Quand le patrimoine est source de controverses
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Conclusion

 

Le cas du patrimoine architectural totalitaire est très complexe, en raison du contexte particulier dans lequel il a été bâti. Ce contexte est la source du problème puisque les monuments de même type architectural construit dans les démocraties de l’époque posent peu de questions quant à leur patrimonialisation. Comme souvent après une page noire de l’histoire, la première volonté est d’effacer tout ce qu’il le représente. Dans ce cas cette volonté est d’autant plus forte en raison de la violence extrême de ces dictatures, mais aussi par l’aspect monumental des réalisations architecturales. Néanmoins, en raison du nombre important des victimes de ces régimes, la destruction et l’oubli seraient équivalents à une véritable insulte en leur reniant de fait le statut de victime. Mais cette patrimonialisation de ces lieux n’est sans comprendre le risque de voir ces lieux devenir des lieux de pèlerinage pour les nostalgiques de ces régimes, aussi cela doit alors impérativement être accompagné de mesure d’ordre pédagogique afin d’enseigner ce qu’est le totalitarisme. Ainsi dans la même logique, qui a permis la patrimonialisation des camps de concentration nazis, il est du devoir de mémoire de préserver ces lieux et ensembles architecturaux pour une meilleure lecture historique permettant d’éviter un retour du totalitarisme, puisque ces lieux illustrent l’apparence de ces régimes au travers ce qu’ils bâtissent. Enfin, même s’il est compréhensible de la part des municipalités ayant à charge ces réalisations, de vouloir sinon effacer ces traces de ces régimes (d’autant plus que sur le rapport entre l’histoire de la ville et l’espace urbain qu’elles occupent est souvent disproportionné) au moins les amoindrir, il faut aussi tenir compte de l’aspect purement architectural, au-delà de toute mythographie du régime, et préserver une architecture correspondant à une époque définie.