment, le 22 septembre, la Directrice générale de l’UNESCO a pris part au Metropolitan Museum of Art de New York, au côté du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, à un événement intitulé Patrimoine en péril : l’Iraq et la Syrie destiné à mettre en avant les efforts consentis pour protéger et préserver le patrimoine culturel iraquien et syrien.

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, « Appel à la mobilisation en faveur du patrimoine iraquien » [En ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/a_call_to_save_iraqs_cultural_heritage/#.VC6Sevl_tNM (page consultée le 03/10/2014)

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octobre 3, 2014   No Comments

Article CultureBox : »Irak : « l’Etat islamique » détruit des sites historiques et vend des antiquités. »

Le groupe Etat islamique se livre à la destruction de sites historiques en Irak, tout en vendant des antiquités pour se financer, ont affirmé des experts et des diplomates au cours d’un colloque de l’Unesco sur le « patrimoine irakien en danger ».

Un véhicule explosé à Mossoul, avec en fond une mosquée de la ville irakienne © MUJAHED MOHAMMED / AFP

Un véhicule explosé à Mossoul, avec en fond une mosquée de la ville irakienne © MUJAHED MOHAMMED / AFP

« Nettoyage culturel »

« Le patrimoine irakien est en très grand danger. Nous pouvons éprouver des scrupules à dénoncer des crimes perpétrés contre le patrimoine, alors que les pires horreurs sont commises contre les hommes. Quand les morts se comptent par dizaines de milliers, faut-il se préoccuper du ‘nettoyage culturel’ ? Oui », a lancé Philippe Lalliot, ambassadeur de France délégué à l’Unesco, soulignant l’importance de la culture et du patrimoine pour la paix et le dialogue.

Le groupe Etat islamique, qui estime que les statues sont de l’idolâtrie, a ainsi dynamité de nombreuses églises et autres monuments, sanctuaires des patrimoines chrétiens, juifs ou musulmans, ont souligné de nombreux interlocuteurs.

Ainsi, la tombe du prophète Jonas et de nombreuses statues à Mossoul ou encore des palais assyriens dans les zones de l’EI ont été « dynamités ou détruits », ont expliqué le Dr Abdullah Khorseed Qader, directeur de l’Institut irakien pour la conservation des antiquités et du patrimoine à Erbil, et Qais Hussen Rashied, directeur du musée de Bagdad, ancien directeur du patrimoine et des antiquités.

Mafia et terrorisme

« Lutter contre le trafic, c’est lutter contre le terrorisme » et faire en sorte que « la contrebande n’alimente pas le trésor de guerre et l’armement des organisations terroristes », a expliqué M. Lalliot.

 « Il y a des mafias internationales qui s’occupent des vestiges et de tout ce qui a trait au patrimoine, qui informent Daesh (un des acronymes de l’Etat islamique) de ce qui peut être vendu. Il y a des intermédiaires mafieux », a souligné M. Rashied.

« Daesh fait des fouilles pour vendre (des objets) sur les places européennes et asiatiques par l’intermédiaire des pays alentours. Ces montants financent le terrorisme », a-t-il accusé, jugeant impossible de chiffrer l’ampleur de ce trafic ou les pertes pour son pays.

« On les coupe et on les vend. Des pièces sont inestimables… Certaines ont 2.000 ans, peuvent valoir très cher, mais comme il n’y a pas de marché réel, on ne peut dire combien ça vaut », a-t-il précisé.

« On n’a pas encore de statistiques car Daesh est encore là. Pour le moment, c’est du terrain conquis par Daesh, il faut attendre ou tout faire pour reprendre. On ne peut rien faire », a-t-il conclu.

Alerte aux Etats membres

La directrice générale de l’Unesco Irina Bokova a pour sa part « alerté l’ensemble des Etats membres, les principaux musées du monde et le marché de l’art » ainsi que tous les acteurs de répression du trafic, leur demandant « la plus extrême vigilance envers les objets qui pourraient venir du pillage en cours du patrimoine irakien ».

 « L’Unesco a appelé le Conseil de Sécurité (de l’ONU) à adopter une résolution d’interdiction préventive de tout commerce des objets culturels irakiens et syriens, pour lutter contre le trafic illicite », a-t-elle rappelé.

L’Unesco a « partagé les coordonnées et toutes les informations pertinentes avec les états-majors engagés dans des frappes aériennes » pour éviter de bombarder des sites historiques, a également indiqué Mme Bokova. Les autorités irakiennes en ont fait de même, soulignant qu’EI avait investi de nombreux palais ou sites pour s’en servir de bases.

source: Culture Box, actu, expositions, patrimoine, « Irak : « l’Etat islamique » détruit des sites historiques et vend des antiquités » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/
patrimoine/irak-letat-islamique-detruit-des-sites-historiques-et-vend-des-antiquites-190971
(page consultée le 30/09/2014)

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septembre 30, 2014   No Comments

Article RFI : »L’Unesco cherche à protéger le patrimoine culturel irakien. »

Par Grégoire Sauvage

C’est une guerre militaire, mais c’est aussi une guerre contre la culture que les jihadistes mènent en Irak. De nombreux édifices religieux et sites archéologiques sont systématiquement détruits par les islamistes. Comment protéger ce patrimoine vieux parfois de plusieurs millénaires? La question était au cœur d’un colloque qui se tenait ce lundi 29 septembre à Paris, au siège de l’Unesco. L’organisation onusienne tente de mobiliser la communauté internationale sur le sujet.

Photo prise en 2004 de la Mosquée Al Askari (ou Mosquée d'or) à Samarra, vue depuis la Mosquée Al Mutawakkil. Son dôme (IXème siècle) a été détruit par une bombe le 22 février 2006. Il était constitué de 72000 plaques d'or. © Alessandra Peruzzetto
Photo prise en 2004 de la Mosquée Al Askari (ou Mosquée d’or) à Samarra, vue depuis la Mosquée Al Mutawakkil. Son dôme (IXème siècle) a été détruit par une bombe le 22 février 2006. Il était constitué de 72000 plaques d’or.
© Alessandra Peruzzetto

C’est un cri d’alarme que lance Irina Bokova. La directrice de l’Unesco s’inquiète non seulement de la destruction du patrimoine irakien, mais aussi du trafic illicite de biens culturels, véritables menaces pour l’identité irakienne. « Je viens de lancer un appel au Conseil de sécurité pour protéger le patrimoine et adopter une interdiction internationale du trafic illicite d’objets culturels irakiens ».

Mais comment évaluer les dégâts et donc les besoins les plus urgents alors que des zones entières restent inaccessibles? Pour cela, les experts de l’organisation onusienne peuvent compter sur des informateurs locaux, mais aussi sur les données satellitaires, précise Philippe Lalliot, ambassadeur de la France auprès de l’Unesco. « On peut tout à fait utiliser des données satellitaires qui donnent des images très précises de l’état des sites et par comparaison entre les images que l’on avait il y a deux ou cinq ans avec celles qui remontent à quelques jours ou à quelques heures. Ainsi on peut mesurer l’ampleur des dégâts. La première chose à faire pour développer une action d’aide et ensuite de réhabilitation c’est de faire un inventaire très précis ».

Pour faire cet état des lieux qui pour le moment fait cruellement défaut, la France proposera une résolution au mois d’octobre prévoyant l’envoi d’une mission à Bagdad.

source: RFI, Culture , « L’Unesco cherche à protéger le patrimoine culturel irakien » [En ligne]
http://www.rfi.fr/culture/20140929-unesco-cherche-proteger-patrimoine-irakien/ (page consultée le 30/09/2014)

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septembre 30, 2014   No Comments

Article CultureBox : »Berlin : mobilisation pour sauver un pan du Mur menacé par les promoteurs. »

Entouré d’herbes folles, un pan du Mur de Berlin flanqué d’un bunker surplombe encore la Spree. Mais près de 25 ans après sa chute, ce témoignage du passé, situé dans un quartier en pleine rénovation, est menacé de disparaître.

Un pan du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Un pan du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Dans la frénésie qui a suivi le 9 novembre 1989, date de l’ouverture des frontières entre l’ex-Allemagne de l’Est et sa voisine de l’Ouest, les Berlinois se sont empressés de détruire le « Mur de la honte » qui les avait séparés pendant 28 ans.

Un quart de siècle plus tard, alors que les touristes se pressent sur les traces du Mur, grandit en Allemagne le sentiment qu’il faut préserver les derniers vestiges de l’édifice, ancien épicentre de la Guerre froide.

Accolé au Mur de Berlin, ce bunker servait de garage aux vedettes des garde-côtes est-allemands. © Tobias Schwarz / AFP

Accolé au Mur de Berlin, ce bunker servait de garage aux vedettes des garde-côtes est-allemands. © Tobias Schwarz / AFP

Le garage des vedettes des garde-côtes est-allemands, un vestige précieux.

Sur la rive sud de la Spree, la rivière qui serpente dans Berlin, un pan de Mur de 18 mètres de long, couvert de graffitis, surgit au bout d’un chemin, flanqué de lampes imposantes et de barrières hérissées de barbelés. Quelques pas plus loin, en contrebas, émerge le vestige le plus précieux pour les historiens : un bunker accolé au Mur, qui abritait 3 des 26 vedettes à bord desquelles les garde-côtes est-allemands patrouillaient à la recherche de fugitifs à la nage.

Semblant sortie d’un vieux James Bond, cette cave sombre et humide renferme encore un téléphone d’urgence remontant aux années 1960 et des gilets de sauvetage moisis accrochés aux murs.

Cet ensemble unique témoigne d’une époque où l’Allemagne de l’Est était prête à tuer ses propres citoyens plutôt que les laisser passer à l’Ouest. Il permet de comprendre comment la RDA « sécurisait » ses frontières, soulignent les historiens

L'installation d'un sans-logis, le long du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

L’installation d’un sans-logis, le long du Mur de Berlin, près de la Spree (août 2014) © Tobias Schwarz / AFP

Un quartier convoité par les promoteurs.

Il montre également qu’à Berlin, « la frontière n’était pas seulement faite de béton et de murs, mais aussi d’eau. Et pour préserver l’histoire, il faut des lieux comme celui-ci », explique Axel Klausmeier, directeur de la Fondation du Mur de Berlin.

Parmi les 138 Berlinois de l’Est qui sont morts en tentant de s’évader, selon des chiffres officiels débattus par les historiens, plusieurs s’étaient aventurés dans la Spree. Si l’on ajoute les fuyards de toute l’ex-RDA tués près du Rideau de fer, le nombre de victimes monte à 389 minimum.

Pourtant, après des décennies d’abandon, la Köpenicker Strasse voisine est devenue une rue très prisée des promoteurs, à la limite entre les quartiers de Mitte et Kreuzberg, et voit fleurir les projets d’immeubles de luxe avec vue sur l’eau.

La ville veut réaménager le quartier

La ville de Berlin voudrait nettoyer la zone, squattée par une communauté hétéroclite de campeurs sous tipis, pour y dessiner une piste cyclable et une route pour les livraisons et les services d’urgence.

Le projet a poussé l’historien de la culture Eberhard Elfert, 56 ans, à fonder un groupe de pression pour défendre les vestiges du Mur baptisé « Luise Nord » du nom du quartier d’avant-guerre Luisenstadt.

Depuis 2006, 37 millions d’euros d’argent public ont été dépensés pour mettre en valeur le tracé du Mur, qui court sur 160 kilomètres, rappelle Axel Klausmeier.

En même temps, « les responsables de la planification urbaine veulent effacer les traces du Mur. Cela n’a pas de sens », déplore Eberhard Elfert.

Aucune décision n’est encore prise, affirme la mairie

Selon Carsten Spallek, responsable de la construction à la mairie du quartier, aucune décision n’a encore été prise et un site internet a été créé pour recueillir les avis sur les projets d’aménagement. Il n’est pas certain que l’édifice soit légalement protégé, précise-t-il à l’AFP. Et même si c’est le cas, « cela ne garantit pas qu’il ne sera pas abattu », mais simplement qu’il faudra consulter l’office qui gère les monuments historiques.

Dans la capitale allemande, l’affaire rappelle la lutte autour de la célèbre East-Side Gallery, le plus long pan du Mur encore debout, recouvert d’oeuvres d’artistes. En 2013, un projet qui menaçait une partie de l’enceinte avait provoqué une vaste mobilisation, attirant même l’acteur et chanteur américain David Hasselhoff sur les lieux de son concert culte, donné en décembre 1989 près du Mur en train de s’effondrer.

 

source: Culturebox, Actu, Expositions, patrimoine, »Berlin : mobilisation pour sauver un pan du Mur menacé par les promoteurs. » [En Ligne]
http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/berlin-mobilisation-pour-sauver-un-pan-du-mur-menace-par-les-promoteurs-190903 (page consultée le 29/09/2014)

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septembre 29, 2014   No Comments

Article TV5 Monde : »L’Espagne rend un trésor inestimable d’art précolombien à la Colombie. »

Bogota (AFP) – 02.09.2014 06:18 – Par Lissy DE ABREU

Une figurine précolombienne, une des pièces du trésor remis par Madrid aux autorités colombiennes, et présenté le 1er septembre 2014 à Bogota afp.com - Luis Acosta

Une figurine précolombienne, une des pièces du trésor remis par Madrid aux autorités colombiennes, et présenté le 1er septembre 2014 à Bogota
afp.com – Luis Acosta

L’Espagne a rendu lundi à la Colombie près de 700 objets d’art précolombien, que les autorités espagnoles avaient découverts il y a plus de dix ans lors d’une saisie de drogue.

Vases ornés de visages, bols de céramique décorés de motifs géométriques aux tons ocres, instruments de musique, colliers, figurines… L’ensemble réunit des objets datant aussi bien de 1.400 avant J.C. que du 16e siècle.

La récupération de ces 691 trésors archéologiques a pour la Colombie « une valeur qu’il est très difficile de chiffrer. Ils viennent de plusieurs de nos cultures (indigènes), et les ramener au pays a pris des années », a déclaré la ministre des Affaires étrangères colombienne Maria Angela Holguin lors d’une présentation de 50 des objets.

Les objets, provenant de Calima, Narino, San Agustin, Quimbaya et Sinu, entre autres cultures précolombiennes, avaient été emportés hors de Colombie en 2001 avant d’être récupérés par les autorités espagnoles lors d’une saisie de drogue en 2003.

© 2014 AFP

source:  TV5 Monde, information, accueil information, culture/ art de vivre, « L’Espagne rend un trésor inestimable d’art précolombien à la Colombie » [En Ligne]
 http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-L-Espagne-rend-un-tresor-inestimable-d-art-precolombien-a-la-Colombie.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd
.urn.newsml.afp.com.20140902.c5bd791e.a333.48aa.948d.3f9c8b005485.xml# (page consultée le 02/09/2014)

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septembre 2, 2014   No Comments

Article CultureBox : »Le crâne d’Ataï, chef et rebelle kanak, va être restitué le 28 août. »

Le crâne d’Ataï, rebelle kanak décapité en 1878 en Nouvelle-Calédonie, va être restitué aux siens lors d’une cérémonie le 28 août prochain à Paris, a fait savoir mardi le ministère des Outre-mer.

Détail du crâne d'Ataï retrouvé en 2011 dans les réserves du Musée de l'Homme à Paris © Nouvelle-Calédonie 1ère

Détail du crâne d’Ataï retrouvé en 2011 dans les réserves du Musée de l’Homme à Paris © Nouvelle-Calédonie 1ère

Cette cérémonie doit se tenir au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), où cette relique était conservée. Y assisteront la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, la direction du Muséum ainsi que le Sénat coutumier kanak et des descendants du chef Ataï qui feront le déplacement.

Un engagement pris en 2013
Cette restitution s’inscrit dans la lignée de l’engagement de Jean-Marc Ayrault, pris lors d’un déplacement en Nouvelle-Calédonie comme Premier ministre fin juillet 2013, et après une rencontre avec le Sénat coutumier qui s’était emparé de ce sujet ultra-sensible.

Effigie du combat indépendantiste, Ataï a longtemps été l’objet de dissensions locales, le meurtre ayant été commis par un supplétif kanak, engagé aux côtés de l’armée française. Un processus de réconciliation entre clans devait être entamé avant d’envisager tout retour de cette relique sur le Caillou.

Un crâne « retrouvé » en 2011
En 2011, ce crâne, souvent considéré comme perdu, avait été « retrouvé » dans les réserves du Muséum, ce dernier faisant valoir qu’il n’avait « jamais disparu ».

Ataï avait mené une révolte
En 1878, soit 25 ans après la prise de possession de l’archipel par la France, le grand chef Ataï avait conduit, dans la région de La Foa, sur la côte ouest, une importante révolte contre l’administration coloniale, qui rognait de tous côtés les terres des tribus.

Pour mater la rébellion, qui fit plus d’un millier de morts kanak et quelque 200 chez les Européens, l’armée s’était adjointe des supplétifs kanak de Canala (Est), plus à l’aise sur le terrain. Le 1er septembre 1878, Ataï était tué par un auxiliaire kanak dénommé Ségou, puis décapité. Placée dans un bocal d’alcool phénique, sa tête fût ensuite expédiée en France.

source: Culturebox, Actu, Expositions, patrimoine, « Le crâne d’Ataï, chef et rebelle kanak, va être restitué le 28 août »[En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/le-crane-datai-chef-et-rebelle-kanak-va-etre-restitue-le-28-aout-161823 (page consultée le 26/08/2014)

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août 26, 2014   No Comments