Quand le patrimoine est source de controverses
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Lumière sur: la protection du patrimoine en cas de conflit armé

 

En temps de guerres, le patrimoine est particulièrement vulnérable aux différentes menaces liées au conflit. Les trois principales sont : les destructions involontaires dites aussi destruction collatérale, suite à l’imprécision du tir envers la cible ; le pillage, qui bien qu’existant en temps de paix et favorisé par la confusion engendrée par le conflit ; enfin, la troisième menace est la destruction du patrimoine dans un but d’épuration culturelle. En effet, de par sa forte symbolique et sa place importante dans la construction identitaire d’un peuple, il devient lors de conflit armé une cible de choix.

Au début du XXe siècle, l’idée de protéger le patrimoine culturel en temps de guerre fait son apparition, tout comme est relancée l’idée de maintenir une paix universelle. Aussi la convention de La Haye 1907 est la première convention internationale à faire mention de la nécessité de protéger le patrimoine en demandant aux États de prendre des mesures « autant que possible » afin d’« épargner les édifices consacrés aux cultes, aux arts, aux sciences et à la bienfaisance, les monuments historiques » [1]. Si, avec cette convention les bases d’une réglementation internationale sont posées, la mise en application de cette dernière se révéla très limitée en grande partie en raison de l’évolution de la guerre même et des techniques de combat. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le tribunal de Nuremberg jugea la spoliation des œuvres d’art dans l’esprit de la convention de La Haye de 1907. De plus, en raison des destructions massives des villes et monuments, l’UNESCO attira l’attention sur la défense des biens de valeur culturelle [2]. Ce fut le début d’une étude sur les biens culturels en cas de conflit qui aboutit en 1954 à la conférence intergouvernementale de La Haye, afin d’adopter une convention internationale sur les biens culturels en cas de conflit armé. Ce sera le premier traité international à vocation universelle dédiée à la protection du patrimoine culturel en temps de guerre. Ce traité sera accompagné d’un protocole afin de prévenir la spoliation de biens culturels durant un conflit. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, différents conflits ont mis à jour la nécessite d’améliorer la Convention de La Haye. Aussi en 1999, un deuxième Protocole a été adopté. Ce dernier inclut la création du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, dont les missions principales sont la mise en œuvre du Deuxième Protocole et la gestion du système de la protection renforcée, qui accroit les mesures légales prises par un pays pour protéger un site.


[1] Article 27 du règlement de la Haye, annexé à la convention IV de la Haye, 1907

[2] Voir résolution 6.42 de la IVe session de la Conférence générale de l’Unesco en 1949

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