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Article UNESCO: « Le Comité du patrimoine mondial s’ouvre sur un appel à sauver les sites culturels pris pour cible. »

UNESCO Director-General, Irina Bokova © UNESCO

UNESCO Director-General, Irina Bokova
© UNESCO

Bonn (Allemagne), 28 juin – Répondre à la menace nouvelle que représentent l’extrémisme violent et le nettoyage culturel : c’est par cet appel à la mobilisation de la communauté internationale que s’est ouvert à Bonn (Allemagne) le Comité du patrimoine mondial. La session se poursuivra jusqu’au 8 juillet sous la présidence de Maria Böhmer, ministre adjointe aux affaires étrangères et députée au Bundestag.

Dans un message vidéo, la chancelière allemande Angela Merkel a rappelé l’importance du patrimoine pour la compréhension des cultures. « Le patrimoine est pris pour cible aujourd’hui. En Syrie, en Iraq, en Libye, au Yémen, au Mali, nous assistons à la destruction brutale et délibérée du patrimoine à une échelle inédite […]. Nous devons agir », a déclaré la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova.

« Contre l’ignorance et la bêtise criminelle, nous devons répondre aussi par la culture, la connaissance, partager les savoirs et la sagesse millénaire islamique, partager le message de Palmyre, la Venise des sables, comme un pont entre l’héritage gréco-romain, l’empire perse et la culture arabe de l’Antiquité jusqu’à nos jours », a poursuivi la Directrice générale avant d’évoquer le lancement par l’UNESCO, en mars à Bagdad (Iraq) de la campagne #UnisPourLePatrimoine [#Unite4Heritage].

« La fureur des organisations terroristes comme Daech en Iraq va au-delà de ce que nous pouvons imaginer », a déclaré pour sa part Maria Böhmer. « Le patrimoine mondial est le fondement de l’existence et de la cohésion des peuples […]. Il nous donne une identité sociale », a-t-elle ajouté avant d’en appeler au rôle de la culture pour construire la paix.

Hao Ping, le Président de la Conférence générale de l’UNESCO, et Mohamed Sameh Amr, Président du Conseil exécutif de l’UNESCO, ont exprimé l’engagement des Etats membres de l’UNESCO à protéger les sites menacés.

La séance d’ouverture du Comité a également été l’occasion pour les participants du Forum international des jeunes experts, organisé du 18 au 29 juin à Coblence et Bonn, de présenter la Déclaration qu’ils ont adoptée et dans laquelle ils appellent notamment les Etats parties à intégrer des programmes éducatifs liés au patrimoine mondial dans les cursus scolaires nationaux.

Les 36 sites proposés pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au cours de cette session sont les suivants (par ordre de présentation des propositions d’inscription. Cet ordre est susceptible de changer pendant le Comité) :

Sites naturels :

  •  Aires protégées de la Région florale du Cap [extension du bien « Aires protégées de la région florale du Cap »] (Afrique du Sud)
  • Parc national marin de Sanganeb et Parc national marin de la baie de Dungonab-île de Mukkawar (Soudan)
  • Paysages de la Dauria (Mongolie/Fédération de Russie)
  • Complexe des forêts de Kaeng Krachan (Thaïlande)
  • Parc national de Phong Nha – Ke Bang [extension du « Parc national de Phong Nha-Ke Bang »] (Viet Nam)

Sites mixtes (naturels et culturels) :

  • Montagnes Bleues et monts John Crow (Jamaïque)

Sites culturels

  • Paysage culturel de Thimlich Ohinga (Kenya)
  • Nyero et autres sites d’art rupestre géométrique de chasseurs-cueilleurs d’Ouganda oriental (Ouganda)
  • Site du baptême « Béthanie au-delà du Jourdain » (Al-Maghtas) (Jordanie)
  • Art rupestre de la région de Hail en Arabie saoudite (Arabie saoudite)
  • Sites du tusi (Chine)
  • Suse (République islamique d’Iran)
  • Sites de la révolution industrielle Meiji au Japon : sidérurgie, construction navale et extraction houillère (Japon)
  • Grande montagne Burkhan Khaldun et son paysage sacré environnant (Mongolie)
  • Aires historiques de Baekje (République de Corée)
  • Jardin botanique de Singapour (Singapour)
  • Paysage culturel de Maymand (République islamique d’Iran)
  • Christianfeld, une colonie morave (Danemark)
  • Paysage de chasse par force de Zélande du Nord (Danemark)
  • Sites de l’âge des Vikings en Europe du Nord (Danemark, Allemagne, Islande, Lettonie, Norvège)
  • Climats du vignoble de Bourgogne (France)
  • Coteaux, maisons et caves de Champagne (France)
  • Speicherstadt et le quartier Kontorhaus avec la Chilehaus (Allemagne)
  • Cathédrale de Naumburg et le paysage des rivières la Saale et de l’Unstrut-Territoires de pouvoir au Moyen Age classique (Allemagne)
  • Nécropole de Bet She’arim – Un haut lieu du renouveau juif (Israël)
  • Palerme arabo-normande et les cathédrales de Cefalù et Monreale (Italie)
  • Site du patrimoine industriel de Rjukan-Notodden (Norvège)
  • Paysage culturel viticole et vinicole de La Rioja et de la Rioja alavaise (Espagne)
  • Paysage culturel de la forteresse de Diyarbakir et des jardins de l’Hevsel (Turquie)
  • Pont du Forth (Royaume-Uni)
  • Missions de San Antonio (Etats-Unis)
  • Monastère de Ghélati [modification des limites du bien « Cathédrale de de Bagrati et monastère de Ghélati »] (Géorgie)
  • Chemins de Saint-Jacques du nord de l’Espagne [extension du bien « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle] (Espagne)
  • Ephèse (Turquie)
  • Aqueduc de Padre Tembleque, complexe hydraulique de la Renaissance en Amérique (Mexique)
  • Paysage culturel industriel de Fray Bentos (Uruguay)

 

Le Comité examinera également l’état de conservation de 94 sites déjà inscrits et des 46 sites figurant sur la Liste du patrimoine mondial en péril au cours de sa session dont les travaux seront retransmis en ligne.

Une série d’événements aura lieu en parallèle de cette session, notamment le lancement le 29 juin de la Coalition mondiale pour la protection du patrimoine culturel « #UnisPourLePatrimoine ».

***

Les documents relatifs aux travaux du Comité peuvent être consultés en ligne

Pour suivre la retransmission en direct du Comité

Contacts médias :

Isabelle Le Fournis, Service de presse de l’UNESCO, i.le-fournis@unesco.org,

 +33 (0) 6 12 19 74 01 ou +49 157 84 30 55 04

Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, a.bardon@unesco.org, +33 (0) 6 80 24 13 56 ou +49 157 84 58 39 48

Suivez le Comité sur #PatrimoineMondial et sur https://www.facebook.com/unescofr

***

source: UNESCO, news, »Le Comité du patrimoine mondial s’ouvre sur un appel à sauver les sites culturels pris pour cible » [En Ligne] http://fr.unesco.org/news/comite-du-patrimoine-mondial-s-ouvre-appel-sauver-sites-culturels-pris-cible#sthash.0sBjlYsn.dpuf (page consultée le 29/06/2015)

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juin 29, 2015   No Comments

Article France24 : »L’organisation de l’État islamique truffe d’explosifs le site antique de Palmyre en Syrie. »

© Ho, Welayat Homs, AFP | Capture d'écran d'une vidéo de propagande diffusée par l'EI montrant le drapeau jihadiste flottant sur le site antique.

© Ho, Welayat Homs, AFP | Capture d’écran d’une vidéo de propagande diffusée par l’EI montrant le drapeau jihadiste flottant sur le site antique.

Les jihadistes de l’organisation de l’État islamique ont miné le site antique de Palmyre, a rapporté dimanche l’OSDH. Une situation qui fait craindre une catastrophe archéologique.

Le site antique de Palmyre, au centre de la Syrie, est désormais truffé de mines et d’explosifs, a alerté, dimanche 21 juin, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Les jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI) ont miné ce site inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité, faisant craindre un désastre archéologique.

Le directeur des Antiquités syriennes, Maamoun Abdel Karim, a indiqué avoir « reçu des premières informations d’habitants qui confirment ces informations. […] L’EI a truffé les temples de mines », a-t-il déclaré à l’AFP. « Nous sommes inquiets », a-t-il ajouté, appelant « les habitants de Palmyre, les chefs des tribus, les religieux et les hommes de culture à intervenir pour empêcher [la répétition, NDLR] de ce qui s’est passé dans le nord de l’Irak ».

Mais il n’était pas clair dans l’immédiat si l’intention des jihadistes était de menacer de s’en prendre à la ville antique pour empêcher les forces syriennes d’avancer ou  de faire sauter quoi qu’il arrive le site réputé pour ses colonnades torsadées romaines, ses temples et ses tours funéraires, a précisé l’OSDH.

« L’armée interviendra, y compris à Palmyre »

Une source au sein des services de sécurité syriens a assuré que le régime ne serait pas sensible à un tel chantage. « L’armée interviendra dans toutes les régions où se trouvent les terroristes pour les en chasser, y compris à Palmyre », a-t-elle affirmé à l’AFP.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme, (OSDH) a précisé que le régime syrien avait déjà mené de nombreuses frappes aériennes contre les quartiers résidentiels de Palmyre ces dernières 72 heures, faisant au moins 11 morts.

Déjà tristement célèbres pour leurs destructions irrémédiables de trésors archéologiques en Irak, les jihadistes risquent d’effacer de la carte le joyau du désert syrien, et avec lui un pan de l’histoire du pays.

En avril, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montrait des jihadistes de l’EI détruire à coups de bulldozers, de pioches et d’explosifs le site archéologique irakien de Nimroud, joyau de l’empire assyrien fondée au XIIIe siècle avant J.-C..

Avec AFP

 

source: France24, Moyen Orient, Syrie, « L’organisation de l’État islamique truffe d’explosifs le site antique de Palmyre en Syrie. » [En ligne] http://www.france24.com/fr/20150621-syrie-site-antique-palmyre-truffe-explosifs-ei-jihadiste-mines (page consultée le 22/06/2015)

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juin 22, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS: »La Directrice générale de l’UNESCO condamne les destructions au site de Nimrud. »

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, condamne les nouvelles destructions du site archéologique de Nimrud, mises en scène dans une vidéo circulant sur les médias sociaux.

© Creative Commons - Le Lamassu de Nimrud au nord-ouest du Palais d'Assurnasirpal II, Iraq.

© Creative Commons – Le Lamassu de Nimrud au nord-ouest du Palais d’Assurnasirpal II, Iraq.

« Je condamne cet acte de folie destructrice, qui marque une nouvelle escalade dans l’horreur. Il confirme que les terroristes ne se limitent pas à détruire les représentations figurées, bas-reliefs et statues, mais aussi le site lui-même et ses murs, à coups de pioches et d’explosifs, dans le but d’effacer systématiquement toute trace de l’histoire du peuple iraquien. »

La Directrice générale a exprimé sa solidarité avec le peuple et le gouvernement de l’Iraq et rappelé l’action de l’UNESCO pour la protection du patrimoine et pour coordonner les efforts de la communauté internationale dans la lutte contre le trafic illicite des objets culturels.

« La destruction délibérée du patrimoine est un crime de guerre. Nous mettons tout en œuvre pour lutter contre ces destructions et les documenter pour que les auteurs soient identifiés et traduits en justice, » a déclaré Irina Bokova.

« Face à la propagande de haine qui sous-tend ces destructions et qui circule sur internet, nous devons aussi répondre par des messages de paix et la connaissance de l’histoire. L’UNESCO soutient toutes celles et ceux, en Iraq et ailleurs, qui se mobilisent par tous moyens pour expliquer la valeur de ce patrimoine et rappeler que rien ne peut justifier sa destruction. Cette action sur les consciences est complémentaire de l’action de terrain, et j’invite les leaders politiques et religieux, la société civile, à s’exprimer sur tous les supports, dans le cadre de la campagne #Unite4Heritage, récemment lancée par l’UNESCO. »

L’UNESCO avait dénoncé la destruction du site de Nimrud le 6 mars dernier. Ces nouvelles images témoignent de la destruction totale de la partie nord-ouest du Palais d’Assurnasirpal II (datant de 879 avant J.-C.) dans le site de Nimrud (Kalhu, ancienne capitale de l’empire assyrien), situé à 32 km au sud de Mossoul, et de la destruction de sculptures et de dalles de pierre sculptées de l’époque néo-assyrienne.

L’UNESCO coopère activement avec le gouvernement de l’Iraq, avec les Etats voisins et l’ensemble de ses partenaires pour la protection de ce patrimoine millénaire de l’humanité.

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, » La Directrice générale de l’UNESCO condamne les destructions au site de Nimrud »[En Ligne] http://www.unesco.org/
new/fr/media-services/single-view/news/unesco_director_general_condemns_destruction
_at_nimrud/#.VS6Kb_msWCk
 (page consultée le 15/04/2015)

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avril 15, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS : »La communauté internationale apporte son soutien à la campagne #Unite4Heritage de l’UNESCO à Tombouctou. ».

Les Ambassadeurs du Maroc, de l’Afrique du Sud, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne et de la Suisse ainsi que les représentants de USAID, la MINUSMA et la Banque mondiale ont apporté leur soutien à la campagne de l’UNESCO #Unite4Heritage lors de la visite qu’ils ont effectuée sur le site du patrimoine mondial de Tombouctou. Cette campagne a été lancée à Bagdad le 28 mars pour contribuer à soutenir le patrimoine là où il est menacé par le sectarisme et la violence extrême.

© UNESCO/Emmanuelle HernandezInternational community supports UNESCO’s #Unite4Heritage campaign in Timbuktu, Mali

© UNESCO/Emmanuelle HernandezInternational community supports UNESCO’s #Unite4Heritage campaign in Timbuktu, Mali

Les visiteurs, épaulés par des maçons locaux, ont posé une brique symbolique pour la reconstruction des  mausolées de Tombouctou. La visite était organisée par l’UNESCO en coopération avec les autorités du Mali et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali(MINUSMA).

La reconstruction des monuments du patrimoine mondial de Tombouctou est entrée dans sa dernière phase. Lancée en mars de l’année dernière, la réhabilitation des 14 mausolées détruits par des groupes armés en 2012 devrait prendre fin en juillet 2015.

Cette dernière phase concerne trois mausolées situés dans le cimetière des trois saints (Cheick Sidi Ben Amar, Cheick Abdoul Kasim Al Taouati, et Cheick Sidi El Mikki), les mausolées Alpha Moya, Sidi Mahmoud, El Moctar Al Kounti, El Boukkou et d’autres répartis à travers la ville et ses alentours.

La mise en œuvre de cette dernière phase de reconstruction s’appuie sur des études techniques et architecturales ainsi que sur l’élaboration d’un dossier technique réalisé en amont par les architectes. Ce dossier permet aux maçons locaux de rester fidèles aux techniques traditionnelles de construction et de respecter l’intégrité de ces monuments inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Le but de cette démarche était également de placer les communautés de Tombouctou au cœur du processus de réhabilitation et de conserver toute la valeur patrimoniale de ces mausolées pour les populations locales.

Les travaux constituent l’aboutissement du Plan d’Action mis en place par l’UNESCO et le Mali en février 2013, avec l’appui de la France. Cette stratégie a permis de mobiliser de nombreux partenaires financiers tels que la Suisse et l’Union européenne, dont les contributions garantissent la réalisation et la coordination des travaux. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) apporte en outre son soutien logistique dans le cadre de cette action.

Les mausolées qui composent le site du patrimoine mondial  témoignent de l’âge d’or de Tombouctou en tant que centre économique, intellectuel et spirituel au 15e et 16e siècle. Ces monuments sont aussi des témoignages exceptionnels de l’architecture de terre dont l’entretien, jusque-là assuré par les habitants, a été délibérément interrompu pendant l’occupation de la ville. Seize de ces monuments font partie du site malien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.

***

Contact médias: Oumou Sanogo, Bureau de l’UNESCO à Bamako,o.sanogo(at)unesco.org, + 223 795688817 (portable)

Galerie photo : http://www.unesco.org/new/en/media-services/multimedia/photos/photo-gallery-reconstruction-of-mausoleums-starts-in-timbuktu-mali/

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, »  La communauté internationale apporte son soutien à la campagne #Unite4Heritage de l’UNESCO à Tombouctou »[En Ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/
news/international_community_supports_unescos_unite4heritage_campaign_in_timbuktu/
#.VS0eNPmsVNM
(page consultée le 14/04/2015)

 

 

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avril 14, 2015   No Comments

Article TV5 Monde: »L’ONU condamne la « destruction » par l’EI de la cité antique de Hatra. »

Vue de la cité antique de Hatra, en Irak, le 21 avril 2003 afp.com - Philippe Desmazes

Vue de la cité antique de Hatra, en Irak, le 21 avril 2003
afp.com – Philippe Desmazes

L’ONU a dénoncé samedi la « destruction » de la cité antique de Hatra dans le nord de l’Irak par le groupe jihadiste de l’Etat islamique (EI) qui depuis plusieurs semaines s’emploie à démolir les trésors du patrimoine irakien.

Dans le même temps, les combattants de ce groupe ultraradical résistent à l’offensive, entrée dans son sixième jour, des forces irakiennes pour reprendre la ville de Tikrit, située entre Bagdad et Mossoul dans le nord de l’Irak.

Soumis à la pression conjuguée des forces irakiennes au sol et de la coalition internationale dans les airs, l’EI multiplie exactions, destructions et pillages dans les zones sous son contrôle notamment dans la région de Mossoul et ses environs.

Après avoir réduit en miette d’inestimables collections du musée de Mossoul, puis les joyaux architecturaux de Nimroud, ville phare de l’empire assyrien, l’EI s’en est pris à Hatra, une cité vieille de 2000 ans inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco située à 100 km au sud de Mossoul, selon l’UNESCO.

« La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak », a dit dans un communiqué la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.

Ce sont « des sources officielles » qui ont rapporté « la destruction du site du patrimoine mondial de Hatra », a ajouté le communiqué.

Le ministère irakien du Tourisme et des Antiquités a lui aussi condamné la « destruction » de Hatra, sans néanmoins être en mesure de confirmer cette information colportée par des médias kurdes irakiens.

– Bataille de Tikrit –

Selon un parlementaire de la province de Ninive (nord), Mohammed Nouri, « jusqu’à présent on ne peut pas affirmer de source sûre que Hatra a été détruite. Hatra est quelque peu isolée, et il n’y a pas d’habitants dans les environs. Je n’ai entendu parler d’une personne qui aurait été témoin des destructions ».

L’ONU avait qualifié ces destructions de « crimes de guerre » et d’une « attaque contre l’Humanité ».

Hatra, comme Nimroud, se situe entre Mossoul et Tikrit, ville autour de laquelle des dizaines de milliers de membres des forces irakiennes sont déployés depuis lundi dans la plus grande contre-offensive jamais lancée depuis l’assaut de l’EI en Irak en juin 2014.

Pour le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, il ne s’agit que d’une question de temps pour reprendre Tikrit notamment grâce à la mobilisation de quelque « 23.000 » soldats et miliciens déployés face à des « centaines » de combattants de l’EI.

S’adressant à des journalistes dans l’avion qui l’a mené à Bahreïn, avant un passage prévu en Irak, il a aussi mis en avant la campagne aérienne de la coalition internationale dirigée par Washington contre des positions de l’EI ailleurs en Irak.

M. Dempsey est en outre attendu sur le porte-avion français Charles de Gaulle, qui croise dans le Golfe dans le cadre de cette coalition.

En six jours de combats pour la bataille de Tikrit, le gouvernement irakien n’a fourni aucun bilan, mais des habitants de localités proches ont fait état de passages réguliers de convois transportant des victimes.

Dans une vidéo diffusée sur des comptes Twitter pro-EI, on peut voir les corps de sept hommes, décrits comme des « pro-gouvernementaux », pendus à un pont à Hawija, à 75 km au nord-est de Tikrit.

– Soldat canadien tué –

Les forces armées se rapprochaient de Tikrit en certains endroits. Il y a des « combats acharnés » dans la cité d’Al-Dour, à 20 km au sud de Tikrit, « avec le soutien aérien de l’armée », selon l’armée.

Sur le front ouest, dans la province d’Al-Anbar contrôlée en partie par l’EI, la coalition a mené 26 frappes ces deux dernières semaines, contribuant à bouter les jihadistes hors d’Al-Baghdadi, localité proche de la base aérienne d’Al-Assad où 300 militaires américains entraînent les forces irakiennes, selon l’armée américaine.

Plusieurs pays ont envoyé des soldats au sol en Irak, afin de former les forces locales. Un soldat canadien a été tué et trois blessés vendredi, après avoir été « pris par erreur pour cible par les forces kurdes », selon le ministère canadien de la Défense.

Toujours à Al-Anbar, une offensive a été lancée cette semaine pour reprendre Karma, à une dizaine de km au nord-est de Fallouja, un bastion de l’EI.

Par Mahmud Saleh
© 2015 AFP
Mise à jour 07.03.2015 à 22:30

source:TV5 Monde, information,en continu, culture/ art de vivre, « L’ONU condamne la « destruction » par l’EI de la cité antique de Hatra » [En Ligne] http://information.tv5monde.com/en-continu/irak-l-unesco-denonce-la-destruction-par-l-ei-de-la-cite-antique-de-hatra-20738 (page consultée le 08/3/2015)

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mars 8, 2015   No Comments

Article TV5 Monde: « Les manuscrits de Tombouctou, un trésor qui tarde à retrouver son écrin. »

Les archivistes numérisent et classent laborieusement dans un ordinateur les précieux parchemins entassés sur des étagères métalliques. Rescapés des outrages du temps et de la fureur jihadiste, les manuscrits de Tombouctou risquent de dépérir, loin de leur légendaire cité malienne.

Cela restera un des épisodes marquants de cette résistance silencieuse au joug des jihadistes dans le nord du Mali exaltée par le film « Timbuktu », qui a triomphé aux Césars français du cinéma: l’évacuation clandestine en 2012 vers Bamako, la capitale du Mali, de centaines de milliers de manuscrits anciens, trésor culturel de l’islam d’Afrique subsaharienne.

L’immense majorité des documents se trouvait donc à l’abri lorsque les islamistes ont incendié le nouveau bâtiment de l’Institut de recherches islamiques Ahmed Baba en janvier 2013 à Tombouctou, en brûlant près de 4.200, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), juste avant de fuir la ville face à l’avancée de l’armée française venue soutenir le gouvernement central.

« C’est moi-même qui ai amené les manuscrits ici », raconte sobrement Mohammed al-Kadi Maïga, un bibliothécaire de l’Institut Ahmed Baba qui veille à leur préservation à Bamako, après avoir personnellement organisé trois passages clandestins de milliers de traités d’astronomie, de physique, de chimie ou de littérature, dissimulés dans des malles, des sacs à dos, des sacs de riz…

« On a vu en Irak: les manuscrits et le patrimoine ont été saccagés » après l’invasion américaine de 2003, dit-il pour expliquer la décision du personnel de l’Institut et des familles de Tombouctou détentrices de collections séculaires de les soustraire à la furie jihadiste.

« S’ils nous avaient arrêtés, peut-être qu’ils nous auraient coupé les mains », frémit rétrospectivement Mohammed al-Kadi Maïga, fier de parler avec ses collègues en arabe classique, langue elle aussi revendiquée par les temporaires maîtres extrémistes de Tombouctou pour imposer leur autorité aux diverses populations du Nord.

– Retour hasardeux –

Selon le représentant de l’Unesco au Mali, Lazare Eloundou, « il y a au moins 370.000 manuscrits qui ont été exfiltrés de Tombouctou et de sa région ».

Il déplore en revanche « une perte inestimable » pour les quelque 4.200 partis en fumée, précisant que « les manuscrits qui ont été brûlés, détruits, étaient les manuscrits qui étaient en salle de restauration ».

« Ceux qui détruisent, détruisent pour imposer aux communautés qui sont dans les territoires qu’ils occupent leur propre conception de la vie, de la culture, de la religion, pour mieux dominer ces populations », estime le représentant de l’Unesco: « Quand on veut effacer votre passé, ça veut dire que vous n’avez jamais existé avant ».

Cette mine de savoir encore largement inexplorée recèle des manuscrits remontant pour certains jusqu’au XIIe siècle.

Dans le bâtiment improvisé de l’Institut Ahmed Baba à Bamako, une copie de biographie du prophète Mohammed du XIIe siècle côtoie ainsi un Coran en écriture haoussa du XVIIIe siècle, près d’un exemplaire du traité de Madrid de 1880 sur les protections consulaires accordées par le Maroc aux représentants de pays occidentaux.

Mais pour survivre, ce patrimoine devra regagner Tombouctou, un chemin du retour aussi périlleux que l’aller, préviennent les spécialistes.

« Il est impératif de renforcer les conditions de conservation des manuscrits anciens actuellement à Bamako face aux risques de détérioration rapide auxquels ils sont exposés », ont conclu les participants à une conférence internationale sur ce thème dans la capitale malienne fin janvier, appelant à « l’adoption d’un plan d’urgence ».

« Faire retourner les manuscrits à Tombouctou, c’est une obligation, c’est un devoir, on est obligés un jour de retourner à Tombouctou. Mais quand? C’est ça le point d’interrogation », reconnaît le directeur de l’Institut Ahmed Baba, Abdel Kadri Idrissa Maïga.

« Il faut d’abord réhabiliter les locaux pour que ces locaux soient appropriés à recevoir ces manuscrits. Il faut avoir aussi le maximum de sécurité », souligne-t-il, alors que les violences et l’instabilité augmentent dans le nord du pays.

 

Par Selim SAHEB ETTABA
© 2015 AFP
Mise à jour 26.02.2015 à 10:30
source:TV5 Monde, information,en continu, culture/ art de vivre, « Les manuscrits de Tombouctou, un trésor qui tarde à retrouver son écrin. » [En Ligne]
http://information.tv5monde.com/en-continu/les-manuscrits-de-tombouctou-un-tresor-qui-tarde-retrouver-son-ecrin-1862 (page consultée le 26/02/2015)
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février 26, 2015   No Comments

Article UNESCOPRESS: »La Conférence de Bamako s’inquiète du sort des manuscrits anciens du Mali et propose ses mesures d’urgence. »

Il est impératif de renforcer les conditions de conservation des manuscrits anciens actuellement à Bamako face aux risques de détérioration rapide auxquels ils sont exposés. Tel est le premier constat des participants à la Conférence internationale sur les manuscrits anciens organisée du 28 au 30 janvier dans la capitale malienne. Ils ont demandé l’adoption d’un plan d’urgence pour la sauvegarde de ces manuscrits exfiltrés de Tombouctou en 2012 et transportés dans l’urgence à Bamako, où ils se trouvent toujours.

© UNESCO Safeguarding Mali’s ancient manuscript collections

© UNESCO Safeguarding Mali’s ancient manuscript collections

A l’issue de la conférence, les universitaires, responsables d’institutions culturelles, représentants des autorités religieuses et des communautés locales, décideurs politiques, historiens et chercheurs présents ont souligné la nécessité de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés – notamment les familles détentrices et les bibliothèques privées de Tombouctou – afin de dresser un état des lieux exhaustif sur l’ensemble de ce patrimoine documentaire du Mali, et de renforcer les mesures de conservation. Parmi les mesures à prendre d’urgence : la confection de boitiers pour les manuscrits et l’accélération de leur numérisation. Ils ont également demandé le renforcement du cadre législatif et institutionnel sur le statut des manuscrits.

Le document final adopté à l’issue de la Conférence préconise également la rénovation de l’Institut des Hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba et des bibliothèques privées afin de préparer le retour des manuscrits vers leurs lieux de conservation d’origine, appelle au renforcement des moyens de lutte contre le trafic illicite des manuscrits, et à une plus grande facilité d’exploitation des manuscrits par les chercheurs nationaux et internationaux.

Intitulée « Les manuscrits anciens face aux défis de l’heure », la Conférence était organisée par le bureau de l’UNESCO à Bamako, le ministère malien de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l’Institut des Hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba, en partenariat avec le ministère malien de la culture, de l’artisanat et du tourisme.

En 2012 et 2013, l’occupation des régions du nord du pays par des groupes armés s’est traduite par d’importants dégâts causés au patrimoine culturel, notamment aux manuscrits anciens. A l’Institut Ahmed Baba, 4203 de ces manuscrits ont ainsi été brûlés ou volés. Près de 90% de ces documents ont pu être sauvés grâce à l’action de la population organisée autour de l’ONG Sauvegarde et valorisation des manuscrits pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI), partenaire de la Conférence.

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Pour plus d’information : www.cimam-2015.org

Contacts médias :

Agnès Bardon (à Paris), Service de presse de l’UNESCO. Tel : +33 (0) 1 45 68 17 64, a.bardon@unesco.org

Oumou Sanogo, Bureau de l’UNESCO à Bamako, tel : + 223 20 23 34 92/93. Portable : +223 79 56 88 17, o.sanogo@unesco.org

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source:UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, »La Conférence de Bamako s’inquiète du sort des manuscrits anciens du Mali et propose ses mesures d’urgence »[En Ligne]
http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/bamako_heritage
_conference_urges_emergency_action_to_ensure_safeguarding_of_ancient_manuscripts_
of_mali/#.VNCJISuG9NM (page consultée le 03/02/2015

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février 3, 2015   No Comments

Article Culture Box : « Battir, site palestinien épargné par le mur israélien en Cisjordanie. »

La barrière israélienne en Cisjordanie, baptisée « mur de l’apartheid » par ses détracteurs ne passera pas dans le village palestinien de Battir, célèbre pour son antique système d’irrigation romain et ses terrasses agricoles, indiquent des documents de la Cour suprême israélienne publiés dimanche.

Battir, son antique système d'irrigation romain et ses terrasses agricoles © AFP

Battir, son antique système d’irrigation romain et ses terrasses agricoles © AFP

Les habitants de ce village, située au sud-ouest de Jérusalem et à cheval sur la Ligne Verte, avaient saisi en 2012 la justice israélienne contre des plans du ministère de la Défense prévoyant de construire le mur à travers les terrasses, vieilles de plus de 2.000 ans et encore cultivées de nos jours.

Le site, doté d’un antique système d’irrigation romain et terrasses agricoles a été classé en juin « patrimoine mondial en péril » par l’Unesco. Le Cour suprême a annoncé dimanche que le ministère de la Défense affirmait avoir renoncé à construire la barrière à Battir. « A ce stade, la position du ministre de la Défense est que la construction de la barrière à cet endroit, même s’il elle est importante sur le plan sécuritaire, n’est pas une priorité », a affirmé la Cour.

L’Etat devra informer les signataires de la pétition présentée à la Cour suprême au moins 60 jours à l’avance s’il élabore de nouveaux plans de construction dans le secteur. La région de Battir est l’une des dernières, entre le sud de Jérusalem et la Cisjordanie occupée, qui ne soit pas encore bloquée par la barrière.

« Une lueur d’espoir pour un meilleur futur dans notre région »

L’édification de cette barrière, baptisée « clôture de sécurité » par Israël et « mur de l’apartheid » par les Palestiniens, a commencé en 2002 à la suite d’une vague d’attentats palestiniens. Achevée aux deux tiers, elle doit atteindre à terme environ 712 km. Elle se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, dont Jérusalem-Est occupé et annexé, selon l’ONU. La Cour internationale de justice (CIJ) a jugé le 9 juillet 2004 sa construction illégale et exigé son démantèlement, de même que l’Assemblée générale de l’ONU.

L’ONG des Amis de la terre Moyen-Orient (FoEME), qui avait soumis la pétition aux côtés des habitants du village, a qualifié la décision de la Cour de « victoire importante », saluant « une lueur d’espoir pour un meilleur futur dans notre région ». L’Autorité israélienne des Parcs et de la Nature, de même que des colons s’étaient également opposés à la construction du mur à Battir, qui aurait isoler les colonies s’y trouvant, du sud de Jérusalem.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Battir, site palestinien épargné par le mur israélien en Cisjordanie » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/battir-site-palestinien-epargne-par-le-mur-israelien-en-cisjordanie-208729 (page consultée le 05/01/2015)

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janvier 5, 2015   No Comments

Article Culturebox : »En Syrie, 300 sites inestimables détruits par la guerre. »

Près de 300 sites d’une valeur estimable pour l’Humanité ont été détruits, endommagés ou pillés en trois ans de guerre en Syrie, s’alarme l’ONU en se basant sur des images satellitaires.

Le site archéologique d'Apamée aurait été largement pillé © MANUEL COHEN

Le site archéologique d’Apamée aurait été largement pillé © MANUEL COHEN

 

Terre de multiples civilisations, des Cananéens aux Ottomans, la Syrie regorgeait de trésors datant des époques romaine, mamelouk et byzantine, avec des mosquées, des églises et des châteaux croisés. Mais depuis que le pays a sombré dans un brutal conflit armé, ce riche patrimoine a été mis à sac par tous les belligérants -régime, rebelles, jihadistes- et même par les habitants.

« Des régions comme Alep, où les traces de peuplement remontent à 7.000 ans, Damas, le Krak des Chevaliers, Raqa et Palmyre ont subi d’importants dégâts », affirme l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (Unitar), en jugeant « alarmant » son constat. Grâce à son Programme opérationnel pour les applications satellitaires (Unosat), cet institut a analysé 18 zones, où il a repéré 24 sites détruits, 104 ayant subi des dégâts importants et 84 des dommages partiels tandis que 77 autres sont probablement ravagés.

 Milliers d’années perdues

C’est « triste pour la Syrie et pour le monde. L’Humanité est en train de perdre des milliers d’années de patrimoine », a affirmé à l’AFP Einar Bjorgo, le directeur de l’Unosat. Pour l’Unitar, il faut sans tarder « redoubler d’efforts pour sauver le plus possible cet important patrimoine de l’Humanité ».

Parmi les 18 zones citées, six sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco : les vieilles villes d’Alep (nord), de Bosra (sud) et de Damas (centre), les Villes mortes du nord, le Krak des Chevaliers (centre) et Palmyre (est).

Les images satellitaires montrent de manière irréfutable les ravages sur quatre sites. A Alep, l’ex-capitale économique de la Syrie, le minaret seljoukide de la Mosquée des Omeyyades datant du XIe siècle s’est effondré et le célèbre hôtel Carlton a été pulvérisé, laissant la place à un énorme cratère.

L’ONU ne désigne pas les responsables, mais selon Cheikhmous Ali, directeur de l’Association pour la protection de l’archéologie syrienne (Apsa), « chaque fois que régime et rebelles s’emparaient de la Mosquée, ils postaient un tireur embusqué dans le minaret qui finalement a été touché par un raid ». Il rappelle que le souk d’Alep, le plus grand couvert au monde, est aussi sérieusement endommagé.

Sites endommagés répertoriés

Dans l’oasis de Palmyre (Tadmor en arabe), célèbre pour sa colonnade romaine, les images montrent qu’une route a été ouverte par l’armée dans la nécropole, endommageant plusieurs tombeaux. « Longue de près de deux kilomètres, elle vise à faciliter le passage de chars. En tirant, les tanks positionnés tout près de la vallée des Tombeaux fragilisent les tours funéraires », souligne M. Ali, dont l’association, fondée en 2012, répertorie quotidiennement les dégâts.

A Raqa, bastion du groupe extrémiste Etat islamique (EI), une grande partie du mausolée soufi d’Ouwaiss al-Qarani et Ammar Ben Yasser a été détruit. Des ONG ont pointé du doigt l’EI qui considère la pensée soufie comme renégate.

Dans la région de Hassaka (nord-est), l’EI a détruit des statues assyriennes du 1er millénaire, d’après M. Ali. Et à Doura Europos, la « Pompéi du désert », « le site est devenu méconnaissable en raison du pillage », indique l’institut, images à l’appui. Des statues, des poteries et des perles byzantines y ont été subtilisées, selon Apsa.

En outre, Apamée (centre), joyau archéologique romain célèbre pour son cardo maximus (l’axe principal de la ville), a été largement pillé. Apsa y a répertorié 14.000 trous de fouilles sauvages, précisant que 18 mosaïques volées avaient été saisies au Liban. Selon l’association, des fouilles sauvages ont été également ont été aussi repérées à Mari, cité mésopotamienne dans le sud-est de Syrie.

« Une catastrophe »

Transformé en une position rebelle bombardée par le régime, le Krak des Chevaliers, imposant château croisé perché sur une colline près de Homs, a perdu quelques façades et toitures. L’ONU cite également le site d’Ebla (nord-ouest), un des plus anciens royaumes de la Syrie antique, où des tunnels ont été creusés sur le site selon Apsa.

« Le danger en Syrie est pire que ce qu’a connu l’Irak. Ici, les sites sont transformés en casernes militaires ou en champs de bataille », se désole M. Ali. Tandis que dans les Villes mortes, ce sont des « déplacés qui ont cassé des pierres anciennes pour se construire des maisons ». « C’est une catastrophe, une perte inestimable pour l’Humanité », conclut l’expert.

 

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « En Syrie, 300 sites inestimables détruits par la guerre » [En Ligne]http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/en-syrie-300-sites-inestimables-detruits-par-la-guerre-208177 (page consultée le 23/12/2014)

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décembre 23, 2014   No Comments

Article UNECOPRESS: « Appel à la mobilisation en faveur du patrimoine iraquien. »

Le patrimoine iraquien est gravement menacé et il y a urgence à le protéger. C’est ce qui est ressorti du colloque organisé à l’UNESCO le 29 septembre à l’initiative des Délégations de la France et de l’Iraq auprès de l’Organisation.

Intitulé « Le patrimoine iraquien en danger : comment le protéger ? », le colloque – ouvert par la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, Philippe Lalliot, Ambassadeur, Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO, et Mahmoud Al-Mullakhalaf, Ambassadeur, Délégué permanent d’Iraq auprès de l’UNESCO – a d’abord dressé un état des lieux du patrimoine culturel en Iraq avant d’envisager les différents moyens de le protéger.

Car il y a urgence. Des sites culturels iraquiens, comme la tombe du prophète Jonas à Mossoul ou des palais assyriens ainsi que des églises et d’autres monuments, ont été détruits et pillés et il est à craindre que les biens culturels illégalement acquis viennent alimenter le trafic illicite. Protéger ce patrimoine, même en temps de guerre, est un impératif fondamental ont insisté les participants.

« Nous pouvons éprouver des scrupules à dénoncer les crimes perpétrés contre le patrimoine alors que les pires horreurs sont commises contre les hommes. Quand les morts se comptent par dizaines de milliers, faut-il se préoccuper du nettoyage culturel ? Oui, certainement oui », a assuré Philippe Lalliot. « Car l’anéantissement du patrimoine qui porte l’identité d’un peuple et l’histoire d’un pays n’est pas un dommage collatéral ou secondaire dont nous pourrions nous accommoder. Il relève en effet de la même logique que l’anéantissement des hommes ».

Le conflit actuel, ont martelé les participants, est aussi une guerre contre la culture, et partant, contre l’identité de tout un peuple.

« Les patrimoines culturels islamique, chrétien, kurde, juif – entre autres – sont intentionnellement détruits ou attaqués dans ce qui apparaît très clairement comme une forme de nettoyage culturel », a mis en garde Irina Bokova. « Nous craignons l’ampleur du trafic illicite des biens culturels, dont l’Iraq n’a déjà que trop souffert au cours de la dernière décennie ».

S’il n’existe pas de statistiques sur l’ampleur de ce trafic, il est à redouter que beaucoup de statues et autres vestiges ne se trouvent déjà entre les mains de marchands d’art peu scrupuleux.

« Daesh [un des acronymes des groupes islamistes extrémistes en Iraq] fait des fouilles pour vendre (des objets) sur les places européennes et asiatiques par l’intermédiaire des pays alentours. Ces ventes financent le terrorisme », a déploré Qais Hussein Rashied, Directeur du musée de Bagdad, qui a précisé que certaines pièces inestimables, vieilles parfois de 2000 ans, ont d’ores et déjà quitté le pays.

« Protéger le patrimoine culturel iraquien doit faire partie intégrante des efforts réaliser pour consolider la paix », a assuré pour sa part Mahmoud Al-Mullakhalaf, qui a appelé tous les Etats signataires des Conventions de l’UNESCO, notamment la Convention de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, celle de 1970 sur le trafic illicite des biens culturels et celle sur 1972 sur le patrimoine mondial, « à lutter contre le terrorisme, le vaincre et nous aider à restaurer notre patrimoine ».

Face à l’ampleur de cette menace, une réponse concertée de la communauté internationale est cruciale. A cet égard, les participants ont salué les initiatives prises ces derniers mois par l’Organisation pour alerter sur la menace qui pèse sur le patrimoine iraquien et pour mobiliser la communauté internationale.

En collaboration avec les autorités iraquiennes, l’UNESCO a en effet appelé à la plus grande vigilance les principaux musées du monde, le marché de l’art, Interpol et d’autres organisations partenaires envers les objets pouvant provenir du pillage. L’Organisation a également partagé les informations pertinentes à sa disposition avec les Etats major engagées dans les frappes aériennes.

L’UNESCO a également appelé le Conseil de sécurité à adopter une résolution en vue d’interdire tout commerce des objets culturels iraquiens et syriens.

Le 17 juillet dernier, l’UNESCO a rassemblé au siège les principaux experts et partenaires pour le lancement d’un Plan d’action d’urgence pour la sauvegarde du patrimoine iraquien.

Enfin, plus récemment, le 22 septembre, la Directrice générale de l’UNESCO a pris part au Metropolitan Museum of Art de New York, au côté du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, à un événement intitulé Patrimoine en péril : l’Iraq et la Syrie destiné à mettre en avant les efforts consentis pour protéger et préserver le patrimoine culturel iraquien et syrien.

source: UNESCO, ressources, service de presse, dernières actualités, « Appel à la mobilisation en faveur du patrimoine iraquien » [En ligne] http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/a_call_to_save_iraqs_cultural_heritage/#.VC6Sevl_tNM (page consultée le 03/10/2014)

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octobre 3, 2014   No Comments