Quand le patrimoine est source de controverses
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Lumière sur : Le Patrimoine Culturel Immatériel

 

En 2003, l’UNESCO a mis en place la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. L’objectif de cette convention est de protéger l’ensemble du patrimoine lié à des traditions, que l’on ne peut exposer puisque par définition sans support autre que l’homme qui le met en œuvre. Ainsi, il est constitué de cinq domaines : les traditions orales et expressions vivantes, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel.

La mise en danger de ce patrimoine est d’autant plus forte qu’il est intangible. Dans un contexte de globalisation culturelle, il prend toute son ampleur, car il est un élément clé de la définition des cultures formant la richesse de l’humanité. Pour mieux le définir, quatre critères ont été établis, il doit :

–          Être traditionnel, contemporain et vivant,

–          Être inclusif : il ne s’agit pas ici d’un critère géographique, ni de l’exclusivité d’une certaine pratique dans une culture. Inclusif signifie ici qu’il doit être un élément contribuant à la cohésion sociale en créant ou engageant un sentiment identitaire vis-à-vis d’une communauté au sens large,

–          Représentatif,

–          Fondé sur les communautés.

Le patrimoine immatériel culturel est donc constitué d’ensemble de traditions vivantes, ce qui en fait aussi sa grande particularité est aussi l’origine de la plus difficulté à sa sauvegarde. En effet, le but de la sauvegarde ne doit pas être de figer la tradition, celle-ci doit d’ailleurs naturellement s’adapter aux évolutions de la communauté pour laquelle elle a un sens et une valeur. C’est pourquoi la convention insiste plus sur la transmission des traditions que sur la présentation de celles-ci. Elle diffère ici énormément de la Convention Concernant la Protection de l’Héritage Culturel et Naturel Mondial qui s’inscrit plus dans la préservation à l’identique. La grande difficulté de cette sauvegarde vient du fait que la tradition doit conserver une valeur identitaire propre à la communauté alors que ces traditions ne doivent pas être maintenues en vie artificiellement par les actions de sauvegarde. Il faut donc leur donner les moyens d’être préservées sans les transformer en folklore économique dépourvu de toute signification.  C’est pourquoi la convention est plus permissive que celle concernant le patrimoine naturel et culturel, la majorité de ses articles est rédigée de manière non prescriptive, et les inventaires [1] recensant les pratiques culturelles immatérielles, doivent être mis à jour régulièrement. Si les manières de procéder à ces inventaires sont relativement libres, ils ne peuvent en aucun cas se faire sans l’implication des communautés concernées.

Il n’existe pas une, mais deux listes du patrimoine culturel immatériel ayant chacune un but précis. La première, la plus importante, est La Liste de sauvegarde urgente (LSU), elle vise à prendre des mesures de sauvegarde appropriée pour les expressions ou manifestations du patrimoine culturel immatériel dont la viabilité – c’est-à-dire dont la recréation ou la transmission continue – est menacée. La deuxième est la Liste représentative (LR) qui vise à assurer une meilleure visibilité du patrimoine culturel immatériel, à sensibiliser à son importance et à favoriser le dialogue, contribuant ainsi à promouvoir la diversité culturelle à l’échelle du monde et la créativité humaine.


[1] La convention fonctionne essentiellement sur la base d’inventaires réalisés par les États signataires permettant identifier et de définir ce patrimoine de manière la plus précise possible

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