Quand le patrimoine est source de controverses
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Category — veille coopération muséale

Article CultureBox : »Après Palmyre : le Louvre chargé par Hollande d’une mission sur la protection du patrimoine lors des conflits armés. »

Le musée du Louvre à Paris. © Philippe Lissac / Photononstop

Le musée du Louvre à Paris. © Philippe Lissac / Photononstop

Le président du Louvre va réfléchir aux moyens de protéger les biens culturels lors de conflits armés, a annoncé mardi 25 août François Hollande après l’annonce de nouvelles destructions dans la cité antique de Palmyre, en Syrie, parle groupe Etat islamique (EI).

Daech (acronyme en arabe de l’EI) détruit les biens communs de l’humanité », a relevé le chef de l’Etat devant les ambassadeurs français réunis à Paris, en condamnant la destruction dimanche à Palmyre du temple de Baalshamin et la décapitation de l’ancien chef des Antiquités de la ville.

« Nous devons agir »

Les jihadistes veulent « terroriser par les images », « montrer qu’il n’y a aucune limite à la barbarie », a-t-il estimé. « Nous devons agir : j’ai décidé de confier au Président du Louvre, Jean-Luc  Martinez, une mission sur la protection des biens culturels dans les conflits armés ».

Mais il faut, selon le président, aussi « lutter contre les trafics  (d’oeuvres d’art) qui nourrissent le financement du terrorisme ». « Derrière les  destructions de biens culturels, il y a aussi un commerce », a-t-il souligné.

Le musée du Louvre, l’un des plus visités au monde, comprend un important  département consacré aux civilisations antiques orientales.

Le 25 août l’EI publie les photos des destructions 

Les jihadistes de l’EI, qui contrôlent Palmyre depuis mai, ont placé dimanche des explosifs dans le temple de Baalshamin érigé à partir de l’an 17 et classé au patrimoine mondial de l’humanité. Aujourd’hui, le 25 août, ils ont publié des photos montrant la destruction du temple : une série d’images montrent des militants plaçant de petits récipients cylindriques contenant probablement des explosifs à l’intérieur du temple ainsi que sur des colonnes. Les photos montrent également une énorme explosion, puis un amas de décombres sur ce qui semble être l’emplacement du temple.

La semaine dernière, ils avaient  décapité l’ancien chef des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Assaad, 82 ans. L’EI considère les oeuvres religieuses pré-islamiques, notamment les  statues, comme de l’idolâtrie. Il a pour cette raison déjà détruit plusieurs joyaux archéologiques en Irak. En Syrie, plus de 300 sites historiques ont été endommagés, détruits ou pillés au cours du conflit débuté il y a plus de quatre ans, selon l’ONU.

source: Culture Box, actu, exposition, patrimoine, » Après Palmyre : le Louvre chargé par Hollande d’une mission sur la protection du patrimoine lors des conflits armés » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/apres-palmyre-le-louvre-charge-dune-mission-sur-la-protection-du-patrimoine-226215 (page consultée le 27/08/2015)
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août 27, 2015   No Comments

ARticle CultureBox: »Saccages archéologiques : Hollande annonce une « grande exposition » sur la Mésopotamie au Louvre-Lens en 2016. »

En réaction au saccage de sites archéologiques et de musées par le groupe État islamique et le régime syrien, François Hollande a annoncé mercredi que le Louvre organiserait l’an prochain à Lens une « grande exposition » sur la Mésopotamie, en collaboration avec l’Irak.

Temple hellénistique de Mrn dans la cité d'Hatra, en Irak (octobre 2010) © Hubert Debbasch / AFP

Temple hellénistique de Mrn dans la cité d’Hatra, en Irak (octobre 2010) © Hubert Debbasch / AFP

« Le Louvre organisera à Lens à l’automne 2016 une grande exposition consacrée à la Mésopotamie, en étroite collaboration avec le Musée national d’Irak », a déclaré ainsi le chef de l’État, lors d’une visite au Louvre destinée à attirer l’attention sur ces destructions qui ont suscité une indignation internationale.

Une mission d’expertise à Bagdad

Le président a également annoncé qu’il avait demandé au Louvre « d’envoyer prochainement à Bagdad une mission d’expertise pour évaluer les moyens nécessaires à la préservation des trésors qui y sont conservés ».

« Les conclusions de cette mission serviront à identifier de nouveaux axes de coopération entre la France et l’Irak », a-t-il précisé. »Les archives des fouilles archéologiques françaises seront numérisées et mises à disposition de l’Irak parce que la numérisation est un moyen de diffuser des oeuvres et de permettre la diffusion du savoir à destination des scientifiques comme du grand public », a-t-il poursuivi.

Le président Hollande a également annoncé une « étroite coopération » entre les universités françaises, l’Institut français du Proche-Orient et l’université d’Erbil et de Soulaimaniah pour accueillir des doctorants irakiens. « Je veux souligner que dans les conditions que chacun connaît, il y a six missions archéologiques que la France continue de financer » dans le Kurdistan irakien, a-t-il ajouté.

Une « liste rouge » des antiquités irakiennes sera mise à jour

Par ailleurs, selon l’Élysée, « la France, en lien étroit avec l’UNESCO, travaille aussi à recenser les objets archéologiques présents en Irak ». Une « +liste rouge+ d’urgence des antiquités irakiennes parue en 2003 sera mise à jour et publiée au printemps afin que les services des douanes puissent renforcer leurs moyens de contrôle », a-t-on précisé de même source.

« Elle permettra de lutter plus encore contre le trafic de trésors archéologiques, qui finance le terrorisme et détruit la mémoire commune », assure encore l’Elysée.

source: Culture Box, actu, expositions,patrimoine, « Saccages archéologiques : Hollande annonce une « grande exposition » sur la Mésopotamie au Louvre-Lens en 2016″ [En Ligne]
http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/saccages-archeologiques-exposition-sur-la-mesopotamie-au-louvre-lens-en-2016-214505 (page consultée le 19/03/2015)

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mars 19, 2015   No Comments

Article TV5 MOnde : « Dans le nord de la Cisjordanie, l’archéologie est un combat quotidien. »

Sebastia (Territoires palestiniens) (AFP) – 30.06.2014 09:58 – Par Kassam MAADDI

Des visiteurs examinent une tombe dans le cadre d'une mission archéologique franco-palestinienne à Sebastia, près de Naplouse, le 24 juin 2014 afp.com - Jaafar Ashtiyeh

Des visiteurs examinent une tombe dans le cadre d’une mission archéologique franco-palestinienne à Sebastia, près de Naplouse, le 24 juin 2014
afp.com – Jaafar Ashtiyeh

Analyser les noyaux d’olives carbonisés ou reconstituer le contenu de tombes pillées il y a des siècles: l’archéologie palestinienne en Cisjordanie occupée est un travail de patience, auquel contribue la France, présente sur ces terrains de fouilles depuis plus de 150 ans.

Entre les oliviers, au milieu d’un terrain poussiéreux, Jean-Sylvain Caillou, directeur de l’antenne dans les Territoires palestiniens de l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) conduit ses visiteurs sur les chantiers de la première Mission archéologique franco-palestinienne, à Sébastia, la Samarie de la Bible, dans le nord de la Cisjordanie.

« Les tombeaux sont vides. A un moment donné, ils ont été pillés, mais nous avons assez d’éléments pour déterminer de quelle période ils datent et connaître plus de choses sur leur utilisation », explique M. Caillou, qui dirige une équipe d’archéologues et d’étudiants de l’université palestinienne Al-Quds, à Jérusalem-Est occupé et annexé, et de La Sorbonne, à Paris.

Creusées dans le rocher en forme de grandes chambres souterraines, certaines tombes datent de l’Age de fer (vers 800 avant JC), d’autres remontent à l’époque byzantine (IIIe-IVe siècle de l’ère chrétienne).

Creusées dans le rocher en forme de grandes chambres souterraines, certaines tombes datent de l'Age de fer (vers 800 avant JC), d'autres remontent à l'époque byzantine (IIIe-IVe siècle de l'ère chrétienne) afp.com - Jaafar Ashtiyeh

Creusées dans le rocher en forme de grandes chambres souterraines, certaines tombes datent de l’Age de fer (vers 800 avant JC), d’autres remontent à l’époque byzantine (IIIe-IVe siècle de l’ère chrétienne)
afp.com – Jaafar Ashtiyeh

L’une de ces sépultures, dans une zone rurale en voie d’urbanisation, a été découverte pendant la construction d’une maison, aussitôt interrompue avec l’appui de la mairie.

« Ici j’ai trouvé des noyaux d’olives fossilisés à l’intérieur du tombeau. Cela faisait partie du culte de certaines populations de l’Antiquité d’enterrer les morts avec des olives », indique Hussein Médina, étudiant palestinien en thèse d’archéobotanique à Paris, qui étudie les graines et les restes végétaux pour reconstituer l’histoire du site.

« Nous connaissons de plus en plus de choses sur l’histoire de cette région », note Jean-Sylvain Caillou, « mais il y a encore des réponses à trouver ».

C’est précisément la raison pour laquelle la Mission archéologique franco-palestinienne a inauguré son centre à Sébastia, fruit d’un partenariat entre l’antenne de l’IFPO à Jérusalem, le Consulat général de France à Jérusalem et l’Université Al-Quds.

« La coopération en matière d’histoire et d’archéologie est une tradition française. Notre but est d’aider les Palestiniens à préserver eux-mêmes leurs sites archéologiques », affirme le consul général de France à Jérusalem, Hervé Magro.

« Nous avons beaucoup de possibilités de travail ensemble », plaide M. Magro, malgré les difficultés politiques.

Le consul général de France Hervé Magro, sur le site de Sebastia, le 24 juin 2014 afp.com - Jaafar Ashtiyeh

Le consul général de France Hervé Magro, sur le site de Sebastia, le 24 juin 2014
afp.com – Jaafar Ashtiyeh

– Tensions avec les colons –

Le site a hérité d’un patrimoine archéologique exceptionnel. Selon la tradition, c’est là que se dressait le palais d’Hérode (73-4 avant JC) et qu’aurait eu lieu la décapitation de Jean-Baptiste.

Mais pour ce pittoresque village d’altitude, la redécouverte de son passé relève d’un combat quotidien. A proximité, la colonie israélienne de Shavei Shomron s’élève sur des terres agricoles confisquées aux villageois.

En outre, la région est en « zone C », c’est-à-dire sous contrôle total israélien. Les Palestiniens ne peuvent donc pas y effectuer des fouilles.

« Les sites les plus importants de Sébastia se trouvent en zone C: le Colisée romain, l’ancienne église, les fondations de l’ancienne cité. Les colons les pillent régulièrement. L’an dernier, ils ont volé une série de statues qui représentaient la décapitation de Jean-Baptiste », accuse Qadri Ghazal, l’adjoint au maire.

Sur les murs du village, des graffitis interpellent les visiteurs: « Sébastia est en danger », « Sauvez les vestiges ».

Qadri Ghazal se félicite de l’installation de la Mission archéologique franco-palestinienne –qui « va nous aider à découvrir et sauvegarder notre patrimoine » mais, poursuit-il, « notre problème principal est politique ».

La Palestine, admise comme Etat membre à part entière de l’Unesco en octobre 2011, revendique 3.300 sites archéologiques.

La recherche archéologique en Terre sainte, qui a débuté au milieu du XIXe siècle, est rapidement devenue une source de polémiques en raison des tentatives d’instrumentalisation à des fins religieuses ou idéologiques, sous le prétexte d' »archéologie biblique ».

Cette discipline se révèle particulièrement périlleuse dans le nord de la Cisjordanie, y compris au sens propre.

Un archéologue israélien est mort en tombant dans une crevasse alors qu’il travaillait sur un site archéologique près de Homesh et Shavei Shomron, a annoncé jeudi la police israélienne, précisant qu’il s’agissait d’un habitant du Goush Etzion, un bloc de colonies dans le sud du territoire.

 

© 2014 AFP

source: TV5 Monde, information, accueil information, culture/art de vivre, « Dans le nord de la Cisjordanie, l’archéologie est un combat quotidien » [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Dans-le-nord-de-la-Cisjordanie-l-archeologie-est-un-combat-quotidien.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20140630.5ef18257.67fa.43ce.950a.
231f9ea3a4db.xml#(page consultée le 01/07/2014)

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juillet 1, 2014   No Comments

Article Culturebox: « La Chine accueille dix joyaux des grands musées français. »

« Le Bal du moulin de la Galette », célébrissime tableau d’Auguste Renoir, est arrivé cette semaine sous bonne garde à Pékin, où il va être exposé avec neuf autres chefs-d’oeuvre prêtés par la France pour marquer ses 50 ans de liens avec la Chine populaire.

"Le bal du moulin de la galette" Renoir 1876 (Extrait) © GIANNI DAGLI ORTI / THE ART ARCHIVE / THE PICTURE DESK

« Le bal du moulin de la galette » Renoir 1876 (Extrait) © GIANNI DAGLI ORTI / THE ART ARCHIVE / THE PICTURE DESK

Parmi ces toiles issues des prestigieuses collections publiques françaises figurent « Le Matador » de Pablo Picasso et le « Portrait en pied de Louis XIV en grand costume royal » de Hyacinthe Rigaud, conservé au château de Versailles. « C’est la première fois qu’on a un rassemblement venu du Louvre, de Versailles, d’Orsay, de Picasso et de Pompidou de dix chefs-d’oeuvre qu’on peut qualifier de chefs-d’oeuvre absolus et que tous les milieux de l’art dans le monde entier reconnaissent instantanément », assure Jean-Paul Cluzel, président de la Réunion des musées nationaux, l’opérateur du projet.

Lors d’un dîner d’État la semaine dernière au palais de l’Élysée à Paris en l’honneur du président chinois Xi Jinping, M. Cluzel avait été placé à la gauche de la Première dame chinoise, la cantatrice Peng Liyuan. Il lui a dévoilé en primeur les chefs-d’oeuvre, en faisant défiler des photos sur son smartphone. Le tableau le plus ancien remonte à environ 1530. Il s’agit du « Portrait de François 1er » de Jean Clouet, propriété du musée du Louvre. Le département des peintures du Louvre prête également une toile de Georges de La Tour, « Saint Joseph charpentier », réalisée vers 1642 et une autre de Jean-Honoré Fragonard, « Le Verrou », terminée vers 1777. Du Centre Pompidou proviennent la « Composition aux trois figures » de Fernand Léger et une oeuvre abstraite des années 1950 de Pierre Soulages, sobrement intitulée « Peinture ». Complètent la liste un autre tableau de Renoir, « La Balançoire », et un autre de Picasso: « La Lecture de la lettre ».

« Grandeur » et « galanterie » 

« On a essayé de choisir des oeuvres de premier plan, puisqu’elles sont toutes ultra-connues, mais qui en même temps représentent des aspects complémentaires de la vie française », explique Jean-Paul Cluzel, dans une interview téléphonique avec l’AFP. Ainsi, selon lui, si François 1er évoque la « grandeur royale » et Saint Joseph fait référence à la religion catholique, le tableau de Fragonard illustre la « galanterie du XVIIIe », le portrait de Louis XIV « la puissance de la France au Grand siècle » et le Bal du moulin de la Galette, de 1876, l' »âge d’or de la IIIe République ».

Les dix toiles, « compte tenu de leur valeur, viennent dans des avions différents », souligne Anthony Chaumuzeau, conseiller culturel de l’ambassade de France en Chine. Les premiers tableaux sont arrivés mardi, les derniers ce jeudi. La valeur d’assurance totale va de 700/800 millions d’euros à plus d’un milliard d’euros, selon les sources consultées par l’AFP. « Plusieurs musées à Pékin se sont portés candidats à accueillir l’exposition », poursuit M. Chaumuzeau, mais c’est finalement le Musée national de Chine qui l’a emporté.

Situé dans un gigantesque bâtiment donnant sur la place Tiananmen, ce musée entend jouer dans la cour des grandes institutions mondiales. Les tableaux y seront exposés dans cinq salles, du 11 avril au 16 juin, avant de prendre pour certains le chemin de Macao, pour une deuxième étape de leur voyage (27 juin-7 septembre).

Sans « la Liberté » de Delacroix

L’envoi des 10 tableaux est un événement phare de la commémoration de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, le 27 janvier 1964. Les célébrations se déclinent dans 400 projets étalés sur toute l’année 2014, dans les deux pays. La grande absente au Musée national de Chine sera « La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix, qui aurait dû être la pièce maîtresse de l’exposition.

Cette toile inspirée de la révolution des Trois Glorieuses (1830) évoque un thème fédérateur pour le Parti communiste chinois –un soulèvement populaire unissant ouvriers et paysans– et figure dans les manuels scolaires des collégiens de la République populaire. En 1999, Jacques Chirac l’avait envoyée au Japon, d’où elle était revenue abîmée.

Puis la toile, jugée très fragile par les conservateurs, a été vandalisée l’an dernier au Louvre-Lens. Sachant que le tableau, aux dimensions imposantes, nécessitait de surcroît l’utilisation d’un avion-cargo spécial, pour un coût de transport faramineux, l’Élysée a tranché: il restera désormais à Paris.

source: culturebox, actu, exposition, patrimoine, »La Chine accueille dix joyaux des grands musées français » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/la-chine-accueille-dix-joyaux-des-grands-musees-francais-152951 (page consultée le 03/04/2014)

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avril 3, 2014   No Comments

Article CultureBox : » »À qui rendre l’or de Crimée ? », se demande un musée d’Amsterdam. »

Publié le 26/03/2014 à 19H18, mis à jour le 27/03/2014 à 13H51

Capture d'écran du site du musée Allard Pierson (version anglaise) - 26 mars 2014 © Site musée Allard Pierson (version anglaise) - mars 2014

Capture d’écran du site du musée Allard Pierson (version anglaise) – 26 mars 2014 © Site musée Allard Pierson (version anglaise) – mars 2014

Quatre musées de Crimée craignent de perdre des centaines de précieux objets d’art prêtés à un musée néerlandais avant que la péninsule ukrainienne ne passe dans le giron russe.

La riche collection d’objets venant d’une période entre 200 avant JC jusqu’à la fin du Moyen-Age, avait été prêtée au musée Allard Pierson d’Amsterdam où se tient l’exposition « Crimée: Or et secrets de la mer Noire ». Les conservateurs à Amsterdam et en Crimée sont maintenant confrontés à un dilemme politique difficile: quand l’exposition fermera ses portes, faut-il renvoyer son précieux contenu à Kiev ou à Moscou ? « Notre accord stipule que ces objets font partie du fonds national du patrimoine ukrainien », a indiqué Andreï Malguine, directeur du grand musée Tavrida de Simféropol.

Cinq musées ont participé à ce prêt, dont quatre sont situés en Crimée, désormais intégrée à la Russie. L’absorption de la région – considérée comme illégale par les pays occidentaux – pose un problème légal très complexe » au musée néerlandais, a dit Yasha Lange, porte-parole de l’Université d’Amsterdam, propriétaire de ce dernier. « Qui est propriétaire de ces objets? », se demande M. Lange. « Ils resteront aux Pays-Bas jusqu’à la fin de l’exposition, mais avec les changements politiques (en Crimée) nous cherchons dès maintenant à savoir à qui on devra les rendre ».

Le musée Allard Pierson cherche conseil auprès du ministère néerlandais des Affaires étrangères, a ajouté le porte-parole, et reste « en contact permanent » avec Kiev et Moscou. Il a l’intention de « rester prudent ».

Casque scythe en or

Parmi les objets exposés on trouve un fourreau d’épée et un casque d’apparat scythe en or, ainsi qu’une boîte en laque, venant de Chine et qui a été apportée à l’époque romaine par les commerçants de la Route de la Soie.

La question donne du souci aussi aux directeurs de musée en Crimée, a déclaré M. Malguine à l’AFP. « Je ne vois pas pourquoi des événements politiques devraient menacer ces objets d’art », a-t-il dit dans son bureau au centre ville de Simféropol. « Il est probable que certaines personnes à Kiev voudraient qu’ils ne retournent pas en Crimée », mais les musées feront de leur mieux pour les récupérer, a-t-il poursuivi, se prévalant du soutien du ministère russe de la Culture.

Le représentant du président Vladimir Poutine pour la coopération culturelle internationale Mikhaïl Chvydkoï a estimé que les objets en question faisaient partie du patrimoine culturel de la Crimée et donc devaient « y retourner ». Le ministère ukrainien de la Culture, pour sa part, veut que les objets d’art soient restitués à Kiev, « conformément aux documents signés », mais n’exclut pas d’avance leur retour en Crimée.

La Crimée, terre de trésors archéologiques

Les objets scythes en laiton et en céramique sont les symboles du musée Tavrida, a dit son directeur. « Ce sont de très beaux objets et ce serait une grande perte » que de ne plus les avoir, a-t-il souligné.

La Crimée, au carrefour d’anciennes routes commerciales et de la navigation sur la mer Noire est fouillée depuis longtemps par les archéologues qui y trouvent beaucoup de trésors. « Jamais auparavant l’Ukraine n’avait eu tant d’objets archéologiques à prêter », indique un communiqué de l’exposition d’Amsterdam qui doit fermer ses portes en août. Elle éclaire d’un jour nouveau l’héritage des Scythes, Goths, Huns, considérés des siècles durant comme des « barbares », ajoute-t-il.

source: Culturebox, exposition, patrimoine,  » « À qui rendre l’or de Crimée ? », se demande un musée d’Amsterdam » [En Ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/a-qui-rendre-lor-de-crimee-se-demande-un-musee-damsterdam-151997 (page consultée 27/03/2014)

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mars 27, 2014   No Comments

Article RFI: »Soudan: le Qatar soutient la recherche archéologique dans le pays. »

Lion du temple Apédémak au Soudan. David Else

Lion du temple Apédémak au Soudan. David Else

Le Soudan vient de bénéficier d’une enveloppe conséquente consacrée à l’archéologie octroyée par le Qatar. Plusieurs projets initiés par les Européens ainsi que des chantiers français sont concernés.

L’établissement soudano-qatari des projets archéologiques a reçu de la part de l’Autorité des musées du Qatar une enveloppe de 132 millions de dollars pour financer des projets archéologiques au Soudan. Une structure constituée de chercheurs, doit, à travers un établissement dédié à cette mission, intervenir pour mettre en place une politique de mise en valeur et de fouille des sites historiques au Soudan.

Près de 27 projets européens sont concernés par ce mécénat dont sept sont franco-soudanais. Claude Rilly, directeur de la section française du département des Antiquités au Soudan évoque les retombées de ce financement : « Cet argent va servir en fait à deux choses particulières, c’est-à-dire la mise en valeur de ce qui a déjà été découvert de façon notamment à aider le tourisme au Soudan et deuxièmement la recherche scientifique elle-même c’est à dire suivant les cas des fouilles, des restaurations, des analyses. »

« Sept missions »

« La France, poursuit-il,  est concernée elle-même par sept missions, deux de l’université de Lille, deux appartenant à la section française des antiquités au Soudan dont je suis le directeur, et trois qui sont, en tant que chercheur au laboratoire Langage, Langues et Cultures d’Afrique Noire(LLACAN), directement associées à mon travail notamment sur la langue méroïtique ».

Loin des soucis budgétaires pour quelque temps, Claude Rilly et son département vont pouvoir consacrer plus de temps à la recherche.

source: RFI, afrique, « Soudan: le Qatar soutient la recherche archéologique dans le pays », [En Ligne]http://www.rfi.fr/afrique/20140324-soudan-le-qatar-soutient-recherche-archeologique-le-pays/ (page consultée le 24/04/2014)

 

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mars 24, 2014   No Comments

Article culturebox : « Naissance d’un musée » : un aperçu du Louvre Abu Dhabi à Paris. »

Publié le 12/03/2014 à 09H11, mis à jour à 10H00

Le Louvre Abu Dhabi dévoilera pour la première fois en France sa collection dans le cadre d’une exposition didactique intitulée « Naissance d’un musée » qui se tiendra au Louvre du 2 mai au 28 juillet. « L’idée est d’expliquer au public français l’enjeu du Louvre Abu Dhabi, qui est le plus grand projet culturel français en cours », a déclaré mardi Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre.

Une exposition similaire, baptisée également "Naissance d'un musée", a déjà été présentée au public des Emirats entre avril et juillet 2013 à Abou  Dhabi.  © FRUMM JOHN / HEMIS.FR

Une exposition similaire, baptisée également « Naissance d’un musée », a déjà été présentée au public des Emirats entre avril et juillet 2013 à Abou Dhabi. © FRUMM JOHN / HEMIS.FR

Le projet du Louvre Abu Dhabi est le fruit d’un accord conclu en 2007 entre la France et les Emirats Arabes Unis. Il prévoit la conception scientifique et la mise en oeuvre par la France d’un vaste « musée universel ». Le volet financier de l’accord totalise 1 milliard d’euros. Le musée, conçu par l’architecte français Jean Nouvel, doit être inauguré fin 2015.

Une exposition similaire, baptisée également « Naissance d’un musée », a déjà été présentée au public des Emirats entre avril et juillet 2013 à Abu Dhabi.

Toutes les époques et toutes les régions du monde

L’exposition parisienne montrera une sélection de 150 oeuvres sur les 400 acquises depuis 2009 par l’Emirat avec l’expertise de l’Agence France-Museums, opérateur français du projet du Louvre Abu Dhabi. Le budget d’acquisition pour monter cette collection est de 40 millions d’euros par an, sur dix ans. Le Louvre Abu Dhabi embrassera toutes les époques, de la plus haute Antiquité à l’art contemporain, et balayera toutes les régions du monde.

Le public découvrira une « Vierge à l’enfant » de Giovanni Bellini, « Le Bohémien » d’Edouard Manet, un « Portrait de femme » de Picasso, « La lectrice soumise » de René Magritte, une « Anthropométrie » d’Yves Klein et un ensemble de neuf tableaux de Cy Twombly ; mais aussi une « Princesse » de Bactriane (Asie centrale, début du IIè millénaire avant J.-C.), un bracelet en or aux figures de lion (Iran, VIIIe – VIIe siècle avant J.-C.), un Bodhisattva debout sculpté au tournant du IIIe siècle dans la région du Gandhara (Pakistan actuel), un « Jeune Emir à l’étude » du turc Osman Hamdi Bey (1842-1910) et une boîte octogonale incrustée de nacre et de perles d’ambre peintes (Chine, milieu du VIIIe siècle).

« Un tiers de la collection actuelle touche au monde asiatique »

Laurence des Cars, ancienne directrice scientifique de l’Agence France-Museums, qui sera l’une des commissaires de l’exposition a indiqué qu’ »« Un tiers de la collection actuelle touche au monde asiatique »Marc Ladreit de Lacharrière, président du conseil d’administration de l’Agence France-Museums, a déclaré que celle-ci était depuis le départ très attentive au respect des normes sociales sur le chantier. Un cabinet d’audit international a réalisé plusieurs études. Le dernier audit, rendu public fin 2013, « montre les progrès encore accomplis », a ajouté l’homme d’affaires et mécène, tout en rappelant que ce n’est pas l’agence qui construit le musée.

 

source:   culturebox, exposition, patrimoine, »Naissance d’un musée » : un aperçu du Louvre Abu Dhabi à Paris » [En ligne] http://culturebox.francetvinfo.fr/avec-naissance-dun-musee-le-louvre-abu-dhabi-se-devoile-a-paris-150839 (page consultée le 13/03/2014)

 

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mars 12, 2014   No Comments

Article La Nouvelle Tribune : »Le Louvre s’associe à la Fondation Nationale des musées. » (Maroc)

Louvre

Le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a présidé, jeudi au siège de son département, la cérémonie de signature d’une convention entre le Musée du Louvre en France et la Fondation nationale des musées, portant sur la restauration d’un ensemble d’œuvres relevant des différents musées nationaux.

Ces œuvres feront ensuite l’objet d’une exposition consacrée au Maroc intitulée “Le Maroc médiéval: un empire de l’Afrique à l’Espagne” et qui sera organisée par le Musée du Louvre, du 6 octobre 2014 au 5 janvier 2015 en France et du 2 mars au 1er juin 2015 au Maroc.

Ont signé cette convention, côté Maroc, le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, et côté français, le président du Musée du Louvre, Jean-Luc Martinez, l’ambassadeur de France au Maroc, Charles Fries et le directeur de l’Institut français du Maroc, Bertrand Commelin, en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances chargé du Budget, Driss El Azami El Idrissi et d’autres personnalités.

Cette convention fixe la date d’opération de location et les conditions de préservation, de restauration, de transport et d’exposition des différentes œuvres qu’englobe cette convention, outre un volet qui concerne la formation dans le domaine de la conservation du patrimoine et la restauration des œuvres au profit des cadres marocains.

En cette occasion, M. Benkirane a rappelé “l’attention particulière qu’accorde SM le Roi Mohammed VI à la préservation du patrimoine marocain et la consolidation de de son rayonnement”, ajoutant que cette convention “s’inscrit dans le cadre de la coopération excellente entre le Maroc et la France et assoit l’ouverture du Maroc sur son environnement culturel”.

Même son de cloche chez l’ambassadeur de France au Maroc qui a qualifié la signature de cette convention d’”hommage exceptionnel” rendu aux relations historiques entre le Maroc et la France.

C’est aussi un hommage à “l’effervescence culturelle que connaît le Maroc”, a renchéri M. Fries.

Intervenant de son côté, le président du Musée du Louvre a précisé qu’il s’agit d’”un partenariat qui est destiné à durer. Le but étant de travailler et de construire des ponts ensemble comme le font les deux commissaires de cette exposition, la Marocaine Bahija Simou (historienne) et la Française Sophie Makariou (directrice des départements d’arts islamiques au musée du Louvre)”.

La signature de cette convention vient également en signe de reconnaissance à SM le Roi Mohammed VI qui S’est beaucoup investi pour la création du département des Arts de l’Islam au Musée du Louvre, a rappelé M. Martinez.

“La convention signée entre le Musée du Louvre et la Fondation des musées nationaux porte sur la préservation du patrimoine marocain et a aussi a pour objet de permettre la restauration d’œuvres marocaines”, a affirmé le président du Musée du Louvre dans une déclaration à la MAP en marge de cette signature.

Cette convention ne se limite pas “seulement à la tenue d’une exposition mais il s’agit d’un réel partenariat d’échanges de compétences et de formation des professionnels des musées”, a-t-il insisté.

S’agissant des œuvres qui feront l’objet de restauration, M. Martinez a précisé qu’”un certain nombre d’entre elles ont été répertoriées comme surtout le stuc et le bois qui doivent être consolidés pour pouvoir être transportés”.

Il s’agit de “plusieurs œuvres anciennes comme le minbar, des portes de certaines médersa qui sont en bois et la présentation de certains matériels archéologiques qui n’ont pas eu l’occasion d’être restaurés et qui ont été trouvés en fouille et qui vont être restaurés en cette occasion”, a-t-il expliqué.

De son côté, M. Qobi a affirmé, dans une déclaration à la MAP, que “ce qui est important dans la signature de cette convention c’est qu’elle prépare d’abord à la formation et elle se situe au-delà de l’exposition qui aura lieu en 2014″.

Le Musée du Louvre est “aujourd’hui en train de préparer pour nous une chose essentielle qui est la restauration d’œuvres marocaines surtout historiques de notre patrimoine et en même temps de former pour le métier des musées”, a fait savoir le président de la Fondation nationale des musées.

“La tenue de cette exposition qui s’intitule +Le Maroc médiéval: un empire de l’Afrique à l’Espagne+ est quelque chose de très important”, car, a-t-il dit, “ce sera l’occasion pour le Maroc de montrer un islam de tolérance, cet islam que SM le Roi Mohammed VI est entrain maintenant de diffuser et de montrer, une image merveilleuse du Maroc”.

“Vous savez aujourd’hui, lorsque nous regardons les médias, la télévision etc, on voit la violence au nom d’un islam qui n’a rien à voir avec l’islam: nous, nous donnons cette image belle d’un islam de tolérance, d’un islam qui accepte que les gens soient différents de nous, et c’est là le plus important”, s’en réjouit M. Qotbi.

LNT/MAP

Source: La Nouvelle Tribune, culture, « Le Louvre s’associe à la Fondation Nationale des musées » [En Ligne] http://www.lnt.ma/culture-maroc/le-louvre-sassocie-a-la-fondation-nationale-des-musees-97275.html (page consultée le 26/02/2014)

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février 26, 2014   No Comments

Article RFI : « L’encombrante statue de l’Apollon de Gaza. »

 

GAZA

Une statue de bronze représentant le dieu grec Apollon est aujourd'hui entre les mains du Hamas (photo datée du 19 septembre 2013) Gaza's Ministry of Tourism and Antiquities/Handout via Reuters

Une statue de bronze représentant le dieu grec Apollon est aujourd’hui entre les mains du Hamas (photo datée du 19 septembre 2013)
Gaza’s Ministry of Tourism and Antiquities/Handout via Reuters

Le gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, veut obtenir le concours de spécialistes internationaux de l’archéologie, notamment français, à la suite de la découverte d’une statue antique du dieu grec Apollon. Cette dernière aurait été trouvée en mer à Gaza par des pêcheurs en août dernier et serait d’une valeur inestimable. Mais de nombreuses zones d’ombres entourent cette affaire.

C’est une immense statue antique, en bronze vert, représentant le dieu grec Apollon. Pesant près de 500 kg, elle est dans un état remarquable alors qu’elle remonterait à au moins 2000 ans et qu’elle aurait été découverte en mer, selon la version officielle.

L’histoire remonte à août 2013. Un pêcheur de Gaza raconte avoir repêché cette statue à une centaine de mètres du bord, et l’avoir ramené chez lui, grâce à l’aide de plusieurs personnes. Il n’a pas conscience de la valeur de sa découverte mais tente d’en tirer de l’argent. A Gaza, où la population est très pauvre, tout est bon à prendre.

Mais sa découverte ne passe pas inaperçue et il est vite privé de son précieux trésor. La statue change de mains et se retrouve même brièvement sur un site internet de vente aux enchères. Le Hamas, au pouvoir à Gaza, récupère le bien et le met à l’abri.

Mystère sur la provenance de la statue

Selon un journaliste italien de La Repubblica, Fabio Scuto, qui a publié un article sur le sujet le 10 octobre dernier, le Hamas aurait été bien embarrassé par cette encombrante statue. Pas question de la montrer au public, la représentation dénudée du dieu grec ne serait pas compatible avec l’islam.

Certains auraient suggéré de vendre l’Apollon sur le marché noir, comme d’autres antiquités. Une solution idéale « pour renflouer les caisses du Hamas, qui n’est plus capable de payer le salaire de ses hommes après le blocus des tunnels de contrebande vers l’Egypte », explique le journaliste italien.

Aujourd’hui, une vidéo circule sur Internet montrant la fameuse statue. Des responsables du gouvernement du Hamas s’expriment. Ils disent vouloir faire toute la lumière sur cette affaire et réclament le concours d’experts internationaux.

L’affaire a en effet ses zones d’ombres : la provenance même de la statue est mystérieuse. Selon Jean-Michel Tarragon, de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, « cette statue n’a pas été trouvée en mer, elle est beaucoup trop propre. Elle a été découverte sur les terres et au sec », raconte-t-il à l’agence Reuters.

Une affaire politique

Mais où ? A Gaza ou en Egypte, juste à côté ? Mystère. Le Hamas dit mener des investigations et réclame le concours d’experts internationaux. « La statue sera peut-être prêtée à un célèbre musée français ou britannique, annonce le vice-ministre du Tourisme et des Antiquités, Mohammad Khalla, à l’AFP. Cela pourrait amener à des contacts entre le gouvernement du Hamas et les gouvernements étrangers. »

L’affaire est donc aussi politique. Les pays de l’Union européenne s’abstiennent de tout contact officiel avec le Hamas considéré par l’UE et les Etats-Unis comme une organisation terroriste. Si l’Apollon arrivait à attirer des experts internationaux, ce serait une aubaine pour le gouvernement de Gaza totalement isolé.

En attendant, les archéologues du monde entier voudraient bien voir le fameux Apollon autrement qu’en photo. Selon Jean-Michel Tarragon, « il est vraiment très rare de trouver une statue (…) en métal. Elle est unique, inestimable. C’est comme si les gens demandaient le prix de la Joconde au Louvre ! ».


■ TROIS QUESTIONS A…

Jean-Baptiste Humbert, archéologue français au Proche-Orient, travaillant depuis près de 20 ans sur l’archéologie à Gaza.

Avez-vous vu la fameuse statue d’Apollon découverte récemment à Gaza ? En quoi cette découverte est-elle exceptionnelle ?

A ma connaissance, aucune personne, sinon des Gaziotes, n’a eu accès à l’endroit où la statue est soigneusement stockée. La découverte est exceptionnelle pour deux raisons.
Premièrement, les statues de bronze ont été fondues dès l’Antiquité et celles qui nous sont parvenues sont très rares, surtout de taille grandeur nature. Deuxièmement, il est tout simplement extraordinaire qu’une telle statue, de belle qualité technique et esthétique, appartienne au patrimoine de la Palestine antique : cela démontre le haut degré de culture et d’épanouissement artistique de la Palestine arabe au tournant de l’ère. Gaza a vécu à cette époque à la grecque puis à la romaine, en ayant adopté les modèles culturels les plus élaborés.

Il y a plusieurs zones d’ombres sur cette affaire : la provenance de la statue notamment. Certains experts disent que c’est impossible qu’elle ait été trouvée en mer vu son état de conservation. Quel est votre avis ? D’où pourrait-elle venir ?

J’ai été le premier à exprimer des doutes sur une provenance maritime. La corrosion n’est pas celle de la mer. Et aucune coquille ne s’y attache. Qu’elle ait été apportée d’Egypte n’est pas inconcevable mais le transport d’une pièce aussi lourde pose des problèmes considérables à travers les tunnels (aujourd’hui condamnés). Et surtout, pourquoi transporter une pièce aussi précieuse dans la souricière qu’est Gaza ? Pour en faire quoi ? C’eût été le plus mauvais choix quand les autres frontières de l’Egypte sont perméables. Il y a de très fortes présomptions que la statue vienne de Gaza.

Pourquoi à votre avis le Hamas a-t-il gardé si longtemps la statue et pourquoi communique-t-il aujourd’hui ?

Le Service des Antiquités de Gaza n’a pas encore reçu le cadeau qui est entre les mains du ministère de l’Intérieur pour enquête et protection. Les responsables du service ont eu accès à la statue, et ont commencé une expertise rendue longue et difficile car Gaza est soumis à un embargo implacable de la part des voisins, de l’ONU, de la plupart des pays de l’Europe. Ces pays ou institutions interdisent de traiter avec l’administration gaziote, et le service de Gaza fait ce qu’il peut avec une marge de manoeuvre des plus étroites. Enfin, Gaza est l’objet d’attaques meurtrières presque quotidiennes, et l’urgence de l’administration locale va d’abord à la protection des personnes et à pallier le désordre économique grave qui découle de l’enfermement très strict.

 

source: RFI, Monde, Moyen-Orient, « L’encombrante statue de l’Apollon de Gaza »,
[En Ligne] http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140212-encombrante-statue-apollon-gaza-dieu-grec-antiquite/(page consultée le 16/02/2014)

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février 16, 2014   No Comments

Article « TV5 Monde »:Quai Branly: l’exposition sur les Philippines, reflet du « nouvel élan » entre Paris et Manille.

PARIS (AFP) – 08.04.2013 19:56

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a inauguré lundi soir l’exposition « Philippines, archipel des échanges » au musée du quai Branly, qui s’inscrit dans le « nouvel élan » que la France et les Philippines souhaitent donner à leur relation bilatérale.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault inaugure l’exposition Philippines, archipel des échanges , au musée du quai Branly, à Paris, le 8 avril 2013 - AFP - Thomas Samson

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a inauguré lundi soir l’exposition « Philippines, archipel des échanges » au musée du quai Branly, qui s’inscrit dans le « nouvel élan » que la France et les Philippines souhaitent donner à leur relation bilatérale.

S’exprimant devant le vice-président philippin Jejomar Binay, M. Ayrault, qui était accompagné de trois de ses ministres, a rappelé qu’en octobre dernier, il avait été « le premier représentant français à effectuer une visite officielle aux Philippines depuis son indépendance » en 1946.

« L’organisation d’une exposition consacrée à votre archipel faisait partie des nombreux projets s’inscrivant dans l’élan que nous souhaitions donner, de part et d’autre, à notre relation bilatérale », a-t-il rappelé. « Il s’agit pour les Philippines et pour la France d’un motif de grande fierté ».

« Cette exposition témoigne de façon éloquente de la manière dont votre pays, à partir de multiples influences, s’est forgé au fil du temps une identité forte et singulière », a déclaré M. Ayrault.

« Et, c’est fort de cette identité que votre pays, sous l’impulsion du Président Benigno Aquino, a entrepris de consolider sa démocratie, de réduire les inégalités qui freinent le développement harmonieux de sa société et de négocier une paix attendue avec les séparatistes du sud de l’archipel », a-t-il déclaré.

« Cette exposition est aussi un motif de fierté pour la France. Face à la mondialisation qui s’accompagne parfois de la tentation de l’uniformité, la France s’enorgueillit de mettre au coeur de ses relations avec les pays tiers les dimensions humaine et culturelle ».

M. Ayrault a également rendu « hommage à la clairvoyance du président Jacques Chirac ». « C’est grâce à lui et à son projet que la France est aujourd’hui dotée d’une institution culturelle aussi nécessaire que le musée du quai Branly », a-t-il dit.

© 2013 AFP

source: TV5 Monde, information, accueil information, culture et art de vivre [En Ligne]
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Quai-Branly-l-exposition-sur-les-Philippines-reflet-du-nouvel-elan-entre-Paris-et-Manille.htm?&rub=10&xml=newsmlmmd.e419555a2d4b711ea92d0d13820e4d92.1a1.xml (08/04/2013)

 

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avril 8, 2013   No Comments