Quand le patrimoine est source de controverses
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Lumière sur : La Liste du patrimoine mondial

 

L’idée de préserver le patrimoine naturel et culturel de l’humanité a émergé au lendemain de la Première Guerre mondiale, mais ce n’est que dans les années soixante que la réflexion s’est intensifiée en raison d’une nécessité d’agir plus concrètement. Un des éléments décisifs fut l’opposition à la destruction des temples d’Abou Simbel et de l’île de Philae, en raison de la construction du barrage d’Assouan en Égypte. L’UNESCO va alors entreprendre un programme de sauvetage inédit, le démontage des ruines et leur reconstruction sur un nouveau site à l’abri des eaux du lac. Le financement de ces opérations comprendra en grande partie des dons d’une cinquantaine de pays, relevant ainsi la nécessité de partager la responsabilité entre pays pour préserver les sites culturels exceptionnels.

Ce sont les États-Unis qui vont demander en 1965, la création d’une « fondation du patrimoine mondial », l’Union internationale pour la conservation de la nature fera une proposition similaire trois ans plus tard. C’est dans ce contexte que la Convention Concernant la Protection de l’Héritage Culturel et Naturel Mondial sera adoptée lors de la conférence générale de l’UNESCO en 1972.

Cette convention va donner naissance en 1976 au Comité du patrimoine mondial, responsable de la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial ainsi que de la gestion du Fonds du patrimoine mondial notamment par l’attribution d’aides financières demandées par les États parties.

Deux ans plus tard, les premiers sites sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial.

Aujourd’hui, 911 sites sont inscrits (704 sont culturels, 180 naturels, et 27 mixtes) répartis dans 151 états.

En 1994, face à une surreprésentation de l’Europe, les villes historiques et les monuments religieux, le christianisme, les époques historiques et l’architecture « élitiste », le Comité du patrimoine mondial a adopté une Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial représentative et équilibrée. Si, sur l’ensemble, l’Europe [1] ainsi que le patrimoine monumental sont toujours prédominants, les efforts réalisés sont néanmoins perceptibles (le patrimoine européen représente désormais moins de 50 % de l’ensemble des sites).

Si l’inscription sur la liste peut représenter une certaine finalité dans la reconnaissance du lieu, l’objectif de la liste est la conservation de ces lieux exceptionnels. En effet, les États partis sont obligés de faire part régulièrement de l’état de conservation du site et de leurs évolutions au Comité du patrimoine mondial. Si les caractéristiques mêmes qui ont permis l’inscription du lieu sont menacées, le bien peut être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Au total, 62 sites ont été inscrits sur cette liste (actuellement, 34 sites y figurent). Si l’essentiel des sites retirés de cette liste a réussi à faire face aux menaces et est resté inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, deux en ont été retirés [le sanctuaire de l’oryx arabe (Oman) et la vallée de l’Elbe (Allemagne)].


[1] La zone Europe et Amérique du Nord comprend aussi la Fédération de Russie, la Turquie, les pays du Caucase et Israël

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