Quand le patrimoine est source de controverses
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Nouvelles Inscriptions sur la Liste représentation du patrimoine immatériel.

Au cours de cette session, qui s’est réunit jusqu’au 28 novembre, le Comité de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a inscrit au total 34 éléments sur la Liste représentative, ce qui porte à 314 le nombre d’éléments inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel. La Liste représentative est composée des expressions qui démontrent la diversité du patrimoine immatériel et qui font prendre davantage conscience de son importance. A cette liste s’ajoute la Liste de sauvegarde urgente qui  recense les éléments de ce patrimoine vivant particulièrement fragiles ou en péril dont la sauvegarde est considérée une question d’urgence. Cette année trois pratiques ont été ajoutées à cette dernière. Il s’agit de :

La danse Isukuti des communautés Isukha et Idakho de l’ouest du Kenya – Kenya

La danse Isukuti est une danse de célébration traditionnelle pratiquée par les communautés Isukha et Idakho de l’ouest du Kenya. C’est une danse au rythme rapide, énergique et passionnée, accompagnée par des tambours et des chants. Vecteur essentiel de transmission culturelle et de coexistence harmonieuse entre familles et communautés, elle accompagne la plupart des occasions et des étapes de la vie. La transmission de la danse Isukuti et la fréquence des pratiques sont en net recul. De nombreux danseurs sont âgés et manquent de successeurs. Beaucoup préfèrent aujourd’hui des spectacles contemporains aux danses traditionnelles Isukuti.

La cérémonie de purification des garçons chez les Lango du centre-nord de l’Ouganda- Ouganda

La cérémonie de purification des garçons, pratiquée chez les Lango du centre-nord de l’Ouganda, est un rituel de guérison des garçons supposés avoir perdu leur masculinité. La mère et l’enfant restent à la maison pendant trois jours et sont soumis à une série de rituels associant la famille pour purifier l’enfant, favoriser la réconciliation et restaurer son statut social. De nombreux praticiens sont âgés et la pratique est de plus en plus tenue secrète par crainte d’une excommunication

La tradition orale Mapoyo et ses points de référence symboliques dans leur territoire ancestral- Venezuela (République bolivarienne du)

La tradition orale des Mapoyos et ses points de référence symboliques sur le territoire ancestral englobent un corpus narratif constituant la mémoire collective du peuple mapoyo. Elle est symboliquement et indissolublement liée à un certain nombre de sites le long de l’Orénoque en Guyane vénézuélienne. Les détenteurs de la tradition relatent les récits pendant leurs activités quotidiennes, renforçant l’identification de la communauté. La transmission est désormais menacée par l’émigration, l’expansion des industries minières et le déclin de la langue mapoyo.

Les inscriptions sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel sont les suivantes :

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l’oasis de Djanet, Algérie

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont pratiqués par deux communautés qui vivent à Djanet le premier mois du calendrier lunaire musulman. Des danseurs et des chanteuses s’affrontent pour représenter leur communauté lors d’une compétition qui se déroule sur neuf jours. Une fois sélectionnés, les danseurs forment un cercle rituel en faisant cliqueter leurs épées tandis que les femmes chantent des chants traditionnels au rythme des tambourins. Le rituel conjure symboliquement les éventuels actes de violence entre communautés en transposant cette violence dans le domaine de la compétition artistique.

Le lavash : préparation, signification et aspect du pain arménien traditionnel en tant qu’expression culturelle – Arménie

Le lavash est un pain fin traditionnel qui fait partie intégrante de la cuisine arménienne. Sa préparation exige beaucoup d’efforts, de la coordination et un savoir-faire spécial, et renforce les liens familiaux, communautaires et sociaux. Les femmes travaillent en groupes pour préparer le lavash, qui est fréquemment servi enroulé autour de fromages locaux, de légumes ou de viandes. Il exerce une fonction rituelle lors des mariages, où il est placé sur les épaules des jeunes mariés afin de leur souhaiter fertilité et prospérité. Les hommes interviennent également dans la fabrication des outils et la construction des fours.

L’art et le symbolisme traditionnels du kelaghayi, fabrication et port de foulards en soie pour les femmes – Azerbaïdjan

La fabrication du kelaghayi comprend le tissage de l’étoffe, sa teinture et sa décoration à l’aide de blocs de bois. Les tisserands choisissent de fins fils de soie pour produire des étoffes carrées. Les couleurs des foulards ont une signification symbolique souvent liée à des occasions sociales : mariages, cérémonies funéraires, célébrations et activités quotidiennes. La fabrication et le port du kelaghayi, expression de l’identité culturelle ainsi que des traditions religieuses et symbole de cohésion sociale, renforcent le rôle des femmes et l’unité culturelle de la société azerbaïdjanaise.

Pujillay et Ayarichi : musiques et danses de la culture yampara – Bolivie (État plurinational de)

Le Pujillay et l’Ayarichi sont des formes musico-chorégraphiques complémentaires de la culture yampara. Le Pujillay est exécuté au cours d’un rituel qui célèbre le renouveau de la vie et l’abondance amenée par la saison des pluies ; l’Ayarichi est exécuté pendant la saison sèche, lors de fêtes dédiées aux différents saints catholiques. Ces pratiques culturelles représentent un moyen privilégié de communiquer avec la nature. Elles mobilisent de vastes réseaux communautaires, notamment les enfants qui apprennent les connaissances et les savoir-faire associés par le biais des jeux collectifs et l’observation. 

La broderie de Zmijanje – Bosnie-Herzégovine

La broderie de Zmijanje fait appel à une technique spécifique pratiquée par les femmes des villages de Zmijanje, en Bosnie-Herzégovine. Traditionnellement, la broderie de Zmijanje sert à décorer les tenues portées par les femmes ainsi que les textiles de maison, comme les robes de mariée, les foulards, les robes et le linge de lit. On utilise un fil bleu foncé pour broder de riches motifs géométriques improvisés ; les variations de ces motifs déterminent le statut social des femmes du village. Cette broderie est généralement faite par des groupes de femmes qui se consacrent à leurs travaux d’aiguille tout en chantant et en discutant.

Le cercle de capoeira – Brésil

La capoeira est une pratique culturelle afro-brésilienne, à la fois un combat et une danse, qui promeut le respect mutuel et la cohésion sociale. Les participants forment un cercle au centre duquel deux d’entre eux s’affrontent. Les mouvements exécutés exigent une grande souplesse du corps. Les autres participants, situés autour du cercle, chantent, tapent des mains et jouent d’instruments à percussion. Les cercles de capoeira sont constitués d’un maître, d’un contremaître et de disciples. Le maître est le gardien des connaissances contenues dans le cercle et transmises aux autres participants par le biais de l’observation et de l’imitation.

Tchiprovski kilimi (tapis de Tchiprovtsi) – Bulgarie

Les kilimi sont des tapis tissés à la main par les femmes de Tchiprovtsi. Les tisseuses utilisent des métiers à tisser manuels verticaux pour produire des tapisseries traditionnellement utilisées comme revêtement de sol. Le processus de transmission se fait de mère et grand-mère en fille et petite-fille, souvent lors du travail collectif sur de grands tapis. Les hommes de la ville s’occupent généralement de la production, du traitement et de la teinture de la laine. Les tapis sont renommés pour leur composition, leurs motifs ornementaux et leurs couleurs.

La danse rituelle au tambour royal- Burundi

La danse rituelle au tambour royal associe le son du battement des tambours, puissant et synchronisé, à des danses, de la poésie héroïque et des chants traditionnels. Cette danse exige au moins une dizaine de tambours, toujours en nombre impair, disposés en demi-cercle autour d’un tambour central. Deux ou trois tambourinaires exécutent des danses au rythme des tambours. La danse rituelle est un cadre de transmission de messages culturels, politiques et sociaux, ainsi qu’un moyen privilégié de réunir des personnes de générations et d’origines diverses, encourageant ainsi l’unité et la cohésion sociale.

Baile Chino – Chili

Les bailes chinos sont des confréries de musiciens qui expriment leur foi à travers la musique, la danse et le chant. Exécutées principalement par des hommes, les danses se caractérisent par des sauts et des mouvements de flexion des jambes, au rythme des flûtes et des percussions. Les distiques chantés racontent des histoires sacrées et abordent des sujets religieux tandis qu’un percussionniste dirige la chorégraphie et contrôle le tempo de la musique. Les confréries constituent un modèle d’intégration sociale et de cohésion auquel adhère la quasi-totalité de la communauté locale.

La tradition du sauna à fumée dans le comté de Võru – Estonie

 La tradition du sauna à fumée occupe une place importante dans la vie quotidienne de la communauté võro, en Estonie. Elle comprend un ensemble de traditions dont les coutumes du bain proprement dit, la fabrication des fouets pour le bain, la construction et la réparation des saunas et le fumage de la viande dans le sauna. Généralement pratiquée le samedi, mais aussi avant des fêtes ou des événements familiaux importants, c’est avant tout une coutume familiale dont la principale fonction est de détendre le corps et l’esprit. Les familles s’accueillent les unes les autres, à tour de rôle.

La kopatchkata, danse communautaire du village de Dramtche, Pianets – ex-République yougoslave de Macédoine

La kopatchkata est une danse communautaire dynamique et énergique qu’exécutent les résidents du village de Dramtche, dans la région de Pianets. Elle se danse en demi-cercle lors des mariages, des rassemblements publics et des fêtes religieuses. La danse débute par un mouvement de marche lente avant d’enchaîner sur de petits pas rapides qui s’accélèrent, suivi d’un martèlement du sol. Pour le public local, la danse kopatchkata représente un symbole d’identité culturelle, non seulement pour la communauté du village de Dramtche, mais aussi pour toute la région de Pianets.

Le gwoka : musique, chants, danses et pratique culturelle représentatifs de l’identité guadeloupéenne – France

 Le gwoka est l’un des éléments les plus emblématiques de la société guadeloupéenne. Il combine le chant responsorial en créole guadeloupéen, les rythmes joués aux tambours ka et la danse. Le gwoka associe ces trois domaines d’expression en valorisant les qualités individuelles d’improvisation. Les participants et le public forment un cercle dans lequel les danseurs et le soliste entrent à tour de rôle, en faisant face aux tambours. Le gwoka renforce l’identité et procure un sentiment de valorisation collective et de fierté individuelle, en portant des valeurs de convivialité, de résistance et de dignité.

Le savoir-faire de la culture du mastiha à l’île de Chios – Grèce

Le mastiha, résine aromatique extraite de l’arbuste pistacia lentiscus, est cultivé sur l’île de Chios. La culture traditionnelle du mastiha est une occupation familiale : les hommes s’occupent de la fertilisation naturelle et de l’élagage des branches en hiver, et les femmes préparent le sol autour du tronc en été, avant de recueillir les larmes de mastiha. La culture du mastiha représente un fait social global, autour duquel se sont tissés des réseaux d’entraide et d’alliance.

La fabrication artisanale traditionnelle d’ustensiles en laiton et en cuivre des Thatheras de Jandiala Guru, Penjab – Inde

L’artisanat des Thatheras de Jandiala Guru correspond à la technique traditionnelle de fabrication des ustensiles en laiton et en cuivre au Penjab. Le processus commence par l’approvisionnement en lingots de métal qui sont aplatis jusqu’à obtenir des plaques fines. Celles-ci sont ensuite martelées pour leur donner une forme incurvée. La fabrication des ustensiles s’achève avec le polissage, effectué à la main, à l’aide de sable et de jus de tamarin. Les ustensiles fabriqués remplissent des fonctions rituelles ou utilitaires et sont destinés à l’usage individuel ou communautaire lors d’occasions spéciales, telles que les mariages, ou dans les temples. Le processus de fabrication est transmis par voie orale de père en fils.

La pratique agricole traditionnelle de la culture de la « vite ad alberello » (taille de la vigne en gobelet) de la communauté de Pantelleria -Italie

La pratique traditionnelle de la culture de la vigne taillée en gobelet se transmet depuis des générations dans les familles de viticulteurs et de fermiers de l’île de Pantelleria. La technique comporte plusieurs phases, qui sont la préparation du sol, la plantation de la vigne, la taille du sarment et enfin la récolte des raisins. Les connaissances et les compétences des détenteurs et des praticiens sont transmises au sein des familles, oralement dans le dialecte local et par la pratique. Les rituels et les fêtes organisés entre juillet et septembre permettent à la communauté locale de partager cette pratique sociale.

Le washi, savoir-faire du papier artisanal traditionnel japonais – Japon

Le savoir-faire traditionnel de la fabrication du papier artisanal, ou washi, est pratiqué dans trois communautés du Japon. Ce papier est fabriqué à partir des fibres du mûrier à papier et utilisé pour la correspondance et la fabrication de livres, mais aussi pour la réalisation de panneaux shoji en papier, de cloisons de séparation et de portes coulissantes. Les familles et leurs employés travaillent sous la direction de maîtres, qui ont hérité les techniques de leurs parents. Les communautés jouent différents rôles dans le maintien de la viabilité de ce savoir-faire, allant de la culture du mûrier à l’enseignement des techniques, en passant par la création de nouveaux produits.

L’art traditionnel kazakh du dombra kuï – Kazakhstan

L’art du dombra kuï désigne une composition jouée en solo sur un instrument de musique traditionnel en forme de poire, à deux cordes pincées et à long manche. Cette musique entend relier les gens avec leurs racines et leurs traditions, grâce à des morceaux classiques et improvisés. Elle est jouée lors des réunions familiales et communautaires et s’accompagne généralement d’histoires et de légendes. Elle joue un rôle important dans le renforcement de la cohésion sociale chez les Kazakhs, tout en leur conférant un sentiment d’identité et d’appartenance.

Connaissances et savoir-faire traditionnels liés à la fabrication des yourtes kirghizes et kazakhes (habitat nomade des peuples turciques) – Kazakhstan – Kirghizistan

La yourte est un type d’habitat nomade des peuples kazakhs et kirghizes. Elle se compose d’une ossature en bois de forme circulaire recouverte de feutre et assemblée à l’aide de cordes ; elle est facile à monter et à démonter. Les ossatures en bois sont fabriquées par les hommes et leurs élèves, tandis que les femmes s’occupent de la décoration intérieure et de la couverture extérieure, ornées de motifs traditionnels zoomorphiques, végétaux ou géométriques. Toutes les festivités se déroulent dans une yourte, qui reste le symbole de la famille et de l’hospitalité traditionnelle, fondamentales pour l’identité des peuples kazakhs et kirghizes.

Al-Zajal, poésie déclamée ou chantée – Liban

Al-Zajal est une forme de poésie populaire libanaise déclamée ou chantée lors de célébrations sociales et familiales et au quotidien. Lors des joutes poétiques, les troupes de poètes récitent des couplets, souvent sous la forme de défis, face à un public diversifié, au rythme du tambourin et de la derbouka. Ces échanges verbaux évoquent la beauté du Liban et l’importance de la tolérance et du dialogue entre les communautés et les religions. Les joutes poétiques servent de soupape de sécurité et aident à résoudre les conflits et à renforcer la cohésion sociale.

La tchopa, danse sacrificielle des Lomwe du sud du Malawi – Malawi

La danse tchopa est pratiquée dans les communautés lomwe du sud-est du Malawi. Cette danse est généralement exécutée lors de fêtes après de bonnes récoltes et des expéditions de chasse réussies, ainsi qu’au cours d’offrandes aux esprits ancestraux après des catastrophes telles que des sécheresses et des épidémies. Les connaissances et les savoir-faire liés à cette danse sont transmis lors des séances de pratique et d’exécutions occasionnelles. La tchopa renforce la cohésion sociale des communautés lomwe puisque ses membres s’entraident en cas de besoin, par exemple en cas de maladie ou de deuil, et participent aux travaux communautaires dans les champs.

La sortie des masques et marionnettes de Markala – Mali

La sortie des masques et marionnettes est une fête rituelle pratiquée par les communautés de Markala. Pendant la saison sèche, les jeunes néophytes participent à des rites qui ont lieu dans un bois sacré au bord du fleuve Niger et qui se caractérisent par des danses avec des masques et des marionnettes. Chacun des masques et marionnettes symbolise le lien sacré entre l’homme et la nature, à travers la représentation d’un animal particulier incarnant des vertus spécifiques de la société. Ce rite illustre la cohésion, le dialogue, la tolérance et la continuité des identités culturelles plurielles des communautés de Markala et des villages voisins.

Maroc – Les pratiques et savoir-faire liés à l’arganier

Les femmes et, dans une moindre mesure, les hommes vivant dans les zones rurales de la Réserve de Biosphère de l’Arganeraie marocaine utilisent des méthodes traditionnelles pour extraire l’huile du fruit de l’arganier. Cette huile trouve de nombreux usages dans l’alimentation, la médecine et la cosmétique, et on l’offre comme cadeau de mariage. La culture de l’arganier, l’extraction de l’huile, la préparation des recettes et des produits dérivés, et la confection des outils artisanaux nécessaires à ces différentes tâches s’apprennent par voie d’imitation et par l’apprentissage non formel.

Le séga mauricien traditionnel – Maurice

Le séga mauricien traditionnel est un art du spectacle emblématique de la communauté créole. Chaque soliste improvise des paroles, tandis qu’un tambour, une boîte-hochet et un triangle donnent le tempo et produisent le rythme typique. Les danseurs bougent les hanches et les mains, en faisant des petits pas pour évoluer les uns autour des autres. Les praticiens transmettent leurs connaissances de façon aussi bien formelle qu’informelle par la participation et l’imitation. Le séga peut être dansé par tous les membres de la communauté et contribue à unifier différents groupes autour d’un patrimoine mauricien partagé.

Le tir aux osselets mongol – Mongolie

Le tir aux osselets est un jeu populaire mongol qui se joue en équipe. Les équipes sont composées de six à huit joueurs qui envoient trente petites tablettes de marbre ressemblant à des dominos sur une surface en bois plane, vers une cible composée d’osselets de mouton, en essayant de les faire tomber dans une zone donnée. Chaque joueur possède ses propres outils et instruments de tir, et porte un costume décoré d’ornements spécifiques en fonction de son rang et de son mérite. Cette tradition favorise l’interaction entre des équipiers venant de différents horizons ainsi que le respect des anciens et le respect mutuel tout en renforçant la cohésion sociale.

Pratiques et expressions de la parenté à plaisanterie au Niger – Niger

La parenté à plaisanterie est une pratique sociale qui s’exerce pour réguler les rapports sociaux et apaiser les tensions entre des personnes appartenant à différentes communautés ethnolinguistiques. Les membres ont le devoir de se dire la vérité, de plaisanter et de jouer ensemble, et de mutualiser leurs biens respectifs, en sachant que tout différend doit se régler de manière pacifique. Transmise de manière informelle de génération en génération, la parenté à plaisanterie est un outil de réconciliation et de pacification qui favorise la cohésion et la stabilité des familles, des groupes ethniques et des communautés.

Al-Ayyala, un art traditionnel du spectacle dans le Sultanat d’Oman et aux Émirats arabes unis – Oman – Émirats arabes unis

Al-Ayyala est une pratique culturelle populaire qui a lieu à Oman et aux Émirats arabes unis lors des mariages et des festivités religieuses et nationales. Elle mêle la poésie chantée, la musique des tambours et la danse, et simule une bataille. Deux rangées d’hommes tenant des cannes en bambou se font face. Ils entonnent des chants poétiques tout en agitant leur tête et leurs bâtons, pendant que d’autres se déplacent entre les rangées en tenant des épées ou des fusils qu’ils lancent en l’air et rattrapent. L’interprète principal a généralement hérité de son rôle et il est chargé de former les autres praticiens.

L’askiya, l’art de la plaisanterie – – Ouzbékistan

L’askiya est un genre de l’art oratoire populaire ouzbèke qui prend la forme d’un dialogue entre deux participants ou plus qui échangent des mots d’esprit sur un thème particulier. Les détenteurs et les praticiens, essentiellement des hommes, doivent maîtriser les particularités de la langue ouzbèke, et savoir improviser et raisonner habilement et rapidement, en utilisant l’humour et la plaisanterie. Les dialogues, bien que sous forme de plaisanterie, jouent un rôle inestimable pour sensibiliser aux tendances et aux événements sociaux et attirer l’attention sur des questions importantes, par l’observation attentive de la vie quotidienne.

La fête de la Virgen de la Candelaria de Puno – Pérou

La fête de la Virgen de la Candelaria, célébrée chaque année en février dans la ville de Puno, trouve son origine dans les traditions catholiques et les éléments symboliques de la vision andine du monde des groupes ethniques locaux, les Quechua et les Aymara. La célébration d’un acte liturgique précède la procession religieuse au cours de laquelle une image de la Vierge est transportée dans les rues de la ville. Les connaissances traditionnelles et les savoir-faire liés à la danse, à la musique et à la confection de masques sont transmis aux jeunes générations lors des répétitions ainsi que dans les ateliers par trois fédérations de praticiens.

Le cante alentejano, chant polyphonique de l’Alentejo (sud du Portugal)- Portugal

Le cante alentejano est un genre de chant traditionnel en deux parties pratiqué par des chorales amateurs dans le sud du Portugal. Il se distingue par ses mélodies, ses paroles et son style vocal, et se pratique sans accompagnement musical. Un vaste répertoire de poèmes traditionnels accompagne des mélodies existantes ou récemment composées, dont les paroles portent sur des thèmes traditionnels et contemporains. Il imprègne les rassemblements organisés dans des lieux publics aussi bien que privés, renforçant le dialogue entre les générations, les sexes et les individus de différents milieux, et contribuant ainsi à la cohésion sociale.

Le nongak, groupes de musique, danse et rituels communautaires de la République de Corée – République de Corée

Le nongak est un art du spectacle populaire très pratiqué dans la République de Corée ; il combine une troupe de percussionnistes, des défilés, des danses, du théâtre et des prouesses acrobatiques. Il est pratiqué pour apaiser les dieux, prier pour obtenir de bonnes récoltes au printemps, célébrer les récoltes lors des festivals d’automne, et obtenir des fonds pour des projets communautaires, contribuer à favoriser la solidarité et la coopération et à véhiculer un sentiment d’identité partagée. Le public se familiarise avec le nongak en l’observant et en y participant ; les groupes communautaires et les établissements d’enseignement jouent, quant à eux, un rôle important dans sa transmission.

Le chant traditionnel Arirang dans la République populaire démocratique de Corée – République populaire démocratique de Corée

L’Arirang est un style de chant lyrique populaire pratiqué à différentes occasions dans le cadre familial, amical et communautaire, ainsi que lors de manifestations publiques et de festivités. Transmis et recréé oralement, il existe sous différentes formes traditionnelles ainsi que sous la forme d’arrangements symphoniques et modernes. Le chant Arirang se compose traditionnellement d’une mélodie douce et lyrique et aborde les thèmes de la séparation et de la rencontre, du chagrin, de la joie et du bonheur. Il renforce les relations sociales et contribue par là au respect mutuel et au développement social pacifique.

La Slava, célébration de la fête du saint patron de la famille – Serbie

En Serbie, les familles chrétiennes orthodoxes et leurs voisins et amis célèbrent une fête en l’honneur du saint patron, la Slava. On allume un cierge spécial dans la maison et on verse du vin sur le gâteau de la Slava avant de l’inciser en croix, de le faire tourner en l’élevant et de le découper en quatre morceaux. Les femmes jouent un rôle important dans la transmission des connaissances dans la famille concernant l’exécution des rituels, leur signification et leur but. Le repas de la Slava renforce les relations sociales et encourage le dialogue dans les régions multiethniques et multiconfessionnelles.

Ebru, l’art turc du papier marbré – Turquie

L’Ebru est l’art traditionnel turc qui consiste à créer des motifs colorés en appliquant des pigments de couleur au goutte-à-goutte ou au pinceau sur de l’eau à laquelle on a ajouté des substances grasses dans un récipient, puis à transférer ce motif sur du papier. L’art du papier marbré est couramment utilisé pour la décoration dans l’art traditionnel de la reliure. Les connaissances et les savoir-faire des artistes, des apprentis et des praticiens de l’Ebru sont transmis oralement et par la pratique dans le cadre de relations maîtres-apprentis. L’Ebru encourage le dialogue, renforce les liens sociaux et consolide les relations entre les individus et les communautés.

Les chants populaires ví et giặm de Nghệ Tĩnh – Viet Nam

Le ví et le giặm sont chantés par différentes communautés du centre-nord du Viet Nam. Les gens les chantent lorsqu’ils cultivent le riz dans les champs, lorsqu’ils rament en barque, ou encore lorsqu’ils fabriquent des chapeaux coniques ou bercent les enfants pour les endormir. Les textes mettent l’accent sur les vertus et les valeurs fondamentales telles que le respect des parents, la loyauté, l’attention aux autres et le dévouement, ainsi que l’importance de l’honnêteté et d’une bonne conduite. Chanter permet aux gens de rendre leurs conditions de travail moins pénibles, d’atténuer les épreuves de leur existence et d’exprimer les sentiments entre les hommes et les femmes.

Par ailleurs, la sauvegarde de la culture du carillon (Belgique) a été ajoutée au  Registre des meilleures pratiques de sauvegarde. Ce Registre permet aux États Parties, aux communautés et aux autres acteurs de partager des expériences de sauvegarde exemplaires et la manière dont ils ont relevé les défis rencontrés au cours de la transmission de leur patrimoine vivant.

Pour plus de renseignement consultée le site de l’UNESCO sur ce thème.

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