Quand le patrimoine est source de controverses
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Du passé vers l’avenir

 

Le patrimoine colonial est l’héritage d’un passé encore perçu comme la trace d’une domination extérieure. Comme nous l’avons vu précédemment, ce n’est que depuis les années quatre-vingt-dix qu’il est parfois considéré comme une ressource économique par le biais du tourisme. Cependant, ce patrimoine issu de la civilisation occidentale s’accorde peu avec les conceptions patrimoniales d’autres sociétés, en particulier africaines ou asiatiques. Des opérations de coopération internationale sont mises en place dans une perspective de sauvegarde et de conservation de ces lieux, mais aussi dans une perspective de développement durable. La ville de Pondichéry fait partie de ces villes coloniales qui ont bénéficié de programmes internationaux. C’est pourquoi dans un premier temps, nous étudierons le caractère colonial de la ville de Pondichéry à travers son histoire avant de nous intéresser au programme Asia Urbs, ainsi qu’aux acteurs de l’opération. Puis nous consacrerons une troisième partie aux travaux réalisés.

 

I – Pondichéry, une ville coloniale.

L’origine de la ville de Pondichéry remonte à l’antiquité où la ville existe au temps des Cholas [1], elle se développe et devient une riche ville portuaire sous le nom de Puducheri (ville nouvelle en langue tamoule), connue en occident sous le nom de Poduke, et commerce avec Rome [2]. En 1521, les Portugais sont les premiers Européens à venir pour le commerce du textile. Au XVIIe siècle, Hollandais et Danois les remplacent. Son véritable essor date cependant de la colonisation française, et ce port en eau peu profonde devient un port de commerce international. L’histoire de la ville française de Pondichéry commence en 1673, lorsqu’un militaire français achète le village pour le compte de la jeune Compagnie Française des Indes Orientales. Vingt ans après, en 1693, la ville tombe entre les mains des Hollandais avant de revenir à la France en 1699 par le traité de Ryswick. François Martin, nommé Administrateur de la ville, ramena la stabilité à Pondichéry et fut l’artisan de son développement. Benoist Dumas, qui lui succéda, construisit la ville sur les bases créées par François Martin. En 1742 est nommé un nouveau gouverneur, Joseph François Dupleix et c’est sous son mandat que Pondichéry connaît son apogée. Grâce à ses victoires militaires contre les Britanniques et à une politique destinée à accroître l’influence française dans les affaires intérieures indiennes, la ville devient prospère. Mais, convoitée, la ville est entièrement rasée lors d’une attaque en janvier 1761 par les troupes anglaises. En 1765, la ville est rendue aux Français par le traité de Paris, mais il faut attendre trois ans avant que l’essentiel de la ville ne soit reconstruit sur ses anciennes fondations. La ville retombe d’ailleurs aux mains des Anglais en 1793 et ce n’est qu’en 1814 qu’elle revient définitivement à la France. Envisagé en novembre 1954, le rattachement de la ville à l’Inde a lieu définitivement en août 1962.

La ville de Pondichéry, par son architecture, témoigne de l’urbanisme colonial : l’espace est partagé en deux ensembles séparés par un canal avec d’une part le quartier français, ou « ville blanche » et d’autre part le quartier tamoul, ou « ville noire ». C’est dans la « ville blanche » que se trouvent les bâtiments coloniaux caractéristiques du XVIIIe siècle dont ceux réservés aux institutions : Hôtel de ville, palais du Gouverneur, Chambre de Commerce ou encore l’Assemblée législative. Ces bâtiments sont essentiellement situés autour de la Place du Gouverneur, mais c’est surtout le mélange des styles architecturaux qui donne son charme à Pondichéry. Ainsi, dans le quartier français, l’architecture européenne est adaptée au climat tropical pour les habitations qui diffèrent nettement du style typiquement tamoul de l’autre quartier.

Plan de la ville de Pondichéry : les grandes zones constituant la ville [3]

 

Les bâtiments de l’époque coloniale les mieux préservés sont principalement ceux liés au pouvoir, réappropriés par les instances gouvernementales indiennes après la décolonisation. Ces lieux ont été symboliquement réutilisés, témoignant de l’installation des élites d’une ville nouvellement indépendante. Ils l’ont été aussi parce que les élites du pays, souvent proches des colonisateurs, avaient du goût pour ces bâtiments. Les bâtiments plus ordinaires sont, quant à eux, souvent menacés de détériorations, voire de destructions. Ces périls viennent du fait que les populations locales ne se sentent pas concernées par un patrimoine perçu comme étranger. Pourtant, nombre de bâtiments, désignés comme « franco-tamoules », révèlent en fait un métissage architectural. De plus, la conception du patrimoine occidental ne s’accorde pas forcément avec les conceptions indiennes du patrimoine et surtout avec les nouveaux besoins de la ville. Au-delà de l’aspect théorique, l’une des premières causes de ces dégradations est la poussée démographique qui entraîne de nouvelles constructions. Or celles-ci ne s’intègrent pas à l’architecture ancienne et entraînent même la destruction d’un patrimoine existant. Ces destructions résultent de la spéculation immobilière qui incite à détruire de grandes maisons pour les remplacer par des immeubles plus rentables. La multiplication des appartements induit un changement des styles de vie : désormais, l’idéal n’est plus d’habiter une ancienne maison coloniale, mais un logement neuf et « moderne ». La nécessité de préserver ce patrimoine était une urgence, car l’Union Territoriale de Pondichéry ne disposait d’aucune législation de protection. Ainsi, entre 1994 et 2002, 30 % des bâtiments présentant une valeur patrimoniale, selon des critères établis par l’INTACH de Pondichéry [4], ont disparu. Bien que ce phénomène se produise davantage dans le quartier tamoul, il touche aussi un patrimoine colonial, les maisons « franco-tamoules ».

Évolution du nombre de bâtiments patrimoniaux entre 1995 et 2005 [5]

Catégorie I : Bâtiments et quartiers d’importance nationale ou historique
Catégorie II (A & B) : Bâtiments d’importance régionale ou locale
Catégorie III : Bâtiments et sites importants dans le paysage

 

Récemment, la ville de Pondichéry s’est développée autour de l’image de la « France en Inde », notamment en matière de tourisme. Afin de parvenir à un équilibre entre développement et préservation du patrimoine, la ville a bénéficié du programme Asia Urbs, exemple même de la coopération internationale.

II – Le programme Asia Urbs et ses acteurs

Initialement, la coopération décentralisée n’avait pas pour domaine d’intervention le patrimoine, mais il a été pris en compte dans la mesure où il constitue un facteur de développement local, avec un fort impact économique, social et culturel. La démarche s’effectue principalement par le biais de conventions-cadres entre deux organismes administratifs [6] , mais des programmes peuvent également être impulsés par des organismes internationaux introduisant la question patrimoniale dans l’action de coopération. C’est le cas par exemple de l’Union européenne qui, par l’intermédiaire de la Commission européenne, a mis en place différents programmes de coopération avec une approche régionale et dont l’objectif est l’aide au développement socio-économique.

Le programme Asia Urbs, dont bénéficia la ville de Pondichéry au travers le projet « Protection du patrimoine pour une amélioration de l’économie et de l’environnement urbain », est un exemple de ce type d’action. Lancée en février 1998 pour soutenir la coopération décentralisée entre municipalités européennes et asiatiques, cette initiative visait à améliorer la connaissance et la compréhension mutuelle de l’Asie et de l’Europe. Le principal objectif était de soutenir les échanges de savoir-faire en matière de développement urbain et de traduire cela en actions pratiques impliquant les collectivités locales et leurs partenaires de la société civile. Ce programme proposait la prise en charge d’une partie du financement (à hauteur de 65% du budget total) d’études et/ou de projets pilotes fondés sur des partenariats formés par au moins deux collectivités locales, une de l’Union européenne et une asiatique, et traitant des principales questions urbaines. Ce programme a été intégré à Asia Eco Pro [7] en 2004. Au total, quatre-vingt-dix-neuf projets ont été mises en œuvre pour un budget de 42.3 millions d’euros [8] .

La candidature de Pondichéry à ce programme répondait aux objectifs de ce dernier puisqu’il s’agissait de traiter les problèmes urbains de la ville pour améliorer la qualité de vie et l’économie locale. Le projet reposait sur trois points fondamentaux :

– La Protection du patrimoine pour une amélioration de l’économie locale et de l’environnement urbain,
– L’introduction de procédures participatives de planification et de gestion décentralisée,
– L’échange d’informations entre les différents participants sur les approches, les procédures et les expériences concernant le projet.

Deux villes européennes se sont associées à ce projet. La première est Villeneuve-sur-Lot située en France, dans le Lot et Garonne, qui a notamment assisté la ville de Pondichéry sur le thème du développement urbain et durable dans différents domaines tels la gestion des déchets, l’aménagement urbain, le mobilier urbain, les espaces verts ou encore la gestion du marché. La deuxième ville est italienne, il s’agit d’Urbino. Cette ville, située dans la région des « Marche » en Italie centrale, possède un centre historique qui témoigne de la prospérité économique et culturelle de la ville durant la Renaissance. Elle est classée à ce titre sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. De fait, forte de son expérience patrimoniale, la ville d’Urbino a contribué à la préservation du patrimoine de la ville indienne tant par l’expertise dans la restauration que dans la gestion durable de cet héritage par la formation de personnels indiens.

Ce projet a pu voir le jour grâce à la mobilisation des acteurs indiens : la municipalité de Pondichéry et l’INTACH.

L’INTACH (Indian National Trust for Art and Cultural Heritage) est une organisation non gouvernementale à but non lucratif, dont le siège social est à New Delhi, qui a pour objectif la protection et la promotion du patrimoine national de l’Inde à travers des interventions stratégiques et opportunes. La section INTACH de Pondichéry a été créée en 1984, complétée par un service de conservation en 1998, en partenariat avec la municipalité, dont le Service de l’Urbanisme.

Les échanges de savoir-faire entre ces différents partenaires ont permis la réalisation d’un projet attaché à la conservation du patrimoine. Mais loin de muséifier la ville, il s’est attaché à présenter le passé comme un atout pour le futur et le développement durable de la ville.

III – Patrimoine et développement.

Le projet « Protection du patrimoine pour une amélioration de l’économie et de l’environnement urbain » de la ville de Pondichéry comportait deux sous-ensembles. Le premier visait le patrimoine et sa préservation et le second à une sensibilisation de la population à cet héritage.

Le programme Asia Urbs étant une action de coopération, il ne s’agissait pas d’exporter le savoir-faire occidental dans la conservation du patrimoine, mais de tenir compte des souhaits de la population. C’est pourquoi, en octobre 2002, et en préalable à toute opération, une enquête a été réalisée sur la perception du patrimoine. L’objectif principal était d’évaluer l’importance donnée à la protection du patrimoine par les propriétaires de bâtiments historiques, et de connaître les conditions et statuts de la protection de ce patrimoine afin d’élaborer des stratégies dans ce domaine. Au total, une soixantaine de propriétaires de bâtiments historiques, à l’intérieur de la vieille ville, ont été consultés. Les résultats ont montré que ces propriétaires donnaient de l’importance à la préservation du patrimoine et qu’ils estimaient que sa préservation donnerait un essor au tourisme. Néanmoins, ils regrettaient le manque de subventions accordées à la sauvegarde du patrimoine et l’absence d’actions de sensibilisation du public sur ce thème. En réponse à ces souhaits, des actions concrètes ont été menées : rénovation d’une rue établie comme modèle en matière de restauration, mise en place d’un système de subventions, promenades guidées, amélioration de la signalétique.

Pour la création de la rue modèle, le choix s’est porté sur une vingtaine de maisons, situées dans une rue du quartier tamoul qui comprenait des bâtiments de type tamoul et franco-tamoul relativement épargnés par les destructions. Le but de cette opération consistait aussi à sensibiliser les propriétaires en créant une vitrine vouée à leur faire prendre conscience de la valeur de leurs immeubles. La restauration a principalement consisté à réparer et repeindre les façades. De plus, les infrastructures municipales, telles que l’électricité, les lignes téléphoniques, l’éclairage public, le drainage et le système des égouts, ont été modernisées. Le résultat de cette opération est, par sa réussite, un élément clé de la revalorisation patrimoniale. Parallèlement à ce projet, une invitation à restaurer les bâtiments historiques dans la vieille ville a été lancée, ce qui a permis la restauration de dix bâtiments publics.

Les coûts de la restauration et l’implication de l’entretien futur du bâtiment restaient un élément de dissuasion à la pratique d’opérations de préservation patrimoniale privées, les propriétaires n’ayant pas toujours accès aux technologies ni aux moyens financiers suffisants. Afin d’encourager les démarches, un plan de financement a été proposé dans le cadre d’Asia Urbs. Il consistait à attribuer une subvention égale à la somme avancée par le propriétaire. Dans ce contexte, une dizaine de maisons ont été restaurées avec l’infrastructure environnante. Les propriétaires ont pu bénéficier d’une assistance technique pour préparer leur plan de restauration et évaluer le coût du travail de rénovation.

Exemple de restauration [9]

Avant/ Après

 

Intérieur de l’Hotel de l’Orient  Avant/ Après

 

L’ensemble de ces restaurations a permis l’établissement de promenades guidées, destinées autant aux touristes qu’au public local. Les itinéraires proposés permettent de couvrir les quartiers français et tamouls à l’intérieur de la vieille ville. Le développement de ces visites s’intègre dans le cadre du programme Asia Urbs tant dans l’aspect patrimonial que dans celui du développement socio-économique puisque des guides ont été formés. Enfin, valoriser le patrimoine de la ville nécessitait un renouvellement de la signalétique pour identifier les éléments et mettre en évidence la qualité historique de la ville. La nouvelle signalétique comprenait la pose de plus de quatre-vingt-cinq plaques d’acier comportant un bref historique des immeubles les plus importants. De plus, Pondichéry, comme de nombreuses villes de France, avait les noms de rues sur des plaques d’émail bleu et blanc. Ce programme a permis la réinstallation d’environ trois cents plaques.

Exemple de signalétique des rues et monuments [10]

Afin de proposer un plan de développement durable, le programme Asia Urbs a associé le patrimoine à un ensemble de projets visant à améliorer la qualité de vie par une gestion de l’environnement urbain.

Trois projets ayant pour objectifs non seulement de rendre la ville plus attractive pour le tourisme, de sensibiliser, mais aussi d’expérimenter des actions pour améliorer la santé publique et la qualité de vie de la population locale, ont été mis en place.

Le premier consiste en une restauration du marché central ou Grand Bazar et surtout sa modernisation par l’adjonction d’équipements collectifs de base tels des toilettes et des équipements pour la gestion des déchets. Parallèlement, la gestion des déchets a fait l’objet d’un projet d’organisation plus complet avec la réalisation d’un système de tri et de ramassage des déchets « porte-à-porte », ainsi que leur recyclage ou leur transformation en compost. Ce programme revêt non seulement un intérêt écologique, mais répond aussi à une stratégie de développement social. En effet, ce travail revient à un groupe de femmes indépendantes qui collectent également les déchets naturels du marché. Enfin, la forte croissance de la ville, et notamment du parc des véhicules, entraîne un encombrement des rues et une congestion de la circulation, provoquant une augmentation de la pollution. En réponse à ce problème, le programme Asia Urbs a permis l’introduction de véhicules non polluants : un parc de huit voitures électriques de huit places, fonctionnant grâce à une station de recharge électrique, dont l’objectif est de sensibiliser le public à la réduction de la pollution liée à la circulation.

 

La coopération internationale menée dans le cadre du Projet Asia Urbs « Protection du patrimoine pour une amélioration de l’économie et de l’environnement urbain » entre les villes de Pondichéry, d’Urbino et de Villeneuve-sur-Lot est, par sa réussite, un exemple dans le domaine de l’action internationale patrimoniale. Ces opérations de coopération se présentent comme une solution à la sauvegarde du patrimoine colonial, car il permet de mettre en place des mesures de conservation et de protection pérennes en les associant à des programmes de développement urbain. La réussite du projet est aussi significative d’une nouvelle manière de procéder, car le patrimoine est abordé ici, non plus sous l’angle des vestiges d’une domination établie par une puissance coloniale, mais comme une clé de développement touristique, mais aussi économique, social et culturel. Il est à noter que le choix d’une ville italienne pour le volet patrimonial a eu son importance. Comme Urbino n’est pas issu de l’ancienne puissance coloniale, le risque de se méprendre sur les intentions des partenaires en a été considérablement réduit. Du fait de la nature polémique de ce patrimoine, les Indiens auraient pu y voir une volonté de restaurer l’image des anciens colonisateurs. Néanmoins, la France n’ayant pas été la principale puissance coloniale en Inde, ce risque était moins important que dans le cas d’un programme indo-britannique.

Au total, les solutions proposées dans le cadre de coopération internationale témoignent de la possibilité d’utiliser ce patrimoine bâti pour développer les relations entre les pays de façon positive. Elles sont envisageables pour le patrimoine colonial bâti alors que les objets des collections coloniales se trouvent au cœur des contentieux profonds entre les pays.

 


 

[1] Les Cholas sont une dynastie indienne dont l’existence est attestée dès le IIIe siècle avant notre ère. Elle rayonna du 10e au 13e siècle à partir du delta de la Kaveri, au Tamil Nadu (sud-est du pays)

[2] THAPAR Romila, Early India, from the origines to AD 1300, New Delhi, Penguin Books, 2005, page 237.

[3] Plan extrait de : La conservation du patrimoine de Pondichéry, INTACH (2006).

[4] L’INTACH de Pondichéry sera présenté en tant qu’acteur du programme Asia Urbs.

[5] Sources : Intach Pondichéry [en ligne] Intach Pondichéry / activité/ conservation http://intachpondicherry.org/French/conservation.aspx (page consultée le 25 aout 2010).

[6] Il s’agit généralement d’organisme réponds aux statuts des collectivités territoriales

[7] Asia Eco Pro était un autre programme mis en place par la Commission européenne qui vise à promouvoir des produits, procédés et services pour la protection de l’environnement en Asie. Il porte son attention principalement sur les domaines de la gestion des déchets et de l’eau. Il s’est achevé en 2009.

[8] Source : commission européenne / EuropeAid/ [en ligne] http://ec.europa.eu/europeaid/where/asia/regional-cooperation/environment/index_fr.htm (page consulté de 23 août)

[9] Source : Intach Pondichéry [En ligne] Intach Pondichéry/ projets/ Asia Urbs http://intachpondicherry.org/French/asia_urbs.aspx (page consultée le 25 août 2010)

[10] Source : Intach Pondichéry [En ligne] Intach Pondichéry/ projets/ Asia Urbs http://intachpondicherry.org/French/asia_urbs.aspx (page consultée le 25 août 2010)